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Tu peux entendre la mer : Création du téléfilm

Production

Origines

La production du téléfilm s’est déroulée entre le 24 septembre 1992 et le 18 mars 1993. Les premières discussions concernant le processus d'adaptation en animation du roman Tu peux entendre la mer ont lieu en juin 1992, au moment du doublage de Porco Rosso. Hayao Miyazaki et Toshio Suzuki décident que le prochain film du studio sera réalisé par une équipe jeune, et pensant également leur laisser le champ libre.

Le choix de ce film s'est porté sur Tu peux entendre la mer, écrit par Saeko Himuro, auteur a succès auprès des adolescents japonais. Il s’agit d’une série prépubliée dans le magazine Animage, publiée par Tokuma Shoten, en octobre 1989. Le premier épisode paraîtra en février 1990. Le texte original, ciblant les adolescents, parle de la jeunesse et semble donc bien en adéquation avec cette jeune génération de créateurs qui sera plus apte à cerner les premiers sentiments amoureux de cet âge de la vie à l’écran.

La deuxième raison qui pousse Miyazaki et Suzuki à choisir Tu peux entendre la mer est que Katsuya Kondô, directeur de l’animation de Kiki, la petite sorcière, a réalisé les illustrations d'origine du roman. Il a donc déjà une première affinité avec l’œuvre. Par conséquence, il est plus facile et plus logique de le laisser au poste de character designer. Katsuya Kondô a dessiné également les image-board du téléfilm. Le studio demande à Kondô de travailler sur le téléfilm alors que le roman est encore en cours de publication dans Animage.

 

Illustration pour Animage et image-board signés Katsuya Kondô.

Production

Reste l’épineuse question du réalisateur. Le studio se tourne vers Tomomi Mochizuki car il semble être l’homme de la situation. En effet, si l'on se penche sur sa filmographie, on remarque qu’il a travaillé sur Mahô no Tenshi Kurîmî Mami (Creamy, merveilleuse Creamy), Maison Ikkoku (Juliette je t'aime) et Kimagure Orenji Rôdo (Max et compagnie), des séries non violentes qui traitent déjà de l'adolescence. Mochizuki est déjà fan de Saeko Himuro. Il connaît presque toute son œuvre et il cherche depuis longtemps le moyen d'adapter l’une de ses œuvres en film d'animation. Il semble qu’il ait déjà tenté une première fois d'adapter le roman Tu peux entendre la mer durant sa prépublication dans Animage mais le projet n’aurait pas abouti. Lorsque le studio Ghibli décide de faire de Tu peux entendre la mer son prochain film, le studio ignore tout de cet engouement pour l’œuvre de Saeko Himuro.

  

L'équipe du téléfilm : le réalisateur Tomomi Mochizuki, le producteur Takahashi Nozomu
et le directeur de l'animation et responsable du character design, Katsuya Kondô.

Tu peux entendre la mer est également un vrai défi pour son époque. En effet, à ce moment là, la TV japonaise ne propose que des personnages d'adolescents sur le thème de la science-fiction. Pour Tomomi Mochizuki, réaliser Tu peux entendre la mer, c’est aussi sortir de la représentation de l'adolescent alors en vogue dans l’animation japonaise.

Tu peux entendre la mer est la première tentative du studio de confier la création d'un film à une jeune équipe (tous dans la vigtaine ou la trentaine). La devise pour la production du téléfilm était « rapide, pas cher et de qualité ». Mais au final le planning et le budget ne sont pas tout à fait respectés. Alors que le studio Ghibli souhaite que tous les dessins soient terminés pour fin 1992, ils sont finalement achevés en février 1993 et le téléfilm, quant à lui, ne sera prêt qu'en mars 1993.

Diffusion du téléfilm

Tu peux entendre la mer est diffusé le 5 mai 1993 sur NTV, chaîne privée commerciale (l’équivalent de TF1 en France), détentrice des droits de diffusion TV des œuvres du studio Ghibli au Japon. Le téléfilm a reçu un beau succès lors de sa diffusion TV et exceptionnellement, une sortie au cinéma, dans une seule et unique salle, a suivie, au Musashino Hall de Nakano (Tôkyô).

Tu peux entendre la mer a connu une suite mais elle n’est pas de Ghibli. Ce n’est même pas un film d’animation. Après le succès du téléfilm animé, Himuro a écrit une suite à son premier roman Umi ga Kikoeru 2 : Ai ga Arukara, de nouveau illustré par Kondô et publié par Tokuma Shoten. Les deux romans ont été compilés pour faire un téléfilm en prise de vue réelle. Malheureusement, il parait que le mauvais scénario, le jeux médiocre des acteurs et le physique quelconque de Rikako (l’actrice a été sélectionné à partir d’un casting téléphonique !) font que ce téléfilm est loin d’approcher la magie de la version animée.

  

Les deux romans de Saeko Himuro.

Art et technique

Les décors

Tu peux entendre la mer étant un téléfilm, les décors sont moins fouillés et soignés que dans les autres œuvres du studio Ghibli. Cependant on peut constater un véritable souci du détail Par exemple, la gare de Kichijôji que l’on voit au début et à la fin de l’œuvre est très fidèlement représentée, de même que la sortie vers le grand magasin LonLon. Ainsi, les barrières, les escaliers et les quais ainsi que les trains orange et jaune (omnibus) qui circulent dans cette gare sont des copies conformes de la réalité.

 

La galerie marchande d'Obiyamachi est un cadre utilisé à plusieurs reprise dans le téléfilm.

Les personnages

Dans son rôle de réalisateur, Tomomitsu Mochizuki a particulièrement fait attention au réalisme des personnages. La description des personnages était le point plus important pour lui, son personnage préféré étant Rikako.

Le réalisateur s’est posé la question de savoir si Tu peux entendre la mer devait être en live plutôt qu’en animation, avec de vrais acteurs. Par exemple, dans une scène où l'on trouve simplement deux personnages incarnés par des acteurs en train de discuter, le spectateur peut suivre facilement sur leur visage leur état d'esprit. Retranscrire cet état d'esprit en animation nécessite beaucoup de travail et de précision de la part des animateurs et est plus difficile.

Mais l'avantage de l'animation par rapport à la prise de vue réelle, c'est que le public s'identifie plus facilement aux personnages et à leurs sentiments, la simplification des traits du visage, plus anonyme, aidant. L'animation est d’autant plus un avantage lorsque l’on traite d’un sujet aussi délicat de l'amour, pouvant plonger le spectateur facilement dans la gêne avec de vrais acteurs.

La musique

La bande originale, composée par Shigeru Nagata est dans le ton du téléfilm, c'est à dire calme et apaisante. Les morceaux, le plus souvent au piano, alternent comique et sérieux, entrain et tristesse. Certains sont anodins, d'autres jouent plus sur les émotions. Comme pour le film, l'ensemble est cohérent et équilibré.


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