| Films | Arupusu no shôjo Haiji |
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Analyse de Heidi (2)La touche Takahata et MiyazakiCe qui frappe le plus en revoyant Heidi, c’est l’évidence que ce soit déjà Takahata et Miyazaki aux postes clefs. Avec le recul, on réalise comment inconsciemment les trentenaires français, qui ont découvert la série lors de sa première diffusion, auront déjà été préparés aux œuvres futures du studio Ghibli. On ne peut que conseiller de voir ou de revoir cette série à tous ceux qui aiment les films du studio Ghibli, et en particulier les oeuvres de Takahata. Tant dans le travail réalisé par Miyazaki, Kotabe et Ioka, que dans la mise en scène et la direction de Takahata, nous retrouvons des qualités et un savoir-faire très au-dessus de la moyenne des productions pour la télévision. Au regard de la filmographie de Takahata et Miyazaki, Heidi marque encore une de leurs premières collaborations, mais déjà, comme dans la plupart de leurs oeuvres pré-Ghibli, on peut retrouver leur patte respective et leurs thèmes. La filmographie de Takahata se partage, dans un premier temps, entre des œuvres prenant place dans des univers européens, puis à la création du studio Ghibli, à un retour sur son pays. Mais toutes ses œuvres ont le point commun du souci du détail dans la description précise de la vie quotidienne. La série Heidi n’échappe pas à la règle. Le sérieux du traitement des sentiments des personnages, de leur interaction, la justesse dans la description des sentiments et le souci de réalisme propre à Takahata et dans lequel il a montré la voie, font de Heidi le prototype parfait des futures oeuvres crées au sein du studio Ghibli. Quant à Miyazaki, sa participation sur Heidi échoue au poste du layout et, à cette époque, il n’a pas encore totalement basculé vers le poste de réalisateur. On serait tenté de croire que son travail sur la série ne lui permettrait pas une grande part d’expression dans le processus de production. C’est mal connaître le personnage. Si avec Heidi, on est bien loin de son univers de Fantasy, qu’il amènera à maturation plus tard, ses tiques de mise en scène et d’animateur sont déjà bel et bien là. Le fait que Heidi soit déjà une héroïne au caractère bien trempé est sans doute anecdotique, et surtout le fruit du hasard, mais on peut déjà imaginer la part d’influence qu’a pu représenter la petite suissesse sur les héroïnes de ses futures oeuvres. Par exemple, on retrouve la petite Mei (mon voisin Totoro) dans la propension qu’a Heidi à ne pas tenir debout sur ses jambes. ![]() Mais pour vraiment trouver la patte de Miyazaki, il faut plutôt aller chercher chez les personnages secondaires de l’histoire. Les infos manquent mais Hercule, le chien mangeur d’escargots crus, porte bien la marque d’un personnage 100 % Miyazaki : silencieux, lymphatique, faisant des efforts modérés, uniquement quand la situation le nécessite, il porte en lui les caractéristiques de futurs personnages de la filmographie de l’auteur. On pense bien sur à Totoro, qui prend lui même sa source dans le personnage de Papa panda de Panda Kopanada et dont la production vient de s’achever, mais aussi au chien dans Kiki la petite sorcière, qui est ni plus ni moins que le descendant direct de Hercule. ![]() Comme évoqué plus haut, une des dimensions du travail au layout est d’intégrer les personnages dans le décor. C’est souvent un pré-travail des futures poses clefs de l’animation. Même si Miyazaki n’a pas été animateur sur la série, on peut penser que son travail en amont, au layout, a pu servir d’inspiration aux animateurs. C’est ainsi qu’on a souvent l’impression de retrouver sa trace à l’écran et plus particulièrement dans les multiples ruptures de tons observées dans la série, discrètes, comme les emballements du corps de Pierre dans ses courses ou sa façon goulue d’engloutir la nourriture, ou bien encore dans les danses incongrues des chèvres. En version japonaise, cette impression est encore plus accentuée lors du visionnage du générique de fin, ni plus ni moins le brouillon des génériques de mon voisin Totoro. ![]() Car, cette fois nous en sommes sûrs, ces génériques furent animés par Hayao Miyazaki, à l’exception de deux plans du générique de début, la ronde de Heidi et Pierre, qui furent confiés à Yasuji Mori, plus expérimenté. Dans ces deux plans, Mori voulait analyser le mouvement de deux vraies personnes. C’est donc Miyazaki et Kotabe qui exécutèrent la danse dans un parking, près du studio, et Mori qui les filma, en référence, avec une caméra 8mm. ![]() Les génériques de la série mettent déjà en avant des envolées surréalistes : Heidi qui se balance sur une planche, au dessus de la vallée, et que rien ne semble retenir en l’air, avant d’atterrir sur un nuage qui supporte, comme par miracle, son poids. Pour finir, il est amusant de noter que les participations visibles de Miyazaki à la série sont en parfait contraste avec la mise en scène quasi documentaire et réaliste de Takahata. ![]()
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