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Analyse des Contes de Terremer (3)Un film inégal, mais prometteurLa presse japonaise a décerné au film le titre de plus mauvais film de l’année. Vengeance des journalistes suite à la « peoplelisation » de la campagne publicitaire du film, règlement de compte avec Ghibli et Hayao Miyazaki, intouchables au Japon, à travers les débuts d’un inconnu, dédain envers un jeune débutant classé comme « fils-à-papa » ? Les suppositions sont nombreuses, et à notre sens, fort injustifiées. Certes, le film n’est pas exempt de défauts. Le milieu du film souffre de longueurs, le film manque parfois de rythme, se perdant parfois dans une vision très bucolique de la vie rurale. Il faut également reconnaître que les personnages ne sont peut-être pas aussi charismatiques que les autres Ghibli, mais ils le sont certainement plus qu’Un Royaume des Chats. Mais Goro Miyazaki, contrairement à Morita, a tout de même réalisé un film cohérent, qui dure près de 2h, adaptant une œuvre réputé inadaptable, en un temps record de production ! Le fait qu’il s’agisse d’un premier film force également l’admiration, tant certaines scènes montrent une vraie maîtrise de la mise en scène et de l’animation. Ainsi, les scènes de vols de dragons, en début et en fin de film, sont de véritables morceaux de bravoure, optant parfois pour une vue subjective inédite au sein du Studio. ![]() Beaucoup ont également crié au scandale devant la scène de chant, au milieu du film, insinuant qu’il s’agissait là d’une paresse technique digne d’un Disney post-90’s. Cependant, ce moment n’est certainement pas dénué d’émotions intenses et profondes, à l’opposé d’une mise en scène clinquante et démonstrative, sans apparat ou effet de mise en scène. Il nous est cependant apparu que les gens recevaient très différemment l’œuvre, en fonction de leur lecture ou de leur ignorance de l’œuvre originale. Ainsi, les personnes connaissant l’œuvre de Le Guin et n’attendant pas une adaptation fidèle pourront apprécier un prolongement agréable de la série d’ouvrages. Ils ressentiront probablement que Goro Miyazaki a s’est investi personnellement dans la réalisation, trouvant probablement un écho dans la quête d’Arren à sa propre existence et à ses choix professionnels. En revanche, les personnes attendant une retranscription fidèle risqueront d’être déçues. Enfin, les personnes ignorant tout de l’œuvre de Le Guin risquent de ne pas comprendre un certain nombre d’allusions ou de clins d’œil, ce qui s’avèrerait dommage. Aussi, nous vous conseillons réellement de lire les 4 premiers tomes des Contes de Terremer, d’en lire le résumé ou, pour les plus fainéants, de parcourir cette page conçue pour répondre à toutes vos interrogations.
Au final, Goro Miyazaki ne mérite certainement pas l’accueil que lui a réservé la presse japonaise. Il a réalisé une œuvre personnelle, ambitieuse et convaincante. Certes, Les Contes de Terremer ne sont pas exempts de défauts, mais il s’agit du premier film d’un jeune réalisateur, qui devra se dégager de ses modèles et gagner en fantaisie et en maîtrise scénique pour accéder à l’excellence paternelle.
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