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Ronya, fille de brigand : Analyse

Comme pour les deux premiers films réalisés par Gorô Miyazaki, Ronya, fille de brigand est une série que l’on découvre avec une vision nécessairement faussée, puisque réalisée par « le fils du père », et de surcroit, Oh ! Trahison !, en 3D. Pourtant cette série à ses qualités et respecte surtout scrupuleusement ce que le réalisateur avait envie de faire avec cette adaptation de l’œuvre d’Astrid Lindgren. Soit une série pour les plus jeunes, que leurs parents pourront partager avec eux. Une série dans la lignée de celle initiées par Isao Takahata et Hayao Miyazaki avec la série TV Heidi ou (un peu moins) Conan, le fils du futur.

Gorô Miyazaki ne prend pas beaucoup de risques avec le scénario en lui-même, puisqu’il suit scrupuleusement la trame et les événements du célèbre roman de Lindgren. Excepté donc, le double épisodes 15 et 16, et l’épisode final, Ronya, fille de brigand n’est donc pas une série à grands enjeux dramatiques, ou à rebondissements spectaculaires, mais une série au rythme assez lent, contemplatif, orienté sur l’apprentissage de la vie de ses deux personnages principaux, et laissant la part belle aux paysages et saisons qui passent.

Le character design est varié et malgré la multiplication des personnages et leur source 3D, technique réputée pour rendre lisse et inexpressif les personnages, ceux-ci sont pourtant attachants. Ronya et son père, Mattis, en tête, parfaitement aidés en cela par leur doubleurs dans la version japonaise, Haruka Shiraishi (Sora Matsuzaki dans La colline aux coquelicots) et Takaaki Seki.
Les animateurs semblent avoir toujours eu à l’esprit de vouloir éviter cet écueil. Aussi, on appréciera un gros travail sur les visages et sur des expressions soignées. Le père de Ronya en est le plus bel exemple : ses colères, sa démarche (certains posing outranciers semblant avoir été hérités de ceux de Miyazaki-père) semblent avoir demandé un travail particulier pour faire oublier ses origines numériques.

  

Un Mattis souvent expressif et parfois aérien, ainsi qu’un duel aux poings aux airs de déjà vu !

L’animation est parfois un peu raide, et les foules un peu légères (épisode 6), même si aucune série TV, en animation traditionnelle notamment, n’aurait pas fait mieux.
De son côté, Gorô Miyazaki sait d’où il vient et a emmené avec lui, chez Polygon Pictures, des motifs issus des productions du studio Ghibli. Comme, des scènes de banquets, et surtout la représentation et mise en scène de la nourriture. Ces motifs semblent même êtres un peu trop appuyés, dans l’idée de brouiller dans l’esprit du public l’origine véritable (non Ghbli, donc) de la série. On pourra aussi citer le duel aux poings, acharné mais fratricide, entre Mattis et Borka pour la conduite des deux bandes de brigands rivales, qui ne manquera pas de rappeler à beaucoup de monde l’une des plus célèbres scènes de Porco Rosso.

  

L’accent mis sur la nourriture, sous toutes ses formes, dans la série n'a rien à envier aux productions du studio Ghibli.

Les décors sont peints de manière traditionnelle, à l’aquarelle, et l’intégration 2D-3D est globalement très travaillée et réussie. Tout comme le travail sur les changements de saison qui passent sur les décors.

  

Exemples de travail sur le changement des saisons sur les décors de la forêt de Mattis.

La mise en scène de Gorô Miyazaki, sans grand éclat particulier, mais il lui sera sans doute à jamais possible de passer derrière son père, et sa façon tellement personnelle d’habiter ses personnages, est appliquée, à l’image de la belle ellipse du passage de bébé à jeune fille de Ronya, jouant avec possibilité en matière d’ombrage du medium 3D (voir page making-of de ce dossier).

Finalement, excepté les premières notes de musique du générique de début, horripilantes (orgue Bontempi, sort de cette série !), c’est lorsqu’on découvre les dessins préparatoires du générique de fin qu’on se dit, que finalement, la série ne souffre que d’un seul vrai défaut (ressenti, ou regret, qui, en plus, variera en fonction de votre génération) : quel dommage, quand même, qu’elle n’ait pas été produite en animation traditionnelle...
Ronya, fille de brigand est donc une série qui respecte son cahier des charges. Une série pour toute la famille à la réalisation technique soignée, qui, par son aspect « apprentissage de la vie », imprime un rythme assez lent à la série et qui plaira donc plus à un public jeune.


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