| Films | Omohide Poroporo |
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L'art et la technique dans Omohide PoroporoCharacter design et animationLe plus grand soin a été apporté à la physionomie des personnages, les traits des visages sont très réalistes. Ce n'est pas vraiment le cas pour les scènes se passant en 1966. On peut supposer que Takahata souhaitait qu'elles soit perçues comme des souvenirs de Taeko, donc un peu idéalisées et réalisées comme un animé classique, avec des personnages aux traits et aux couleurs de cheveux assez européens. En revanche, pour les personnages de 1982, cette stylisation disparaît et les expressions se calquent sur les intonations du doublage. On remarquera en particulier le sourire de Taeko qui fait ressortir ses pommettes, mais qui peut aussi la faire vieillir brutalement. ![]() Personnages stylisés des scènes de 1966 - Personnages réalistes des scènes de 1982. Le character design et les model sheets sont l'oeuvre de Yoshifumi Kondô qui a imprimé pour chaque personnage sa patte très particulière et reconnaissable. A l'inverse des scènes se passant en 1966, les personnages ressemblent vraiment à des japonais, Takahata s'étant attaché à prendre les comédiens comme modèles. Dans Omohide Poroporo, les animateurs eurent à faire face à une difficulté qu'ils n'avaient jamais rencontrée jusqu'alors, à savoir une décomposition des mouvements des lèvres, lors des dialogues des scènes se passant en 1982. Le haut niveau de détail exigé par Takahata Isao a permis de se rapprocher le plus possible du jeu de vrais acteurs. Un personnage se contentant de bouger les lèvres sans articuler les syllabes aurait atténué l'authenticité de ses paroles, ce qui aurait empêché d'identifier ce personnage comme réel. Après beaucoup de travail, le résultat obtenu par les animateurs est convaincant, sans être toujours parfait (quelques problèmes de synchronisation avec le doublage). Les décorsOmohide Poroporo contient des décors magnifiques parmi les plus beaux réalisés par le studio Ghibli. Ils ont été réalisés sous la houlette de Kazuo Oga, directeur artistique sur le film. Là encore il s'agissait d'alterner une représentation réaliste pour les scènes du "présent" et un crayonné plus pastel pour celles du "passé". ![]() Différences de tons entre les deux styles de décors du film Ce genre de décor, imitant une aquarelle, est plus compliqué
à faire qu'il n'y parait car il ne doit être ni trop vide,
ni trop fini pour bien le différencier d'un décor
normal. Les couleurs utilisées sont très claires avec une
grande subtilité de tons, afin de mettre en avant les personnages
et les situations. En effet le souvenir laisse plus de place aux personnes
et aux évènements qu'au décor qui reste ici, plus
que d'habitude, un élément secondaire. Les arrière-plans
pour les scènes de 1966 apparaissent donc plus lumineux et plus
dépouillés, mettant en valeur certains détails, gommant
beaucoup d'autres, idéalisant le cadre général comme
le ferait la mémoire d'une personne. Tous ces éléments
augmentaient évidement la difficulté de la composition et
des équilibres traits-couleurs-vides. Mais là, à
la différence des problèmes de synchronisation des voix,
le résultat obtenu est irréprochable et de toute beauté. Le doublageUn très grand soin a également été apporté au doublage, avec des comédiens plutôt que des doubleurs. La manière dont le doublage a été réalisé est assez original : les comédiens étaient assis autour d'une table et jouaient littéralement les scènes qu'ils doublaient. Il existait une réelle connivence entre Miki Imai (Taeko) et Toshirô Yanagiba (Toshio) dans leurs scènes de dialogue, connivence qui se retrouve dans l'intonation de leur voix et donc crédibilise leurs scènes en commun. ![]() La musiqueLa bande-originale d'Omohide Poroporo surprend par sa grande diversité. S'y côtoient des thèmes doux et nostalgiques au piano, composés par Katsu Hoshi, des chansons japonaises anciennes, ou encore des thèmes folkloriques hongrois et italiens. Le groupe hongrois dont on entend plusieurs morceaux est explicitement mentionné dans le film. Il s'agit de Muzsikas, groupe folklore de Transylvanie, haut lieu de métissage culturel eurasien. La chanson du bouleversant générique de fin, magnifiquement interprétée, est une reprise de la chanson du film américain "The Rose". Les paroles ont été réécrites en japonais par Takahata lui-même.
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