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LeS origines de Panda petit panda

   

« Ce projet ravive chez moi des souvenirs. C’est le rare travail qui m’a donné une sensation de chaleur pendant que je l’écrivais, alors que je l’animais, et tandis que je le regardais. » Hayao Miyazaki

La fin de la période Tôei Dôga

Panda Petit Panda est produit par le studio Tôkyô Movie, fondé en 1964 par Yutaka Fujioka. Il deviendra Tôkyô Movie Shinsha (TMS) en 1977, après une grave période de crise. Tôkyô Movie collabore alors régulièrement avec le studio A Production (ou A Pro), une petite structure formée par d’anciens animateurs du studio d’animation de la Tôei.

Au printemps 1969, le studio accueille justement un transfuge de choix en la personne de Yasuo Ôtsuka. Celui-ci est découragé par les accusations de dépassement de délais de production sur Horus, Prince du Soleil par la Tôei Dôga, aggravées par les mauvais résultats commerciaux du film. Rapidement, Ôtsuka participe à la série Moomin, première adaptation des personnages créés par l’écrivain finlandais Tove Jansson. Mais le studio perd la production qui se poursuit chez Mushi Pro, studio créé par l’illustre Osamu Tezuka pour concurrencer la Tôei Dôga.

En 1971, Ôtsuka propose à Isao Takahata de le rejoindre à A Pro, en vue d’adapter pour la télévision la célèbre série de romans pour enfants qu’est Fifi Brindacier d’Astrid Lindgren. De son côté, Takahata se remet lui aussi difficilement de l’échec commercial de Horus, Prince du Soleil. Il reste metteur en scène mais sur des séries TV et espère encore une hypothétique chance de réaliser un nouveau long métrage de la part du studio d’animation de la Tôei. Mais il sent bien qu’on ne lui donnera plus. La proposition de son mentor est donc providentielle et c’est ainsi que Takahata, puis Hayao Miyazaki et Yôichi Kotabe, qu’il a convaincu de venir, quittent la Tôei Dôga pour le studio A Production.

Fifi Brindacier, le projet avorté

Isao Takahata, Hayao Miyazaki et Yôichi Kotabe se retrouvent donc à travailler sur le projet d’adaptation de Fifi Brindacier, la fille la plus forte au monde (Nagakutsushita No Pippi, Sekai Ichi Tsuyoi Onna No Ko).

Si l’on en croit le nombre important de dessins préliminaires élaborés, les trois hommes semblent très enthousiastes pour ce projet. Dans ses souvenirs, Kotabe se rappelle qu’à cette époque il existait déjà une série allemande de Fifi Brindacier avec de vrais acteurs. L’actrice principale avait un physique atypique et pouvait donc être une source d’inspiration. Il entend dire que cette actrice a été choisie parmi 20 000 candidates et il s’est lancé comme défi de dessiner 20 000 personnages pour lui aussi trouver le bon ! Malgré sa grande motivation, il ne réussit pas à en dessiner plus de 30. Si l’allure générale de Fifi, comme sa coiffure et ses vêtements, sont décrits dans le livre, pour le visage, Kotabe entend dire que Astrid Lindgren aime bien le personnage de la série. Il cherche alors  à imiter la figure de l’actrice.

  
Mimiko ? Non, Fifi Brindacier vue par Yôichi Kotabe.

En août 1971, après déjà plusieurs mois de préparation sur le projet, Yukata Fujioka et Miyazaki se rendent en Suède pour négocier les droits d’adaptation des romans avec l’auteur, Astrid Lindgren. Il s’agit là, pour Miyazaki de son premier voyage en Occident. Il profite de ce voyage à l’étranger dans la ville portuaire de Visby, sur l’île de Gotland, pour y faire des repérages et trouver de nouvelles idées. Mais à leur grande surprise, en rencontrant l’auteur, ils essuient un refus de sa part de voir son oeuvre adaptée. Ils rentrent au Japon consternés.

Du jour au lendemain privés du projet sur lequel ils se sont investis, Takahata, Miyazaki et Kotabe se retrouvent donc à travailler sur du tout venant, en fonction des besoins du studio. Ils vont finalement se retrouver à oeuvrer sur l’adaptation télévisée du manga grivois Lupin III (Edgar, détective cambrioleur) de Monkey Punch, dont ils co-réalisent six épisodes de la première série.

La déconvenue liée au projet Fifi Brindacier est finalement vite oubliée. D’une part, le voyage de repérage sera loin d’être inutile, puisque les photos prises par Miyazaki lors de celui-ci resserviront pour créer la ville portuaire de Koriko dans Kiki, la petite sorcière. D'autre part, les recherches graphiques porteront leurs fruits dès l’année suivante.

Traduction : Yasuka Takeda

   

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