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Totoro dédicaces : mars 2006
Aurélia Aurita

L'auteur :

« Je suis née en 1980 dans les Hauts-de-Seine (92). Je dessine depuis toute petite. Ma maman, pharmacienne de métier, me laissait au rayon BD quand elle faisait les courses à Euromarché. Peut-être pour la remercier de cela, je me suis inscrite, bac en poche, dans une faculté de pharmacie pour y étudier la galénique et la chimie thérapeutique. Je suis actuellement en 6ème année et je connais par cœur 150 noms de plantes de la flore indigène française ainsi que 15 façons de couler les suppositoires. Mais s'il n'y avait que cela dans ma morne existence je ne serais pas là, à la raconter, sur un site de BD. En 2001, il se trouve que j'ai gagné le "Prix du meilleur scénario" aux Alph'art de la BD scolaire à Angoulême. J'avais participé à ce concours dans le cadre de mon école de dessin, où j'ai suivi une formation de deux ans, parallèlement à mes études sérieuses. Depuis, le champagne coule à flots dans ma vie et on peut me voir dans les soirées parisiennes, au bras de quelque auteur à la mode, dégustant un salami sur des tranches de brioche. Je peux ainsi dire en toute sérénité que la BD a changé ma vie, mais que j'ai su rester simple devant le tourbillon des frivolités de ma nouvelle vie d'artiste. »

Source : http://www.bdselection.com

Skellafé :

La rencontre :

Dimanche 19 mars 2006.

Certains voient dans le salon du livre de Paris une manifestation commerciale de type «salon de l’agriculture», Chirac en moins. Peu importe, moi j’aime y être. J’aime flâner dans les allées entre les stands d’éditeurs Goliath et les mini David souvent inconnus. Pour faire de jolies rencontres, je n’ai pas encore trouvé mieux que le hasard des pas. C’est précisément ce qui se produit ce dimanche là, alors que j’aborde l’espace Wallonie-Bruxelles en compagnie de mon amie la Luciole (© Antoon Krings).
Un joli brin de fille est en train de dédicacer sa bande dessinée intitulée Fraise et chocolat. Si ce n’est son nom, je reconnais immédiatement le graphisme de la jeune femme ; elle est en effet l’auteur d’un chapitre du collectif Japon paru chez Casterman à l’initiative de Frédéric Boilet. Frédéric Boilet que je découvre par ailleurs en personnage central de ce livre. Il est l’amoureux passionné, le « french lover » du soleil levant qui peuple les pages de ce récit intimiste. Et me voilà conquis en quelques pages, décidé à attendre pour un petit crobar et un échange souriant.
La luciole part en vadrouille en contrées littéraires, me laissant seul avec la préface de Joann Sfar. On y apprend que son ami Frédéric a un zizi et qu’il s’en sert. Bon. Et les filles ça fait caca et ça ne sent pas la rose mais plutôt le chocolat. Si si, lisez le livre…
Allez hop, c’est à mon tour.
J’explique à Aurélia que j’étais sûr que son amoureux était Frédéric Boilet. Une intuition comme ça, à la lecture de sa nouvelle pour Casterman… Elle me demande si je le connais. Pas vraiment non, je lui ai écris un mail il y a deux ans pour qu’il réponde à mes questions pour Buta-connection puisqu’il est fan du Tombeau des lucioles. Trop de travail à l’époque, et si je n’ai pas repris contact c’est parce que ça n’a sûrement pas changé.
Pour qu’elle comprenne ce qu’est Buta, je lui sors la petite carte de visite.
- C’est un site francophone sur le studio Ghibli et je m’occupe d’une section où les auteurs de bd me parlent de leur passion pour ces films. Vous même, vous connaissez ?
- Je n’aime pas tous les films de Miyazaki et d’une manière générale, je suis plus sensible au travail de Takahata. Le tombeau des lucioles bien sûr mais aussi Mes voisins les Yamada et…
Tout à coup, sans préambule, un homme se place à mes côtés et apostrophe la jeune auteur !
- Vous êtes chinoise vous ? Vous savez que le sexe est interdit en chine ?
- Oh oui, c’est même puni par la peine de mort !
- Je me suis toujours demandé comment les asiatiques font pour se reproduire ! Et vot’ bouquin là, c’est du sexe ?
- Oui du sexe, et il y a aussi beaucoup d’amour…
De mon côté, j’ignore totalement comme elle fait pour rester aussi sereine en face d’un tel spécimen… Je lui fais remarquer l’incongruité de la situation une fois le bonhomme parti.
- Sympa les salons non ? Tu tombes sur de drôles de gens… Je te parle de dessins animés et sans transition, un mec limite agressif arrive et te tient des propos complètement cons…
Je me dis que pour les auteurs, il faut être bien armé pour nous affronter nous lecteurs.
Tandis que je réponds à Ceïba au téléphone, sans que je lui aie demandé, Aurélia décide de me faire un totoro en se servant du dessin de ma carte. Initiative qui me va droit au cœur.
Pharmacienne de formation, je me demande comment elle a appris le dessin. Plus ou moins autodidacte, elle m’informe qu’elle a quand même pris quelques cours par le passé. En tous cas, son trait épuré et tout en courbes apparaît tout de suite reconnaissable et me plait beaucoup.
Elle me demande si j’aime le travail de Frédéric Boilet. Evidemment, non seulement je suis amateur de son travail personnel plein de sensibilité, mais également, je pense qu’il faut le remercier pour son travail autour de la promotion du manga. A une époque où c’était vraiment nécessaire en France, il a contribué à montrer que le manga ne se résumait pas à du Shonen avec des speedlines dans tous les sens, mais au contraire, qu’il existait plein de genres. Plus tard, avec la manga il a même prouvé qu’il pouvait y avoir des démarches d’auteur derrière certaines œuvres.
Aurélia me tend ensuite le dessin et me dit qu’elle ira jeter un œil sur le site. Tandis que, ravi, je la remercie pour prendre congé d’elle, je remarque Ceïba qui sans mot dire, nous observait bienveillante…

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