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La production du Château dans le ciel

     

Production

Pazu et le Mystère de la Pierre de Vol

Répondant au souhait de Tokuma Shoten, c'est en décembre 1984 que la pré-production d'un nouveau film de 96 minutes, Pazu et le Mystère de la Pierre volante, débute. Miyazaki a conçu avec Nausicaä de la Vallée du Vent un film s'adressant à un public assez cultivé. Pazu et le Mystère de la Pierre de Vol est destiné à des spectateurs plus jeunes, écoliers ou adolescents. L'objectif de Miyazaki est de renouer avec un cinéma d'action classique et trépidant. Le dévouement, le mystère, l'amitié, le courage et la poursuite d'un idéal furent d'emblée les thèmes principaux inscrits sur son cahier des charges.

En fait, Miyazaki a décidé de ressusciter le film "manga" : une oeuvre faite d'images véritablement belles, mais que le spectateur moderne pourrait comprendre sans aucune difficulté. En projetant un jeune homme dans le feu de l'action, il désire faire battre le coeur d'enfant des spectateurs. Mais il ne souhaite pas s'intéresser aux fans d'animation. " Ils viendront de toute façon voir ce film ", écrit Miyazaki dans les notes d'intention destinées à la production. " Nos efforts doivent se concentrer sur les enfants et les personnes que le monde de l'animation n'enchantent plus. "

Pazu et la Prisonnière dans le Château du Ciel

Le projet change de titre une première fois et est renommé Pazu et la Prisonnière dans le Château du Ciel. Des objectifs financiers ont clairement été définis. Pour Miyazaki, il s'agit d'attirer le plus de monde possible dans les salles. Pour cela, il a carte blanche, dans la limite du budget. Aussi, germe dans l'esprit du réalisateur l'idée de réaliser un film vraiment universel : réconcilier toutes les générations devant l'écran. Cette tâche, Miyazaki en fera son sacerdoce. Mais, détail étonnant, le film est pendant un moment envisagé comme une expérience sans musique, avant que sous la pression et la direction de Takahata, Joe Hisaishi enregistre l'une des bandes originales les plus chères de l'histoire du cinéma japonais.

Pazu et l'Empire Volant

Pour permettre l'élaboration de Pazu et l'Empire Volant (deuxième changement de titre), la publication de Nausicaä de la Vallée du Vent dans Animage est suspendue en mars 1985. La production du film commence immédiatement. Comme Tokuma avait parallèlement investi dans un autre long métrage, Arion de Yoshikazu Yasuhiko, programmé pour sortir dans les salles au printemps 1986, la sortie de Pazu et l'Empire Volant est repoussé en été. Ce délai supplémentaire est pour Miyazaki une véritable bénédiction.

Laputa, le Château dans le Ciel

Bénéficiant de plus d'un an de développement, soit deux fois plus que pour Nausicaä de la Vallée du Vent, Miyazaki étoffe une dernière fois ses ambitions. Pazu et l'Empire Volant devint Laputa, le Château dans le Ciel, un long-métrage de 124 minutes. L'une des différences principales entre les deux scripts est que le commandant et le général qui doivent initialement gouverner la forteresse volante, fusionnent dans le corps d'un seul personnage : Muska.

Voilà ce que Miyazaki Hayao écrit dans les notes d'intention finales du projet. "Laputa vise un public de jeunes gens. Le long-métrage aura comme objectif de réconforter les spectateurs, de les rendre heureux quelques instants. Rires et larmes sont des émotions démodées. Pourtant, chacun y aspire encore en secret. Laputa ne sera pas une oeuvre cynique, mais utopique. Il y sera question d'un garçon avançant de toutes ses forces pour atteindre l'idéal auquel il croit. Laputa renouera avec les sources originelles de l'animation. L'animation n'est pas un divertissement mineur. C'est un média destiné aux enfants. Mais les grands films pour enfants plaisent tout autant aux adultes."

Alors que le premier film du Studio prend peu à peu forme, Miyazaki ne se doute pas encore de la longévité future du Studio Ghibli. A l'époque, de nombreux réalisateurs de séries TV voulaient se lancer dans le long métrage mais ne possédaient jamais les moyens financiers nécessaires. Pour Miyazaki, la règle était simple: « un studio, trois films ». Il était alors convaincu que le Studio fermerait ses portes au bout de trois productions, persuadés que les conditions précaires de travail détérioreraient immanquablement les relations entre les réalisateurs et les animateurs. Mais sous les encouragements de Suzuki, Miyazaki et Takahata décident donc de poursuivre leurs réalisations au sein du Studio Ghibli.

A sa sortie au Japon, en 1986, Laputa fait moins d'entrées que Nausicaä et demeure à ce jour le film du Studio Ghibli ayant remporté le moins de succès dans les salles. Cependant, il reste le film préféré de Miyazaki, et a très vite accédé au rang de film culte.

Laputa en dehors du Japon

Le film est alors doublé en anglais par Carl Macek et bénéficie de quelques projections confidentielles ainsi qu'une diffusion sur la télévision britannique, mais des scènes sont coupées. Le doublage, loin d'être enthousiasmant, a pourtant été inclus dans la Ghibli LD Box. Dans le cadre de son accord avec Tokuma, Disney décide alors de refaire le doublage dans l'optique d'une prochaine exploitation à grande échelle. En effet, de tous les films de Miyazaki, les américains ont pensé que celui qui pourrait avoir le plus de succès aux États-Unis serait Laputa, une histoire d'aventures entre un garçon et une fille, thématique évoquant un peu les productions Disney.

A cette occasion, Buena Vista a demandé à Hisaishi de combler les passages sans musique. Mais le compositeur, ne voulant pas se contenter d'un travail partiel, a obtenu de recomposer la totalité de la bande-originale, avec l'accord du studio, afin que la musique bénéficie des progrès faits en matière de son dans les salles.

Un problème rencontré par les distributeurs américains est le nom "Laputa". En espagnol, le mot désigne en langage grossier une prostituée. Etant donné l'importance de la communauté hispanique aux États-Unis, Disney a préféré modifier complètement le titre pour éviter un amalgame malheureux entre le titre et le film destinés à un public enfantin.

En France, avec le succès du voyage de Chihiro, Buena Vista France a décidé de sortir en salles d'autres films de Miyazaki en 2003. Laputa est sorti sur les écrans le 15 janvier 2003 sous le nom du Château dans le ciel, avec les musiques d'origine et non avec la bande son réorchestrée à destination du public américain. Au total il attire plus de 800 000 spectateurs français dans les salles.

Des informations sont tirées de Hayao Miyazaki, Master of japanese animation d’Helen McCarthy

   

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