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Le conte de la princesse Kaguya : Origines et production

Origines du projet

Si huit années auront été nécessaires à Isao Takahata pour finaliser son film à partir du moment où il s'est décidé pour le projet et sa sortie en salles, les racines de l'adaptation du Conte du coupeur de bambou remontent à bien des années en arrière. Deux étapes décisives participeront notamment aux grandes orientations que prendra le film, qui finira par devenir Le conte de la princesse Kaguya.

Il y a 50 ans, le premier projet d’adaptation du Conte du coupeur de bambou à la Tôei Dôga

La première étape date d’environ 55 ans. A cette époque, la Tôei Dôga avait déjà eu le projet d’adapter Le conte du coupeur de bambou pour en faire un film d’animation qui aurait du être réalisé par Tomu Uchida, grand réalisateur de l’époque. Ce projet ne vit finalement pas le jour. Mais lors de la préparation de ce projet, une méthode originale avait été adoptée. À la demande du réalisateur, un concours d’écriture du synopsis fut organisé et tous les employés participèrent, ce qui n’avait jamais été pratiqué auparavant.

Isao Takahata, alors un tout jeune employé de la société, revient sur cette époque dans une note d’intention rédigée pour le film. « Quant à moi, je n’avais pas répondu à cette proposition » explique Takahata. « Avant ce concours, ils avaient demandé à des débutants, souhaitant travailler à la mise en scène ou à la planification, d’établir un projet d’adaptation. Mais le mien n’avait pas été retenu. Au lieu d’adapter fidèlement le conte, j’avais ajouté un prologue afin de rendre plausible cet étrange récit. Il s’agissait d’une scène où la princesse Kaguya, avant de quitter la Lune, avait une conversation avec son père, le roi. »
« Dans l’œuvre originale, Le conte du coupeur de bambou, lorsque la princesse Kaguya annonce au vieil homme qu’elle va devoir repartir sur la Lune, elle dit : « Je suis venue sur Terre du fait d’un « lien ancien ». » Le roi qui vient chercher la princesse Kaguya dit au vieil hommme : « La princesse Kaguya, pour expier une faute, est descendue sur cette Terre et a dû demeurer quelque temps avec l’homme vulgaire que tu es. Maintenant que sa pénitence est terminée, nous sommes venus la chercher. »

Peinture traditionnelle japonaise illustrant Le conte du coupeur de bambou.

« Quelle était donc cette faute commise sur la Lune et quel était ce « lien ancien », en d’autres termes, ce « pacte passé sur la Lune » ? Et si son châtiment était de descendre sur Terre, pourquoi le terme de l’expiation est-il arrivé ? » reprend le réalisateur. « Pourquoi la princesse Kaguya n’en est elle pas heureuse ? Et puis peut-on vraiment commettre des fautes sur la Lune, astre censé être d’une pureté absolue ? Bref, pourquoi, pour quelle raison, la princesse Kaguya est-elle descendue sur Terre ? Si ces mystères sont éclaircis, nous pouvons comprendre l’évolution des sentiments de la princesse Kaguya, ce qui est impossible à la lecture de l’œuvre originale. À l’époque, quand j’ai trouvé cette amorce de solution, mon cœur a bondi de joie. Mais pendant toutes ces années, jusqu’à ce que je travaille à nouveau sur ce sujet un demi-siècle plus tard, je n’ai plus jamais réfléchi à ce concept de « lien ancien... ». »

La princesse Kaguya, un écho à Heidi ?

Le 16 septembre 2013, lors de la conférence de presse dite de « milieu » de production, alors que la seconde session de doublage reste encore à être enregistrée, Toshio Suzuki demande à la doubleuse de la princesse Kaguya, l’actrice Aki Asakura, si elle connait la série Heidi. Diffusée à la télévision japonaise en 1974, la série fut réalisée par Isao Takahata, tandis qu’Hayao Miyazaki se chargea de la conception scénique et du layout. A l’époque, l’idée centrale de Takahata n’était pas une simple adaptation du roman de Johanna Spyri, mais de montrer ce que ressent Heidi à chacune de ses expériences de la vie. Grâce à cela, la série fascina les spectateurs, non seulement au Japon, mais dans le monde entier.

Aki Asakura répond à Suzuki qu’elle en a entendu parler en travaillant avec l’équipe du film, mais ne l’a jamais vue. Suzuki lui recommande alors vivement de la voir car les deux œuvres sont liées. Plusieurs points communs lient notamment le personnage de Heidi et la princesse Kaguya. Toutes deux grandissent en pleine liberté, entourées de nature, dans la montagne. Cependant, par la volonté de membres de leur famille, elles doivent quitter la montagne pour s’installer en ville. En habitant dans une grande ville, elles ont de plus en plus envie de retourner vivre à la montagne, dans la nature. « Ce genre de comparaisons est assez intéressant » a conclu le Suzuki. « C’est pour cette raison que je te conseille de voir Heidi. »

Selon le producteur, Takahata semblait être le seul à qui ces analogies ne sautaient pas aux yeux durant la production. Cependant, il n’en était pas de même pour son entourage. A la sortie du Vent se lève, Hayao Miyazaki a demandé à Suzuki comment avançait le nouveau film de Takahata. Le producteur lui a répondu : « Takahata est fidèle à l’histoire originale, mais il essaye de mettre les sentiments de l’héroïne au centre de l’histoire. » Le visage de Miyazaki s’est alors éclairé et a déclaré : « Ah ! Il nous refait Heidi ! » Suzuki pensait lui aussi la même chose et lui a simplement répondu par l’affirmative.

Le producteur évoqua ensuite une anecdote qui s’est déroulée il y a plus de 40 ans entre Takahata et Miyazaki. Lorsque la série fut terminée, Miyazaki a déclaré à Takahata : « Un jour, j’aimerais qu’on refasse ensemble Heidi, mais qui se passerait au Japon. » Takahata lui a alors répondu : « Je suis tout a fait d’accord. On doit le faire. » Miyazaki a ensuite avoué à Suzuki s’être rappelé de cet épisode. Ce qui l’a poussé à voir les rushes du film en production. Après avoir vu les images, il a déclaré : « Isao Takahata est toujours vivant ! »

Production

Le projet

C’est le producteur Toshio Suzuki qui pousse Isao Takahata à s’engager de nouveau sur le chemin de la réalisation. « Personnellement, j’ai toujours pensé qu’après Mes voisins les Yamada il serait extrêmement difficile de voir Takahata faire un autre film » avouera le producteur.

Le premier choix du réalisateur se porte un moment sur l’adaptation d’un des grands classiques de la littérature japonaise, le Heike Monogatari (Le dit des Heike), et notamment sur la partie consacrée à Kiso no Yoshinaka. Suzuki était d’accord, mais le dessinateur Osamu Tanabe, déjà au centre du projet, refusa. Celui-ci ne voulait pas dessiner pour un film ou des gens s’entretuaient. « Au fond, je voulais vraiment voir ça » ajoute Suzuki. « J’étais curieux, d’une manière différente qu’avec les films d’action que Miya-san réalise, à quoi çà ressemblerait sous la direction de Takahata. »

Le producteur se retrouve dans une impasse. C’est alors qu’il s’est souvenu d’une conversation avec Takahata à propos du plus ancien texte du Japon, Le conte du coupeur de bambou. « Il faut faire La princesse Kaguya » avait-il déclaré. « Plus précisément, il faut qu’un réalisateur japonais se charge de l’adapter. » Sautant sur l’occasion, Suzuki lui propose de le faire. Certes ce n’était pas son premier choix, mais à trop attendre ou tergiverser, rien n’avancera. La scène se passe en 2005, c’est-à-dire 8 ans avant la sortie du film.

Cependant, si le réalisateur admet que le texte doit être un jour porté fidèlement à l’écran, le mettre en scène lui-même ne l’intéresse pas. Le producteur ne désarme pas pour autant. Se réservant la planification du film, il nomme Yoshiaki Nishimura au poste de producteur pour faire avancer le projet. Pourquoi ce jeune producteur peu connu ? « En un mot : il était disponible » explique Suzuki. « Si j’exagère : ça pouvait être n’importe qui. Il y avait des gens plus qualifiés que Nishimura. Généralement, je dis : « fais-le » et je vérifie ainsi qui peut me suivre jusqu’au bout. Et c’est Nishimura qui a été le plus persévérant. Il a bien travaillé et je le félicite. A sa place, j’aurai abandonné en plein milieu. Le projet a débuté en 2005, et dans l’intervalle, il s’est marié et a eu 2 enfants. C’est peut être une bonne chose pour certains, mais c’est assez difficile de produire un film en même temps. J’imagine qu’il aurait du perdre sa motivation, mais il a été jusqu’au bout. A un moment, il ressemblait vraiment à un squelette et il avait une fièvre qui ne descendait pas. Il a vraiment fait plus d’effort et mûrit plus que je n’aurai pu l’imaginer. Maintenant, on arrive à se parler d’égal à égal. Mais il y a 8 ans, il n’était qu’un débutant. »

La production du Conte de la princesse Kaguya ne débute pas encore pour autant. Pendant encore 1 an et demi le producteur et le réalisateur perdent encore du temps à examiner la faisabilité d’un autre projet avant de finalement faire volte face et revenir sur Le conte de la princesse Kaguya. « C’était dur » explique Suzuki. « Pour travailler avec Takahata, en gros, il faut être à ses côtés 24 h sur 24. C’est ce que j’ai expliqué à Nishimura si il veut faire un film avec lui. Mais il m’a demandé : « est-ce que 12 h suffiront ? » J’ai ajouté : « tu devras aussi travailler le samedi et dimanche. Tu n’auras pas de week-end. » « Je veux quand même avoir le dimanche » m’a t-il répondu. Je n’ai rien dit car c’était son droit et c’est ce que je faisais jusqu’à maintenant. Mais s’il avait travaillé même le dimanche, peut-être que le film aurait été fini beaucoup plus tôt que çà. Mais bon, Takahata est quelqu’un de difficile, mais il est tellement intéressant. »

Un homme de poids : Seiichirô Ujiie

Si on observe le générique final du film, le premier nom crédité et celui de Seiichirô Ujiie. Celui-ci est l’ancien P.D.G. de Nippon Television, producteur du film. Si c’est le producteur Toshio Suzuki qui pousse Isao Takahata vers la réalisation, sans l’appui d'Ujiie, Le conte de la princesse Kaguya n’aurait pas existé. Tout commença par les paroles de l’ancien P.D.G. : « J’aime les films d’Isao Takahata et particulièrement Mes voisins les Yamada. J’aimerais voir un nouveau film de lui et peu m’importe qu’il soit déficitaire. Je financerai tout. Cela sera un cadeau pour mon départ vers l’au-delà. »

Ainsi, le projet du Conte de la princesse Kaguya fut validé et la production commença. Toutefois, toutes les personnes concernées ne parvinrent pas à partager la joie d'Ujiie. Au contraire, une écrasante majorité s’inquiétait de ce projet et de l’énorme coût de production qu’il allait engendrer. Sur le plan uniquement rationnel et économique, on pouvait penser que c’était une tentative stupide. Cependant, à l’époque, personne n’avait le courage de contredire en face Seiichirô Ujiie. Personne n’osait même le critiquer secrètement de peur que cela ne lui revienne aux oreilles d’une façon ou d’une autre. Les gens le craignaient à ce point. C’était en 2005.

La production du film prit énormément de retard pour diverses raisons. Le temps passa et Ujiie décéda en 2011. Juste avant sa mort, il put lire le scénario et voir une partie du storyboard. « La princesse Kaguya est une fille capricieuse, mais j’aime les femmes capricieuses » déclara t-il. Ses paroles marquèrent fortement Suzuki qui les transmis fidèlement à Takahata qui les accueillit en souriant. Cela correspondait exactement à ce qu’il pensait.

Hayao Miyazaki et Isao Takahta en compagnie de Seiichirô Ujiie.

Après le décès de Seiichirô Ujiie, bien que cela ne fût jamais évoqué, tout le monde se souciait de l’avenir de ce projet. Yoshio Ôkubo, producteur suppléant, actuel P.D.G. de Nippon Television, dissipa ces fortes inquiétudes. Il affirma au studio Ghibli qu’il respecterait les dernières volontés de M. Ujiie. Même lorsque la date de sortie du film fut repoussée, Ôkubo accorda au studio une rallonge budgétaire, d’un montant équivalent au budget d’un long métrage de fiction d’une grosse production.

« Il est facile d’imaginer qu’il dut rencontrer beaucoup de difficultés que nous ignorons, mais Yoshio Ôkubo n’en laissa jamais rien paraître » explique Suzuki. « Plus tard, lorsqu’il vint en visite au studio, il nous donna franchement son impression. Après avoir regardé tous les dessins accrochés au mur, il constata : « Le film va prendre du retard. » Je pense qu’une des conditions nécessaires à la production d’un très grand film est la présence d’un grand patron. « Faites un film » est une phrase très importante. Sans patron qui accepte un projet ambitieux, la réalisation en est impossible. Seiichirô Ujiie, même après sa disparition, continua de nous donner un appui de poids pour ce film, ce qui nous motiva, Isao Takahata et moi, et apaisa les inquiétudes des personnes concernées. Voilà pourquoi il est crédité en première position au générique. »

« Je veux vraiment remercier Seiichirô Ujiie » ajoute encore Suzuki. « Si celui-ci n’avait pas exprimé sa volonté de voir un nouveau film de Takahata, Le conte de la princesse Kaguya n’existerait pas. C’est la seconde fois qu’on ajoute le nom d’une personne décédée à un générique. La première fois c’était Yasuyoshi Tokuma pour Le voyage de Chihiro. Et ça nous a porté chance, car le film a eu beaucoup de succès. J’espère que Le conte de la princesse Kaguya rencontrera autant de succès. »

Le studio 7, un autre studio Ghibli

Si le film sort sous la bannière du studio Ghibli, le film n’a cependant pas été réalisé dans les studios Ghibli actuels. Dans le procédé habituel du film d’animation, chacun dessine à sa manière le décor et les personnages sur cellulo. Mais pour Le conte de la princesse Kaguya, Isao Takahata voulait tenter d’unifier le décor et les personnages pour donner une impression d’unité dans les images. Takahata n’est pas le seul à avoir souhaité créer ce genre de film. « Quand on a créé le pilote, on l’a montré à Miyazaki qui nous a avoué que lui-même avait souhaité créer quelque chose de semblable, avec des personnages aux contours esquissés. Mais que c’était quelque chose de difficile à réaliser dans le cadre du studio Ghibli existant » explique Yoshiaki Nishimura.

Sous l’impulsion de Toshio Suzuki, le producteur Nishimura et Takahata décident de quitter cet endroit pour en créer un autre, le studio n°7, dans le but avoué de dépasser les limites de l’expression du film d’animation. « Quand on a eu fini le scénario avec Takahata, Suzuki nous a demandé de partir du studio » ajoute Nishimura. « Le studio actuel n’a pas les moyens de réaliser les images que Takahata a en tête. Il vous faut créer un nouveau studio. C’est pour cette raison que le 7ᵉ studio a été créé spécialement. »

Le studio Kaguya-hime, « Kagusuta », a été crée le 12 juin 2010, à 3 minutes de la station de train du studio principal. Suite à la création du pilote, l’équipe a augmenté avec l’embauche d’artistes extérieurs. Le 6 février 2012, est donc créé le studio 7, « 7 suta », distant de 15 minutes à pied du studio Kaguya-hime. Celui-ci a été érigé dans un ancien entrepôt. Le producteur Nishimura a souhaité l’aménager avec des objets fétiches de l’équipe pour créer une ambiance de travail agréable.

Isao Takahata au travail dans le studio 7.

« Je sens qu’il y aura un avant et un après Princesse Kaguya » affirme le producteur Nishimura. « Quand on reverra ce film dans 10 ans, on dira qu’il a marqué son époque. Si je me souviens bien, Miyazaki a dit quand il a fait Le vent se lève, « c’est moi qui vais pousser l’animation à son paroxysme. » Mais moi, quand je regarde Isao Takahata, 77 ans, j’ai l’impression qu’avec ce film qu’il essaye de débuter une nouvelle ère de l’histoire de l’animation. On dit que c’est sa dernière œuvre, mais l’équipe qui travaille pour lui s’attend à ce que ce que le film crée une nouvelle vague. »

Report et sortie en salles

Le conte de la princesse Kaguya était originellement prévu pour sortir au Japon le 20 juillet 2013, en simultané avec Le vent se lève de Hayao Miyazaki. Mais le 4 février 2013, la société de distribution Tôhô annonce sur le site officiel du film que celui-ci subit un retard dans la production, au niveau des storyboards, ce qui obligera finalement le studio Ghibli à repousser la sortie au 23 novembre 2013.

En septembre 2013, lors de la conférence de presse, Yoshiaki Nishimura a présenté ses excuses pour le retard pris par la production pour le film. Mais même à cette période, le producteur semble ne pas être tout à fait certain de leur capacité à le finaliser pour la nouvelle date. A cette occasion, Toshio Suzuki raillera en public le producteur sur l’avancement du projet. « Tu comptes vraiment finir ? » lui demande t-il. « Comment ça se passe au niveau des dessins ? » « Ca fait 7 ans que je travaille sur ce film » lui répond Nishimura. « Je peux dire qu’on a fini les 2 tiers du film. » Suzuki veut ensuite s’assurer que la date de sortie ne sera pas repoussée une nouvelle fois. « Elle est toujours prévue pour novembre » rassure le producteur. « Le dessin est fini. Il nous reste à finaliser la couleur du tiers restant en 2 semaines. » « Mais tu comptes finir ce mois-ci ? » ajoute Suzuki. « On se doit de finir » conclura Nishimura. Suzuki modère ensuite ce qui a été dit : « Isao Takahata va avoir 78 ans, et ça fait 55 ans qu’il travaille dans l’animation. Ce n’est pas parce qu’il est âgé qu’il est lent. Il est comme ça. Il approfondit jusqu’à ce qu’il soit satisfait. Et ce, dès le début de sa carrière. Je sais qu’il va mettre toutes ses force dans ce projet jusqu’à la dernière seconde. »

C’est finalement bien le 23 novembre 2013 que Le conte de la princesse Kaguya sort dans les salles de cinéma japonaises. Hors norme pendant toute sa durée de production, le film l’est aussi en ce qui concerne sa durée globale, puisque sa durée record de 2 h 17 min fait de lui le long métrage le plus long du studio Ghibli. Malgré d’excellentes critiques, le film a rapporté seulement 23 millions de dollars pour un coût de 49 millions. Le film a été ensuite présenté au Festival de Cannes, dans le cadre de la Quinzaine des Réalisateurs, et en ouverture du Festival international du film d'animation d'Annecy 2014. En France, le film est sorti le 25 juin 2014 avec des critiques nombreuses et extrêmement élogieuses.


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