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La production de gAUCHE le violoncelliste

     

La production

La production de Sero Hiki no Goshu a débuté en 1975 avec une équipe de moins de trente personnes. À l'époque, il avait été décidé que la mise en scène reviendrait à Isao Takahata, tandis que la composition scénique devait revenir à Hayao Miyazaki. Mais Miyazaki déclina la proposition, car il pensait qu'il valait mieux que le film évolue avec un seul metteur en scène, afin de garder une unité parfaite. C'est le dessinateur Toshitsugu Saita qui fait donc les premières ébauches de story-boards, tandis que Isao Takahata est nommé réalisateur, Toshitsugu Saita se mettant entièrement à son service.

Entre 1976 et 1977 Isao Takahata quitte momentanément la production pour réaliser une série de films d'animation pour la télévision. Pendant ce temps, Saita et Murata stoppent également leur travail. Toutefois, les enregistrements de La chasse au tigre en Inde et du joyeux cocher, des partitions néo-classiques spécialement composées par le compositeur Mamiya, se poursuivent. Cela permet à l'équipe d'Isao Takahata de construire l'animation du film en accord avec une bande-son finalisée, luxe que les productions "live" et animées actuelles ne peuvent plus s'offrir en raison de son coût élevé.

Un an plus tard, en 1978, Isao Takahata revient à la tête du film. Il décide que tous les paysages et backgrounds de Goshu, le Violoncelliste doivent être dessinés par un peintre, afin de conserver les nuances de couleurs évoquées par Kenji Miyazawa dans sa nouvelle. Mais, comme la durée prévisionnelle du film dépasse déjà une heure, il est difficile de trouver un pastelliste acceptant d'effectuer seul un labeur d'aussi longue haleine. Takamura Mukuo accepte néanmoins de se charger de cette tâche.

Six années s'écoulent entre le début de la production de Sero Hiki no Goshu et l'achèvement du film, avec la première projection le 19 septembre 1980 à la maison de la culture de Hanamaki. Son exploitation en salle est programmée l'année suivante après avoir remporté le prix "Ôfuji", référence absolue en matière de récompense dans le domaine de l'animation japonaise. Aujourd'hui encore Sero Hiki no Goshu est toujours projeté dans les salles obscures de l'archipel. Il sert également de support pédagogique dans de nombreuses écoles de musique pour enfants. "Je ne pensais pas gagner de l'argent avec ce film, je l'ai réalisé uniquement par conviction et plaisir personnel", raconte Isao Takahata.

La sortie en France

Après la sortie française du Tombeau des Lucioles en 1995, "Les films du paradoxe", sous l'impulsion de son dirigeant jean-Jaques Varret ont envisagé de distribuer d'autres films de Takahata. Mais certains comme Pompoko ou Omohide Poroporo ne peuvent être exploités car ces œuvres dépendant de l'accord Ghibli / Buena Vista. Gauche, le violoncelliste n'était pas concerné mais, comme toujours avec les oeuvres japonaises, les négociations furent longues et difficiles : il a fallu plus d'un an et demi de tractations entre le Japon et le bureau des ayants droit à Los Angeles.

Pour sa sortie française, le 5 décembre 2001 (19 copies), Goshu a été proposé en version doublée afin qu'il touche un public plus familial que le Tombeau des lucioles et parce que selon Jean-Jaques Varret, une oeuvre de cette nature s'y prête mieux. En effet, selon lui le public français ressent comme un décalage avec la langue japonaise. Un gros travail sur l'adaptation a été réalisé avec la traductrice Catherine Cadou, pour conserver les subtilités de la langue. Par ailleurs, le personnage de Goshu a été doublé par un comédien, premier prix de conservatoire. Il a ainsi pu écouter les différentes partitions du héros afin de les avoir en tête et son jeu est donc en parfaite harmonie avec la musique, qui tient une grande place dans le film.

A noter que deux mois avant la sortie de Gauche, le violoncelliste au cinéma, l'éditeur vidéo LCJ a sorti indépendamment le film en vidéo et DVD avec un doublage différent. Aucun terrain d'entente n'a pu être trouvé entre le distributeur et l'éditeur pour éviter cette sortie vidéo prématurée mais cela n'a pas empêché le film de tourner correctement en salles (près de 45000 spectateurs, sans compter la projection dans de nombreux festivals)

Sources : Dossier de presse de "Les films du paradoxe" pour la sortie du film en France
 

   

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