| Films | Hauru no ugoku shiro |
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Le roman de Diana Wynne JonesUn grand merci à Umi pour cette page Hauru no Ugoku Shiro est l'adaptation du célèbre roman de Diana Wynne Jones Howl's Moving Castle (Le Château de Hurle en français), publié en 1986 en Grande-Bretagne et six ans plus tard en France. Nous vous proposons ici de découvrir l'oeuvre originale. ![]() L'histoireSophie est une jeune fille de dix-huit ans, persuadée qu'être l'aînée de la famille est une tare. Pensant que son destin ne lui réserve rien d'intéressant, elle va pourtant être métamorphosée en vieille femme par la cruelle Sorcière de la Dévastation. Partie chercher sa fortune ailleurs, elle se retrouvera au château du magicien Howl, un sorcier prétendument cruel et puissant. Elle fera la connaissance de Michael, son apprenti et Calcifer, son démon de feu. Souvent exaspérée par les caprices et la désinvolture du sorcier, elle apprendra pourtant qu'il est un garçon intelligent et d'une bonté extrême, peut-être corrompu par une grande solitude et un contrat mystérieux passé avec son démon de feu. Sophie devra, sur la demande de Calcifer, découvrir comment rompre ce contrat, tout en cherchant à résoudre les nombreuses énigmes du pays d'Ingary, qui semblent toutes mystérieusement liées à Howl et à la Sorcière de la Dévastation… Pour un résumé très détaillé (et donc plein de spoilers!!) cliquez ici. CommentaireA l'époque où Diana Wynne Jones publiait son « Château », Miyazaki, lui, réalisait l'histoire d'un autre château mobile. Trois ans plus tard c'est à la sorcellerie qu'il s'attaquait, avec les aventures d'une attachante petite sorcière forcée de se débrouiller dans une ville étrangère. Autant dire que peu d'aspects abordés dans Howl's Moving Castle sont étrangers à Miyazaki, qui a jeté son dévolu presque naturellement sur cette histoire pour enfants, pourtant complexe, bourrée de rebondissements et d'intrigues annexes. Ce roman, si il faisait un jour l'objet d'une adaptation cinématographique, était pour ainsi dire « prédestiné » à Miyazaki. Pour ceux qui désirent avoir un aperçu de la source d'inspiration de Miyazaki, on pourra comprendre à la lecture de Howl's Moving Castle, que son auteur Diana Wynne Jones parle même langage que Miyazaki : celui d'une incroyable générosité dans le récit, une voix, une identité qui trouve sa place parmi les classiques et les impératifs d'un genre : le conte. Libertés et impératifs face au genre :Toute personne ayant lu quelques contes et appréciant un tant
soit peu le genre, sait que le conte obéit à une série
de règles précises, et parfois contradictoires : il traite
le plus souvent d'éléments (pays, personnages, situations,
attributs) imaginaires. Mais cette incroyable quantité d'imaginaire
se trouve prisonnière de plusieurs facteurs qui gouvernent la forme
narrative du récit. Fort bien décrits par Propp dans Morphologie
du Conte, ils se retrouvent dans presque tous les contes. Ce qui limite assez les options de l'auteur, n'aurait-il que pour simple ambition d'offrir une nouvelle histoire. Consciente des pièges et des avantages qu'offre un tel carcan, Diana Wynne Jones s'amuse à jouer de ces codes immémoriaux. Son héroïne Sophie, connaît la chanson : grande lectrice, elle connaît toute les ficelles du conte, quitte à ne pas se leurrer sur son propre sort. Dès la première page, Sophie sait qu'elle est forcée d'échouer. Les actions des personnages, ou comme Propp choisit de les nommer, les « fonctions », sont inhérentes au conte. Elles sont métamorphosées au profit de l'action principale de l'histoire, qui, au terme de multiples tours et détours (de magie) finit par servir une histoire «première » (celle de Howl et Sophie) tout en permettant à l'auteur d'échapper aux codes et de se jouer finement de la prison du conte. La quête initiatique, qui après tout fait partie du récit, est également détournée. Car si l'une des fonctions récurrentes du conte est le départ du héros de sa maison, son foyer, Sophie s'éloigne finalement assez peu de chez elle. Pendant longtemps, l'une des entrées du château donne sur les hauteurs de Market Chipping et vers le dernier tiers du roman, la pièce principale du château devient son ancienne maison. Ce même principe s'applique aux « stéréotypes » des romans pour enfants ayant pour thème le monde fantastique des magiciens. Ici le puissant magicien n'est ni vieux, ni sage, ni raisonné. Howl est intelligent, vif, jeune, coquet, coléreux, égoïste, et, finalement très vulnérable. La constante des romans de Diana Wynne Jones ayant pour thème la magie est la recherche de l'essence du merveilleux, à travers le développement d'éléments fantastiques, comme les mondes parallèles, et les sorts, qu'ils soient « mécaniques » (déclenchés par une formule) ou naturels, innés (Sophie rendant les chapeaux qu'elle confectionne magiques, sans le savoir, en leur parlant). Car après tout, se débarrasser du quotidien littéraire du roman fantastique pour enfants c'est pouvoir rendre l'essence même de la magie, la décrire sans la sur-matérialiser (ce qu'aurait tendance à faire la maman d'un sorcier binoclard bien connu) lui garder sa part de mystère, sa part d'inné, d'inexplicable, d'incomparable. Tour de force réussi avec Howl, puisque le lecteur est captivé par le duel opposant Howl et la Sorcière de la Dévastation, par les facéties de Calcifer, ou la magie se dégageant d'un poème de John Donne. Une caractérisation très poussée :Beaucoup de contes dits « classiques » ou encore folkloriques n'insistent pas tellement sur le fait de donner une « couleur » ou un aspect particulier à leurs héros. Bien loin de verser dans la « psychologie de personnage », pratique dangereuse qui a tôt fait de tourner à vide ; les personnages n'étant que des êtres « d'encre et de papier », la caractérisation tend à donner aux personnages certains traits, certaines qualités appréciables pour le lecteur. La caractérisation, particulièrement intéressante de Sophie mais surtout de Howl, est également l'une des principales qualités du roman de Diana Wynne Jones. En effet, Howl est un personnage lié à la réalité des lecteurs : à la différence de Sophie et du reste des personnages peuplant le pays d'Ingary, Howl (à l'origine, «Howell Jenkins») est Gallois, et vient d'une époque contemporaine à la publication du roman (milieu des années 80) : son neveu joue à des consoles de jeux, sa famille possède un pavillon de banlieue, une voiture, des jeans, des t-shirts, etc… Or le personnage de Howl, tout d'abord présenté comme un redoutable et charmant (charmeur) sorcier, devient peu à peu un jeune homme ordinaire aux yeux du lecteur : exilé, incompris (dans sa petite ville galloise, il est identifié comme un marginal et un bon à rien), rejeté (il entretient des rapports douloureusement conflictuels avec sa sœur, Megan), Howl regrette cependant cet état de faits, et en souffre : après avoir découvert que la Sorcière l'a finalement rattrapé, il se saoule et rentre au château ivre, confessant qu'il aime le pays de Galles, mais que le Pays de Galles ne le lui rend pas ; tout comme ses anciens camarades de l'équipe de rugby de l'université qui semblent l'oublier. Howl semble avoir trouvé sa voie dans la sorcellerie, mais montre également qu'il ne peut être coupé de ses racines et origines aussi facilement. Autant de thèmes extrêmement modernes, et somme toute assez peu usités dans la littérature, qui montre non seulement une certaine volonté de donner une profondeur aux personnages, mais également un désir d'universaliser un message aux destinataires du texte, qui peuvent se reconnaître en Howl le solitaire fragile, ou en Sophie qui s'endort dans sa vie ennuyeuse, et se réveille à l'image de ce qu'elle est devenue : une vieille dame. L'auteur
Elle se force à achever un premier roman à l'age de 14 ans, ce qui lui a appris la fonction essentielle de terminer un livre (cela rappellera peut-être justement quelque chose à ceux qui ont vu le film de Ghibli Mimi Wo Sumaseba). Jones fait ses études à St Anne's College à l'université d'Oxford où elle pu assister aux cours délivrés par C.S. Lewis et J.R.R. Tolkien. Son premier roman pour enfant, Wilkin's Tooth fut publié en 1973, et le premier volet des Mondes de Chrestomanci, traduits en français et publiés chez Gallimard, parait en 1976. Elle a depuis écrit plus de quarante livres, et est reconnue au Royaume Uni comme l'un des grands noms de la littérature jeunesse fantastique. Diana Wynne Jones ne considère pas la magie comme une entité indépendante de l'être humain, pour elle, la magie se retrouve dans la vie de tous les jours, et ce qu'on considère comme des mythes ou des contes de fée se retrouve dans l'existence de chacun. Le site officiel des fans de Diana Wynne Jones
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