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Fan-fiction
Ukong

"Ce jour-là, le vent soufflait, tandis que l'aube émergeait à travers la brume. Elle courait à perdre haleine à travers les champs, les herbes folles s'agrippant et s'emmêlant dans ses cheveux..."
- Oh ! Vous avez vu ! Regardez ! Là-bas !
Toute la classe se tourna subitement vers Chihiro qui s’était levée en criant, interrompant par la même occasion le cours de littérature de Hikabe-san (1).
- Hé bien, qu’y a-t-il Chihiro ? demanda Hikabe-san.
- Je l’ai vu passer, j’en suis sûre ! Il volait avec son parapluie ! dit-elle le nez collé contre les fenêtres desquelles on apercevait la ville.
- Qui ça ? demanda Ashitaka.
- Totoro ! lança la jeune fille.
Une clameur d’émerveillement s’éleva du groupe. Hikabe-san sourit légèrement. Aucun livre, aussi réputé fût-il, ne pouvait rivaliser avec la magie aperçue par la fenêtre. Mais il n’y avait pas de temps à perdre, vite, on pouvait encore l’apercevoir si on prenait les vélos. Ashitaka se tourna vers le professeur.
- Veuillez nous pardonner, Hikabe-san ! Nous sortons !
Hikabe-san voulut leur dire de faire attention, mais ils avaient déjà assez de leurs parents pour le leur répéter à longueur de journée. Il se contenta de leur souhaiter bonne chance.
- Allez ! Dépêchez-vous ! Dépêchez-vous ! cria Ashitaka dans le couloir. Takahata-san, le proviseur du collège, passant sur le chemin faillit se faire écraser s’il n’avait eu le réflexe de s’écarter.
- Hé ! Où courez-vous comme ça ? demanda-t-il.
Personne ne lui répondit, mais Kiki, juste avant de sortir de l’établissement, s’aperçut qu’elle avait oublié son portable dans son blouson qu’elle avait laissé dans la salle de classe. Elle fit demi-tour tandis que les autres montaient tous en selle et ceux qui n’avaient pas de vélos montaient derrière ceux qui en avaient.
Kiki croisa alors le directeur qui la prit par le bras et lui répéta sa question. Elle lui dit en s’échappant de son emprise qu’ils partaient voir Totoro.
- Totoro… dit-il, les yeux dans le vague.
Après avoir pris son portable qui faisait appareil photo, elle repassa devant Takahata-san qui n’avait ni bougé ni cligné des yeux depuis qu’il avait entendu le nom de Totoro. Mais elle ne fit pas spécialement attention à lui.
- Chihiro ! On te suit ! avait ordonné Ashitaka qui avait toujours été respecté en tant que chef de classe.
- Oui ! avait-elle répondu, c’est par là !
Hikabe-san observa Kiki s’éloigner sur son vélo tout en s’approchant du proviseur qui n’avait toujours pas bougé ni cligné des yeux depuis trois minutes.
- Monsieur le proviseur, vous allez bien ? s’enquit Hikabe-san.

La légende était donc vraie. Chihiro en était persuadée. Des rumeurs en ville disaient qu’il était dans les parages, mais en réalité personne ne pouvait affirmer l’avoir vu. Et il était passé, simplement, au-dessus des maisons, à une centaine de mètres du collège. Chihiro était-elle à la seule à l’avoir vu ? En tout cas, aucun de ses camarades ne mettait sa parole en doute. La vingtaine de collégiens pédalait à vive allure, surprenant les passants et les chiens et chats du quartier. C’est alors que Ashitaka aperçut un tanuki en train de fouiller une poubelle.
- Je m’arrête un instant, continuez, je vous rejoins tout de suite, avait-il dit à Chihiro qui avait hoché de la tête en signe d’acquiescement.
Ashitaka avait toujours eu une passion pour les animaux en tous genres. D’ailleurs, Totoro était-il un gros ours, comme certains l’affirmaient ? Il brûlait d’envie de le découvrir, mais la vision du tanuki l’avait interpellé. Il était rare de voir les tanukis, de plus la journée. Ne disait-on pas qu’ils étaient dotés de pouvoirs ? Ashitaka s’approcha de l’animal doucement. Le tanuki l’aperçut. Ashitaka arrêta son mouvement. Il avait une certaine sensibilité avec les animaux. Il se rappela qu’il lui restait un biscuit dans sa poche. Il le tendit au tanuki. Celui-ci, après un instant d’hésitation, s’approcha de la main bienveillante d’Ashitaka et croqua le biscuit. Le tanuki regarda Ashitaka dans les yeux. Le remerciait-il ? Soudain, un sifflement leur parvint comme un claquement. Une jeune fille se tenait à l’autre bout de la rue, le regard perçant, ornée d’une fourrure, peut-être une fourrure de loup. Le tanuki s’en retourna vers elle et ils disparurent au coin de la rue. Ashitaka était encore impressionné par cette apparition lorsque son portable sonna.
- Ashita-kun ! Viens vite ! Il est là ! Il est là ! Sur le toit de l’immeuble de Ghibli Industries !
- J’arrive !
Chihiro n’eut pas le temps de lui dire que déjà une bande de pirates des airs tournait autour de Totoro à bord de leurs biplans.

Kiki venait juste d’arriver près de l’immeuble de Ghibli Industries lorsque Ashitaka arriva à son tour. Effectivement, Totoro se tenait là-haut, mais qu’attendait-il ? Et quelles étaient les intentions de ces pirates ? Les passants avaient tous les yeux rivés vers cette vision inattendue. Toutes les générations connaissaient Totoro, mais personne ne croyait vraiment en lui. Après tout, qui pouvait prétendre l’avoir réellement vu ? Mais cette fois, il était là, aux yeux de tous. Des reporters arrivèrent sur les lieux.
- En exclusivité mondiale ! Nous vous montrons le légendaire Totoro ! criait un reporter devant une caméra.
Ashitaka, inquiet de la présence des pirates, se précipita vers l’immeuble dans lequel il entra. Ses camarades le suivirent. Ils montèrent jusque sur le toit où ils trouvèrent Totoro de dos. Ils s’approchèrent de lui alors que les pirates continuaient de faire des rondes autour de l’immeuble. Les enfants lui parlèrent, le touchèrent, son pelage était doux. Il fit un grand sourire au moment où un avion des pirates s’approcha de lui et éjecta un filet géant.
- Ils tentent de le capturer ! cria Ashitaka.
Pris dans le filet, Totoro trébucha et fut emporté par le biplan alourdi. Les pirates se congratulèrent haut et fort.
- On devrait en tirer un sacré prix ! brailla l’un d’eux.
C’est alors qu’un autre avion fit son apparition.

Depuis le toit du collège, équipés de jumelles, Hikabe-san et le proviseur Takahata-san observaient la scène qui se déroulait à deux kilomètres de là, au-dessus de Ghibli Industries.
- Un nouvel avion ? dit Hikabe-san. Encore des pirates ?
- Non non ! lui répondit Takahata-san sans quitter ses jumelles. C’est une vieille connaissance. On s’est rencontré au lycée Toei, ça fait un bail maintenant. Toute sa vie il a cherché Totoro à bord de son avion. Je me doutais que si Totoro était dans les environs, cette vieille branche le serait aussi ! Il ne va faire qu’une bouchée de ces guignols !
Sitôt dit, sitôt fait. Le pilote arrivé à la rescousse libéra Totoro de ses ravisseurs qui s’écrasèrent au loin. Totoro, lui, n’ayant jamais lâché son parapluie et comme si de rien n’était, bondit dans les airs. On ne le vit bientôt plus.

On parla beaucoup de cette histoire. Et, alors qu’ils étaient encore sur le toit et que l’avion héroïque s’en allait on ne sait où, Ashitaka dit à Chihiro :
- Le pilote avait une drôle de tête non ? Derrière ses lunettes noires, j’ai cru voir un cochon…
Chihiro frissonna légèrement. N’avait-elle pas fait un rêve étrange avec des cochons récemment ?

(1) Père de Mei et Satsuki

Ukong

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