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Boro la chenille :
Hayao Miyazaki, l’homme qui n’en a pas fini

Le texte ci-dessous est tiré de l’émission NHK Special: Owaranai Hito Miyazaki Hayao diffusée le 13 novembre 2016 sur la chaîne NHK, habituée depuis plusieurs années à suivre le studio Ghibli dans la création de ses films.
D’une durée de 50 minutes, le reportage suit Hayao Miyazaki de manière étroite pendant 700 jours sur la production du court métrage Boro la chenille et sur son travail avec la 3D, jusqu’à son intention de revenir au long métrage.
C’est Chika Sakamoto, la voix de Mei dans Mon voisin Totoro et sa séquelle Mei et le chaton-bus, qui se charge de la narration des images.

  

Hiver 2014, plus d’un an après l’annonce de la retraite de Hayao Miyazaki de la réalisation de longs métrages en septembre 2013, l’étage du studio Ghibli dédié à la production est vide et silencieux. Les animateurs ont quitté le studio et l’activité s’est arrêtée.

Janvier 2015, studio Ghibli

Qu’a fait Miyazaki depuis ? La camera visite son atelier situé à trois minutes à pieds du studio principal.
Il y a maintenant trois ans que le réalisateur a décidé de prendre sa retraire. Miyazaki ne se sentait plus capable de gérer une équipe nombreuse. Actuellement, son quotidien est de dessiner des panneaux pour la prochaine exposition du musée Ghibli.
« Vous n’avez pas besoin de me rendre visite. Je suis un vieillard à la retraite maintenant. Je ne peux plus me concentrer comme avant sinon je vais me fatiguer. Je travaille donc en prenant mon temps. »
Il n’a plus beaucoup de visite à son atelier. Ce n’est plus le Miyazaki actif que nous avons connu.

Mars 2012, production du Vent se lève

  

Alors que l’animation 3D prenait de l’importance, Hayao Miyazaki a continué à défendre l’animation traditionnelle. Pour un plan de quelques secondes, il était possible de travailler un an dessus.
A cette époque, Hayao Miyazaki était un réalisateur redouté sur les productions qui ne négligeait aucun détail.
« Tu dois dessiner en réfléchissant » s’énerve le réalisateur à propos du travail d’un de ses collaborateurs. « Si ça ne va pas, je te vire. Quitte la société. »

Retour à janvier 2015

  

« J’ai le sentiment que c’est bien fini. J’ai formé la génération suivante mais j’ai beau avoir essayé de laisser faire, finalement j’interviens et j’empêche la jeune génération d’éclore. Les talents à qui je voulais confier la relève m’ont tous quitté. Ce studio mange les gens (des images du « sans-visage » insatisfait du Voyage de Chihiro s’intercalent avec celle du réalisateur). J’en ai fini. Je n’ai aucun regret. »

Mars 2015

Deux mois plus tard, alors que la camera est de retour, Hayao Miyazaki a changé d’humeur. Il parle beaucoup de 3D, technique qu’il détestait.
« L’équipe était intéressante. Je pouvais sentir leur jeunesse... »
Il y a 2 jours, Miyazaki a rencontré des graphistes 3D.
« Il y a parfois des choses que je veux faire mais que je n’arrive pas à réaliser. Ils seront tout simplement capable de le faire. »
Miyazaki montre des croquis de Boro la chenille à la caméra, un projet qu’il souhaite réaliser depuis 20 ans. C’est le producteur Toshio Suzuki qui lui a dit : « Maintenant que tu es à la retraite, tu vas pouvoir créer ce que tu veux en prenant ton temps. »

Mai 2015

  

Arrivée des graphistes 3D avec lesquels Hayao Miyazaki va travailler. Ils ont créé les tests d’animation de Boro la chenille et présentent le résultat.
« C’est intéressant, commente Miyazaki.
- Les poils de Boro ne sont pas animés manuellement. Tous leurs mouvements et leurs frottements sont calculés par l’ordinateur comme ils se comporteraient dans la nature.
- Je ne veux pas que les pattes avant bougent en même temps que ses yeux.
- Oui, c’est ce que nous nous sommes dit aussi.
- Je sens que ça va être réussi. Merci pour votre visite. J’ai eu une bonne surprise. »

Miyazaki a décidé de délaisser l’animation traditionnelle et d'utiliser les images de synthèses pour ce projet qu’il murit depuis 20 ans.

  

La tendance actuelle est à l’utilisation de la 3D qui parvient à générer des images très détaillées et impossibles à dessiner à la main (extrait de La reine des neiges). C’est John Lasseter qui a ouvert la voie. Il est le meilleur ami de Hayao Miyazaki et dirige deux des meilleurs studios d’animation du monde : Disney et Pixar.
Ils ont profondément développé cette technique incroyable. Par exemple, pour le personnage de Sulli dans le film Monstres et Cie, c’est 2 300 000 poils qui bougent et qui sont calculés par ordinateur.
« S'il apprend que Miyazaki utilise la 3D, je suis sûr que Lasseter va venir me voir. Et il va certainement penser : « Comment ? Tu en es encore à ce niveau ? » Je ne veux pas créer quelque chose de honteux. »

Juin 2015

  

Hayao Miyazaki revient à l’étage de la production du studio Ghibli après une longue période.
« Je prends cette place. C’est poussiéreux. »
Il commence à dessiner le storyboard. Animation traditionnelle ou 3D, c’est ce document qui sera à la base de toute la production.
Le court métrage ne sortira pas en salles mais sera seulement proposé au musée Ghibli. Il sera uniquement financé par le studio. Miyazaki pensait approfondir le projet librement mais à 75 ans et avec un problème cardiaque, il sent son corps s’affaiblir jour après jour.
« C’est une illusion de penser que sa jeunesse reviendra pour un vieillard qui a perdu toute ses forces. »
Que faire du temps qui lui reste ? C’est une question difficile pour lui.

Août 2015

  

Yuhei Sakuragi, directeur de l’animation numérique, et son équipe sont arrivés et la production a démarré. Hayao Miyazaki est ému de travailler avec des gens aussi talentueux. Il leur explique qu’il souhaite prendre son temps.
A partir du storyboard de Miyazaki, l’équipe de Sakuragi prend le relai pour la création de l’animation.
« Boro vient de naitre et découvre le monde pour la première fois... » explique en voix off Chika Sakamoto alors que les graphistes découvrent les storyboards.

  

« Une fois la production démarrée, je pense que ce sera rapide » explique Sakuragi. Il n’y a pas beaucoup de personnages. »
Il commence immédiatement à modéliser Boro qui au début ressemble à un karintô (biscuit japonais). Miyazaki est très attentif.
« C’est intéressant. »
Sakuragi lui ajoute ensuite des pattes avant.
« Je les ai ajoutées pour que Boro puise les utiliser. »
Miyazaki approuve. Puis Boro commence à s’animer.

  

« Intéressant. J’ai l’impression qu’on est en train de créer un nouveau virus » déclare le réalisateur en plaisantant.

Avec concentration, Miyazaki dessine ensuite des layout décrivants les mouvements des personnages plus détaillés que ses storyboards à l’attention des animateurs. Cette étape n’est pas utile, mais le réalisateur veut transmettre ses attentes avec précision.
« C’est magnifique... » déclare un collaborateur.
- S’il a dessiné autant, on ne peut pas ignorer ce qu’il veut » ajoute Sakuragi.

  

Hayao Miyazaki fait une pause. Il est entouré de deux collaboratrices.
« Miyazaki-san, il me semble que vous avez 100 fois plus d’énergie que l’année dernière.
- Mais non, je n’ai pas la pêche.
- Vous l’avez. On sent la force dans vos yeux.
- Ca signifie que je dois continuer à travailler jusqu’à la fin ? J’en suis au dernier stade de la vieillesse. Mais cette dernière étape en vaut le coup, non ? »

Octobre 2015

« Hier, je suis allé passer un examen de renouvelement de permis de conduire pour personnes âgée. J’étais surpris de me retrouver parmi des gens de mon âge » commente Hayao Miyazaki. « Je me suis demandé si j’étais vraiment à ce point-là un vieillard ? »
Puis il montre un dessin à la caméra.
« Voilà, c’était un peu comme ça : un vieillard surpris par des vieillards. »

  

Yuhei Sakuragi lui montre ensuite le test d'animation de la scène du tout début du film quand Boro est né.
« Sa façon de se tourner fait un peu trop adulte. Si vous regardez Satsuki (la fille d’un/une de ses collaborateurs-trices ?), elle n’est pas aussi rapide. Comme il vient de naître, il n'est pas capable de bouger aussi rapidement. Il doit naturellement être un peu lent. C’est la première fois qu’il observe le monde. La pureté d’un bébé qui vient de naître ne se ressent pas dans cette animation. »

C’est une période de la vie de Miyazaki où les mauvaises nouvelles s’enchaînent les unes après les autres. Il reçoit un appel qui lui apprend qu’une collègue avec qui il a contribué à développer l'animation japonaise est décédée.
« Je n’ai plus beaucoup de temps. Des personnes qui pouvaient vivre plus longtemps que moi disparaissent les unes après les autres. Je me demande ce que je fais encore ici ? »

Les tests d’animation s’enchaînent. Mais Miyazaki n’est pas convaincu et ils partent en retake.
« La 3D, c’est pas facile. Ce n’est pas une boite magique. Après avoir vu les images d’aujourd’hui, il est bien possible que le film ressemble à un tas d’ordures. Il vaut mieux ne pas faire de telles choses. C’est le moment où les dizaines d’années d’expérience accumulées retombent à zéro. Néanmoins, je n'ai pas encore vu tomber de pluies de sang. »

7 décembre 2015

  

Hayao Miyazaki demande à voir Toshio Suzuki.
« J’ai vu le travail des animateurs. Ca ne va pas aller comme nous l’avions prévu. Je pense qu’il vaut mieux qu’on s’arrête.
- C’est comme tu le sens, Miya-san.
- Ce n’est pas ce que nous devrions montrer aux gens. Le problème est de savoir si on va jusqu’au bout. »

Miyazaki est de retour à l’étage de la production.
« Venez tous par ici, je voudrais vous parler. Nous souhaitons vraiment créer quelque chose d’original devant lequel les gens nous demanderont : « comment avez-vous réalisé ça ? ». »
Miyazaki n’a jamais touché un ordinateur. Mais aujourd’hui il s'installe devant une tablette graphique pour faire lui-même des retouches.
Quand Boro casse sa coquille, il y a quelques poils qui sortent. Miyazaki pense que l’idée est là mais que ce n’est pas encore convainquant. Il retouche la manière dont les poils sortent. C’est quelque chose de compliquer à expliquer, aussi il apporte lui-même des corrections.

  

Rien ne va et notamment la scène de début. Elle ne correspond pas à ce que Miyazaki a en tête.
« C’est cette scène qu’on ne doit pas rater car c’est celle du tout début. Comment faire ? »
« Il ne parvient pas à résoudre le problème. Ca l’irrite. Le moment de la retraite est peut-être vraiment arrivé pour lui ? »
observe Suzuki.
L’ambiance du studio est de plus en plus lourde. Yuhei Sakuragi à l’air fatigué.

18 décembre 2015

  

Le studio est calme ce jour-là. Yuhei Sakuragi est allé à l’hôpital et tout le monde s’inquiète.
« Déjà hier on sentait sur son visage qu’il n’était pas bien.
- Ca fait déjà un bout de temps.
- Est-ce qu’il va bien ?
- Non, il ne va pas bien.
- C’est psychologique. »

Sakuragi avait en fait un rhume et il est revenu le lendemain...

Tandis que le reste de l’équipe en a profité pour aller à l’avant-première du dernier Star Wars, Hayao Miyazaki est lui resté au calme au studio.
« Nous voyageons dans un monde totalement différent de celui de Star Wars. Ils vont être capable d’être transporté par le film et de dire : « je veux travailler sur un Star Wars et pas sur une chenille... » Ne vous inquiétez pas, ils ne diront pas ça. »

« Je n’ai plus la même motivation qu’à 30 ou 40 ans. Avoir 30 ans et 70 ans est totalement différent, c’est sur.
- Alors, qu’est-ce qui vous pousse encore ?
- Ne rien faire est ennuyeux. Tous les vieux réalisateurs sont comme moi et ne s’amusent qu’en réalisant des films. Mais je ne veux pas faire un navet. Les films que j’aime ne sont pas ceux qui reposent sur une intrigue. C’est vraiment une scène magnifique qui m’attire. C’est ça un film pour moi. »

24 décembre 2015

  

« J’ai enfin compris le mystère » explique Hayao Miyazaki. « Il n’y a pas assez de signes de vie. Je vais ajouter des « poissons de nuit ».
Miyazaki suggère d'ajouter des créatures mystérieuses autour de Boro qu’il tire de son carnet de notes. C’est la première fois qu’il change le début d'un film avec une telle audace.
« Finissons-en avec cette satanée scène ! Le plus important est de ne pas avoir de regret une fois le travail terminé. De ne pas se dire : « j’ai essayé ». »

Les graines de son imagination commencent à grandir (des images de la scène de la danse rituelle de Mon voisin Totoro illustrent le propos).
« Si on voit que c’est un poisson, ce ne sera pas intéressant. Ils doivent garder une apparence mystérieuse. Je fais un film qui montre la beauté du monde. Il y a toujours quelque chose de beau que nous n’avions pas remarqué. Je veux voir le monde de cette façon. Qu’en pensez-vous s’il se divise en plusieurs petits poissons ? »

  

Le monde de Miyazaki s’agrandit sans limite. Et finalement, Boro est né dans un monde bouillonnant de vie. Le court métrage a franchi un obstacle important.

Mai 2016

  

Depuis, Hayao Miyazaki passe de plus en plus de temps sur sa table à dessin. Il a commencé à dessiner un plan.
« Elles sont quand même pas mal les grandes chenilles Boro de l’équipe 3D. Je ne veux pas être à la traîne, mais je trouve qu’ils travaillent bien.
- Avez-vous un sentiment de rivalité avec eux ?
- Bien sûr ! Mais je ne le montre pas. Pensez à mon âge. »

Il s’agit d’un plan qui grouille de nombreuses chenilles. Miyazaki les dessine minutieusement à la main comme s’il luttait contre les images de synthèses

Et un jour, Miyazaki déclare : « Que pourrais-je faire si j’en avait la possibilité ? Il y a bien quelque chose dont les gens ont besoin maintenant. Quelque chose qu’ils veulent voir.
- Que voulez-vous dire par
« que pourrais-je faire ? »
- Faire un long métrage n’est pas une tâche facile. Si je commence dès maintenant et que ça prend 5 ans, j’aurai 80 ans. On ne devrait pas se lancer juste sur une idée qui semble intéressante. Beaucoup de personnes vont s'y engager. Et si ça ne se passe pas bien ? Ca va leur causer beaucoup de problèmes. Non, ce n’est pas possible. »

Miyazaki n’ajouta rien de plus ce jour là. Il resta juste devant sa table à dessiner des chenilles, toujours plus de chenilles, jour après jour
Plus tard, en petite équipe, Miyazaki regarde le linetest (test d'animation brute) de son travail.
Atsushi Okui (directeur de la photographie du studio Ghibli) : « Incroyable. »

  

Aujourd’hui, Hayao Miyazaki reçoit une équipe de développeurs d’animation gérée par IA. C’est le président de la société Dwango, Nobuo Kawakami, qui dirige la présentation (Ndt : proche de Toshio Suzuki, Kawakami a été formé au travail de producteur sur le film La colline aux coquelicots et devient producteur à part entière sur Le vent se lève et sur la série Ronya, fille de brigand).
« Vous avez sans doute entendu parler d’animation générée par ordinateur ? Aujourd’hui, nous souhaiterions vous présenter notre technologie. On a appris à ce personnage à se déplacer rapidement (à l’écran, un personnage 3D se déplace en rampant sur le dos de manière grotesque). Vous constaterez qu’il se déplace avec sa tête. Il ne ressent pas de douleur. La tête n’a pas d’importance particulière et l’utilise donc comme si c’était ses pieds. Ces mouvements malsains pourraient bien s’appliquer à un jeu de zombie par exemple. L’IA permet ainsi de générer des mouvements grotesques et inimaginables pour l’esprit humain. Voilà ce que nous développons.
- Hm... Comment dire...
commence Miyazaki. Vous savez, j’ai un ami handicapé que je croise presque tous les matins. Même taper dans ma main est devenu un véritable calvaire pour lui avec ses muscles raidis. Ca m’a fait penser à lui. Quand je vois vos images, je trouve cela affligeant. Les gens qui ont créé ça l’ont fait sans aucune âme et sans penser à la douleur. C’est extrêmement déplaisant. Vous êtes libres de créer de telles horreurs mais je n’ai aucune envie qu’elles soient associées à notre travail. A mes yeux, tout cela ne représente qu’un énorme mépris envers les êtres vivants.
- Vous savez, ce ne sont que des expérimentations... Normalement, ce n’est pas fait pour être montré au grand public.
- J’avais bien saisi,
statue Toshio Suzuki. Mais où voulez-vous en venir avec tout ça ?
- Et bien, nous aimerions que les machines puissent reproduire les mêmes animations qu’un humain. »

Miyazaki, à part : « J’ai le sentiment que la fin du monde est proche. Les êtres humains n'ont plus confiance en eux-mêmes... »

« Un jour viendra peut-être où le travail d’animation ne sera plus effectué par des êtres humains. Que va t-il faire à partir de maintenant ? » questionne la voix de Chika Sakamoto.

Début août 2016

  

Hayao Miyazaki remet un document au producteur Toshio Suzuki.
« Ce n'est pas la peine de le lire maintenant, tu pourras le faire plus tard. »
Sur la première page est marqué « note d’intention de long métrage ».
« Imaginons que ce soit juste avant les Jeux olympiques, tu vois, c’est très court comme délais. Et imaginons qu’on commence dès maintenant, il ne nous reste que la moitie de 2016. Je te demande d’utiliser n’importe quel type d’alchimie pour réunir l’argent nécessaire à la création de ce film.
- On peut aussi imaginer que si Miya-san meurt après avoir finalisé le storyboard, le film va avoir énormément de succès !
(Rire)
- Ca signifie que je dois mourir ? »

Miyazaki vient donc de déclarer qu’il veut réaliser un nouveau long métrage.
A part : « Je n’en ai pas encore parlé à ma femme. Quand je vais lui annoncer, je vais la supplier d’accepter. Il est fort probable que je meure pendant la production mais je suis préparé à cela. Je préfère mourir au court de la réalisation d'un film plutôt que de mourir sans rien faire. »

Octobre 2016

  

Michiyo Yasuda, chef coloriste du studio Ghibli et collaboratrice de longue date de Hayao Miyazaki vient de disparaître à l’âge de 77 ans.
« Je pense que vous savez déjà que Yacchin est décédée ? » demande Miyazaki au caméraman chargé de le suivre. « Elle est morte subitement. Yacchin me disait souvent : « Tu va en faire encore un. » Je lui répondais : « Je vais le faire si Yacchin en est. » Et elle ne m'a jamais répondu. Elle ne m'a pas dit quelle ne pourrait pas le faire. C’est dur. »

Miyazaki est à nouveau sur sa table à dessin.
« Est-ce que ce sont les storyboards du nouveau film ?
- C’est juste un test. Si je parviens à en dessiner une centaine, je serais en mesure de savoir si ça vaut la peine de le faire ou non. C’est difficile. »

« Il n’est pas encore certain que le nouveau long métrage de Hayao Miyazaki recevra réellement ou non un feu vert » conclut la voix de Chika Sakamoto. « Mais vivre, c’est faire des films. C’est ce que Miyazaki-san a réalisé. »


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