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L'adapatation du manga

     

Kié la petite peste est à l'origine un manga à succés écrit par Etsuji Haruki, vendu en plusieurs millions d'exemplaires. Son traitement graphique original et son succès pousse le réalisateur à rester fidèle au manga.


Planches du manga (merci à Fuse - voir sa page sur Jarinko Chie)

Cependant, Takahata prend quelques libertés avec l'œuvre originale. Ainsi il explique que «pour les besoins de la narration cinématographique, nous avons intégré au film plusieurs scènes n'étant pas issues du manga, mais toujours en cherchant à rester très conforme à l'esprit de ce dernier». Il est également nécessaire de faire ces coupes. Ainsi, le personnage d'Hirame, visible dans le manga, n'a pas pu être intégré au film.

Le deuxième problème de l'adaptation était l'introduction de couleurs, là où le manga était en noir et blanc. Ainsi, Kotabe Yoishi explique qu'il a beaucoup «travaillé sur les couleurs » et a « prêté une grande attention à la place du noir, que ce soit à travers les cheveux de jais de Kié ou la chemise noire de son père». Pour cela il effectue une véritable recherche de couleurs s'accordant avec le noir, sélectionnant avec soin les couleurs pour les cellulos.

Nous avons déjà évoqué le choix narratif de Takahata, mêlant à la fois sketchs et intrigue principale, évitant ainsi une trop grande trahison par rapport au manga. Cependant, une fois cet écueil franchi, un autre problème se pose alors. En effet, l'univers graphique du manga fourmillait de contraintes dont il a fallu tenir compte pour la réalisation du film, sous peine de travestir complètement l'œuvre de Etsuji Haruki. Ainsi, le graphisme du manga est assez plat. Un des personnages est même représenté seulement par un rectangle grossier et deux yeux ronds. D'autre part, les personnages sont systématiquement dessinés soit de face, soit de profil. Cela posa évidemment des problèmes pour les animateurs qui devaient rendre des volumes. Pour le personnage de Kie, l'une des solutions trouvées fut de rendre compte de son expressivité par l'intermédiaire de ses joues, qui deviennent rouges et se déforment beaucoup.

 

«J'ai eu de la peine à dessiner fidèlement les muscles des joues de Kié qui changent selon ses sentiments: joie, colère, tristesse... », décrit Yôichi Kotabe. «ils sont l'un des principaux vecteurs d'émotion du personnage. Les yeux aussi étaient difficile à réinventer (ce ne sont que des petits points dans le manga original). Dans la bédé leur représentation était très efficace. Mais si nous les avions dessinés de la même façon, nous ne serions pas arrivés à un résultat satisfaisant en animation. Les prunelles auraient semblé trop proches l'une de l'autre. Il a donc été nécessaire de changer l'expression des yeux».

Comme Kié a un visage plat et que Takahata souhaita rester fidèle à cette caractéristique, il a dû éviter que l'héroïne soit montrée dans le film de 3/4. Pour y parvenir, il a employé des mouvements d'appareil rapides ou des effets de montage serrés pour replacer Kie de face. De même, il a fallu éviter les plans où des protagonistes regardent vers le haut, à cause des contraintes engendrées par la représentation du menton pour des personnages ayant un visage plat (la difficulté pour représenter de manière satisfaisante en animation des personnages ayant un visage plat explique en partie l'abandon par l'animation commerciale des caractères faciaux asiatiques). 

   

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