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Ghibli et moi
R_Daneel

Tout commence au milieu des Années 90, un collègue passionné d’animation me parle vaguement d’un Studio Japonais et d’un certain Hayao Miyazaki. Au simple mot « Japonais », comme beaucoup à l’époque, je m’énerve et prononce des mots comme « Violent », « idiot » et pire, « sans intérêt ». Contre toute attente, mon collègue ne prononce qu’un seul mot : Totoro, puis rajoute : tu verras.

Coïncidence ou signe du destin, Canal + le diffuse justement. Poussé par la curiosité, je l’enregistre et le regarde. Mes préjugés sont alors balayés sans autre forme de procès. Viendra ensuite « Le tombeau des lucioles ». Première émotion sur un film d’animation, c’est un choc !

Curieusement, ça s’arrête la pour quelques années, jusqu’à l’arrivée d’un petit bout de fille nommée Chihiro. Première révélation où je réalise le potentiel de l’animation Japonaise. Je me précipite alors sur tous les DVD Ghibli disponibles à l’époque, comme « Le château dans le ciel » ou « Princesse Mononoke ».

Mais la véritable révélation se produit en 2004, avec « Le Château Ambulant ». Je sors de la salle complètement groggy et en titubant, encore sous le choc. Dès lors, je deviens complètement accro, dévorant à la file tous les films du studio qui me tombent sous la main, même en VO, alors que je suis plutôt adepte des VF. Aucun de m‘échappe, de « Nausicaa » à « Mimi wo Sumaseba », en passant par « Pompoko » et « Porco Rosso ».

De tous ces films, je retiens de grands moments d’émotions, comme par exemple, l’arbre géant qui pousse par magie dans Totoro ou encore la scène du lever de soleil avec Shizuku et Seiji qui lui propose le mariage.

Il y a cependant une scène en particulier qui me parait particulièrement réussie : la scène finale de Omohide Poro Poro.

Tout d’abord, la chanson, magnifique interprétation en japonais de la chanson « The Rose ». Celle-ci, je dois l’admettre m’arrache une larme à chaque fois que je regarde cette séquence. La poésie qui se dégage de cette partie s’inscrit parfaitement dans l’histoire et mérite presque à elle seule le visionnage du film. L’idée de faire cohabiter son passé et son présent en faisant apparaître ses camarades de classe est simplement stupéfiante. La scène prend alors toute son intensité lorsque Taeko enfant agrippe le bras de la Taeko adulte et que celle-ci semble l’avoir ressenti. Puis tout s’emballe quand les enfants interviennent sur l’univers de Taeko adulte alors qu’ils ne sont pas censés être réels, en faisant piler la voiture et trébucher Toshio.

Sur ce, je vous laisse, j’ai rendez vous avec Sophie et Hauru dans un drôle de château qui tient debout on ne sait trop comment. Puis, si le temps me le permet, j’irai rejoindre mes potes les Tanukis, il parait qu’ils ont organisé une fiesta dans un parc…

© Buta Connection