Ghibli et moi
Moyo
Comment j'ai découvert Ghibli et propagé ma
passion
Je me souviens du premier film du studio Ghibli que j'ai vu. Mon professeur
de japonais a forcé toute la classe à regarder ce film
pour la dernière leçon de l'année. Bien sur, je
connaissais Princesse Mononoké de nom, mais je pensais qu'il s'agissait
d'un simple dessin animé pour enfants. C'est donc avec une certaine
mauvaise volonté que je me suis allé voir le film.
Quelle surprise, je suis sorti de la séance enthousiaste et heureux.
Je n'avais jamais vu une oeuvre comme celle là. Tout m'avait paru
parfait. Le graphisme, le scénario, la musique, tout atteignait
un degré de perfection inégalé. La complexité et
la personnalité des protagonistes m'a réellement plu. Mais,
je croyais dur comme fer à l'époque qu'il s'agissait du
seul film de son réalisateur. Une sorte de film d'auteur réussi,
mais unique. Ce n'est qu'après que j'ai pu découvrir les
autres films Ghibli. Chaque nouvelle découverte apporte son lot
de sourires ou de pincements au cœur.
Pourquoi un tel engouement ? J'ai enfin trouvé des films qui
parlent avec poésie, justesse de la vie. On est loin des images
sombres ou ultra réalistes des films à la mode d'un côté,
et de la simplification outrancière de certaines productions animées
américaines. Les films ghibli ont l'art de réveiller l'enfant
qui est en nous… sans nous faire oublier l'adulte qu'on est devenu.
J'ai, pour la seule fois de ma vie, pleuré à la fin du
tombeau des lucioles. J'ai rit aux larmes quand Gigi jouait à la
peluche dans Kiki la petite sorcière.
Pour résumer, regarder un film Ghibli, c'est s'évader pendant
quelques temps du quotidien. C'est un voyage extraordinaire.
J'ai ensuite réussi à faire voir certains films à ma
sœur. Elle pensait elle aussi qu'il ne s'agissait d'un film pour
bébé. Depuis, elle regarde plus que moi Princesse Mononoké et
le Voyage de Chihiro.
Le plus surprenant est venu de la part de mon chef
au travail. J'utilisai mon ordinateur portable, et immanquablement j'avais
mis un fond d'écran
Ghibli. Mon chef l'a vu, mais n'a rien dit. Ce n'est que tard dans l'après
midi, lorsque presque tout le mondé avait quitté le travail
qu'il est venu me voir, et m'a glissé tout bas : "Dis moi,
je cherche Nausicaa de la vallée du vent. L'aurais tu par hasard
? Chez moi, toute la famille regarde les films Ghibli". Depuis, nons
conversations dérivent parfois du domaine professionnel au domaine "ghiblieste".

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