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Revue de presse de Princesse Mononoke

       

Le nouveau Cinéma : "Hayao Miyazaki se ressource au plus profond de la tradition médiévale japonaise et orchestre un conte fantastique aux ramifications narratives particulièrement fouillées. (...) Dans la forme, le septième long métrage de Miyazaki est une splendeur qui puise au plus profond de la tradition esthétique japonaise. (...) "Princesse Mononoke" est en quelque sorte le chaînon manquant qui relierait l'art ancestral des estampes japonaises à la modernités des mangas. Cette héroïque fantaisie surgie du fond des temps est à la fois un authentique choc visuel et un périple initiatique envoûtant à travers le dédale d'un univers de contes et de légendes." (Jean-Philippe Guerand)

Studio magazine : ""Princesse Mononoke" peut se regarder de plusieurs façons : comme un film d'aventures féerique au rythme endiablé, ou comme une fable écologique intemporelle retraçant la lutte entre les forces de la nature et celles du progrès ; enfin, on peut y voir un film sur les méfaits de la guerre, la haine qu'elle engendre dans les coeurs et les meurtrissures qu'elle laisse dans les chairs, et à laquelle, d'ailleurs, le cinéaste a été confronté enfant. Cette combinaison de noirceur et de poésie, de danger et de plénitude fait tout le charme de "Princesse Mononoke". Et c'est tout le talent de Miyazaki, qui peut faire naître le merveilleux comme l'angoisse au détour de chaque plan. Alors, avec bonheur, on se laisse transporter par le courant de cette histoire fantastique, rythmée par la magnifique musique de Joe Hisaishi, que seul un très grand conteur pouvait imaginer."

Première : "Miyazaki invite à prendre conscience de l'espace et du temps en inventant des images qui fonctionnent comme les souvenirs d'une vie antérieure, mythifiée mais plausible, dans laquelle l'équilibre entre les forces de la nature est différente." - "C'est beau et tragique. C'est aussi une leçon d'humilité".

Mad Movies : "Disons le carrément, Princesse Mononoke est un film somme, une œuvre d'une exceptionnelle richesse thématique et sémantique, un véritable monument du cinéma… Jamais la magie du 7ème art ne s'était soumise à ce point aux désirs d'un seul homme… Si vous n'avez qu'un film à voir cette année, allez voir Princesse Mononoke. S'il y en deux… retournez-y ! " - "(...) un chef d'oeuvre qui ne livrera jamais tous ses secrets, un morceau de pellicule sur lequel les critiques ne cesseront pas de fantasmer, une pure utopie de cinéphile, l'idéal esthétique et sémantique d'un homme marchant éveillé dans son rêve." (Bertrand Rougier)

Les cahiers du cinéma : "Au lieu de rêver à de douteux plans-mondes exhaustifs où tout serait visible, Miyazaki fait des prélèvements et travaille à réorganiser l'espace en vrai metteur en scène. Mieux : dans ce film où le héros peut tout rencontrer, et surtout des créatures hybrides à la nature instable, la question de l'altérité est centrale. On craignait que tout se vaille, mais le clignotement des identités fait que rien n'est indifférent. Quant à l'évident rapprochement avec le jeu vidéo, il ne prend pas la forme d'une imitation mais résulte de convergences technologiques et narratives, d'un échange fructueux. Avec, surtout, l'idée excitante d'une suite de mondes à découvrir, cachés, inouïs, jamais vus - pas de temps à perdre : vite, tout faire pour passer au plan et au niveau suivant."

Le Monde : "Les qualités spectaculaires du film tiennent [...] à des procédés cinématographiques plutôt qu'à ceux particuliers à l'animation. Cela suffirait à signer la singularité de ce qui est à la fois un film de distraction très réussi et un dessin animé différent des canons imposés par le format Disney. Mais l'oeuvre maîtresse des studios Ghibli, la société de Miyazaki qui, avec Princesse Mononoke, a pulvérisé les records de fréquentation au Japon, recèle surtout un étonnant scénario - exactement celui qui serait refusé par les majors pour excès de complexité." - "Princesse Mononoke réussit donc ce prodige de susciter à la fois l'élan de satisfaction d'un récit d'aventures mené à bride abattue et la stimulante interrogation sur le sens jamais prévisible que prendra le récit." (Jean-Michel Frodon)

Fluctuat.net : Si l'univers que miyazaki a élaboré se révèle profondément singulier,c'est avant tout par sa cohérence. Les éléments y développent une réelle réflexion sur la place de l'homme dans son environnement. Inscrits dans un tableau cosmogonique, les images, magnifiques, sont surprenantes. Mais nulle gratuité, nulle recherche d'inédit ne guide tout cela. La signification et la symbolique priment toujours sur la forme." - "De la rencontre de Ashitaka et de la princesse Monoké surgit une troublante impression érotique. Le héros, caché, observe la jeune fille suçant une plaie au flanc droit d'un loup. Soudain, elle se retourne et l'aperçoit. La seconde où leur regard se croise, alors qu'elle essuie violemment ses lèvres souillées de sang, est ainsi d'une rare intensité. Intensité d'autant plus étrange que nous assistons aux actes de créatures nées de l'encre et du celluloid. Mais, par le jeu des paradoxes, la force de cet instant provient peut-être de ce statut même." (M.Merlet)

Positif : "Soumettez-vous à la magie de la frise épique, à la "Princesse Mononoke". Quel tour de prestidigitation que ce drame historique ! Car les feux d'artifice jaillissant du film d'animation illuminent les procédés optiques classiques du cinéma de "chair et d'os". (...) Intrigue de hauts faits à la Kurosawa ; action haute en couleur. Bruyantes, violentes, riantes les altercations entre la "forteresse cachée" entourée de palissade et assaillants ne relèvent-elles pas du western ? L'ambiguïté du "happy end" du mélo ? Car ce panorama complexe où dominent traits de visage, silhouettes des corps des personnages "en pagaille", où le dialogue en tant que tel a peu de place, même si les voix des animaux anthropomorphes sont parfaitement "audibles" (serait-ce un reflet de la technique des "bulles" ?), où le montage et la profondeur de champ alternant entre fulgurance de mouvement et plénitude de contemplation, est également rehaussé d'humour."

Cinelive : Note: 4 Petits Yeux (Meilleure note du mois): "Une date dans le cinéma d'animation" - "Sur la forme, Hayao Miyazaki relaie magistralement son récit par de merveilleuses images, visions pastorales d'une nature pratiquement vierge. Visions aussi des créatures qui la peuplent, du Dieu-Cerf à ces esprits pacifiques au corps translucide. Des images toujours d'une exceptionnelle beauté, poétiques, lyriques... Et vraiment terrifiantes lorsque le cinéaste manifeste son appréhension de la fin des temps par la métamorphose de la représentation ultime du Bien en symbole absolu du Mal. L'un des grands moments de cette passionnante fresque légendaire, de ce conte au carrefour de tous les mythes universels. Sublime."

Libération : "Le foisonnement des détails et la vitesse des péripéties, la manière dont le film ne cesse de varier la tonalité des séquences, avec de brusques changements d'échelle, de l'aventure intime au destin collectif, la beauté chromatique bouleversante de certains plans, le souffle élégiaque traversant l'ensemble du récit pendant plus de deux heures, culminant avec l'apparition nocturne d'un dieu de gaze translucide et bleutée, tout concourt à faire de ce film des studios Ghibli qui aura nécessité trois ans de travail et quelque 140 000 cellos, et littéralement lessivé son auteur, un objet d'émerveillement et de sidération absolue." - "On se frotte les yeux sans trop comprendre, et on voudrait surtout que ça ne s'arrête jamais." (Didier Perron)

Télérama : "Avec ses amples mouvements de foule, ses ruptures de ton, ses visions fulgurantes – Mononoke chevauchant telle une elfe en furie un loup géant sous la pluie – la mise en scène est éblouissante. Sur une superbe musique de Joe Hisaishi, musicien attitré de Kitano, Miyazaki orchestre d'étranges moments où l'invention graphique fait naître une poésie sauvage. Le Mal sort d'un sanglier sous la forme d'une myriade de vers lumineux. Des petits esprits pacifiques aux corps translucides apparaissent soudain dans les arbres et processionnent sur les branches en dodelinant. Malgré sa durée (2h15) et un trait moins heureux dans les gros plans, Princesse Mononoke passionne et envoûte. Le renouveau mondial du cinéma d'animation se confirme." (Bernard Génin)

Www.construire.ch : "Miyazaki nous offre la vision d'un monde inextricable, insoluble. Où le bras de fer entre les hommes et la nature ne peut mener qu'à une destruction massive et à l'automutilation. A l'instar des dernières images de terres noires et brûlées qui ne porteront plus jamais la forêt originelle. Bien sûr, la nature renaîtra de la cendre. Bien sûr, la diversité du végétal resurgira. Mais différente, comme disciplinée, coupée dans son élan. En tuant la magie des lieux, qu'avons-nous perdu?" (Patricia Brambilla)

       
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