| Films | Mimi wo sumaseba |
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L'art et la technique dans Mimi wo sumasebaGraphismesD'un point de vue technique, Mimi wo sumaseba reste relativement fidèle aux productions précédentes du studio Ghibli. La plus grande réussite réside indiscutablement dans les graphismes, transcendés par des décors étonnants. Les artistes du studio ont pris pour modèle des vues réelles dans une ville de la banlieue de Tokyô (voir comparaison), respectant chaque détail avec minutie, chaque coin de rue, de maison ou d'environnement. La boutique du grand-père de Seiji est un véritable écrin de bijou, chaque plan fourmillant de détails, plus réalistes et réussis les uns que les autres. ![]() Il faut admettre que l'animation est un peu plus inégale. Certains mouvements ne semblent pas naturels, des éléments secondaires manquent parfois de fluidité. Cependant, la qualité est digne des meilleures productions du studio et s'avère donc être un vrai plaisir pour le spectateur. Par ailleurs, le nombre important d'éléments en mouvement à l'écran (personnes, véhicules, animaux, feuillages, nuages) renforce l'impression de réalisme. La patte de Naohisa Inoue
Naohisa Inoue a un style avant tout impressionniste mais sa technique
est très particulière. Il existe un ouvrage illustrant la participation de Inoue à Mimi wo Sumaseba. Différents croquis et décors y sont inclus. Au final, les décors du film inspirés des peintures de Naohisa Inoue sont chatoyants, comme la pierre qu'il faut polir pour devenir un véritable artiste. On peut remarquer la participation de Inoue au doublage : il a prêté sa voix à M. Minami, l'un des amis de Nishi que l'on peut voir jouer de la flûte à bec dans la scène chantée. De plus, Mimi wo sumaseba n'est pas la seule participation de Naohisa Inoue au Studio Ghibli, puisqu'il peindra quelques années plus tard des tableaux pour le Musée Ghibli. L'intégration de nouvelles technologiesMimi wo sumaseba est le premier Ghibli à utiliser des effets numériques. Les scènes du film concernées sont les courtes séquences imaginaires issues du roman de Shizuku. Elles ont coûté très cher car elles mettaient en oeuvre des moyens qui n'existaient pas dans le studio jusqu'alors. La mise en place de ces nouvelles technologies a représenté un lourd investissement en temps et en argent. ![]() Photographie des cellulos sans le décor / Cellulos et éléments du décor sont ensuite combinés sur ordinateur. Malgré l'inexpérience du studio en matière de techniques d'infographie, le résultat final est plus que convaincant : l'incrustation des effets ne choque pas le spectateur et ajoute une profondeur certaine aux scènes. Celles-ci contiennent beaucoup d'éléments se déplaçant indépendamment, comme par exemple les scènes mettant en scène le Baron et Shizuku, où se meuvent les petites "planètes", appelées malicieusement 'laputa'. Bien que tous ces éléments aient été animés par des moyens traditionnels, ils ont été combinés aux effets numériques. Mimi wo sumaseba est également l'un des premiers films au Japon à utiliser le système de son Dolby Digital. Ce standard venait juste de sortir et le studio en a profité pour l'utiliser dans ce film. La musiqueLes musiques sont composées par Nomi Yuji. Certaines plages de musique évoquent des instrumentations baroques (orchestre réduit, musique ornementée, utilisation du luth ou de la viole de Gambe, contraste de tonalités graves et aïgues,...). D'autres plages, en revanche, sont très modernes et ne sont pas sans rappeler les musiques symphoniques classiques utilisées pour les BO de films américains. Certes, si les différentes mélodies peuvent ne pas marquer certains spectateurs et sont parfois répétitives, on ne peut qu'admettre leur qualité formelle et c'est toujours avec plaisir qu'on les réécoute. La chanson thème, intitulée Country Road, est un tube country écrit et composé par John Denver. Elle a été popularisée par Olivia Newton-John et c'est cette version qu'on entend dans le générique de début. La chanson entraînante sera reprise de nombreuses fois dans le film, en japonais, ou encore sous forme parodique (Concrete Road, la route du ciment), mais c'est surtout la remarquable version au violon pour la scène chantée chez Nishi que l'on retiendra sans conteste.
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