| Films | Heisei tanuki gassen Pompoko |
|
Les références dans PompokoDans Heisei tanuki gassen Pompoko, l'imagination généreuse et l'esprit de référence de Takahata sont mis au service d'un spectaculaire tour d'horizon du patrimoine culturel dit "populaire" de son pays. Nous citons ici quelques références parmi les plus connues. Les tanuki Le tanuki est un animal natif d'Asie (principalement répandu en Chine en Corée et au Japon). Il s’agit d’un mammifère omnivore de taille moyenne, appartenant à la famille des canidés, dont il est le seul représentant hibernant (en fait, il tombe en hiver dans un sommeil profond, sans véritablement hiberner). Son nom scientifique est Nyctereutes procyonoides mais, plus vulgairement, il est appelé chien viverrin en français et raccoon dog en anglais. L'animal étant inconnu en France, les traducteurs transforment souvent le tanuki en animal d'apparence physique proche. Mais ce n'est ni un blaireau ni une variété de raton laveur. Mythes et folklores autour du tanuki"Pompoko" est le son que les tanuki font quand ils frappent sur leur ventre, comme ils le font à la fête sur le terrain de golf dans la dernière scène. Dans une chanson pour enfant très connue, Shojoji no Tanuki Bayashi, les tanuki tapent sur leur ventres, en chantant une chanson au clair de lune. Le refrain de la chanson dit "Pom Poko Pom no Pom!" Les mythes et folklores japonais mettant en scène des tanuki sont légions. On lui attribue de nouveaux pouvoirs : ils peuvent ainsi à l'instar du renard, changer de forme à volonté, ainsi que transformer les objets qui les entourent. Ainsi ils aiment jouer des tours aux hommes. Par exemple, ils se transforment en humain et achètent du saké avec des feuilles qu'ils ont transformées en billets, monnaie qui retrouve son état normal après le départ du tanuki. Les tours sont la plupart du temps inoffensifs (mais provoquent souvent en retour de sévères représailles de la part des humains!), d'autres sont plus cruels. Malgré cela, les tanuki restent pour les Japonais des animaux sympathiques et sont même considérés comme des porte-bonheur. Les commerces japonais placent d'ailleurs souvent une statuette à l'extérieur de leur boutique: le tanuki y est toujours caractérisé par d'énormes testicules ("Golden balls", synonymes de prospérité), une coiffe sur la tête et une bouteille de saké à la main. ![]()
Les références folkloriques présentées dans Pompoko sont parfois assez bien connues. L'une d'elles est le Bunbuku Chagama, une histoire dans laquelle un tanuki se change en bouilloire (et bien sûr, il a été mis au feu). Chagama (bouilloire) est l'ustensile rond et sombre dans lequel les tanuki essaient de se transformer quand ils s'entraînent. ![]() Une autre référence est Kachi Kachi Yama, qui est plutôt cruel. Dans cette histoire, un tanuki tua une vieille femme et le mari de cette dernière se vengea de cette mort, avec l'aide d'un lapin. Ce qui conduisit le tanuki à sa perte est la fabrication et l'embarcation sur un bateau fait de boue. Le bateau coula, bien sûr et le tanuki se noya. Dans Pompoko, le chant des tanuki de Shikoku "Notre vaisseau n'est pas fait de boue" vient de là. Enfin, certains tanuki puissants sont très connus au point d'être parfois comparés à des dieux. Les vieux tanuki de Shikoku sont ces tanuki historiquement célèbres. Au Japon, on croit que les renards, aussi bien que les vieux chats,
ont des pouvoirs magiques comme les tanuki. Dans le mandala utilisé
pour instruire les jeunes Le tanuki dans l'animationLe tanuki n'est pas nouveau dans le monde de l'animation : il suffit de penser au petit percussionniste de Goshu le violoncelliste (1982), une autre œuvre de Takahata, au couple de tanuki dans une scène de Maison Ikkoku (1986), ou encore la statue interviewée dans les premières minutes de Lamù - Beautiful dreamer (1985). Mais la présence de cet animal dans l'animation japonaise remonte à bien plus loin. Il faut dire que le tanuki est l'animal rêvé de l'animateur : transformable à volonté, il autorise tous les délires. De plus, mignon, maladroit et farceur, il est le personnage idéal d'histoires amusantes et riches en péripéties. Les courts métrages La bouilloire magique (1928) de Yasushi Murata, Le renard contre les ratons (1933) de Ikuo Oishi, Les bonzes mélomanes (1934) de Kenzo Masaoka ou encore La chasse aux monstres (1935) de Yoshitarô Kataoka comptent parmi les premières œuvres mettant en scène des tanuki. Dès La bouilloire magique (Bunbuku Chagama), réalisé en papier découpé avec une grande économie de moyens, le tanuki voit ses transformations exploitées à des fins humoristiques. Transformable en bouilloire, le raton va causer les pires catastrophes et terrifier les humains. Avec l'introduction du cellulo au Japon, les transformations du tanuki se font multiples et plus réalistes. Kenzo Masaoka, qui fut précisément le premier à expérimenter cette technique, comprit parfaitement le potentiel du tanuki en terme d'animation. ![]() Exemples de premières représentations animés du tanuki Quand Takahata réalise Pompoko, c'est consciemment qu'il s'inscrit dans la tradition. Le réalisateur, qui a une connaissance remarquable des premières heures de l'animation japonaise, rend ainsi hommage à tous ces vieux courts métrages. Outre la reprise des différents modes de représentation des tanuki, aperçus dans Le renard contre les ratons (l'un très stylisé et tout à fait « cartoonesque », l'autre semi-réaliste et plus fouillé auxquels Takahata ajoute un troisième mode, totalement réaliste celui-là), le film reprend la description sympathique des tanuki qu'en fait notamment Masaoka dans Les bonzes mélomanes – oisifs, gloutons et chapardeurs mais d'une gentillesse et d'une solidarité indécrottables – ainsi que la problématique de l'affrontement contre les humains. Enfin, le film regorge de clins d'œil à ses précurseurs. Un exemple : quand les tanuki, qui ont perdu leurs dons par paresse, doivent réapprendre à se transformer, leur premier exercice consiste à se transformer en… bouilloire! Source : Nausicaa.net / Animeland © Buta Connection |