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Bestiaire Ghibli : D

Dragon

Le dragon est un animal mythique. Dans les productions du Studio Ghibli, il n’apparaît que dans le Voyage de Chihiro. Ici, il s’agit du dragon Haku, l’esprit d’une ancienne rivière. Il a la forme typique des dragons asiatiques, puisqu’il ressemble à un serpent. Il est blanc et vert. Haku à une double apparence : celle du dragon, et une autre humaine.

 

En Occident, les dragons sont la plupart du temps des créatures maléfiques, liés à l'élément feu. Les dragons d’Orient (surtout en Chine), quant à eux, sont des êtres protecteurs et très compatissants de la misère humaine. Dans certains cas très rares, ils peuvent se révéler un peu néfastes. De plus, le dragon japonais est lié non pas au feu mais à l'eau et à l'esprit de la rivière (comme on peut le voir dans le Voyage de Chihiro, mais également dans d'autres animes, comme le chevalier du Dragon Shiryu sous sa cascade, dans les Chevaliers du Zodiaque). Le dragon oriental est une créature en fait bien plus complexe que son homologue occidental.

 

Le corps du dragon chinois est très structuré : il se compose de neuf éléments d’animaux différents ! On y trouve 117 écailles de carpe qui couvrent son corps : 81 d’entre elles sont imprégnées du Yang (bénéfique) et les 36 autres du Yin (néfaste). Le dragon peut voler dans les airs, même en l’absence d’ailes, grâce à la crête couronnant sa tête. Le dragon mâle détient une perle de pouvoir et de sagesse dans sa gorge.

La croissance d’un dragon dure 3000 ans, au terme desquels on peut le considérer comme adulte. Le premier millénaire se passe sous la forme d’un œuf de pierre précieuse, duquel finit par éclore un serpent d’eau. Il reste 500 ans sous cette forme, puis sa tête prend la forme de celle d’une carpe. Des écailles apparaissent ensuite, mais sa forme globale reste celle d’un serpent avec quatre membres grêles (ce qui fait penser au scinque, animal souterrain sans pigmentation avec de minuscules membres de chaque côté de sa tête). Viennent ensuite la barbe et quatre serres d’aigle à chaque patte, ainsi que deux oreilles qui ne lui permettent cependant pas d’entendre (d’où le terme de Kiao-Lung, dragon sourd). Ce n’est que 500 ans plus tard qu’apparaîtront deux cornes de cerfs qui lui permettront d’entendre. A ce stade, il est dénommé Kioh-Lung, la forme la plus courante du dragon chinois. Mais, celui-ci est encore adolescent et il lui faudra 1000 ans pour devenir un adulte, et se parer d’une superbe paire d’ailes : il devient alors Ying-Lung.

 

A ce stade, on peut discerner quatre grands types de dragons :

  • le Tien-Lung (dragon céleste), qui joue le rôle de gardien et de concierge des demeures des dieux ;
  • le Shen-Lung (dragon spirituel), qui est le seigneur des tempêtes et de la pluie, c’est lui le symbole de l’empereur, il possède cinq griffes à chaque patte et ses écailles sont azures ;
  • le Ti-Lung, dragon de la terre et des cours d’eau, il passe l’été dans le ciel et l’automne dans la mer ;
  • le Fu-Ts’Ang-Lung est le gardien des trésors enfouis dans la terre.

Au Japon, on connaît bien entendu d’autres formes de dragons, mais ils sont généralement inspirés de leurs cousins chinois. On peut noter cependant que le dragon japonais se pare plus volontiers d’aspects mélancoliques ou terrifiants. Par exemple, on peut citer un dragon à huit têtes qu’affronta Suzanoo, le frère d’Amateratsu (déesse tutélaire de l’île), pour l’amour d’une femme. Suzanoo en viendra à bout en l’enivrant. Les dragons japonais adorent se promener dans les airs, et se transforment en oiseau (souvent pour annoncer des catastrophes, épidémies, guerres, tremblements de terre, etc.). Citons O-Gon-Cho, un dragon-oiseau de la région de Kyoto, qui aurait été vu pour la dernière fois en avril 1834, juste avant le déclenchement d’une terrible épidémie. On peut donc le constater, les dragons japonais ont souvent des caractères plus sinistres que leurs homologues chinois. Peut-être est-ce en rapport avec le côté plus dramatique de l’histoire de l’île, habituée depuis toujours aux ravages des tremblements de terre et autres tsunamis. De plus, pendant des siècles, le Japon a du faire face aux carnages guerriers…

Sources : 1/ http://www.ricochet-jeunes.org/dragons/page4.htm
2/ Dragons, histoire, mythes et représentations, Dr Karl Shuker, Solar, 1997
3/ Trésors d'art chinois, récentes découvertes de la République Populaire de Chine,
Catalogue de l'exposition du Petit Palais, septembre 1973.

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