| Films | Tenkû no shiro Rapyuta |
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Analyse du Château dans le ciel (3)Une œuvre moralisante ?Dans Nausicaä de la vallée du vent (et en particulier dans sa version manga) Miyazaki nous mettait déjà en garde face au danger du pouvoir que conférait la technologie, et le fait d'utiliser cette technologie tout en ignorant ses conséquences sur l'équilibre de l'homme et de la nature. Laputa, le château dans le ciel reprend ce message en changeant légèrement de point de vue. La technologie n'est pas seulement une histoire de guerre ou d'industrie, c'est surtout un objet de fascination. L'enfant y voit le jeu et la découverte, l'adulte le pouvoir et la fortune, sans jamais mesurer les conséquences de leurs actes. Laputa n'est cependant pas un film anti-progressiste. Miyazaki n'est pas contre la technologie, mais seulement contre la foi aveugle que beaucoup ont en elle. En effet, la technologie ne peut pas résoudre tous nos problèmes, elle ne peut pas se substituer à nos racines, à notre lien profond avec la nature. L'histoire du royaume de Laputa est significative à cet égard. Créée par les Laputiens à une époque trouble de leur histoire, l'île flottante a d'abord été un moyen pour ses citoyens d'échapper aux conflits qui sévissaient à la surface de la terre. Dotant la cité d'un incroyable arsenal de guerre, les Laputiens sont devenus les maîtres du monde. Rien n'aurait pu remettre en cause la toute-puissance et la domination de ce luxuriant royaume. Et pourtant... il y a environ sept siècles, tout s'est désagrégé. Les Laputiens ont progressivement abandonné l'île pour revenir à un mode de vie plus sommaire, sur la terre ferme. Etait-ce une déchéance ou un choix délibéré? Quoi qu'il en soit, le résultat est là et le message est clair. Comme Sheeta l'expliquera à Muska: « Pourquoi Laputa a été détruite ? Je ne le sais que trop bien : Il y a une chanson dans la vallée de Gondoa qui dit: "Il nous faut des racines dans la Terre. Vivons avec le vent. Avec les semences, fertilisons l'hiver. Avec les oiseaux, chantons le printemps". Qu'importe le nombre d'armes que vous ayez, ou combien de pauvres robots vous utiliserez, vous ne pourrez pas vivre séparé de la terre nourricière! » Sur Laputa, sans les hommes, les robots-guerriers deviennent de simples "jardiniers" et des défenseurs ardents de la vie. Existe-t-il une plus noble utilisation de la technologie que de protéger la vie?
Le regard de Miyazaki est d'autant plus amer qu'il est lucide. Muska a raison lorsqu'il dit: "Laputa ne sera pas détruite. Elle va revivre. Le pouvoir de Laputa incarne le rêve de la race humaine". Ce rêve de puissance, Miyazaki nous en montre l'issue inéluctable et fatale. La nature reprendra ses droits que ce soit avec ou sans l'homme. L'arbre géant de Laputa devient alors la métaphore de la force vitale et régénératrice de la nature. Sa miraculeuse capacité à préserver ce qu'il y a de meilleur et de plus beau sur l'île n'est pas le résultat de la magie mais celui d'un écosystème équilibré. On remarque par ailleurs que Muska est le seul personnage du réalisateur foncièrement mauvais, un être froid et calculateur, dénué de tout humour, sans aucune chaleur. Muska incarne tout ce que l'humanité a de plus vile. Mais Miyazaki laisse entrevoir une note d'espoir. Un avenir meilleur est possible grâce à la jeunesse, qui s'incarne en Pazu et Sheeta, symbole d'une humanité pure, innocente, attentive à son environnement.
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