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Spécial Delcourt 2004
Min-Than, Isabelle Dethan

Samedi 18/09/2004

Min-Than, panique dans les bambous :

Au sortir de rêves pleins de bulles, je grignote avec Cécile une part de mon (délicieux) crumble fait maison au ptit déj, et hop, nous voici de retour sur le festival.
Direction Min-Than, membre de l'atelier Sanzot à Angoulême et auteur des Récits et contes vietnamiens parus dans la collection jeunesse. Après avoir offert l'album à ma copine aux cheveux rouges, sa mission est désormais de demander un totoro à l'auteur.
Je la remarque très tendue lorsqu'elle se retrouve devant lui (on le serait à moins). On donne un modèle à l'auteur pour la bestiole et évidemment, en sale gosse que je suis, profitant de la fébrilité de Cécile, j'en rajoute en me moquant d'elle. Très nerveuse elle me rappelle que ce totoro est pour moi, ce qui est faux puisque c'est sa bd ! Pour une fois que je suis de l'autre côté et que je me pose en spectateur, je profite pleinement du spectacle et prends des notes.
Min Than nous explique qu'il est lassé de Miyazaki, de sa thématique écolo, bien qu'à ses yeux, à bien y réfléchir Le voyage de Chihiro est assez différent ! Ah...
- Je ne dénie pas son talent mais ça va quoi, c'est toujours les mêmes thèmes qu'on nous ressert en boucle dans ses films C'est un peu chaque fois la même chose les Miyazaki, toujours autour de l'écologie...
Mouais... Je lui rappelle que Porco Rosso ou encore Laputa n'ont pas vraiment cette thématique principale mais bon... Lui, il aime Otomo ! Cécile lui signale que Steamboy sort en décembre et il sourit. Il ne le loupera pas.


« Il tape sur les bambous et ça lui va bien...»

Isabelle Dethan, le sourire les mains bleues :

En arrivant vers la table de dédicace d'Isabelle Dethan, je comprends que je vais en avoir pour un long, très long moment d'attente... Le truc, c'est que contre vents et marées je veux rencontrer cette auteure puisque l'un de mes grands coups de cœur de cette année concerne son superbe Eva aux mains bleues. L'histoire de cette jeune fille qui vit ses premiers émois, passant de l'enfance à l'adolescence, m'apparaît comme un récit de vie doux et sans emphase empreint d'une sensibilité extrêmement touchante. Cet album servi par les si belles couleurs aquarellées d'Isabelle Dethan est pour moi un grand moment de fraîcheur et de poésie adolescente. J'ai envie de lui dire tout le bien que j'ai pensé de son travail et estime donc que cela vaut la peine de patienter.
Les heures se succéderont, allégées par l'arrivée d'Olivier et Emilie, mes autres copains de Buta. Leur présence me permettra de faire agréablement passer le temps à l'occasion de discussions autour d'une bière à 5€ (vive les prix du Bercy village !!!). J'en profiterai pour leur expliquer pourquoi la perspective de rencontrer Joann Sfar le lendemain me terrorise mais m'apparaît également comme une thérapie. Chaque fois que j'ai rencontré le bonhomme, il se trouve que je me suis retrouvé avec une bonne humiliation ou un dessin de bite sur mon album. Retourner le voir est un peu un moyen de me prouver que ma peur de cet homme est irrationnelle. Et puis, j'ai une demande imparable à lui faire. J'ai une arme secrète qui me rassure...
Suite à mon récit et tandis que je retourne voir où en est Isabelle Dethan, Cécile me fera un petit dessin pour que je garde le sourire.

En passant, je croise des connaissances de la mailing list Donjon. C'est-à-dire que même au milieu de la foule, ils ne peuvent résolument pas passer inaperçu... Comme ils l'avaient promis, les voici déguisés en petits lapins de Zootamauxime et Sfar a l'air de goûter fortement la plaisanterie. Aurélie et David (souvenez-vous, mes comparses rencontrés également à Angoulême) sont là et je vais donc les saluer. Il se trouve que la dernière fois que je les ai vu, c'était complètement par hasard à Pragues en République Tchèque, et David n'avait plus de passeport. J'en profite donc pour savoir comment s'était terminé leur séjour. N'empêche que grimés en lapin ils sont tous à mourir de rire :

Bref, après 8 heures d'attente c'est enfin à mon tour d'obtenir ma dédicace. Je lui avoue avoir un truc spécial à lui demander et elle lève les yeux au ciel :
- Serait-il possible que vous me dessiniez Eva avec les vêtements de Kiki la petite sorcière ?
- Mais j'adore Kiki !
- Bin, ça tombe bien alors...
Hé oui, pour une fois pas de demande de totoro. Depuis près d'un an que je demande aux auteurs de me mettre en scène la bête de Miyazaki, j'arrive à une certaine habitude qui fait que tout cela n'est plus aussi exaltant qu'à l'origine. Ainsi, pour entretenir l'émulation, je décide de demander un dessin en rapport avec Miyazaki mais qui change quelque peu.
Quoi qu'il en soit, elle semble ravie de faire un dessin un peu différent. Elle m'explique qu'elle et son mari sont fans de la première heure, du temps où des copies de vhs japonaises non sous-titrées circulaient de façon marginale sous le manteau. Bref, je suis bien tombé.
Défali qui est à côté d'elle nous écoute intrigué. Voilà l'occasion de le remercier d'avoir été si gentil avec ma bonite l'année passée lorsqu'elle lui a demandé un totoro pour Asphodèle. Il situe très bien Julia :
- Ah mais oui ! Totoro !! Je l'avais revue ensuite cette jeune fille. Je me rappelle, c'était pour la venue de Crisse à Bordeaux !
J'en viens enfin à féliciter Isabelle Dethan pour Eva et elle sourit radieusement. Elle m'apprend qu'il y aura une suite dans 4 ans où sa jeune héroïne sera étudiante aux beaux-arts. Ce sera basé sur sa propre histoire ainsi que sur des anecdotes glanées chez les autres à droite à gauche. Après la mise en couleur elle me tend un superbe dessin et je la remercie chaleureusement pour sa gentillesse.


Jiji et Eva la petite sorcière ^__^

Pfiiiiiiiou, longue journée d'attente mais cela valait le coup. Les butadiens rejoints entre-temps par Xavier apprécient le dessin mais s'étonnent de l'absence de Totoro. Hé oui, je change mes pratiques ! Je crois que c'est à partir de ce moment-là que je me décide à demander des mises en scènes de personnages Ghibli qui ne se cantonnent pas exclusivement à la grosse bête poilue. Comme il se fait tard, nous décidons d'aller manger tous ensemble à l'exception d'Olivier qui doit rentrer. Et pour rester dans le ton, quoi de meilleur qu'un restaurant japonais où selon Emilie, l'on sert les meilleurs KOROKE de Paris ? Elle n'a pas tort...

© Buta Connection