"Le courage de l'esprit"
Chapitre 14 : L'histoire d'une élémentale de terre
En fendant l'air sur le dos de Haku, Chihiro retrouva le plaisir intense qu'elle avait ressenti la première fois, puis oublié. Elle se souvenait de ce vol, bien sûr, cependant l'euphorie de ce moment avait disparu de sa mémoire. Elle vit le monde en miniature ; la plaine, pareille à un immense et calme océan, semblait se prolonger à l'infini, sauf à l'Ouest ; là-bas se dressaient des montagnes pourpres évoquant des dents irrégulières. Le vent sifflait autour d'elle, chassant de son visage ses cheveux qui ruisselaient derrière elle comme un torrent sombre. Dans la lumière du soleil matinal, Haku paraissait être fait d'argent pur. Elle avait peine à croire que cette créature de mythe était aussi le bel homme avec qui elle venait de se disputer. Pourtant, il y avait quelque chose, un lien indéfinissable qui unissait les deux formes. Etait-ce les yeux, était-ce la grâce des mouvements qui se retrouvait dans la forme humaine ? Elle ne savait pas ; elle ne savait plus rien, le moment présent était seulement fait de plaisir.
Elle lâcha les cornes, et étendit les bras, comme si elle volait par elle-même. Juste à ce moment, Haku diminua brusquement son altitude, la laissant suspendue en l'air. Poussant un petit cri, elle se raccrocha aux cornes.
"Tu gâches tout !" fit-elle sévèrement, "tu pourrais t'amuser à ça quand je ne suis pas là !" ; il plongea et Chihiro crut que son estomac lui était remonté dans la bouche, et faillit rendre le petit-déjeuner de Grand-mère. Il effectua une série de virages serrés à tordre les boyaux ; elle se serait crue sur des montagnes russes.
"Très bien !" dit-elle en riant, "tu as gagné, je vais me rasseoir comme il faut !" Il se remit à voler de manière plus stable, sa queue ondulant derrière lui. Chihiro admira la vue pendant un moment. Il lui sembla que ses paupières devenaient lourdes. Elle réalisa qu'elle était encore fatiguée du fait de sa maladie. Elle se recula sur l'échine du dragon, enroula ses bras autour des cornes et reposa sa tête sur ses mains.
"Je vais faire une petite sieste." Elle bailla et s'endormit presque immédiatement. Volant sans discontinuer, Haku manifesta sa satisfaction par un grondement profond.
"Chihiro ?" Une voix appelait son nom. Elle était si fatiguée ; tout ce qu'elle désirait, c'était dormir. "Chihiro ?" Quelqu'un la secouait.
"Encore cinq minutes, c'est tout" marmonna-t-elle, tout en se blottissant dans son oreiller. Quelqu'un se mit à rire, d'une manière surprise. "Cet oreiller n'est pas très confortable," se dit-elle, "il est dur et chaud." Elle ouvrit d'un coup les yeux, et ce qu'elle vit lui fit espérer qu'elle dormait encore. Haku avait repris sa forme humaine alors qu'elle était endormie. Il la portait, un bras autour de ses épaules et l'autre sous ses genoux. C'était dans sa poitrine qu'elle fourrait son nez. Haku pencha la tête pour la regarder, et dit d’un air hilare :
"Bonjour la dormeuse." Chihiro n'avait qu'un désir : que la terre s'ouvre béante et l'engloutisse.
"Bonjour," dit-elle toute penaude, "tu peux me déposer maintenant." Il s'exécuta, souriant toujours, les yeux pleins de malice. Visiblement, la gêne de Chihiro l'amusait. Lorsqu’elle se rendit compte qu’en plus ils n'étaient pas seuls, son embarras fut à son comble.
Lin sortit de l'obscurité de la pièce voisine, le bureau de Haku. Elle examina Chihiro de haut en bas.
"Tu te sens comment ?" demanda-t-elle.
"Je vais bien," répondit Chihiro. Pas très convaincue, Lin plaça une main sur son front.
"Hmm, pas de température, ouvre la bouche." Chihiro ouvrit la bouche. "La langue est rose, ça va ; combien j'ai de doigts ?"
"Lin, je te dis que je vais bien !"
"Tu étais aux portes de la mort il y a seulement deux jours. Et vu son humeur quand il est parti te chercher, il n'a pas dû tellement te ménager ; maintenant réponds-moi, combien j'ai de doigts ?"
"Trois…" dit Chihiro.
"D'accord." Lin se recula et se tourna vers Haku. "Sa chambre est prête, comme vous l'avez demandé. De plus, Linca vient de reprendre conscience." Une vague de froid envahit Chihiro, et son cœur se glaça. Haku tressaillit sous son regard inquisiteur.
"Haku, qu'est-ce que tu lui as fait ?" demanda-t-elle sur un ton parfaitement froid.
"Rien de définitif," répondit-il sans conviction. Lin croisa les bras.
"Il a pénétré son esprit de force pour pouvoir te localiser, parce qu'elle refusait de parler. Elle a lutté contre lui de toutes ses forces ; elle s'est épuisée. Elle est resté inconsciente pendant toute une journée." Chihiro ouvrit la bouche et resta ainsi sans trouver quoi dire. A ce moment, la petite voix, qui était resté silencieuse depuis qu'elle avait quitté le monde des humains, se manifesta à nouveau.
"Allons, tu sais bien que ce monde est différent du tien. Les lois morales ne sont pas les mêmes…"
"Va te faire f… !" répliqua-t-elle en pensée, et la voix fut chassée.
Elle s'approcha de lui, se dressa sur la pointe des pieds et lui murmura à l'oreille :
"C'est une chance que tu sois mon ami, parce que sinon, je t'aurais arraché les yeux !". Elle reposa ses talons sur le sol. Il allait dire quelque chose, mais elle plaça un doigt sur ses lèvres. "Ne refais jamais ce genre de chose. Il n'y a pas d'excuse et tu le sais ! Tu as le pouvoir de faire certaines choses, mais ça ne veut pas dire que tu as le droit de les faire." Elle s'éloigna de lui et s'arrêta au niveau de Lin.
"Tu me déçois beaucoup, Haku." dit-elle. "Je croyais que tu étais un esprit bienveillant, mais maintenant je pense que tu es aussi mauvais que la sorcière au bout de ce couloir." Elle se dirigea vers la porte et sortit. Lin s'attarda un instant dans la pièce.
"J'espère que vous êtes fier de vous !" dit-elle seulement, avant de suivre Chihiro. En poussant un grognement, Haku se laissa tomber sur sa chaise. Si seulement il n'avait pas cédé à la colère…
"Là, elle m'en veut," dit-il entre ses dents.
Indignée, Chihiro parcourut le couloir d'une démarche raide, fulminant tout du long.
"Comment a-t-il pu faire ça ! Comment a-t-il osé… Vraiment il n'est qu'un… un… Il n'y a pas de mots pour ça, dans aucune langue !" Lin soupira.
"C'est un dragon, qu'est-ce que tu crois…"
"Mais il est si gentil avec moi, presque toujours," protesta Chihiro.
"Avec toi, oui. Mais nous, on marche tout le temps sur des œufs."
"Voyons, Lin, s'il avait voulu te faire des choses horribles, combien en aurais-tu subies ? Combien de fois lui as-tu crié dessus sans qu'il réagisse ?"
"C'est vrai," répondit Lin. Elles restèrent un moment silencieuses.
"Pour être honnête, Linca avait haussé le ton, elle lui criait dans la figure. Je ne te répèterai pas ce qu'elle lui a dit,". Sur ces derniers mots, Lin sourit.
"Pauvre Linca," soupira Chihiro. "Parfois elle n'a vraiment aucun tact. Elle n'a jamais appris à la fermer."
"Ne t'en fais pas, il ne lui a pas vraiment fait mal. C'est juste qu'elle refusait de céder."
"C'est tout à fait son genre," murmura Chihiro.
Elles étaient descendues d'un étage, sous les quartiers de Haku et Yubaba.
"Je vais l'installer dans ta chambre." dit Lin, ouvrant une porte noire en bois de feuillu. La pièce était claire et agréable. Une peinture murale, représentant un cerisier en fleurs, couvrait un des côtés, les autres murs étaient couleur crème. A travers les vitres au bout de la pièce, on voyait un petit balcon. Du côté droit, il y avait une cloison, que Lin fit coulisser. La chambre à coucher était d'un bleu vaporeux. Chihiro vit un vaste lit double et elle en éprouva un certain soulagement - elle n'était pas habituée à dormir sur le sol. Linca était allongée sur ce lit.
"T'chi !" dit-elle en se redressant, "tu vas bien !"
"Je vais très bien," répondit Chihiro. Le visage de Linca était tiré et grisâtre, il avait perdu son teint habituel, cette blancheur légèrement bleutée.
"Ce maudit dragon," gémit Linca faiblement, "j'ai l'impression qu'il m'a fait gicler la cervelle par une oreille !"
Chihiro fit une grimace.
"Je suis désolée, Linca, c'est de ma faute." Elle s'allongea à demi sur le lit.
"Mais non !" répliqua l'esprit. "C'était mon idée, tu te souviens ?" Chihiro sourit.
"Oui, je me souviens." Lin les regarda l'une et l'autre.
"Bon, vous deux, je vais vous chercher du thé. Sen, je te conseille de te changer, tu frises l'indécence." Lin lança un regard désapprobateur à la chemise de nuit. "Il y des vêtements dans le placard". Elle sortit en refermant doucement la porte derrière elle. Chihiro soupira.
"Maintenant que nous sommes seules, si tu me racontais ton histoire." Linca eut un sourire contraint.
"D'accord, tu m'as coincée." Elle roula les yeux ; du moins, Chihiro eut cette impression : avec ces globes oculaires totalement blancs, c'était difficile à dire. "J'étais, enfin, je suis, une élémentale de terre. C'est-à-dire, l'esprit d'un lieu constitué de terre ferme. Quand je dis lieu, ça peut vouloir dire un groupe d'arbres, ou toute une montagne. Nous sommes responsables de l'équilibre des énergies dans notre zone, et nous sommes chargés de leur protection. Même lorsqu’une ville recouvre le lieu dont nous sommes chargés, nous avons un rôle à jouer. J'étais l'esprit de quelques acres de terres cultivées dans les environs d'une ville nommée Pripiat, dans ce qui s'appelle aujourd'hui l'Ukraine. Une famille était propriétaire de ce terrain. Je la connaissais depuis des générations ; ils m'apportaient même des présents pour Yuletide (1), qu'ils me laissaient dans les bois. J'appréciais particulièrement leurs offrandes de Vodka, aussi n'ai-je pas ménagé mes efforts, pour que leur terre reste fertile." Elle regarda Chihiro avec un sourire plein de malice. "Je suis allée jusqu'à séduire quelques-uns des jeunes hommes de cette famille."
"Vraiment ?" demanda Chihiro, sa curiosité éveillée.
"Eh oui." répondit Linca. "Pourquoi crois-tu que nous prenons une forme humaine ? Les relations entre esprits et humains n'étaient pas si rares, ces derniers siècles. Maintenant, les humains ne croient même plus en nous, alors pour ce qui est de consacrer leurs nuits aux amours surnaturelles… De toute façon, beaucoup d'esprits fuient tout contact avec les humains. C'est bien dommage, tout ça."
Chihiro secoua la tête, devant tant d'effronterie.
"En tout cas, un jour où je m'occupais tranquillement de mes affaires, j'ai aperçu l'élémental de l'eau de la région, et je me suis mise à l'observer, parce qu'il avait l'air d'avoir très, très chaud. Alors c'est arrivé."
"Quoi ?" demanda Chihiro.
"Je ne sais pas," répondit Linca. "Il y a eu une lumière comme un éclair, et après, une telle quantité d'énergie a déferlé sur la zone que j'ai cru devenir cinglée ! J'ai été contrainte de partir, et bien que j'aie essayé de revenir plein de fois, cette énergie étrange m'a repoussé. A la fin, j’ai dû prendre une forme corporelle permanente et quitter ma terre. Je suis arrivée ici après bien des errances ; j’étais de ceux qui, perdus et sans but, marchaient au hasard. Au bout d'un certain temps, je suis tombée sur cet endroit… J'ai eu la chance de rencontrer en premier Monsieur Grand-Jeune-Et-Beau. Il m'a mise sans tarder au nettoyage des baignoires. Au moins, je ne me suis pas fait voler mon nom, c'est déjà ça… Au bout d'environ trois mois, il est venu me voir et m'a proposé quelque chose.
"De me trouver ?" dit Chihiro.
"C'est ça." dit Linca. "Les humains me manquaient, et lui, il voulait te trouver. Il m'a lancé un sort pour me donner une apparence humaine et il m'a transportée jusqu'à l'endroit où il pensait que tu devais à peu près te trouver." Linca secoua la tête. "Il doit falloir une puissance dingue pour accomplir ce genre de chose ! Je n'aurais pas cru cela possible !"
Elle se secoua, et ses yeux blancs se fixèrent à nouveau sur Chihiro qui l'écoutait avec une intense attention. "Donc, après avoir joué un peu les détectives, j'ai découvert que tu étais à l'université. Alors j'y suis allée, et moyennant un peu de magie soigneusement appliquée aux bons endroits, me voilà transformée en parfaite étudiante russe, dûment inscrite au programme d'échanges. Je suis devenue ton amie et je t'ai suivie un peu partout. En fait je ne suis jamais vraiment allée aux amphis, sauf avec toi, et au bout d'un mois j'ai réalisé une chose." Chihiro leva les sourcils, l'air interrogateur. "J'ai réalisé que tu étais quelqu'un de vraiment bien, une véritable amie." Touchée de cette franchise, Chihiro sentit une boule se former dans sa gorge. "Mais j'ai réalisé aussi que tu étais terriblement malheureuse, et puis un peu… oh juste un tout petit peu malade de la tête." Chihiro se mit à rire. "Alors j'ai entrepris de t'aider, comme le lézard me l'avait demandé. Le coup de te faire sortir avec Scott, c'était pour ça, mais ça n'a pas marché. Alors j'ai réfléchi et j'ai décidé de te ramener. Les frontières sont ouvertes pendant quelques semaines, avant le solstice, et c'est ça qui t'avait permis d'entrer la dernière fois. Avec tout ce va-et-vient entre les deux mondes, à ce moment de l'année, on est bien obligés de laisser les frontières ouvertes en permanence."
"Alors depuis le début, c'est toi qui as tout fait pour me ramener ?" demanda Chihiro.
"Oui, j'espérais que tout se passerait bien une fois qu'on serait arrivées. Alors après, je me suis envolée pour prévenir Sa Majesté que tu étais là, à la merci de Yubaba. Quand il est arrivé, j'ai cru ce serait une délivrance."
"Attends une minute, tu dis que tu t'es envolée ?" Les yeux de Chihiro s'écarquillaient, elle commençait à voir Linca sous un jour complètement nouveau.
"Oui," répondit Linca. "Haku n'est pas le seul à posséder deux formes corporelles. Mon autre forme, c'est celle d'un hibou ; c'est certes modeste, comparé à Son Excellence Ecailleuse, mais moi ça me suffit."
Linca s'étira et bailla.
"Au fait, qu'est-ce qu'il t'a fait quand il t'a rattrapée ?" demanda-t-elle d'un ton désinvolte, feignant de ne pas s'y intéresser outre mesure.
"C'est arrangé maintenant Linca, nous sommes parvenus à un accord, pour ainsi dire." Les yeux blancs de Linca la fixèrent.
"Qu'est-ce que tu as fait pour le faire changer d'avis ?" questionna-t-elle.
"Pas le genre de chose que toi tu aurais fait… Je lui ai juste crié dessus."
"J'ai essayé ça, mais ça n'a pas marché," ronchonna Linca. Chihiro eut un petit rire.
"Eh bien, d'après Lin, je suis un cas à part, du moins pour ce qui est de Haku." Puis son visage s'assombrit. "Il n'aurait pas dû te faire ça." Linca agita la main.
"Bah, je ne suis pas morte, et puis, j'ai été assez grossière."
"Ce n'est pas une excuse, il n'a pas le droit d'abuser de son pouvoir comme ça." Linca bailla à nouveau.
"Eh bien, peut-être que dorénavant il retiendra la leçon. Parce que, te connaissant, j'imagine que tu lui as dit que ça ne t'avait pas plu." Chihiro se remua sur le lit, un peu gênée.
"Je lui ai dit que je lui arracherais les yeux." Linca se mit à pouffer de rire, à tel point Chihiro ne put s'empêcher de rire aussi.
"Alors là je me marre !" fit Linca, s'efforçant de reprendre haleine. "J'imagine sa tête quand tu lui as dit ça." Lorsque la crise de rire fut passée, Chihiro se mit à repenser à l'histoire que Linca lui avait racontée ; tout-à-coup elle fronça les sourcils.
"Tu m'as dit que tu étais l'esprit de quel endroit, déjà ?" demanda-t-elle.
"Pripiat, une petite ville, tu n'en as sans doute jamais entendu parler."
"Mais si, ça me dit quelque chose…" Chihiro se creusa la cervelle, puis brusquement elle réalisa :
"Tchernobyl !" Linca la regarda sans comprendre. Précipitamment, Chihiro lui expliqua :
"Durant les années 80, le cœur d'un réacteur nucléaire est entré en fusion, dans une centrale en Russie, enfin, à l'époque c'était la Russie. Il a fallu évacuer la ville de Pripiat et tous les environs, sur des kilomètres. Toute la zone est radioactive et personne ne peut y retourner ; apparemment tu es comme les autres." Linca pinça nerveusement la couverture et fronça les sourcils.
"Alors, cette grande lumière…" Chihiro fit oui de la tête. Le regard de Linca, toujours posé sur la couverture, devint mauvais ; elle poussa un juron.
"Les imbéciles," dit-elle à voix basse, "c'était chez moi, et ils ont tout abîmé, tout détruit." Elle se tourna vers Chihiro et lui lança un regard furieux. "Désolée Chihiro, mais les humains, tu veux que je te dise ce qu'ils sont ?"
"Je sais bien," murmura Chihiro. "Nous sommes bornés, stupides, et nous détruisons tout."
"Et pourtant vous avez un certain charme." reprit bizarrement Linca, d'une voix qui tremblait. Chihiro la regarda avec compassion, mais opta néanmoins pour un effet comique :
"Ca c'est sûr," dit-elle, "quel dommage qu'on sente aussi mauvais." Linca rit, mais son rire se mua en sanglots. Elle tenta de retenir ses larmes, mais elles vinrent, irrémédiablement. Chihiro la prit dans ses bras et attendit sans rien dire que cessent les pleurs.
"Je veux rentrer chez moi !" gémit Linca, "Ca me manque tellement !" Chihiro se mit à la bercer, et lui murmura doucement : "Je sais très bien ce que tu ressens."
(1) Yuletide : fête païenne d'origine scandinave, qui se déroulait aux environs du solstice d'hiver. N.D.T.

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