Festival Nouvelles
Images du Japon 2001
Compte-rendu séance par séance
Mardi 11 décembre
Les préventes des billets
Vers 9h, les premiers fans sont arrivés au Forum des Images et
ont commencé à faire la queue. En discutant avec certains,
on s'aperçoit rapidement que la plupart venaient en particulier
pour voir les oeuvres du Studio Ghibli inédites en France. Une
très bonne ambiance s'est installée dans la file d'attente.
Les discutions entre fans rendaient l'attente plus supportable puisqu'il
était interdit de s'asseoir.
Vers 13h, les portes du forum des images s'ouvrent enfin! On sent quand
même une certaine tension s'installer dans la foule. Celle-ci a
énormément grossi à partir de 10h30, on frôle
le millier de personnes (alors que l'auditorium a une capacité
de 500 places!). Les premiers sortis les billets en main n'arrivaient
pas à croire en leur chance. Devant l'affluence, les places ont
été successivement limitées à 4 places par
personne et par séance, puis à 2.
Vers 13h30 les derniers de la file d'attente se retrouvent jusqu'au
pied de l'escalator de l'UGC !!! Les caisses au rez-de-chaussée
sont en plus d'une lenteur exaspérante. Les plus malins auront
compris qu'il fallait faire la queue aux caisses de l'auditorium : la
file d'attente ne faisait qu'une vingtaine de mètres !!
Vers 19h des personnes alimentaient encore les files d'attente. Depuis
un moment déjà les places pour le Voyage de Chihiro destinées
à la prévente ont toutes été vendues. Les
gens se consolent en achetant les dernières places pour Laputa,
Nausicaä, Mimi wo Sumaseba, Pompoko
et Kiki's delivery service, tous inédits en France.
Samedi 15 décembre
14h30 salle 300: Porco Rosso (d'Hayao Miyazaki)
Premier Ghibli sorti en France et premier Ghibli projeté à
l'occasion du festival! Justement, certains sont venus le voir car ils
avaient raté sa sortie au cinéma en France. Le film a été
très apprécié des spectateurs (applaudissement nourris
en fin de séance) malgré la mauvaise qualité de la
pellicule et quelques fins de scènes coupées très
probablement à cause de la bande trop abîmée. La bande
son était, quant à elle, de meilleure facture.
La salle 300 pour la projection de Porco Rosso
17h30 salle 300: Conan le fils du futur (d'Hayao Miyazaki)
Cette projection était l'occasion de découvrir sur grand
écran la première série réalisée par
Miyazaki et de se décider à acheter les DVD. Notons l'effort
d'IDP pour son nouveau doublage.
20h30 Auditorium: Nausicaä de la vallée du vent (d'Hayao
Miyazaki)
Le public qui composait la salle était très éclectique
dans le sens où certains n'avaient jamais vu cette oeuvre magistrale
et d'autres étaient des fans inconditionnels de notre jeune héroïne.
La séance était précédée de l'intervention
de Jean-Christophe Perrier et de M. Nguyen qui ont brièvement présenté
le film. Nous ne saurions dire si l'émotion de ces derniers était
due au sujet de leur présentation ou à leur impressionnant
auditoire ! L'ambiance dans la salle était très solennelle.
Le film était sous-titré en anglais et en français
ce qui a sûrement dû gêner certaines personnes. L'image
et la bande son, sans être exceptionnelle, étaient de bonne
qualité .Le film a été vivement applaudi en fin de
séance. Cette projection a été un des premiers grands
moments de ce festival.
Dimanche 16 décembre
14h30 salle 300: Sherlock Holmes (d'Hayao Miyazaki)
Cette projection était l'occasion de découvrir une série
sur laquelle Miyazaki a participé et a laissé son empreinte.
Les épisodes diffusés ont été réalisés
par Miyazaki lui-même. Notons que cette série est sortie
en K7 et DVD chez IDP.
16h30 Auditorium: Chie la petite peste (d'Isao Takahata)
La projection a été précédée par
une intervention de M. Otsuka accompagné de M. Nguyen pour la traduction.
Ilan Nguyen et Yasuo Otsuka
M. Otsuka nous a présenté le film en évoquant les
origines de l'adaptation, son grand succès à Osaka, et son
succès plus mitigé dans le reste du japon. Ce film est une
des meilleures surprises de ce festival, d'autant qu'il s'agit certainement
du film le plus méconnu en France. Cette comédie de moeurs
délirante unit humour et tendresse avec une habileté rare.
Il est dommage que nous avons pu noter quelques problèmes lors
de la projection : sous-titrage désynchronisé par rapport
aux images pendant plusieurs minutes et coupure de la projection en pleine
séance. De plus, l'image souffrait d'un certain flou par endroit
et la bande son saturait par moment de manière assez désagréable.
Mais le public a tellement été charmé par ce film
que l'on ne l'a pas entendu se plaindre! Le film a été très
applaudi en fin de séance. M. Otsuka est revenu par la suite répondre
aux questions des spectateurs.
21h Salle 300: Pompoko (d'Isao Takahata)
Ce film était très attendu par la communauté des
fans car il était quasiment inédit en France. Contrairement
à Porco Rosso, la qualité de la copie était
excellente: un régal pour les yeux! De plus il bénéficiait
d'un sous-titrage français de qualité. Pour ce qui est du
film lui-même, il s'agit d'une oeuvre d'un grand cynisme et d'une
profonde amertume malgré des apparences souvent comiques et légères.
En traitant du thème de l'urbanisation, Takahata signe un film
magnifique, riche et singulier qui n'a laissé aucun spectateur
de marbre. La projection a été suivie d'une intervention
de Ilan Nguyen qui a répondu aux questions de l'auditoire et en
a profité pour dresser une comparaison entre les styles de Miyazaki
et de Takahata.
Lundi 17 décembre
15h Auditorium: Kiki, le service de livraion de la sorcière
(d'Hayao Miyazaki)
Nous avons appris que, contrairement à ce qu'il été
écrit sur le programme du Festival, il ne s'agit pas de l'oeuvre
originale mais de la version américaine! Les organisateurs nous
ont avoué qu'ils ont eux-mêmes eu cette mauvaise surprise
en recevant la copie de Grande-Bretagne quelques jours avant la projection.
Disons-le tout de suite, ceux qui ont découvert et aimé
Kiki dans sa version originale ne pouvaient être qu'horrifiés
par le massacre: les chansons des génériques ont été
remplacées, de la musique a été rajoutée,
partout où il n'en y avait pas, jusqu'à l'overdose.
Ensuite, les voix des personnages en particulier ceux de Kiki et Jiji
ne sont pas bien adaptées aux personnages. Jiji a été
transformé en un saoulant side-kick disneyen en parlant quasiment
deux fois plus que dans la version originale. Et enfin et pire que tout
Jiji retrouve la parole à la fin du film. Ou comment dénaturer
la fin d'une oeuvre avec une réplique bête et inutile…
Malgré tout cela, la magie de Miyazaki opère puisque les
personnes qui ont découvert Kiki à l'occasion
de cette projection et donc n'avaient pas la Version Originale en tête
ont été émerveillés!
Mardi 18 décembre
19h Salle 300: Le Tombeau des lucioles (d'Isao Takahata)
Le chef d'oeuvre de Takahata adapté de la tombe des lucioles
de Nosaka Akiyuki a fait l'unanimité du public. Un visionnage du
Tombeau des lucioles est toujours aussi beau et éprouvant.
L'émotion était palpable à la fin de la séance
et plusieurs personnes, jeunes comme âgées, étaient
en larmes. Un débat a suivi la projection sur la question "le
dessin animé est-ce forcément pour les enfants?".
Mercredi 19 décembre
14h30 Salle 300: Mon voisin Totoro (d'Hayao Miyazaki)
L'organisateur semblait déçu de ne pas voir plus d'enfants
dans le public qui assistait à cette projection. Le film de Miyazaki,
présenté ici en version française, retrouve enfin
toute sa dignité sur grand écran. Totoro est
un bonheur de tous les instants et, marque de fabrique des Chefs d'oeuvre,
l'émotion grandit au fil des visions. Il suffit de voir l'état
de béatitude dans lequel se trouvaient les spectateurs à
la sortie de la salle pour s'en convaincre...
15h Auditorium: Goshu le violoncelliste (d'Isao Takahata)
C'est l'année de Goshu! Sortie DVD, sortie en salles
et présentation lors de ce festival… A noter que c'est la
version française de la diffusion en salles qui a été
présenté. Nous avons pu remarquer que le DVD contient un
autre doublage.
17h Salle 300: Tenguri l'enfant des steppes (d'Yasuo Otsuka)
Il s'agit la d'une des rares réalisations de Yasuo Otsuka. Bien
que ce court métrage promotionnel soit inédit et très
rare (même au Japon), il n'a pas fait l'unanimité auprès
du public. Il faut dire que bien que l'histoire soit simple à comprendre,
le film a été présenté en VO non sous-titrée.
Yasuo Otsuka a pu répondre à quelques questions après
la projection.
17h30 Auditorium: Le château de Cagliostro (d'Hayao Miyazaki)
Déjà sorti en DVD et en K7, Le Château de Cagliostro
est une oeuvre incontournable de Miyazaki. Le festival des nouvelles images
du Japon nous donnait l'occasion de revoir ce film émouvant et
très drôle sur grand écran.
19h Salle 300: Si tu tends l'oreille (de Yoshifumi Kondô)
Malgré le malentendu, il s'agissait bien d'On your Mark,
et non du court-métrage La Baleine annoncé en
début de séance, qui a été diffusé
avant le film. Ce clip, à l'époque encore méconnu
par beaucoup, a été très apprécié par
le public. De plus il bénéficiait d'une image et d'un son
de très bonne qualité.
Présentée en VO sous-titrée anglais, Mimi wo
sumaseba (si tu tends l'oreille) était très
attendu par les fans, puisque inédite en France et oeuvre unique
réalisée par Kondo, décédé en 1998.
David Encinas, ancien élève de Yoshifumi Kondo au studio
Ghibli, a présenté le film et le réalisateur avec
une certaine émotion.
Jean-Christophe Perrier (à gauche), Otsuka et David Encinas (à
droite)
Le chef d'oeuvre de Kondo a été très apprécié
des spectateurs. Il s'agit même sûrement du film le plus applaudi
depuis le début du festival.

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