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Revue de presse de Mon voisin Totoro

       

Le Monde :
«Il n'y a presque pas de récit dans Mon voisin Totoro, tout au plus un léger suspense final, lorsque Mei, bouleversée par l'absence prolongée de sa mère, disparaît plusieurs heures. La beauté réelle de ce film d'animation pour enfants provient de la façon dont le réalisateur et scénariste, Hayao Miyazaki, intègre dans la description de rêveries enfantines un rapport mystique et profond à la nature. Mon voisin Totoro suppose, en effet, une forme de panthéisme discret, la croyance en un lien magique unissant les hommes et les éléments déterminant les postulats de ce récit conté.
Cette soumission parfaite à un ensemble de principes philosophiques dont le cinéma japonais a parfois, dans des oeuvres différentes et, à première vue, plus ambitieuses (Suzaku de Naomi Kawase, Charisma de Kiyushi Kurosawa, qui sort aujourd'hui en salle), souvent exprimé la permanence et la profondeur, c'est la mise en scène qui l'intègre ici. Le montage, qui insère des plans vides, parfois furtivement contemplatifs, et le travail sur le son d'une précision réaliste rendent perceptibles les conceptions éthiques qui justifient les événements vécus par les enfants.
Synthèse de convictions spécifiques issues du shintoïsme et d'univers venus d'une littérature du merveilleux, ce film de Hayao Miyazaki, que l'on découvre dix ans après sa réalisation, précède la sortie en France (le 12 janvier) du nouveau et tout aussi admirable dessin animé de l'auteur, Princesse Mononoke, qui a battu lors de sa sortie au Japon, en 1996, tous les records d'affluence. Réalisateur comblé (il est aussi l'auteur de Porco Rosso) des prestigieux studios Ghibli, Miyazaki se signale comme un authentique artiste du cinéma d'animation contemporain.» (Jean-François Rauger)

Chronic'Art :
«Sorti au Japon en 1988, Mon voisin Totoro est le quatrième long métrage de Hayao Miyazaki, réalisateur célèbre en Europe pour le succès de Porco Rosso en 1992. De ses nombreux films (depuis 1963, il a travaillé sur plus d'une cinquantaine de projets), Mon voisin Totoro est celui qui se distingue le plus du dessin animé classique. Miyazaki y approfondit en effet l'un de ses thèmes favoris, l'onirisme. En nous racontant l'histoire de deux jeunes filles qui emménagent avec leur père en pleine campagne, près de l'hôpital où séjourne leur mère malade, le réalisateur nous fait entrer de plain-pied dans l'univers intime des deux enfants. Progressivement, le spectateur partage tout ce que les protagonistes vivent, découvrent, et ne fait alors plus la distinction entre rêve et réalité. A première vue, ces êtres très étranges que sont les "Totoros" (des esprits de la forêt, dont un chat de trois mètres de haut et une créature géante mi-chat mi-bus) pourraient faire apparaître comme bizarre, voire ridicule la situation. Mais, grâce à la mise en scène de Miyazaki -qui consiste à nous familiariser d'abord avec les protagonistes, pour ensuite nous permettre de glisser petit à petit dans leur monde extraordinaire-, une logique intrinsèque au film s'installe, permettant au spectateur d'accepter les événements surnaturels se déroulant sous ses yeux.
Loin des films d'animation japonais habituels où le fantastique est utilisé a l'excès, au point d'étouffer le scénario, Mon voisin Totoro aborde très sobrement les séquences d'imaginaire, et les met ainsi véritablement en valeur. Le film de Miyazaki se déroule dans un Japon traditionnel et rural, et raconte le quotidien d'une famille simple. Les apparitions du gros chat Totoro (pas plus de quatre ou cinq dans le film) au sein de ce décor si ordinaire n'en deviennent alors que plus exceptionnelles. Le charisme de ce personnage hors du commun est si imposant qu'il suffit à alimenter l'intensité dramatique de certaines scènes, détachées de toute narration et vraiment fascinantes (voir la séquence d'attente à l'arrêt du bus qui ne comporte pratiquement aucune parole sur plus de sept minutes).
Avec ce chef-d'œuvre à l'esthétique parfaite, où chaque plan a une signification (le film fait notamment référence à la pensée religieuse Shinto), le réalisateur japonais écrit un véritable hymne à la nature. La beauté des cadres et des dessins extrêmement travaillés montre l'univers paysan de manière respectueuse et admirative. Plus qu'un simple message écologiste, l'objectif de Miyazaki est de "donner au public un sursaut d'énergie", de "le toucher d'une façon à nulle autre pareille". Avec Mon voisin Totoro, il atteint admirablement son but.» (Jean-Baptiste Hanak)

Fluctua.tnet :
«A mille lieues de la guerre acharnée que se livrent les studios d'animation américains, un offensive tranquille, venue du Japon s'aventure sur nos écrans. Hayao Miyazaki impose sa vision d'une campagne japonaise idéale où le bien-être côtoie un fantastique délicieux.
Au milieu des années 80, écœuré par le manque d'ambition de l'animation japonaise, Miyazaki fuit les studios commerciaux pour consacrer son art à la production indépendante. Le succès de ses dessins animés est foudroyant et propulse Miyazaki au sommet du box office nippon, laissant loin derrière lui ses pauvres suiveurs. Starifié et adulé, Miyazaki devient un véritable demi-dieu que les Japonais n'hésitent pas à comparer au grand maître Kurosawa. Sans être aussi dithyrambique, on peut, en effet, rapprocher le travail de Miyazaki à celui d'un réel metteur en scène de cinéma. La mise en scène est effectivement la plus grande force des œuvres de Miyazaki, et c'est d'autant plus vrai dans Mon voisin Totoro.
Bien sûr, on s'émerveille avant tout de la qualité graphique du film : une animation vive et fluide, des décors champêtres réalistes jusque dans les moindres détails, des couleurs délicates. Evidemment, on est charmé par la joie de vivre des deux petites sœurs et de leur père, on est touché de leur dévouement pour cette mère malade. C'est vrai, on ne peut que sourire aux facéties de ce bon génie, de cette grosse boule de poil qu'est Totoro. Mais l'ambition du cinéaste est plus profonde. Ce qui impressionne, ce qui fait l'essence du film c'est bel et bien la mise en scène. C'est ce brio avec lequel le cinéaste alterne des scènes de la vie quotidienne et des scènes merveilleuses ; cette délicatesse avec laquelle, par la seule force du montage, il plonge progressivement un univers très réaliste dans un fantastique féerique proche de Lewis Caroll. A des plans quasi naturalistes, parfois purement contemplatifs, succèdent des bouffées de magie douce, folles, mais probables.
Le cinéaste parvient à créer un monde plausible dans lequel de jeunes pousses d'arbre peuvent s'avérer être une brèche merveilleuse, une ouverture sur un univers des possibles ; un univers qui ravira les petits, et qui plongera les adultes dans des abîmes de nostalgie…»

Première :
«Hayao Miyazaki est sans aucun doute le plus grand réalisateur de dessin animé actuel. Il en a pourtant fallu du temps, onze ans précisément, pour que Mon Voisin Totoro, objet d'un véritable culte au Japon, sorte sur les écrans français. Influencé par Lewis Carroll, Mon voisin Totoro est un film simplement beau. Beau et simple comme le thème musical du film, aussi obsédant que celui composé par le même Joe Hisaishi pour L'Été de Kikujiro.
Dans le bijou de Kitano et dans celui-ci, on retrouve cette volonté délibérée de (se) faire du bien et d'évacuer toute méchanceté. Pas de Cruella ni de Scar, juste des Totoros, bestioles muettes et rondes, qui ne pensent qu'au bonheur des enfants. On prend la toupie volante pour grimper aux arbres, le chat-bus à six pattes pour rallier rapidos sa destination, on fait la ola pour activer la germination de graines magiques... C'est lumineux, c'est touchant, c'est drôle.
Côté animation, la qualité est indiscutable,tant du point de vue du dessin - la ligne claire belge comme référence - que du mouvement, limpide à souhait. Rien que du bonheur qu'on vous dit.» (Christophe Narbonne)

Extraits d'autres critiques française

L'Express : Gilles Médioni - 09/12/1999
«Miyazaki emprunte à la ligne claire d'Hergé et aux mythologies japonaises (...). Cette plongée dans un monde magique, taillé dans l'animisme, le silence, l'écologie, la malice et la sensibilité, est un ravissement constant.»

Le Nouveau Cinéma : Jean-Philippe Guerand - 01/12/1999
«Le jeune public trouvera là une alternative de qualité au déluge cartoonesque hollywoodien habituel. (...) une formidable invitation au rêve et à la poésie qui amusera autant les tout-petis qu'elle séduira leurs aînés... ou vice versa.»

Le Nouvel Observateur : Pascal Mérigeau - 09/12/1999
«Les premières dix minutes ne sont pas vraiment engageantes, mais la suite est plaisante, sans niaiserie, et parfois même avec une certaine finesse.»

Les Inrockuptibles : Serge Kaganski & Vincent Ostria - 08/12/1999
«(...) un admirable travail graphique, style ligne claire, avec des couleurs acidulées, une naïveté recherchée rappelant les dessins de Kitano dans Hana-bi

L'Evènement du Jeudi : Laurent Djian - 09/12/1999
«Il y a fort à parier que les enfants s'émerveilleront devant l'adorable Totoro. Quant aux adultes, ils se laisseront volontiers bercer par cette histoire féerique et pleine d'humour.»

Libération : Michel Roudevitch - 08/12/1999
«Cette superbe, tonique et jubilatoire escapade buissonnière dans les verdoyants panoramas nippons des années 50 (les années d'enfance de l'auteur) est un total enchantement, à recommander tout autant aux grands qu'aux petits.»

Studio : Patrick Fabre - 01/12/1999
«Un des fabuleux dessins animés du génial Hayao Miyazaki, auteur-rélisateur du génial Porco Rosso (...). Une rencontre magique, à vivre absolument.»

Cinélive : Marc Toullec - 12/1999 :
«Nourri d'écologie, Mon Voisin Totoro représente ce que le genre - l'animation -, possède de meilleur : une technique fluide et épurée, une réalisation simple et belle, une histoire limpide compréhensible par les 7 à 77 ans, une atmosphère douce et sereine, des émotions universelles… Un conte magnifique qui possède la saveur des grands classiques et l'étrangeté des récits de Lewis Carroll lorsqu'apparaît dans la nuit un gros matou-bus au sourire carnassier.»

Animéland : Yvan West Laurence - Mai 1998 :
«On retrouve un même souci d'inventivité de la part de Miyazaki dans le premier film de Ghibli : Laputa, avec une multitude de petites formes de vie qui n'ont rien à voir avec celle que nous connaissons. Les chimères sont nombreuses… Alors, si d'aventure, vous apercevez la silhouette ronde et velue d'une créature perchée sur un grand arbre, saluez ici l'occasion unique d'une rencontre avec un esprit de la forêt. Saluez Totoro, le dessin animé le plus merveilleux qui soit.»

       
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