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L'adapatation du manga

     

Le manga original

Omohide poroporo est l'adaptation du manga éponyme, écrit par Hoaru Okamato et Yûko Tone. Ce manga appartient à la bande dessinée de grande diffusion, très prisée par le grand public. Loin des clichés et des stéréotypes du manga, ces bandes dessinées sont généralement conjuguées à la première personne du singulier. Les mangas Chibi Maruko-Chan, Crayon Chin-Chan, Sazaesan, Apu in ou Yarikuri compagny et, précisément, Omohide Poroporo parlent de l'intimité des Japonais, peut-être en écartant tout réalisme (le trait graphique grossier et stylisé est là pour le démontrer) pour ne garder qu'une représentation ironique mais perspicace. Ces titres sont souvent adaptés sur le petit écran et connaissent souvent un grand succès.


Chibi Maruko-Chan : le manga et son adaptation TV

Omohide est un shojo, une bande dessinée « destinée aux filles ». Loin de la haine féministe de certaines des ses collègues et plutôt affairée à explorer un passé lointain, Hotaru Okamoto a écrit Omohide poroporo, un shojo s'inscrivant dans la veine nostalgique, entretenue par la génération ayant vécu la phase de transformation du boom économique et qui vivent dans les années 80 dans l'étourdissante opulence de la "buble Keizai", l'économie éphémère.

Okamoto est née à Tokyo en 1956. Elle a collectionné une galerie de souvenirs (le "Only yesterday" du titre) fixée sur une date précise, la 41ème année de l'ère Showa (c'est-à-dire 1966), comme rendez-vous inéluctable marquant le tournant existentiel d'elle petite fille. Dix ans, c'est l'âge de son alter ego, Taeko Okajima sortie des pages d'un manga mis en image par la dessinatrice Yuko Tone. Omohide poroporo a été publié une première fois en 1988 par Seirindou puis réédité deux ans plus tard par Animage.


La deuxième édition (1990) par Animage Wide Comis en trois volumes.

Du manga au film

Le manga est une compilation de courtes histoires sur la vie quotidienne de Taeko à l'école et dans sa famille. Il est rempli de sentiments nostalgiques, avec l'évocation de beaucoup chansons, de films, de programmes télé, des modes et des idoles de l'époque. Entourée de deux soeurs plus grandes, Taeko incarne l'insoutenable "machination" d'être la benjamine de la famille. L'an 41 de l'ère Showa est pour Taeko l'année de "grands événements". Elle nous raconte sa découverte des cycles menstruels, sa carrière de comédienne brisée par l'autorité paternelle, ses difficultés en arithmétique, ses premiers émois amoureux, ... Toute l'action du manga se situe en 1966 et décrit le quotidien de la petite Taeko sans évocation du monde contemporain.

L'idée d'une Taeko adulte jouant le rôle de narrateur et les flash-back est un ajout de Takahata et demeure la plus grande liberté prise par le réalisateur dans son adaptation. C'est aussi une grande trouvaille cinématographique, car le spectateur perçoit véritablement le désarroi de cette génération d'adultes, ayant vécu de grands bouleversements sociétaux entre les années 60 et les années 80, se réfugiant dans l'évocation de leur passé. On ressent la préciosité de ces souvenirs pour Taeko, ces bribes du passé qui la guident dans son présent et dans ses choix futurs.

Pour ce qui est des scènes de 1966, le film est globalement très proche de l'oeuvre originale. Cependant, Takahata fait quelques infidélités au manga. Tout d'abord l'ordre des saynètes dans le film n'est pas celui du manga. On peut le voir, par exemple, dès l'une des premières scènes du film lorsque Taeko demande à aller en vacances après avoir exhibé son carnet de note. Cette scène n'apparaît pas tout de suite dans le manga. Pour bien d'autres épisodes, la chronologie n'est pas respectée ; mais cette nouvelle chronologie n'a pas de réels conséquences narratives, car dans le manga, les saynètes sont plutôt indépendantes.

Il existe des scènes simplement évoquées dans l'animé qui représentent des épisodes complets du manga. Par exemple, lorsque Taeko monte dans le train pour rejoindre Yamagata, elle évoque des souvenirs tels que le taille-crayon électrique, son chien Gon, ou encore la peur qu'elle avait lorsqu'elle lisait des BD d'horreur. Bien plus tard dans le film elle évoque aussi le départ de son camarade Abe qui a refusé de lui serrer la main.


Taeko jouant avec le taille-crayon électrique

Abe refusant de serrer la main à Taeko

Le character design dans le film, même s'il ne respecte pas complètement celui du manga, est un bon compromis entre fidélité au manga et adaptation pour l'animation. Il n'y a pas de changement majeur dans la physionomie des personnages. Les tenues vestimentaires et les poses des personnages sont souvent reprises avec une étonnante fidélité. On pourra en particulier remarquer la petite barrette de Taeko ornée d'une petite fleur.

Enfin certaines scènes sont reprises complètement a l'identique, allant même jusqu'à imiter la mise en page du manga...


 
   

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