Ghibli dans la BD occidentale :
T
Il suffit de voir le graphisme du dessinateur de La Mandiguerre
pour que l'influence exercée sur lui par Miyazaki saute aux
yeux. Il est l'auteur d'un hommage de 8 pages dans le numéro
2 de Pavillon Rouge :
Voici maintenant un clin d'œil trouvé dans les carnets
de la première édition du volume 1 de La Mandiguerre
(regardez plus particulièrement le moteur) :

Un soir par hasard je suis tombé sur Mon voisin Totoro...
Etant fatigué, je suis allé me coucher en me disant que
Canal + repasserait ce film d'animation. Ma stupeur fut grande en
découvrant que c'était une soirée spéciale
sans rediffusion. J'ai donc cherché la cassette : introuvable
! Alors pour le coup, je me suis mis à regarder les autres films
de Miyazaki.
Mon voisin Totoro est selon moi un chef d'œuvre
! La relation entre les deux sœurs, la vision onirique de la nature
et la manière de raconter m'ont vraiment impressionné.
Dans Le voyage de Chihiro, j'ai retrouvé une partie
de la magie de Totoro ! J'aime également Takahata,
peut être plus que Miyazaki... La famille Yamada et surtout
son chien Potshi me font rire aux larmes à chaque fois !
J'ai quasiment regardé toute leur production disponible en
France... Porco Rosso est certainement celui que je voudrais
revoir... J'ai raté les cinq dernières minutes
! Mais mes deux films préférés sont Mon voisin
Totoro et ensuite Princesse Mononoke.
Quant à savoir si je suis influencé par le travail de Miyazaki
je ne pense pas du tout. J'adore les films produits par ce studio,
mais mon rapport est celui d'un simple spectateur. Inconsciemment,
il y a peut être des choses qui viennent à mon esprit...
Je trouve que les dessinateurs Japonais mettent trop souvent en scène
(dans 97% des cas) des gamines pré pubères habillées
de jupettes aux prises avec le vent. Elles sont rarement laides, pourtant
leurs yeux sont anormalement énormes. Le Voyage de Chihiro
(le premier Miyazaki que j'ai vu) échappe à la règle,
l'héroïne a un caleçon très court. J'ai trouvé
le film pas mal mais je m'attendais à quelque chose de transcendant.
La magie n'a pas opéré chez moi. Même dans ses autres
longs métrages (Princesse Mononoke, Le Château
Ambulant...). J'en garde toujours un souvenir vague, intéressant
mais flou. J'ai en outre le sentiment que c'est très étrange
de ne pouvoir raconter des histoires qu'à travers des petites filles
sexy de moins de 15 ans. Je pense qu'au Japon, la femme n'a pas
une place enviable ; je dirai qu'elle est plus "soumise"
à son mari et plus femme au foyer qu'en France par exemple. Et
je me demande si passé 30 ans elles ne se sentent pas (via la culture
manga) dévalorisées ou en décalage avec cet esthétisme
pour les nymphettes. C'est une question que je me pose. Les Japonais sont
machistes à fond et là je suis le porte parole d'amies Japonaises
venues vivre en France. Là-bas existe une véritable «
Lolita mania » assez malsaine. Cela ne se voit pas trop dans l'oeuvre
de Miyazaki bien sûr (elle n'est pas libidineuse), je parlais juste
des séquelles : raconter des histoires avec de belles gamines de
préférence, une grosse tendance, même si ce n'est
pas une généralité. Violine (nom de l'héroïne
bd de Fabrice, NDR) a une grosse tête et n'est pas super sexy je
trouve. Ainsi je pense que c'est amusant de comparer la BD avec la culture
du Pays. Au Japon elle serait dessinée de façon beaucoup
plus sexy c'est évident, sinon elle ne plairait pas au public.
En France, en Belgique, en Suisse et en Allemagne, la majorité
des bd qui cartonnent parlent de gamins également : Titeuf,
Cédric, Le p'tit Spirou, Kid Paddle...
Cependant, tu noteras qu'on ne voit pas des lolitas avec de grandes
jambes dedans...
Pour revenir à l'œuvre de Miyazaki dans Chihiro,
j'adore l'idée des parents qui se transforment en cochons, image
Oedipienne fabuleuse... Le porc et la truie. Et la gamine qui court de
façon géniale, les bras en avant, c'est très mignon
et extrêmement bien vu.
En fait, je crois que je décroche dès l'apparition de sorcières
ou d'autres trucs trop magiques. Trop de magie dans la magie tue la magie.
Ca, c'était pour dire du mal. Pour dire du bien, j'adore Mon
voisin Totoro. Celui là, j'ai accroché à fond.
La magie dans Totoro, je l'interprète davantage comme
de la poésie, de l'onirisme... Il n'y a aucune surenchère.
Ni de méchants, de sorcières, de maléfices et autres
artifices bidons. Tout est surprenant, original et rigolo et en plus,
chose rare, ce film n'est pas manichéen !
... J'adore aussi le travail d'Hokusai, un illustrateur japonais classique
du XIXe siècle : il est l'auteur de cette fameuse image de vague,
devenue iconique. Sinon, j'aime beaucoup l'animation japonaise et mon
auteur favori dans cette branche est
évidemment Miyazaki.
Propos recueillis dans Bang n°1 spécial Mangas.
« Grands dessinateurs de la nature – Miyazaki ».
Détail de la page 131 d'Un Américain en balade par
Craig Thompson. Casterman.
Jeune, je connaissais le personnage de Totoro de réputation
pour avoir feuilleté divers magazines consacrés aux mangas
mais je n'ai découvert le DA que ces dernières années,
à l'occasion d'une ressortie pour la fête du cinéma
à Lorient. C'était l'occaz ou jamais de vérifier
sa réputation. Ca a été un coup de foudre qui s'est
confirmé en voyant ses autres films mais aussi quelques incroyables
artbooks.
En plus, faut bien le dire quand même, j'ai rarement trouvé
un auteur aussi heu... sensible. Un trait aussi simple et aussi juste,
le rêve de tout dessinateur quoi. Et l'animation est toujours aussi
pointue, fluide, ça coule de source en quelque sorte. D'ailleurs
je me rends compte en écrivant que je raccroche beaucoup de termes
aqueux à son univers... C'est bizarre tiens... Ensuite, il y a
évidemment le côté univers enfantin mais qui a conscience
de la maturité des enfants sur certains sujets, ce que les adultes
nient généralement à leurs gosses.
J'en suis pas arrivé à tout commander en V.O mais je vais
évidemment voir ces productions en salle dès qu'elles arrivent
en France. Et en fait heu... En y réfléchissant j'ai plusieurs
vidéos Ghibli que ma fille de deux ans connaît déjà
par coeur (sic!) et je me retiens de lui acheter une peluche Totoro aperçue
dans une librairie manga...
En tous cas, moi j'ai un faible pour Mon Voisin Totoro qui
est vachement attachant mais je dirais cependant que ma préférence
va pour Le Voyage de Chihiro. Celui là m'a scotché.
Je l'ai vu trois fois au ciné en deux semaines. Et je le regarde
encore sans savoir expliquer ce qui m'attire...
Je ne peux pas vraiment dire que je suis influencé par le travail
de Miyazaki même si j'aimerais avoir sa maîtrise mais bon,
tout ce qui nous plait reste gravé et ressurgit par un biais quelconque
non ?
Nombril Comix dans le Vélo 33B par
Tompouce. La boite d'Aluminium.
J'ai découvert Hayao Miyazaki avec Nausicaä de
la vallée du vent, qui avait été distribué
en France en VHS sous le titre La princesse des Etoiles, il
y a 15 ans de cela... J'ignorais que c'était un DA japonais
et encore moins un Miyazaki... Du haut de mes 16 ans, j'avais néanmoins
été séduit par le ton et l'action à l'époque.
Depuis, c'est la cohérence du propos, l'univers poétique
et le message écolo/pacifiste de Miyazaki qui m'intéressent
le plus. J'ai vu tous les long-métrages Ghibli et la plupart des
séries TV sur lesquelles ont travaillé Isao Takahata et
Hayao Miyazaki avant de créer le studio. A 20 ans j'ai pleuré
pour la première fois devant un film en visionnant Le tombeau
des Lucioles et à mes yeux, ce n'est pas une mince affaire
pour un garçon. Mes films préférés de Ghibli
sont Mon voisin Totoro, pour son histoire d'une simplicité
exemplaire, bourrée d'émotion, et Laputa pour
son coté épique et virtuose, dont je trouve la narration
parfaite. Quant à savoir si je me sens influencé par les
films Ghibli... Je dirai que le travail de Miyazaki remporte ma faveur
en tant que spectateur, ses histoires font partie de moi désormais,
mais il n'y a pas d'influence directe de son travail sur le mien.
En revanche, je pense que ce qu'il m'a apporté humainement est
très important... Comme un grand-père qui m'aurait raconté
des contes lorsque j'étais enfant.
HK par Morvan et Trantkat. Glénat. Porco
Rosso inclus dans la 1ere édition exclusivement.
Je peux vous dire que oui, j'aime bien Miyazaki. Je peux aussi vous dire
que lorsque j'étais à Tokyo en octobre dernier (octobre
2003 ndr), il y a des étages de merchandising Ghibli que j'ai raflé...
Difficile de dire quel est mon préféré. Tout dépend
de l'âge auquel on voit le film, ou de l'ordre dans lequel on découvre
l'oeuvre de Miyazaki.
Et généralement, je n'aime pas l'idée de classement,
je trouve ça bête et scolaire.
J'aime que Miyazaki ait existé, existe et vive encore un moment.
Il a un formidable imaginaire et sait le rendre populaire.
Monstrueux bazar par Trondheim. Delcourt.
Monstrueux bazar # 3 par Trondheim. Delcourt.
Les Carnets de Lewis par Trondheim. L'Association.
Clin d’œil inconscient ?
BDK : Dans le monde extérieur à la
Nef, on trouvait déjà des Schloumpfs, en hommage à Peyo… Les éphémères
sont un clin d’œil à Miyazaki ?
Turf : en fait, non.
J'ai retrouvé de vieux croquis réalisés en 1989, à l'époque
où je faisais du dessin animé. J'avais ébauché les
têtes de ces personnages transparents, sans les corps. Ce n'est
qu'à la mise en couleurs que je me suis rendu compte que ça
faisait penser aux sylvains de Miyazaki. Mais c'est vrai qu'il y a de
nombreux clins d'œil dans la série.

© Buta Connection |