Traductions anglaises utilisées :
Dans mon travail de trad, le scénario était souvent
celui-ci : soit la deuxième trad anglaise n'a pas compris le texte japonais,
soit (le plus souvent, évidemment) elle l'a compris et fournit des détails
de meilleure qualité que la première trad. Les rôles sont
très peu souvent inversés. Il faut utiliser la bonne trad en conséquence.
Cependant, ce n'est pas toujours aussi clair et il est de toute façon
impossible de coller au texte original sans connaître à fond le
japonais. C'est pourquoi, lorsque les trad diffèrent légèrement,
je me permets de les harmoniser au possible. Lorsqu'elle divergent complètement,
je choisis la plus plausible. Si jamais il y a un doute, je mets une note indiquée
par <<<<.
Enfin, je remercie Salladin, qui avait déjà traduit un peu plus
de deux chapitres... Mais j'ai quand même dû repasser derrière
:)
Le Voyage de Shuna
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Le départ
#P4# Il était une fois, à une époque indéterminée, peut-être dans l'antiquité ou dans un lointain futur, un minuscule royaume abandonné par le temps, au fond d'une vallée ancestrale encerclée par d'immenses glaciers. <<<< énormément de références temporelles dans ce seul passage.
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#P6,R# Pourquoi des gens avaient-ils choisi de vivre sur cette terre stérile ?
#P6,L# Sans relâche, le vent léger et glacial des montagnes soufflait sur la vallée, que les rayons du soleil ne pouvaient réchauffer.
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#P8# Ils grattaient le sol et plantaient des graines d'hiwabie, mais la terre assoiffée ne produisait qu'en faible quantité.
#P9# Peu abondante, l'herbe ne rassasiait pas les yakkuls, qui atteignaient rarement l'âge adulte...
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#P10,T# Pourtant les gens survivaient, acceptant avec gratitude leur maigre récolte... <<<< trad quasi-ironique probable (les gens remercient une Providence avare), entre une trad au ton pessimiste mais réaliste (les gens survivaient, se contentant des mauvaises récoltes) et une trad qui montre l'espoir dans le religieux (les gens vivaient, recevant comme un don leur humble récolte) ; cette dernière trad est démentie par la suite du texte.
#P10,B# Ils travaillaient jusqu'à n'en plus pouvoir et mourraient...
#P11,T# Quelle triste et misérable vie !
#P11,M# Quel environnement merveilleux et impitoyable à la fois !
#P11,B# Ce garçon s'appelait Shuna, celui qui un jour hériterait de son père ce royaume.
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#P12# (Un jour, arriva) un étranger portant un habit peu familier, qui mourrait de faim et de fatigue. <<<<
#P13# Les visiteurs étaient rares dans la vallée, et les traiter avec respect était une coutume du village.
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#P14,R# Mais ni la magie, ni les herbes médicinales de la doyenne de la vallée ne pouvaient retenir l'âme du voyageur. <<<< trad proche du texte, mais on peut faire moins imagé avec "sauver le voyageur"
#P14,L# "Il devrait être libéré de ses longues souffrances quand la lune se lèvera dans la nuit."
#P15,T# De son lit de mort, le voyageur appela Shuna. "Je suis le prince d'un petit pays loin vers l'est. Le pays était pauvre et les gens souffraient de la famine."
#P15,BR# "Quand j'avais ton âge, j'ai rencontré un voyageur solitaire."
#P15,BL# L'homme montra alors à Shuna un petit sac attaché à son cou.
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#P16,T# Dans le sac, il y avait des graines comme Shuna n'en
avait jamais vu.
"Ce voyageur me les a données. Il a dit qu'avec ces graines, les
gens pourraient vivre heureux et prospères sans craindre la faim..."
Les graines étaient grosses et lourdes.
#P17# Shuna demanda : "Nos graines d'hiwabie sont petites
et fragiles. Pouvons-nous avoir celles-ci ?"
"Vous pouvez. Mais les semer serait inutile... Ces graines ont perdu leur
enveloppe, elles sont mortes... Il m'a dit que les graines vivantes de cette
sorte sont enveloppées dans une belle coquille d'or brillante..."
"J'ai voulu éprouver la souffrance du peuple et je suis parti en
quête de ces graines d'or..."
"Mais maintenant je suis vieux... ma force m'a quitté..."
#P16,B# Loin vers l'ouest, aux confins de la terre, les riches champs de cette plante ondoient tels des océans dorés...
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#P18,T# Quand le voyageur mourut, il laissa dans le cur de Shuna une envie brûlante. Depuis lors, son regard se fixait fréquemment vers l'ouest.
#P18,B# Son père et les anciens essayèrent de
le raisonner :
"Si nous sommes pauvres, c'est que tel est notre destin. C'est notre devoir
d'être enterrés ici, d'être embrassés par cette terre."
#P19,T# Mais l'heure du départ approchait et personne ne pouvait le dissuader... Les anciens soupiraient avec austérité.
#P19,B# Voyant que Shuna fabriquait bien trop de balles pour une chasse ordinaire, les femmes comprirent que sa décision était prise.
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#P20# Violant la loi du village, alors que chacun dormait en cette nuit de la nouvelle lune, Shuna attela son yakkul et partit. <<<< j'orthographie désormais Yakkul sans article (nom propre)
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Vers l'ouest
#P22# Aussi loin qu'on pouvait voir, les cratères et les lacs où flottait la rouille parsemaient le paysage. Le vent transportait des odeurs insoutenables. Pendant des jours, Shuna et Yakkul marchèrent sans rencontrer âme qui vive.
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#P25# Seules subsistaient des choses que des gens, partis il y a longtemps, avaient laissées derrière eux...
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#P26,T# Un mois après avoir quitté le village, Shuna aperçut à l'horizon de la fumée qui s'échappait d'habitations humaines.
#P26,B# C'était un bateau fait de bois et de pierre.
#P27# Il était si énorme qu'il était difficile de croire qu'il eût pu voyager un jour.
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#P29# "Je suis un voyageur malchanceux. M'accorderiez-vous l'hospitalité pour une nuit ?"
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#P30,T# La femme lui avait indiqué du doigt un trou, probablement une entrée.
#P30,B# Un craquement sec accompagnait chacun de ses pas. Un frisson parcourut sa colonne vertébrale.
#P31,T# Shuna bondit sur le dos de Yakkul et quitta cet endroit à toute vitesse. Derrière eux, on pouvait entendre les hurlements sauvages de la femme.
#P31,R# Les os dispersés sur le sol étaient à l'évidence humains. Ils avaient été brûlés, brisés, et apparemment on avait sucé leur moelle.
#P31,L# "Ce doit être les ghouls, les cannibales dont parle la rumeur..."
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#P34# (le son de Shuna traîné par terre)
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#P36,T# (un cri)
#P36,B# Les assaillants partirent soudainement et sans bruit, comme ils étaient venus.
#P37,T# Non ! Pas tous. Il pouvait entendre les gémissements de l'un deux, gravement blessé.
#P37,B# La voix pleurnicharde se dirigea vers les dunes et s'affaiblit peu à peu...
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#P39,T# Les provisions faites au village s'était épuisées. Shuna et Yakkul étaient affamés.
#P38,M# Shuna tua pour manger.
#P38,B# Il devait utiliser toute son énergie pour rester en vie.
#P39,B# Le temps perdit toute signification. Shuna n'avait aucune idée du nombre de mois qui s'étaient écoulés depuis son départ.
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#P40# L'air devint plus respirable. Cela faisait longtemps que le garçon n'avait pas croisé autant de villages abandonnés.
#P41,T# Où diable avaient pu partir ceux qui avaient vécu ici ?
#P41,MR# Les champs étaient redevenus sauvages. Ils n'auraient pas même pu supporter la faible graine d'hiwabie.
#P41,L# "Les graines que je cherche ne sont pas ici..."
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#P43# Alors qu'ils poursuivaient leur voyage vers l'ouest, ils croisèrent un immense convoi. Shuna demanda au conducteur sa direction, mais ils ne firent que se moquer de son vieux mousquet démodé et ne répondirent pas.
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#P44,T# Une odeur fétide s'échappait du wagon blindé. Shuna reçut un choc quand il vit sa cargaison.
Il était rempli d'êtres humains. Pour quelle raison faisaient-ils ça ?
#P44,B# Après qu'ils eurent croisé plusieurs convois similaires, une ville apparut au milieu d'une plaine dénudée.
Dans la Citadelle
#P45,L# Des gens et des véhicules allaient et venaient en permanence, passant par chacune des quatre immenses portes. <<<< il semble bien qu'il y ait quatre portes, mais la seconde trad mentionne quatre mille habitants. Oserai-je dire qu'ici la description (y compris graphique) de Miyazaki n'est pas au top ?...
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#P46# Les grandes tours commençaient à tomber en ruine, mais elles entouraient la ville la plus prospère que Shuna ait pu voir.
#P47# Comment était-ce possible ? Les marchandises dans cette ville étaient... des esclaves !
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#P48,TR# "Les graines que je cherche ne peuvent pas se trouver dans un tel endroit."
#P48,TL# "Je partirai dès que j'aurai acheté de la nourriture."
#P48,B# Shuna montra son épée incrustée de pierres précieuses au marchand, qui changea brusquement d'attitude. Devant la boutique se trouvaient des montagnes de haricots et de graines de toutes sortes.
#P49,T# Le regard de Shuna s'arrêta sur un tas. C'était
les graines qu'il cherchait !... Mais elles avaient toutes été
battues, donc rendues improductives. Shuna demanda au marchand s'il avait des
graines saines.
"Personne ne cultive ici, on trouve ailleurs les produits dont on a besoin."
"Alors pouvez-vous me dire d'où viennent ces graines ?"
"Les marchands d'esclaves les échangent contre leur marchandise.
Allez leur demander."
#P49,BR# "Des marchands d'esclaves ? On est des chasseurs d'hommes !"
#P49,BL# "On se fiche d'où nos clients tirent leur merde." <<<< chez nausicaa.net cette phrase est complètement différente, c'est Shuna qui parle : "Savez-vous d'où vient le butin de ceux avec qui vous traitez ?" On peut peut-être trouver un compromis entre "merde" et "butin"...
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#P50,T# Les lèvres des hommes se fermèrent, ils devinrent silencieux et froids comme des statues.
#P50,B# Shuna était épuisé.
#P51,M# "Même une fillette aussi jeune..."
#P51,B# "Prends-le."
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#P52# "Noble voyageur, cette paire a attiré votre regard, un regard connaisseur s'il en est."
#P53,TR# "Ces surs sont les descendantes directes d'une famille royale, voyez-vous."
#P53,TL# "Elle ferait une bonne femme pour un noble, et elle une bonne servante."
#P53,MR# "Vraiment, je vous les laisse pour pas cher !
Votre monture en échange. Vous voyez, c'est moi qui y perds..."
#P53,ML# Perplexe, Shuna se dit en lui-même : "Si
seulement je pouvais les libérer..."
"Mais si je me sépare de Yakkul, mon voyage est terminé.
Et je n'ai plus de pierres précieuses."
#P53,B# "Es-tu satisfait ?" demanda le marchand. "Et ce mousquet usagé, je suis sûr que tu pourrais l'échanger..."
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#P54,T# "Il ne faut pas !" s'exclama soudain la jeune fille.
#P54,MR# "Si vous vous séparez de votre arme, vous serez pourchassé vous aussi."
#P54,ML# "Et puis nous ne descendons pas d'une famille royale, nous ne voulons pas être achetées, même par vous !"
#P54,BR# "Silence !"
#P54,BL# "Je vais te montrer qui est le maître !"
#P55,TR# Avant qu'il ait eu le temps d'intervenir, Shuna fut entouré par des gardes.
#P55,TL# "Ne fais pas d'histoire, si tu ne veux pas mourir."
#P55,M# "Fiche le camp, sale vaurien, ou bien je te ferai entendre ses mélodieux hurlements."
#P55,B# Il renonça à lui venir en aide.
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#P56# Il sentit soudain les larmes sur son visage, il ne put les empêcher de couler.
#P57# "Oh ! mais c'est un feu ! Auriez-vous l'obligeance de le partager avec un vieil homme fatigué et transi ?"
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#P58,T# "La chance aide celui qui est aimable avec les personnes âgées. N'est-ce pas ce qu'on dit ? Puis-je avoir un de ces Nan ? Ha, ha, ha !" <<<<
#P58,BR# "Au marché aux esclaves..." répéta-t-il.
"Je cherchais les graines d'or pour venir en aide aux gens de mon village.
C'était mon objectif. Mais je n'ai pas pu sauver une enfant qui était
là, juste devant moi..."
#P58,BL# "Hé, hé, hé ! Et à cause de ça vous dites que vous avez perdu votre assurance ?"
#59,T# "Alors pourquoi ne retournez-vous pas chez vous ? Vous y retrouverez sûrement la vie insouciante d'un prince..."
#P59,MR# "Eh ! c'est chaud... Laissez tomber ce genre de choses, ces graines dorées..."
#P59,BR# "Vieil homme, savez-vous où sont ces graines
?"
"Ca se pourrait..."
#P59,BL# "S'il vous plaît, dites-moi où je
dois aller."
"Ha, ha, ha ! Je prendrai un autre de ces Nan d'abord." <<<<
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#P60# "Il faut aller plus à l'ouest. Un précipice
marquera la fin de cette terre. Au-delà se trouve le territoire des hommes-dieux,
où la lune naît et retourne mourir."
"Les hommes-dieux ?"
"Les hommes possédaient autrefois les graines d'or. Grâce
à l'eau qui donne vie, ils pouvaient cultiver cette plante. Aujourd'hui,
seuls les hommes-dieux la possède ; ils échangent seulement des
graines mortes contre des individus de notre race."
"Les hommes-dieux apprécient peu la présence humaine. Quiconque
les dérange ne revient pas de chez eux."
#P61,TR# "Vous irez, n'est-ce pas ? Alors c'est décidé."
#P61,TL# Ayant dit cela, le vieil homme s'endormit.
#P61,B# Peu avant l'aube, Shuna se réveilla et ne trouva pas le vieil homme. Il se mit en route, mais en direction de l'est...
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L'attaque
#P62,TL# Shuna retourna à la riche cité fortifiée qui dormait derrière ses lourdes portes inviolables. Il escalada l'enceinte et rejoignit la rue qu'il avait quittée la veille. Mais il ne trouva que les chaînes fixées au mur, et aucun signe des deux surs.
#P62,BR# "Debout ! Les deux filles, où sont-elles ?"
#P62,BL# "Gredin ! Tu crois t'en tirer comme ça ?"
#P63,TR# Pour entendre la vérité de la bouche du cruel esclavagiste, Shuna n'hésita pas à employer la force.
#P63,TL# Dans la nuit, les surs avaient été vendues à un marchand ambulant qui se dirigeait vers le sud.
#P63,BR# Comme le vent, Yakkul fila droit vers le sud.
#P63,BL# Shuna sentit que son corps dégageait une énergie phénoménale. <<<< ou "... son corps était animé par..." qui donne moins l'impression d'une aura d'énergie. Comparer avec Princesse Mononoke...
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#P65# Ayant repéré le wagon des esclaves, Shuna se plaça devant et ouvrit le feu à bout portant. C'était une parfaite attaque surprise. Il tirait avec la calme assurance d'un démon, comme lorsqu'il chassait le léopard des neiges. Il fit plusieurs fois le tour du véhicule et tua un à un tous les esclavagistes.
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#P66,T# Shuna trouva un trousseau de clés et ouvrit la porte de fer. "Que ceux qui désirent la liberté sortent d'ici, même s'ils risquent d'être pourchassés toute leur vie !"
#P66,B# Seules les deux surs descendirent. Craignant une punition, les autres n'osèrent pas bouger.
#P67,T# "La liberté ne peut être achetée. Vous avez fièrement combattu pour l'obtenir : vous êtes libres !"
#P67,B# Shuna n'avait plus le temps de discuter : des chasseurs venus de la citadelle se distinguaient à l'horizon. "Partons !" Il fit mettre en selle les deux surs.
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#P69# Chargé de trois personnes, Yakkul fonça vers l'ouest, faisant preuve d'une étonnante rapidité pour un animal de sa taille. Shuna perdit quelque temps de vue les poursuivants, mais comprit qu'ils étaient très habiles et n'avaient pas encore fourni un véritable effort.
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#P70,T# Ils comptaient sur la fatigue de Yakkul. Shuna savait que ses adversaires maintenaient une allure régulière pour suivre sa trace, il lui semblait sentir en permanence leur souffle sur sa nuque. <<<<
#P71,R# Ils dormirent tout en fuyant. Ils mangèrent tout en courant.
#P71,L# Dans la seconde nuit de traque, le terrain s'arrêta soudain devant eux : c'était la fin de la terre, comme l'avait raconté le vieil homme.
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#P72,T# Haletant et bavant, Yakkul se coucha. S'il devait courir et porter les trois jeunes gens plus longtemps, il mourrait sûrement.
#P72,B# "Yakkul peut être monté par vous deux seulement. Je resterai ici pour les retenir." Quand la fille répondit qu'elles devraient rester aussi, Shuna insista : "Une fois que je me serai occupé de nos poursuivants, je me rendrai comme prévu dans le pays des hommes-dieux."
#P73,T# Connaissant maintenant le but du voyage de Shuna, la
jeune fille baissa les yeux, puis relevant la tête, dit : "Quand
tu reviendras de ce pays, s'il te plaît, va droit vers le nord. Nous t'attendrons
là-bas, toujours." Elle lui apprit qu'elle s'appelait Théa.
Shuna lui donna la moitié de ses provisions et de son eau.
Le temps était venu pour eux de se séparer. Théa et sa
petite sur firent un signe de la main, s'éloignèrent en
direction du nord sans se retourner et disparurent rapidement. <<<<
Thea ou Tea ? Le traducteur a peut-être pensé à "déesse"
en grec. En français, Thea rend phonétiquement le japonais tout
aussi bien que Tea, et a l'avantage d'être plus long d'une lettre et plus
"classe". On peut carrément orthographier Théa.
#P73,BR# Shuna se rappela comment il installait les pièges à bouquetin dans sa vallée. Il construisit plusieurs petits monticules de cailloux au bord de la falaise et y plaça des cartouches de poudre.
#P73,BL# Il creusa un trou dans le sable, s'y cacha et attendit en silence.
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#P75,T# Lorsque les cavaliers arrivèrent au niveau des pièges, Shuna surgit.
#P75,B# Il tirait à chaque fois à l'endroit exact où il avait enterré une cartouche. Les pièges sautèrent l'un après l'autre dans un éclair et un grondement assourdissant. Paniqués, les animaux se jetèrent dans le précipice.
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#P77,T# C'est à ce moment-là qu'un halo blanc, aussi éclatant que la lumière de cent lunes réunies, enveloppa Shuna.
#P77,B# C'était un visage gigantesque, une lune qui en un éclair déchira le ciel.
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#P78# Laissant une large traînée derrière
elle, elle disparut au loin comme elle était venue. C'était comme
si en un instant une lumière avait fendu les ténèbres de
part en part. <<<< Les deux trad
ne s'accordent pas et semblent hésitantes. Je penche pour la description
sacrée : le visage lunaire est comme le phénix qui, tel un astre
mourrant dans la terre et ressuscitant, est victorieux des ténèbres.
Bouddha avait une épée qui déchirait les ténèbres.
Shuna doit, dans la suite du manga, connaître une longue initiation symbolique
(notamment la nuit passée dans les ténèbres), alors que
le visage est un vaisseau conduit par un esprit déjà tout-puissant
qui fait le lien entre les hommes et la divinité. Cela n'est pas incompatible
avec la triste réalité du vaisseau qui transporte une pâture
humaine (comme on le découvre par la suite). Puissant ne signifie pas
bon, car la "tranquillité" des hommes-dieux est au-delà
de l'opposition bonté/méchanceté. Chez Miyazaki, dans la
nature, le merveilleux ne cache pas l'horreur, et la mort n'est qu'une transformation.
C'était la terre des hommes-dieux, où la lune alternait sa mort
et sa vie, comme l'avait raconté le vieil homme. La plante d'or devait
s'y trouver sans aucun doute.
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Le pays des hommes-dieux
#P80,BL# Bien que la nuit ait cédé la place au jour, la falaise opposée était voilée par des poussières en suspension, et la vallée était couverte d'épais nuages qui bouchaient la vue. Shuna s'arma de courage et entama la longue descente à pic de la falaise.
#P81# Il découvrit d'innombrables dieux antiques taillés dans la roche, qu'on ne pouvait voir du sommet. Les divinités aux noms oubliés facilitèrent sa progression en lui offrant des prises.
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#P82# Pénétrer la couche de nuages qui bloquait les rayons du soleil était comme s'engouffrer dans un monde d'épaisses ténèbres. Les dieux disparurent et des squelettes de dragons des anciens temps saillirent dans la roche. Shuna utilisa les ossements pour descendre et passa même sa première nuit allongé sur eux.
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#P84# L'après-midi suivant, la lumière du soleil perça les nuages un court instant et le fond de la vallée devint visible pour la première fois : il y avait une plage !
#P85# Comment était-ce possible ?
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#P87,T# Le pays des hommes-dieux s'étendait de l'autre côté d'une mer déchaînée.
#P86# Epuisé, ne sachant que faire, le jeune homme déambula dans l'eau, puis se lava la figure, les mains et les pieds. L'eau était extrêmement froide. <<<<
#P87,B# Comme il s'installait sur la plage, les forces l'abandonnèrent. Il s'endormit comme s'il sombrait dans les profondeurs de l'océan.
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#P88,T# Shuna se réveilla et sentit contre lui de l'eau chaude. La marée était montée alors qu'il dormait.
#P88,B# Un monde différent, gai et calme, l'environnait. On pouvait maintenant voir les hauts-fonds que les vagues de la veille avaient cachés.
#P89# Comme les eaux se retirait, il s'engagea sur un banc de sable qui conduisait à une île. La mer grouillait d'êtres vivants, les espèces disparues depuis des temps reculés vivaient ici.
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#P90# L'île elle-même était pleine de vie. Enfin, Shuna posait le pied sur le territoire des hommes-dieux.
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#92# L'être humain n'avait jamais souillé l'île de ses pas. Le jeune homme s'enfonça de plus en plus profondément dans une forêt luxuriante.
#P93# Ce monde était paisible, plein de bons fruits.
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#P94# Il n'y avait rien ici de craintif ou d'effrayant. Un sentiment de tranquillité pénétrait Shuna jusqu'au tréfonds de son âme.
#P95,TR# Une silhouette humaine !
#P95,TL# "Serait-ce un homme-dieu ? Les hommes-dieux seraient issus de la race humaine !" pensa-t-il. Puis il se remémora les mises en garde du vieil homme. <<<< les trad anglaises divergent : j'ai réussi à mixer leurs sens en gardant une préférence pour la seconde.
#P95,B# C'était un géant verdâtre. Sa marche était silencieuse, nonchalante, vacillante. Une nuée d'insectes et autres bestioles le suivaient.
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#P96,MR# Parvenu au centre d'une clairière, le géant
s'immobilisa...
... puis il s'affala lentement.
#P96,ML# Shuna détourna son regard quand une horde de petits animaux recouvrit le géant et commença à le manger. <<<< hésitation entre horde qui connote un troupeau de grosses bêtes, horde qui est plutôt un groupe humain, et nuée ou essaim qui renvoient à des insectes volants uniquement.
#P96,BR&L# Lorsque les bêtes se furent dispersées, il ne restait plus un seul morceau d'os.
#P97# Shuna, qui s'apprêtait à rebrousser chemin, se trouva nez à nez avec un autre géant. Celui-ci passa pourtant à côté de lui sans faire cas de sa présence. Son visage exprimait une grande tranquillité, mais il était blessé. "Il est venu ici pour mourir..." murmura Shuna en tremblant.
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#P98# Des géants arrivaient, de plus en plus nombreux.
Ils défilaient comme des gens qui participent à une procession,
et ils disparaissaient dans la forêt.
Soudain, le garçon aperçut ce tableau...
Au milieu des champs nus s'élevait une étrange construction massive.
Les champs était labourés et traversés en toutes directions
par des sortes de canaux d'irrigation.
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#P100,R# L'édifice n'était ni en pierre, ni en métal, mais étonnamment chaud et flexible au toucher.
#P100,L# Il n'y avait pas de porte, mais seulement des trous par lesquels entrait l'eau des canaux. Il décida de les explorer.
#P101,T# L'intérieur était très sombre, un doux parfum flottait. Shuna fit quelques pas dans la caverne, mais un frisson soudain parcourut son corps et ses cheveux se dressèrent. Effrayé, chancelant, il sortit et courut vers la forêt.
#P101,B# Ce n'était pas une construction, mais une chose vivante, qui respirait...
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#P102# Au milieu de la nuit, la lune revint et s'arrêta juste au-dessus de l'étrange structure.
#P103,T# Elle se mit à déverser quelque chose par un orifice : c'était des êtres humains !
#P103,B# Tout ce qu'avait dit le vieil homme était vrai : les hommes-dieux amassaient des gens achetés aux esclavagistes.
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#P105# Après que la masse humaine eut été
complètement avalée, l'organisme géant s'agita lentement.
Combien de temps s'était écoulé ? L'éclat de la
lune s'affaiblit, il y eut un silence. Puis un liquide phosphorescent jaillit
des trous et circula à travers les canaux d'irrigation.
C'est alors que Shuna contempla ce spectacle : des silhouettes sortirent de
l'eau en grand nombre. Des géants étaient nés !
#P104,B# Les gens qui ont été avalés ont-ils
été transformés en géants, ou bien en cette eau
qui irriguait les champs ? Shuna n'en savait rien.
Les géants se déployèrent à travers les labours
et commencèrent à projeter des graines par leur bouche pour les
semer.
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#P106# Les géants ne se reposaient pas. Ils puisaient
de l'eau et arrosaient les plantations.
Au lever du jour, les germes avaient déjà bien poussé.
#P107# A midi, les bourgeons commençaient à éclore.
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#P108,T# Shuna suffoqua en apercevant son arme à côté de lui.
#P108,B# En seulement une demi-journée, elle s'était complètement rouillée, et de même son épée. Quant à ses habits, ils tombaient en lambeaux.
#P109,TR# Il ne pouvait pas attendre davantage. Le temps s'écoulait différemment ici.
#P109,TL# Déjà les graines mûrissaient, changeaient de couleur.
#P109,MR# Il traversa le canal...
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#P111# A l'instant où sa main toucha un épi,
les géants se retournèrent et commencèrent à se
lamenter et à hurler d'une manière insolite, comme si on leur
arrachait les membres.
"Arrête ! Arrête !" répéta alors une voix
dans sa tête. Mais Shuna l'ignora et arracha l'épi.
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#P112,R# Au même moment il reçut un choc, comme s'il était violemment emporté au loin. Une douleur aiguë transperça son cur.
#P112,L# Serrant les dents, il s'enfuit en tenant fermement l'épi contre sa poitrine.
#P113# Il courut comme un fou, traversa la forêt et atteignit la mer, qui était très agitée. Etourdi par la douleur, il se jeta dans les eaux obscures.
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Théa
#P115# Théa et sa jeune sur s'étaient réfugiées dans un village pauvre du nord. Des jours, des mois, peut-être une année, s'étaient écoulés.
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#P116# Une vieille femme les reçut chez elle et loua leurs services. Elles travaillaient très dur, s'attelant à des tâches qui n'en finissaient jamais. Yakkul leur était d'une aide précieuse.
#P117# La vieille femme était avare et souvent de mauvaise
humeur, mais elle n'avait pas mauvais fond.
Théa savait qu'habituellement les personnes âgées malheureuses
se plaignent pour un rien.
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#P118,T# Les deux filles étaient toujours affamées, mais c'était le cas de la plupart des habitants du village.
#P119,T# Les villageois, qui n'étaient pas si bourrus, avaient chaleureusement accueilli les deux surs. Ils détestaient les marchands d'esclaves et appréciaient les gens qui comme eux travaillaient dur pour vivre.
#P118,BR# Théa était une fille courageuse qui ne se plaignait jamais, mais à la fin de ses journées de labeur, son âme souffrait désespérément.
#P118,BL# Qu'était-il arrivé à Shuna ? Théa était raisonnable, elle savait qu'elle devait attendre patiemment. Mais quand elle s'inquiétait pour Shuna, c'était comme si sa poitrine allait exploser.
#P119,BR# Cette nuit, son cur était terriblement triste. Yakkul ne restait pas en place et ne cessait de renifler l'air environnant.
#P119,BL# Soudain, elle eut l'impression d'entendre la voix de Shuna appeler à l'aide.
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#P120,R# Théa monta sur le dos de Yakkul sans hésiter et prit le chemin du sud. Lorsqu'elle arriva à l'entrée du village, elle aperçut un pauvre hère à l'allure fantomatique, qui faisait route vers la vallée. <<<<
#P120,L# Elle cria le nom de Shuna. Celui-ci se tourna lentement vers elle. Ses yeux étaient comme dépourvus de vie.
#P121# Théa emmena Shuna dans la réserve où d'habitude elle dormait avec sa sur. Le garçon avait tout perdu : la mémoire, la parole, son nom, voire ses sentiments... Il ne faisait que dévorer la nourriture qu'on lui donnait, tapi dans un coin sombre loin du feu.
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#P122,T# Théa ouvrit doucement le sac qu'il gardait précieusement pendu à son cou.
#P122,MR# Des graines d'or...
#P122,ML# Elle sentit comme une chaleur dans son cur, elle était au bord des larmes.
#P122,BR# Elle prit une aiguille, du fil et du tissu et commença à rafistoler les habits de Shuna. Elle n'avait pas la moindre idée de ce qui avait pu lui faire ça.
#P122,BL# Elle savait seulement qu'elle devait à son tour l'aider et veiller sur lui.
#P123# C'était l'hiver. Pendant cette longue et triste saison, Shuna resta dans son coin et ne fit que manger et dormir. Théa ne raconta rien à son sujet, ni à la vieille femme, ni aux villageois.
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#P124,T# Le printemps s'installait progressivement. Tous les matins, Théa emmenait Shuna dehors.
#P124,B# Elle laboura une parcelle de terre à l'abri des regards, puis construisit avec les pierres qu'elle avait déterrées un petit refuge pour Shuna.
#P125# Chaque jour, alors que les habitants dormaient encore, Théa lui apportait de la nourriture et de l'eau. La vieille femme se plaignait de la diminution des provisions, mais Théa continuait à lui apporter même ses propres rations.
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#P126,T# Shuna serrait son sac contre sa poitrine, il ne parvenait pas à planter les graines. Théa lui apprit patiemment, mais pendant la nuit, il retirait de terre celles qu'il avait plantées pour les remettre dans son sac.
#P126,BR# Malgré cela, Théa travaillait avec encore plus d'ardeur : elle devait produire ce dont Shuna avait besoin pour sa consommation.
#P126,BL# Après son travail, jusqu'à tard dans la nuit, elle tissait une étoffe avec des fils qu'elle avait elle-même fabriqués.
#P127,TR# Bien qu'elle fût au bord de l'épuisement, la vision d'une lueur qui vacillait sur la colline lui redonnait de l'énergie.
#P127,TL# C'était la lumière du feu près du refuge de Shuna. Ramasser chaque jour un tas de bois suffisant et allumer un feu était devenu l'occupation de la petite sur.
#P127,BR# Un matin...
#P127,BL# Shuna, qui s'était traîné hors de l'abri de son propre chef, regardait fixement le jardin. Les premières pousses de la plante d'or émergeaient.
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#P128,R# En voyant les jeunes pousses, la petite sur de théa se mit à rire aux éclats. L'enfant, qui n'avait pas ri depuis que des chasseurs d'hommes avaient dévasté son pays, dansait à présent, virevoltant telle une fée.
#P128,L# Depuis ce jour, un sourire timide se dessinait sur le visage de Shuna.
#P129# La fête du solstice d'été approchait.
La vieille femme appela Théa.
"Tu es en âge de te marier, et moi j'ai besoin d'une main-d'uvre."
Elle voulait que Théa choisît un époux parmi les garçons
du village. Si la jeune fille n'était pas d'accord, elle pouvait s'en
aller, car la matrone n'écouterait pas ses protestations.
La veille des festivités, elle confectionna un habit pour Shuna à
partir de l'étoffe qu'elle avait préparée. <<<<
la trad est encore une fois rendue difficile par la divergence des trad anglaises,
les paroles d'un personnage pouvant être mises dans la bouche d'un autre.
Il faut dire que la version originale est imprécise. J'essaie d'harmoniser.
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#P130,T# Le jour était venu où, devant tous les villageois, Théa devait annoncer comment elle élirait son époux.
#P130,BR# La vieille femme para Théa des plus beaux habits qu'elle avait portés dans sa jeunesse. En la voyant ainsi, les jeunes hommes du village se réunirent autour d'elle.
#P130,BL# Théa déclara : "Celui qui pourra monter ce yakkul deviendra mon mari."
#P131,TR# Habilement, le fière animal désarçonna l'un après l'autre tous ceux qui essayèrent de le chevaucher.
#P131,TL# Des rires retentirent dans tout le village.
#P131,B# Après l'échec du dernier prétendant, la petite sur de Théa amena par la main un jeune inconnu qui portait un habit fait de la fourrure de Yakkul. Les yeux du maître et du fidèle coursier se rencontrèrent. Le garçon bondit sur le dos de l'animal, qui franchit le cercle des villageois et galopa sur une longue distance. La matrone était effondrée, mais les villageois retournèrent chez eux satisfaits. <<<< la seconde trad a dû vraiment mal comprendre le passage.
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#P133,T# L'été précaire des provinces du nord était arrivé. Le petit jardin verdoyait et gagnait en luxuriance, et le visage de Shuna s'éclairait devant ce spectacle.
#P132# Un jour de grand soleil, Théa était allé faucher de l'herbe dans un pâturage éloigné. Soudain, un vent glacial se mit à souffler et, venant des montagnes, des nuages noirs s'amoncelèrent.
#P133,B# Théa se mit à courir. Le temps changea brusquement : le tonnerre gronda, la pluie s'abattit, puis la grêle.
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#P134# Théa enhardit Shuna et tous deux tendirent une toile pour protéger le jardin. De gros grêlons les frappèrent violemment et couchèrent les herbes autour d'eux. Tout était plongé dans l'obscurité, la tempête faisait rage.
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#P136,T# Ils avaient protégé les graines. L'orage s'éloigna et des coins de ciel bleu apparurent. La jeune fille entendit alors une voix prononcer son nom.
#P136,BL# "Théa..."
#P137,R# Shuna parlait à nouveau.
#P137,L# Théa fondit en larmes comme si en elle une digue avait cédé. Elle n'avait pas versé une seule larme depuis la destruction de son village. C'est de joie qu'elle pleurait maintenant, serrant Shuna dans ses bras.
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#P139# Les plantes cultivées mûrissaient, et comme elles Shuna retrouvait des couleurs et de la vigueur.
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#P140,T# L'automne...
#P140,M# Le jour arriva enfin.
#P140,BR# Quelqu'un frappa à la porte.
#P140,BL# Théa ouvrit.
#P141# Shuna se tenait là, portant une gerbe de blé
fraîchement coupé. Il semblait revenir d'un long voyage.
"Shuna..."
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#P143# En silence, mais emplis d'une joie intense, les deux
jeunes gens s'assirent côte à côte.
C'était terminé...
La lune traversait toujours le ciel, les chasseurs d'hommes parcouraient toujours
la terre, mais il y avait ici un couple qui avait surmonté une difficile
épreuve.
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#P144# Projetant de retourner dans la vallée de son enfance, Shuna resta au village une année de plus. Avec les habitants, il repoussa les attaques des chasseurs d'hommes et fit reculer les terres arides. Les champs de blé s'étendaient, la prochaine moisson s'annonçait plus importante que la précédente.
#P145# Le jour du départ arriva. Ils pouvaient quitter
le village en emportant la moitié de la récolte de blé
doré.
Les villageois ne voulaient pas les laisser partir. La vieille femme, qui regrettait
encore que Théa ne fût pas mariée à un homme du village,
donna à la jeune femme le fusil de son dernier mari.
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#P147# Le voyage de Shuna n'est pas terminé. La route est encore longue et le retour dans la vallée ne se fera certainement pas sans embûche. Mais... nous raconterons cette histoire une autre fois...
FIN