| Films | Tonari no Totoro |
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La production de Mon voisin Totoro (2)Début octobre, la première maquette du film est montée. Malgré l'absence du son et le désordre des séquences, ceux qui la visionnent se montrent satisfaits du résultat de leur travail. À la fin du mois, Shiba arrive avec les cassettes tests des comédiens retenus pour prêter leurs voix aux personnages. Les doublures vocales de Satsuki, de Mei, de Monsieur et Madame Kusakabé sont choisies à l'issue de cette réunion. Vers la fin de l'année 1987, le story-board de la partie D est achevé (276 plans pour 1289 secondes). Miyazaki a fini son travail de solitaire, il peut se concentrer sur la vérification des dessins clefs de l'animation. Yasuyoshi Tokuma, président du groupe Tokuma, rend visite au studio 2 en cette fin d'année, pour encourager l'équipe. Le 30 décembre, le studio 2 fête la dernière journée de travail de l'année au restaurant Iseya, tout près du parc Inogashira. En vacances à partir du lendemain, la plupart des membres de l'équipe repartent dans leur campagne ou chez leurs parents pour fêter le Nouvel An. Mais des accros du boulot se retrouvent quand même au studio pour passer le réveillon en travaillant avant d'aller au temple pour se recueillir et se souhaiter beaucoup de bonheur. Ils sont seize, y compris les animateurs du studio 1. Le travail reprend le 4 janvier 1988. Le studio 2 en est au dernier stade des intervalles. À la mi-janvier, il ne reste plus à réaliser que les dessins clefs de la partie D. A la fin du mois, de plus en plus d'animateurs clefs rendent leur travail et rejoignent l'équipe des animateurs. Ils contribuent au dernier coup de collier des intervalles. Le 21 février, les dessins clefs du générique de début sont achevés. Le 25 février, les intervalles sont terminés. Le générique du début, le dernier travail à accomplir, s'achève lui aussi. Le travail sur l'animation aura duré cent soixante-quatorze jours. Reste un dernier effort sur la finition à faire... ![]() Miyazaki et l'animateur Shinji Morohashi discutant d'un cellulo Pour accélérer la finition, le studio 2 forme, ce qu'il nomme affectueusement, la « main des chats », une équipe composée de trois femmes, travaillant et aidant l'équipe à la finition des dessins clefs, des intervalles, à l'assistance du directeur de l'animation, à la vérification de l'animation et à la finition. L'enregistrement sonore prend beaucoup de temps. Pendant cette période, Miyazaki est plus souvent à l'extérieur qu'au studio. Séances d'enregistrement, pré-mixage des dialogues et des effets sonores spéciaux, il doit assister à toutes les étapes jusqu'à l'achèvement du film. Le 1er avril, à trois heures de l'après-midi, une première projection est faite au Tôkyô Genzosho de Chofu. Le résultat de tout un travail est là. Un an auparavant, le même jour, à la même heure, Hara, Miyazaki, Oga et Sato visitaient un studio où il n'y avait encore rien. Le soir même, au restaurant Iseya, où l'équipe avait fêté la fin de l'année, le studio 2 célèbre l'aboutissement de tous leurs efforts. Un jour d'avril, après avoir assisté à la projection d'essai présentée au public, Miyazaki revient au studio 2. La réaction des adultes est très bonne et les enfants ont adoré. Il est content et rassuré. Durant la première projection, l'équipe avait réagi tout autrement et Miyazaki n'avait su anticiper la réaction du public. Les inquiétudes disparues, le film est enfin terminé. Le 30 avril, le studio 2 est nettoyé. Son rôle prend fin et les studios Ghibli redeviennent le studio Ghibli. L'exploitation japonaise
Mais c'est au fil des années et des rediffusions T.V. que l'engouement grandit et que le film finit par toucher un public de plus en plus large et nombreux au Japon. A tel point que le personnage principal devient un véritable emblème dans ce pays, dépassant le cadre du cinéma d'animation. Le studio Ghibli a depuis adopté le profil de Totoro comme logo, le faisant apparaître à chaque début de ses films. En 1990, le studio Ghibli accepte enfin d'accorder une licence pour une série de jouets et peluches basés sur les personnages du film. C'est un raz-de-marée commercial : les profits générés par les droits annexes atteignent un niveau permettant le financement des activités du studio pendant au moins un an. Le film accède au statut de film culte et la communauté de fans à l'étranger commence à se demander si le film passera un jour les frontières. L'exploitation dans le reste du mondeIl faut attendre juin 1993 pour que Mon voisin Totoro soit projeté au Festival International du Film d'Animation d'Annecy, en présence de Miyazaki. Présenté hors compétition, le film est le coup de coeur de Jean-Luc Xiberras, directeur du festival. C'est cette même année que les droits d'exploitation du film sont accordés aux Etats-Unis à 50th Streets Films pour une sortie en salles (très limitée) et à la Fox pour la vidéo. Les compagnies américaines voulaient la suppression de deux scènes (dont celle du bain) mais, encore sous le choc du massacre de Nausicaä de la Vallée du Vent, le studio Ghibli refuse toute coupe. Si la sortie au cinéma est passée inaperçue, le film sous son format K7 est devenu un classique des vidéos « familiales ». ![]() L'affreuse jaquette de la vidéo aux Etats-Unis et l'affiche française En France, la découverte de Mon voisin Totoro par le public est encore plus tardive. Si le film était doublé depuis plusieurs années, il fallut attendre mai 1998 pour le voir sur un écran français. Il est diffusé directement par la chaîne de télévision payante Canal +, avant d'avoir les honneurs du grand écran en décembre 1999. Il bénéficiera ensuite d'une sortie en vidéo à l'automne 1999 chez TF1 Vidéo. Sa sortie, le 8 décembre 1999, dans les salles est plutôt discrète mais les critiques accueillent le film très favorablement et il attire quelques 250 000 spectateurs. Il a fallu par contre attendre juillet 2006 pour que Buena Vista sorte enfin le film en DVD. La suite de Mon Voisin TotoroHayao Miyazaki est peu enclin à donner des suites à ses films. Cependant il a récemment fait une exception à cette règle en lançant la production de Mei et le Chaton-Bus (Mei to Konekobasu), un court métrage de 10 minutes qui est uniquement visible au musée Ghibli. Lors de la production de Mon voisin Totoro, il avait pourtant affirmé que Mei et Satsuki, à l'issue du film, ne devait pas revoir Totoro ni s'attacher à son univers mais redevenir des enfants normaux dès le retour de leur mère. Il avait pour cela intentionnellement évité de mettre des images des deux sœurs et de Totoro ensembles dans le générique de fin du film. © Buta Connection |