| Films | Kurenai no buta |
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Analyse de Porco rosso (2)Le rôle des femmesPar ce film -grâce notamment à ses personnages féminins-, Miyazaki veut leur redonner du courage, leur dire que rien n'est perdu et que cela vaut encore la peine de croire en l'humanité. Dans les magnifiques portraits de femmes, le maître nous donnent deux rôles que toute actrice rêverait d'interpréter, deux femmes séparées par les années mais qui seront unies dans une compréhension mutuelle et une amitié profonde et sincère. Gina, en particulier, mérite de figurer parmi les grandes héroïnes romantiques du cinéma. C'est une dame magnifique, pas une simple diva. Elle possède à la fois le glamour d'une star et la nonchalance si naturelle qui caractérise les grandes dames de ce monde. Mais elle a surtout la force et la profondeur d'une personne qui a souffert. Comment ne pas ressentir de la compassion pour cette femme qui vit en même temps dans le regret et dans l'attente? ![]() Le deuxième grand rôle féminin est celui de Fio. On retrouve là la foi de Miyazaki et son espoir en la jeunesse. Car si Gina est sans conteste l'aspect glamour de la femme, elle reste cependant impuissante devant le comportement misanthrope de Marco. Fio est la seule qui percera la carapace du cochon désabusé. Ainsi, on peut voir dans la réparation du Savoia S-21 une véritable métaphore. Comme avec l'avion cabossé, usé et en piteux état, Fio va « réparer » Porco Rosso, lui redonner peu à peu sa part d'humanité. C'est à elle que Porco confie d'ailleurs son histoire poignante, lorsqu'il évoque le cimetière d'avions. Par ce souvenir, le spectateur découvre Marco derrière Porco, l'humain derrière le cochon. Fio est une véritable cure de jouvence pour notre pourceau, la seule qui peut finalement attendrir véritablement Porco par son innocence et sa passion spontanée, et lui rappeler donc qu'il est un homme. ![]() Contrairement à Gina, qui attend un geste de Marco, Fio est impulsive et spontanée, véritable incarnation de la jeunesse fougueuse. C'est donc elle qui vole le baiser final de Porco et non Gina…A-t-elle réussi à libérer le cochon de son sortilège. Rien n'est clairement dit ou montré, même si la scène peut évoquer dans notre imaginaire celle de la princesse embrassant son crapaud, se transformant en beau prince. Mais Miyazaki a l'intelligence de ne rien montrer, laissant l'imagination de chacun faire le reste… Un film au multiples facettesEn parallèle à la romantique histoire d'amour et à la puissante allégorie sur la perte de l'innocence juvénile et des idéaux politiques, on trouve un film d'action, d'aventure et d'humour tout à fait jubilatoire. Les cascades rocambolesques ne sont pas sans rappeler Le Château de Cagliostro ou Sherlock Holmes. Les personnages hauts en couleurs sont tous attachants, drôles, uniques, et véhiculent des émotions justes et sensibles. Les scènes de vols et de combats aériens sont particulièrement réussies, comme dans toutes les œuvres de Miyazaki ! L'humour n'est pas en reste. Dès la première rencontre avec les Mamma Aiuto, on sait que leurs efforts pour devenir les maîtres craints de l'Adriatique sont voués à l'échec. Pendant tout le film, les scènes sérieuses alternent avec des instants comiques, le point culminant étant le duel homérique entre Porco et Curtis qui tourne à la farce. Porco Rosso est un film aux apparences légères qui soulève des questions adultes -la place de la femme dans la société, la relation entre les sexes, les souffrances qu'engendre la guerre, la remise en question de ses valeurs et de ses idéaux. Encore une fois, Miyazaki fait appel à notre coeur d'enfant pour nous faire partager, tout en nous divertissant, ses observations sur la société et la nature humaine. © Buta Connection |