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Analyse du Tombeau des lucioles

     

Avant de nous lancer dans une analyse butadienne en bonne et due forme, il nous a semblé primordial de rappeler quelques faits historiques qui permettent de mieux comprendre le contexte du film. On peut cependant remarquer que si le film évoque des ressemblances évidentes avec le passé du Japon et des références claires à la défaite du Japon à la fin de la deuxième guerre mondiale, il évoque avant tout la souffrance et les douleurs de la guerre, quel que soit le pays et les circonstances. Seita et Setsuko sont en quelque sorte les symboles des victimes innocentes de la guerre, sacrifiées sur l'autel des Nations belliqueuses.

Contexte historique

Début 1945. La Seconde Guerre Mondiale continue à ravager des pays dans le monde. Le vent a tourné dans le Pacifique et le Japon s'apprête à connaître les heures les plus effroyables de son histoire. Voici une rapide description du contexte historique dans lequel s'inscrit les bombardements qui frappèrent la population japonaise, les plus meurtriers de tous les temps...

La reconquête américaine du pacifique

Il existait un différent entre l'amiral Neumitz qui voulait reconquérir le Pacifique et soumettre le Japon par un anéantissement de leurs moyens militaires et le général Mac Arthur désireux de reconquérir île par île les territoires du Pacifique avant d'entamer celle du Japon. Roosevelt opta pour la stratégie de Mac Arthur qui, dès 1943, entreprenait la reconquête des îles à partir de l'Australie et des Philippines. Et en février 1945, tous les territoires du pacifique ont été reconquis. Mais à quel prix...

Les Japonais, extrémistes, préféraient en effet mourir au combat plutôt que se rendre. S'ils ne pouvaient plus se battre, ils avaient recours au suicide (ou seppuku), pour ne pas se couvrir de déshonneur. Ainsi la conquête de l'île de Guam tenus par 17200 japonais ne fit que 438 prisonniers japonais et plus de 50.000 morts américains sur les 90.000 engagés. Aux Philippines, sur les 74.000 japonais présents, il n'y eut que 684 prisonniers, en fait des blessés ne pouvant pas se faire seppuku eux-mêmes.

Les pertes américaines sont considérables et l'État-major américain estima qu'il aurait fallu sacrifier au moins 4 millions de soldats américains et exterminer la quasi-totalité de la population nippone pour conquérir et soumettre le Japon. La prise d'Okinawa, première île nippone importante, par les Américains a donné lieu à des scènes effroyables, les enfants des écoles préférant se tuer plutôt que supporter la présence de l'ennemie. C'est la thèse visant à éviter un carnage qui aurait conduit le président Truman à accepter la solution de la bombe atomique.

Les bombardements les plus meurtriers de l'histoire

En février 1945, l'amiral Neumitz venait de s'emparer des îles nippones de Volcano situées à 2200 km de Tokyo. Cette prise a permis le placement de porte-avions américains et l'organisation de raids aériens sur le Japon. A cet instant, les américains avaient déjà totalement anéanti l'aviation et la marine nippones. De toute façon, depuis 1944 les japonais n'avaient plus de carburant et leur ultime recours sont les avions et les navires suicides dits "kamikaze ».

La supériorité industrielle et matérielle américaine étant totale, Neumitz entreprend alors les bombardements des villes nippones par les B-29. La plus grande opération de raids, visant les centres industriels, est lancée une nuit de mars 1945. Les pluies de bombes incendiaires déversées sans opposition possible vont faire 243.000 morts... Kobe, grand port industriel et militaire est une cible privilégiée et sera particulièrement touché. Seule l'ancienne capitale, Kyoto, est volontairement épargnée en raison de ses temples.

  
  

Pourquoi ces bombardements ont-ils été encore plus terribles et meurtriers que ceux des villes allemandes ? Tout simplement parce qu'en raison des nombreux tremblements de terre, la plupart des maisons japonaises étaient fabriquées en bois et en papier. Si ces constructions avaient épargné bien des vies humaines lors des séismes, les bombes incendiaires ont eu sur elles des effets dévastateurs, encore perceptibles aujourd'hui. Les villes bombardées sont en effet devenues les plus laides du monde car elles ont été reconstruites sur les ruines, dans l'urgence, sans plan d'urbanisme. Il ne reste que de rares îlots de maisons traditionnelles dans une masse de bâtiments en béton...

Les bombardements du territoire japonais s'étaleront sur trois mois, entre février et avril 1945. Les deux derniers (sur les villes d'Hiroshima et Nagasaki) précipitant la capitulation japonaise sont devenus tristement célèbres pour avoir ouvert l'ère nucléaire de notre planète.

     

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