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Fan-fiction
Akiko_12

Ce jour-là, le vent soufflait, tandis que l'aube émergeait à travers la brume. Elle courait à perdre haleine à travers les champs, les herbes folles s'agrippant et s'emmêlant dans ses cheveux. Lorsque le premier rayon du jour nouveau toucha sa joue rosie par la course, elle se sentie envahie d’un engourdissement merveilleux.

Le petit corps de l’enfant toucha la terre, tandis que le souffle chaud du chien se rapprochait de plus en plus. Le ciel embrasé tourna dans une valse sans fin, comme les poupées qu’elle faisait danser au temps heureux. Une musique s’éleva dans l’air, lointaine et merveilleuse, comme un appel d’un autre monde. Elle entendit une voix qui lui parlait, une voix douce qu’elle connaissait, puis elle la reconnu : c’était la voix de Maman.

Mais une autre voix s’éleva bientôt, beaucoup plus proche, une voix mugissante et inhumaine, une voix qui ne chantait pas mais qui criait, qui hurlait de colère comme un loup sans vergogne à qui l’on aurait volé sa pitance. La voix s’approchait mais l’enfant, trop faible pour se lever, ne bougea pas et attendit.

Soudain, une main vigoureuse saisit la petite fille.

« Vite Setsuko, relève-toi ! »

Setsuko sentit son corps soulevé dans les airs, puis elle vit le visage de son frère, luisant de sueur, amaigri par les privations mais empreint d’une expression ferme et décidée, un sentiment ineffable de fierté et de défi se dégageant de son corps tout entier. Ils vivraient, quoi qu’il en coûte.

Le visage de la petite fille s’éclaira, et même si elle n’avait plus la force de sourire, on devinait que son cœur s’illuminait, aussi beau que le soleil levant.

Seita sema le gros Minamoto et atteint l’abri ou il déposa le petit corps inconscient de Setsuko. Son regard alla de sa sœur à son trophée du jour, un trophée qui lui avait valu plusieurs morsures cuisantes et une course folle et épuisante.

Seita desserra son étreinte et contempla le petit lapin qu’il venait de voler à Monsieur Minamoto. Il n’était pas très gros, et ils n’auraient sans doute pas assez à manger pour deux.

Le petit animal regarda Seita d’un air implorant mais le jeune garçon n’eut pas de réaction. Il fut un temps où il aurait trouvé barbare de tuer un si petit animal. Mais à présent, les temps avaient changé. La faim, telle un monstre affamé, était toujours là, au creux de son ventre, le dévorant de l’intérieur, lui prenant jour après jour un peu plus d’énergie, un peu plus d’espoir, un peu plus de vie. Déjà, Setsuko n’avait plus la même joie de vivre qu’avant, et malgré tous ses efforts, plus les jours passaient et plus elle s’affaiblissait.

Seita regarda une dernière fois le petit lapin, et, profitant du sommeil de Setsuko, le frappa d’un coup sec avec une grosse pierre. Ainsi, Setsuko ne verrait pas le sang de l’innocent animal. Ainsi, Setsuko ne verrait pas la mort.

Lorsque Setsuko s’éveilla, le soleil était déjà haut dans le ciel et une douce chaleur s’élevait du foyer. Le feu crépitait gaiement et chantait un monde merveilleux où le soleil brille toujours, où les Hommes ont tous un cœur aussi beau et aussi chaud que la braise, où la guerre et le malheur n’existent pas. Et dans le feu, ce jour là, Setsuko vit l’âme du petit lapin qui dansait et qui lui souriait, et Setsuko eut la force de lui sourire à son tour.

Barbara

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