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Interviews sur le royaume des chats (3)Les décors par Naoya Tanaka, directeur artistique
« Pour ce dessin animé, dès le départ, j'ai décidé de respecter l'univers de la bande dessinée originale. J'ai donc voulu créer des décors joyeux et beaux, afin d'éviter d'alourdir l'ensemble. Je ne voulais pas de décors imposants et voyants comme ceux du Voyage de Chihiro. Lorsque j'ai lu pour la première fois la bande dessinée originale, j'ai eu l'impression d'une vie quotidienne légère. Il m'a donc semblé que les décors devaient être simples. Lors de la préparation, j'ai beaucoup discuté avec le réalisateur de ce sujet, entre autres, tout en dessinant à l'aquarelle des feuilles de modèles. Comme il s'agissait du premier long métrage qu'il mettait en scène, je lui ai donné certaines idées et nous avons construit la vision du monde qui constitue le noyau de ce film. Par exemple, pour la scène où Haru sauve Loon, j'ai proposé de mettre en arrière-plan beaucoup d'azalées en fleurs afin de donner une indication de la saison. Mais ce qui m'a posé le plus de problèmes, c'est ce Royaume des Chats. Dans la bande dessinée, il est dépeint comme un monde extrêmement fermé. Comment montrer cela dans le film ? En fin de compte, j'ai fait une adaptation audacieuse, en figurant un monde joyeux et clair. L'image d'ensemble se base sur " l'impression de lumière débordante " imaginée par Aoi Hiiragi. Au final, ce monde est un endroit paisible, au climat doux. Il y a un château, et sept lumières différentes viennent du ciel. On pourrait croire qu'il s'agit d'une illusion, d'un mirage. Pour ce qui est du château, je me suis basé sur l'image de l'œuvre originale, qui le montrait protégé par des douves et entouré de prairies. C'était également la volonté du réalisateur de le situer en pleine nature. En ce qui concerne le monde réel, je ne me suis pas inspiré d'une région particulière. J'ai volontairement créé un quartier résidentiel moyen, un espace qui ne donne pas l'impression d'être imposant. J'ai pris le parti de ne pas beaucoup dessiner les ombres des personnages, et j'ai fait des arrière-plans simples, avec très peu de contrastes. Pour finir, abordons le Bureau des Chats. En insérant toutes sortes d'éléments européens, en dessinant des fleurs, des soucis et des géraniums, j'ai créé une atmosphère de quartier à l'européenne. La lumière est semblable à celle du monde réel. Néanmoins, la notion de taille est importante : les maisons sont plus petites alors que j'ai dessiné des plantes de taille réelle. Ce qui caractérise les décors de ce film, plus encore que la différenciation des divers mondes, c'est l'emploi de la lumière. Je pense être parvenu à représenter une lumière claire, qui perce le ciel. Les scènes dans les rues reculées ou les scènes de nuit ne sont jamais maussades. Toutes donnent une impression de gaieté et de clarté. La seule scène différente est celle où apparaît le Baron. J'ai volontairement utilisé un effet de soleil couchant et j'ai amplifié les contrastes en accentuant les ombres. C'est un grand tournant dans l'histoire et je voulais le rendre impressionnant ! Je serais heureux que les spectateurs éprouvent du plaisir à découvrir cette vision du monde, illustrée par des décors un peu différents de ceux des précédents dessins animés Ghibli. » © Buta Connection |