| Films | Gedo Senki |
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Analyse des contes de TerremerAu Japon, pour la promotion des Contes de Terremer, le studio ghibli a particulièrement insisté sur l'identité du réalisateur et sa filiation, amenant inévitablement le spectateur à comparer l'oeuvre de Goro Miyazaki à celle de son illustre père. Est-ce la raison pour laquelle le film a tant été vilipendée par la critique? Doit-on obligatoirement attendre d'être au niveau de Hayao Miyazaki pour se lancer dans la réalisation d'un Ghibli ou bien peut-on juger Les Contes de Terremer comme l'oeuvre à part entière d'un jeune réalisateur ? Une œuvre de fantasy originaleLe film traite du thème du double, directement puisé dans le premier tome des Contes de Terremer, Le Sorcier de Terremer. Epervier, encore jeune apprenti-sorcier, fuit constamment une ombre, qui se trouve être finalement la part maléfique de son être. Il ne le vainc qu’en reconnaissant dans son pire ennemi une part de lui-même. Ainsi, il accepte sa part d’obscurité, devenant un homme dans sa totalité. Le vrai thème du livre est donc le combat que l’on mène contre soi-même. Cette idée a d’ailleurs influencé beaucoup d’ouvrages et de films fantastiques, comme Star Wars et son concept de « côte obscur » de la Force, ou bien encore la version manga de Nausicaä de la Vallée du Vent. Chez Goro Miyazaki, c’est Arren qui fuit constamment son ombre. Il refuse ici non pas son côté maléfique, mais son côté mortel. Cette fuite provoque un déséquilibre en lui, le conduisant à des accès de violence incontrôlables. Cette instabilité intérieure n’est que le reflet d’un monde troublé, effrayé, refusant sa propre mortalité, et remettant ainsi en cause le principe même du cycle de la vie. ![]() Arren face à son pire ennemi, lui-même La magie n’est donc pas l’intérêt principal de l’œuvre de Goro Miyazaki et de l’ouvrage de Le Guin. Ces deux derniers diffèrent en ce sens largement des sujets habituels de la Fantasy, l’apprentissage de la magie, son utilisation contre les ennemis,… Ici, l’ennemi est intérieur, comme le mal rongeant Aracnéide, comme Therru cachant sa vraie nature, comme Epervier niant ses sentiments pour Tenar, comme Arren refusant l’idée de la mort. Et ce mal, provoquant déséquilibre et aliénation, ne peut trouver de solution que lorsque l’on reconnaît l’existence de son plus grand ennemi en soi et qu’on l’accepte. Le sujet principal du film est donc l’équilibre du monde en général, mais aussi relation entre la lumière et l’ombre en soi. On peut dès lors voir en Terremer, en proie à la folie des hommes, et en Arren, poursuivi par son ombre, des symboles de notre société moderne, cherchant à tout prix à contrôler la nature, la terre et l’espace, au mépris de l’équilibre du monde. Pour retrouver la paix et la stabilité, tant intérieure qu’extérieure, chacun doit accepter sa part d’ombre, mais aussi admettre que l’homme n’est qu’un élément éphémère au sein d’une nature qui le dépasse. © Buta Connection |