| Films | Tonari no Totoro |
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Analyse de Mon voisin Totoro (2)Les références culturellesEn 1987, durant la production du film, Hayao Miyazaki annonce dans une interview que, malgré le cadre traditionnel et les nombreux éléments de la culture religieuse japonaise présents dans le film, Mon voisin Totoro n'a rien à voir avec une quelconque religion. Pourtant les références à la pensée shintoïste et bouddhiste semblent évidentes dans le film. Le film se déroule durant la fin des années 50 et on peut observer de nombreux détails se rapportant au bouddhisme ou au shintoïsme. Le système religieux japonais repose essentiellement sur la coexistence mêlée de deux courants de pensées. Le bouddhisme au Japon est en fait une religion importée de Chine et repose sur la croyance en Bouddha et en la réincarnation, tandis que le Shintô est une croyance nippone reposant sur l'animisme, selon laquelle chaque objet ou chaque lieu est habité par un "kami", une divivinité. Les deux religions cohabitent sans opposition au Japon et se complètent. Dans Totoro, les deux religions sont de fait présentes et coexistent. Ainsi, lorsque Mei et Satsuki s'arrêtent auprès d'un autel lorsqu'elles rentrent de l'école sous la pluie, on aperçoit une statue, que l'on retrouve plus tard, lorsque Mei se perd. Cette figure est en fait Jizo, un des quatre bodhisattvas et est particulièrement vénéré au Japon. C'est un dieu protecteur, qui peut également assurer une longue vie aux fidèles ou faciliter les accouchements. Il protège également les enfants décédés, entre leur mort et leur renaissance. Grâce à ces divers rôles, on l'associe donc très souvent au monde des enfants. Il peut prendre de nombreuses formes, mais il est très souvent représenté comme un moine tenant un bâton dans la main droite et un joyau dans la main gauche. On place les statuettes de Jizô car ces lieux attirent particulièrement les fantômes et autres démons. ![]() Plus difficiles à saisir, sont les éléments liés aux croyances locales, se rattachant au shintoïsme. En fait, le sanctuaire shintô est l'habitation du Kami et peut donc prendre diverses formes: une forêt, une cascade, une montagne, etc. On marque l'entrée dans le sanctuaire sacré par divers signes qu'un japonais idenfiera immédiatement, et que l'on retrouve dans Mon voisin Totoro. Ainsi, lorsque le père emmène Mei et Satsuki prier le grand camphrier, ils passent sous un torii, un portail marquant l'entrée dans un espace sacré. Il sépare symboliquement le monde réel et le monde spirituel. Les chemins couverts de torri des temples sont une sorte de montée obligée vers un lieu de culte. Chaque torii traversé lors de l'accès à un temple doit donc être retraversé dans l'autre sens afin de revenir dans le monde réel.
D'autres signes montrent que Mon Voisin Totoro trouve ses racines dans les croyances japonaises. Ainsi, lorsque Satsuki et Meï attendent le bus, on aperçoit un temple abritant une statue d'un renard, très stylisée. Il s'agit en fait d'un kitsune, le renard représentant la divinité Inari. Celle-ci est en fait le kami shintô des céréales, des fonderies, des commerces mais aussi le gardien des maisons. Inari est très populaire au Japon et reste une divinité à la fois aimée et crainte, car pouvant changer de formes et capable d'ensorceler les humains. On retrouve cette figure dans Pompoko d'Isao Takahata, avec les renards transformés aux humains et aux desseins inquiétants. ![]() © Buta Connection |