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Analyse de Sherlock Holmes

 

Bien que Sherlock Holmes ait été beaucoup moins diffusé que d’autres séries animées japonaises, la génération des 25-35 ans garde bien souvent un souvenir ému et nostalgique des aventures du plus célèbre des détectives privés, sans forcément savoir qu’il s’agit da la dernière série à laquelle Miyazaki a participé.

Les fans de Ghibli remarquent la patte de Miyazaki à travers les 6 épisodes qu'il a réalisés, voire découvrent avec étonnement les germes de tous les futurs films du réalisateur. Evidemment, bon nombre de personnages de la filmographie miyazakienne trouvent un écho dans cette série, à commencer bien sûr par le personnage de Madame Hudson. Elle incarne parfaitement un délicieux mélange de Gina et de Fio. Ainsi, selon les épisodes, elle peut paraître telle une jeune veuve éplorée et mélancolique, depuis la mort de son aviateur de mari, attentionnée pour tous, ayant un petit mot pour chacun, telle la patronne de l’Adriano. Mais elle peut aussi bondir à bord d’une voiture et braver tous les dangers pour sauver Holmes, véritable femme d’action brave et sans peur, à l’instar de Fio. Dans les deux cas, elle est demeure respectée et adulée par touts ceux qui l’approchent, Holmes y compris, et peut donc ainsi entrer au panthéon des héroïnes miyazakiennes, aux côtés de Nausicaa, Kiki ou San…

Moriarty et ses sbires incarnent quant à eux des méchants se situant entre les attachants Mamma Aiuto et les pirates de Dora d’une part, et l’ambitieux Kurotawa d'autre part. Les inventions loufoques et abracadabrantesques du professeur, les remarques désabusées de ses deux associés et le running gag de leurs échecs face à Sherlock Holmes rendent ses personnages éminemment sympathiques, bien qu’ils demeurent des ennemis capables de tout, y compris des tentatives de meurtres, pour s’enrichir.

D’autres protagonistes, qui apparaissent ponctuellement, rappellent inévitablement les mimiques d’autres personnages miyazakiens. Ainsi, Lestrade incarne le digne successeur de l’inspecteur Zeingata, dans Le château de Cagliostro, policier dépassé par les évènements, mais prêt à tout pour arrêter les malfrats. Les mimiques et les gestes de l’adorable Martha, dans La petite cliente, ne sont-elles pas les prémisses d’une Meï ? La débrouillardise et la vie et de l’orpheline Polly, dans le Rubis bleu, mais aussi son improbable bicoque faite de bric et de broc évoquent irrésistiblement le quotidien de Pazu.

  

On retrouve bien évidemment les thèmes chers de Miyazaki, comme l’aviation et les machines. Ainsi, Sherlock Holmes peut évoluer dans des avions, comme dans Le trésor des mers ou L’aéropostale. Mais on remarque également des engins assez invraisemblables, comme le ptérodactyle mécanique de Moriarty, son sous-marin à bras ou sa voiture-tracteur. La machine à presser des pièces rappelle furieusement le château de Hurle, crachant, mouvant, mais presque vivant. Les nombreuses scènes de poursuite effrénées rappelent quant à elle celles du Château de Cagliostro et du Château dans le ciel. Lorsque les policiers de Lestrade chargent et s’effondrent les uns sur les autres, on pense bien évidemment aux pirates de Dora ou au Mamma aiuto. La Disparition des pièces d’or se situe dans un décor minier annonçant le Château dans le ciel, tandis que l’architecture de son château se fait l’écho de celui du Comte dans le Château de Cagliostro, et donc de celui de Paul Grimault dans le Roi et l’Oiseau.

  

La série incarne donc parfaitement les principales caractéristiques du cinéma de Miyazaki, sur un mode humoristique et canin.

   

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