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Analyse du château ambulant (5)

       

Quelques critiques

Il faut admettre dès le début que le Château Ambulant n'est sans doute pas le meilleur film de Miyazaki. Non pas qu'il soit raté, loin de là, mais le film, malgré sa beauté et sa virtuosité maîtrisée, semble moins en état de grâce que ses précédentes réalisations. Il s'agit d'une déception, mais d'une déception cependant relative ! Ce n'est pas encore aujourd'hui que Miyazaki nous livre un film juste passable. Cependant pour la première fois dans l'histoire de Buta nous émettons, comme vous allez le constater, quelques réserves.

On ne peut pas cataloguer le film comme l'une des œuvres les plus personnelles de Miyazaki. Il est d'ailleurs amusant de remarquer que Kiki, la Petite Sorcière, est souvent cité comme son long-métrage le plus conventionnel. Or, on remarque des similitudes quant aux conditions de production avec le Château ambulant. Tout comme pour Kiki, Miyazaki a récupéré le poste de réalisateur en cour de développement et n'est pas à l'origine de l'histoire.

La déception est peut-être également un signe des limites de la technique de travail particulière de Miyazaki. En effet, on sait que le réalisateur nippon n'est pas un adepte des scénarios écrits à l'avance et préfère attaquer des croquis d'ambiance et le story-board, l'histoire se construisant au gré des inspirations. Or, dans le Château Ambulant, l'action semble parfois prendre des chemins étranges et inattendus, et le spectateur perd parfois le fil du scénario. Cette technique, qu'aucun autre studio n'aurait osée pour des raisons évidentes, a peut-être ici désuni la continuité narrative.

Mais dès que l'on cesse de l'analyser, le film est une merveille pour les yeux et la mise en scène de Miyazaki est toujours un modèle et de fluidité. Les péripéties, complètement irrationnelles mais toujours crédibles, se succèdent à un rythme étourdissant. Comme d'habitude, la musique de Joe Hisaishi est là pour magnifier l'image, bien qu'elle semble parfois un peu noyée dans l'action, tout en étant par instant un peu répétitive. La petite pointe de dépit concernant le manque de renouvellement des motifs graphiques et scéniques est compensée par des trouvailles réjouissantes. Il y a tout de même plus d'idées dans le film que dans toute la filmographie de certains réalisateurs… Par exemple, le visuel du château est un des points forts du film, transformant cet amas de ferraille en un personnage à part entière.

Une des critiques qui reviendra probablement souvent dans les journaux est l'apparente confusion qui règne dans cet univers. Cependant, après un deuxième visionnage, on s'aperçoit rapidement que le scénario est complexe, maîtrisé et méticuleusement pensé. La narration, la multiplicité des thèmes et des sous-intrigues s'entremêlant sont riches, à l'image des dernières réalisations de Miyazaki. Le spectateur suit ainsi un véritable parcours, découvrant au fur et à mesure les différentes trames de l'aventure sans en saisir forcément la portée immédiate. Ainsi le récit débute sur la romance avec Sophie, sur laquelle se greffe une histoire de jalousie et de revanche entre la sorcière des Landes et Hauru. La sorcière semble d'ailleurs être la grande « méchante » du film, dans l'esprit du personnage de Yubaba, mais entre en scène, vers la moitié du récit, le personnage de Suliman. On réalise alors qu'au final, toute cette histoire et ses tenants ne sont qu'une guerre de pouvoir et d'ego entre magiciens. Cette complexité rend les motivations des personnages plus difficiles à saisir. Au final, le spectateur est parfois un peu perdu et se demande où le réalisateur veut l'emmener. Ce parti-pris scénaristique était un pari risqué, et il faut bien avouer que Miyazaki ne l'a pas entièrement remporté.

Enfin, pour conclure, nous nous permettons de vous donner un petit conseil: loin de nous l'idée de gonfler artificiellement les entrées du film en salle, mais soyons honnêtes, un second visionnage ne fait pas de mal pour apprécier le film à sa juste valeur et peut être se réconcilier avec le savoir-faire de Miyazaki !! C'est bien ce qu'il nous a fallu -avec en plus de nombreux brainstormings- pour écrire cette analyse. Et il reste sans doute encore de nombreuses pistes à explorer que nous n'avons pas évoquées. A vous désormais de vous amuser à démêler tous les fils de cet écheveau aussi intriguant qu'éblouissant!!!
 


Revue de presse :

Janvier 2005

Novembre 2004

  • Midnight eye : en anglais en attendant la traduction :)
  • DVDrama : la première critique française (hors festival de venise)

Septembre 2004 : Mostra de Venise

  • Libération : l'article dythiranbique d'un journaliste littéralement subjugué !
  • Télérama : brèves impressions
  • Arte : une autre critique enthousiaste
  • Radio capital : traduction d'un article italien

Août 2004

  • Wired magazine : L'article "The Giants of Anime are Coming" est consacré aux derniers mastodontes de l'animation japonais que sont Howl's moving castle, Ghost in the Shell Innocence et Steamboy. Traduit de l'anglais par Umi que l'on remercie chaleureusement
         
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