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Spécial Delcourt 2004
Mazan, Sfar, Killofer

Dimanche 19/09/2004

Mazan, dans le cochon tout est bon !

C'est décidé, aujourd'hui sera résolument ma journée Donjon !
Me voici donc avec toute la lapin-team à attendre pour un dessin de Mazan. L'occasion par ailleurs de rencontrer des signatures de la mailing list que je ne connaissais que virtuellement tels Bertrand, Marion ou Laurène. Lorsque arrive mon tour, je tends mon Donjon Monsters à l'auteur en lui demandant un cochon (l'emblème de l'atelier Sanzot dont il est membre) avec un casque d'aviateur et des lunettes noires.
- Tu veux un cochon façon Porco rosso quoi !
- Oui c'est tout à fait ça ! ^^
Mazan m'apprend qu'avec sa femme il est fan de la première heure, à l'époque où l'on se passait des copies pirates de Vhs japonaises... Pardon ?!!! Il y a comme un air de déjà vu avec la journée de la veille. Sa femme ne serait-elle pas Isabelle Dethan ? J'ai vu juste : il me confirme et je suis amusé de découvrir cela de cette façon.
Quoi qu'il en soit, c'est ainsi que j'obtiendrai ce qui deviendra l'un de mes dessins favoris et qui me servira même de signature pour la rubrique bd sur Buta Connection :

Sfar ou l'obsession du falzar :

Voilà quelques temps, et suite à deux rencontres avec monsieur Sfar qui ne s'étaient pas très bien déroulées (euphémisme quand tu nous tiens), j'avais profité d'un échange de courriel avec Lewis Trondheim pour lui poser la question que voici :
Vous qui le connaissez bien, Joann Sfar serait-il du genre à refuser de me dédicacer un totoro, en m'humiliant devant des tas gens que je ne connais pas lors d'une séance de dédicace ? Cet avis n'aura pas valeur contractuelle, j'en ai conscience. Cet homme me terrorise mais j'apprécie tellement son travail...
Réponse d'Huggy les bons tuyaux :
Il pourra en faire un, mais ce sera bâclé et mal fait parce que je suis sûr qu'il est pas fort en Totoro, par contre il est meilleur en chat noir de Kiki.
Ainsi, lorsqu'Aurélie se fait du souci pour moi, fort de la recommandation du papa de Lapinot, je me dis que tout devrait bien se dérouler cette fois-ci. Je n'imaginais pas à quel point j'avais tort... Marion passera devant moi et demandera deux dessins sur deux albums. Elle aura le sourire, deux aquarelles, et de la gentillesse. Puis vient mon tour de passer.


Bertrand fige cet instant magique. Merci ?

- J'aimerais vous demander un truc un peu spécial...
... mais pas de réponse car l'auteur parle avec une stagiaire. Tout à coup il se tourne vers moi et me demande ce que je veux.
- Euh... voilà j'aimerais bien un petit dessin du chat noir de Kiki.
- Mais d'ou je sais dessiner ça moi ? me demande t-il
- Hé bien, « ON » m'a dit que vous saviez très bien le faire...
(je ne mentionne pas qui m'a donné l'indic'). Là, en 15 secondes montre en main il me fait ce dessin (plutôt mignon par ailleurs) :

Alors, comme je lui ai demandé un tout petit quelque chose, je me permets de le solliciter pour un autre mini crobar sur mon Monsters de Kiloffer.
Mais quelle erreur !!!!!!!!!!!!!!!
- Hola ! Je vais pas commencer à faire deux dessins !
(Toutes les filles avant n'avaient pas ce problème...). Bon, je lui explique que c'est juste parce que je lui avais demandé un p'tit dessin avant, mais c'est pas grave hein. Je peux m'en passer et je comprends qu'il ne veuille pas. Et prêt à partir, il se saisit de mon album. Commentant à voix haute ce qu'il me dessine, il décide d'amuser la galerie.
- Voilà un joli poisson à grande bouche ! Et maintenant, voilà son copain avec sa grosse bite !
Tout le monde rit. Moi pas vraiment cette fois-ci. C'est-à-dire que tout ceci devient une habitude et que j'en ai un peu ras le bol que ce mec fasse des saloperies sur mes albums. Qu'il me crache à la gueule, c'est plus direct. Du coup je lui demande pourquoi il fait ça ? Pourquoi décidément se livre t-il à l'exercice systématique de l'humiliation avec tant de gratuité ?!! Là il me répond que c'est ce que je lui inspire...
Je reste interdit, mais blessé néanmoins. Vraiment. Sachant que j'ai des problèmes à m'exprimer en public, ce genre d'avilissement me retourne profondément et je ne tarderai pas à rentrer bouleversé dans le métro...

Auparavant, je réussirai à garder semi bonne figure devant une Marine qui viendra me demander comment ma rencontre s'est déroulée, une Laurène qui voudra tenter de demander un totoro pour moi (encore une histoire à part entière...) et un Kiloffer d'une rare élégance et gentillesse qui m'illustrera un totoro aquatique sublime...

Mes comparses présents ce jour-là auront beau tenter de trouver toutes sortes d'explications rationnelles sur le comportement de ce dessinateur dont nous apprécions tous le talent ; je n'en aurai pas moins acquis la certitude que cet homme est un génie doublé d'un crétin.
Si je continue encore aujourd'hui à lire ses ouvrages avec plaisir, je m'interdis évidemment la pratique masochiste qui consisterait à vouloir le rencontrer à nouveau. Petite blessure teintée de déception qui reste bien présente...

© Buta Connection