Musée Ghibli > Exposition temporaire Laputa, le château dans le ciel


Exposition temporaire 2002
Laputa, le château dans le ciel
et les machines de science-fiction imaginaires



Le château dans le ciel, sorti en été 1986, au Japon, est le premier long métrage du studio Ghibli. Les machines que l’on voit dans le film furent conçues à partir de celles imaginées dans les romans de science-fiction du 19ᵉ siècle. Curieuses voire farfelues, ces machines reflétaient aussi bien le côté immature de l’homme dans son approche de la science, qu'une croyance optimiste dans toute puissance de la technologie. Elles dépeignaient aussi parfaitement bien la force de l'imagination et le désir d’explorer les mondes inconnus de cette époque.
Avec l’exposition temporaire Laputa, Le château dans le ciel et les machines de science-fiction imaginaires, Hayao Miyazaki a souhaité faire le lien entre le monde des machines fantastiques qui ont été rêvées par le 19ᵉ siècle et le film Le château dans le ciel, héritier de ces rêves.
Cette exposition, exceptionnelle dans sa description de l’univers du film, grâce à divers affichages explicatifs, d’illustrations du dessinateur français Albert Robida et de maquettes (on pouvait notamment y contempler une réplique grandeur nature d’un ornithoptère), proposa également trois courts métrages exclusifs qui furent projetés dans des Film Box, sorte de TV à la forme un peu rétro et dans laquelle se trouve un projecteur qui diffuse le film, sans utiliser d'écran TV ni de magnétoscope.
Ces courts sont les suivants :

Le modèle grandeur nature de l'ornithoptère Alcione, visible dans le court métrage Machines volantes imaginaires,
spécialement construit pour l’exposition.

Note d’intention de l’exposition par Hayao Miyazaki (novembre 2001)

« Avec cette exposition, j’ai souhaité stimuler l’imagination des plus jeunes en leur montrant les étranges et fantastiques machines imaginées par l’homme à l’aube de l’âge de la machine, au 19ᵉ siècle. Je les ai connectées à l’univers du film Laputa, le château dans le ciel, qui porte la même tradition.
Cette exposition ne touche qu’à un aspect de cette civilisation des machines, mais j’ai voulu en faire une opportunité pour enrichir la conscience historique des enfants à propos de la civilisation des machines.
Pour nous qui vivons dans cette époque crépusculaire où les produits apparus durant cet âge sont appréciés et considérés comme acquis, connaitre l'aube de cet âge fait partie des bases de l'éducation. Au 19ᵉ siècle, la peur et l'insécurité se mêlaient déjà aux espoirs et à l’optimisme suscités par l'âge des machines.
Nos enfants sont destinés à vivre une époque où les folies de la civilisation doivent être guéries. »

Scénographie

Première partie : « L’histoire commence ici »

C’est au 19ᵉ siècle, avec la révolution industrielle, que le roman de science-fiction nait en Angleterre et en France. On retrouve dans ces textes l’affirmation, mais aussi les doutes de l’homme, face au développement des technologies scientifiques et leurs apports dans nos sociétés.
Les britanniques H. G. Wells et Arthur Conan Doyle, ou encore le français Jules Verne, sont les auteurs les plus célèbres du roman de science-fiction du 19ᵉ siècle. Leurs œuvres sont toujours lues et appréciées de nos jours.
Ecrit au début du 19ᵉ siècle, c’est le roman gothique Frankenstein ou le Prométhée moderne, de Mary Shelley, qui est considéré a posteriori comme le précurseur de la science-fiction. Le roman précède en effet la médecine moderne avec notamment l’utilisation de l’énergie électrique pour redonner la vie.
C’est dans le roman Les voyages de Gulliver de Jonathan Swift qu’on trouve l’île volante de Laputa. Celle-ci abrite une terrible monarchie déshumanisée, dirigée par une noblesse qui domine la population du ciel. Les voyages de Gulliver n’est pas à proprement parler un roman de science-fiction car il s’agit d’un texte daté du 18ᵉ siècle. Cependant, il reste à la base du film Laputa, le château dans le ciel.

Quelque classiques du roman de science-fiction recommandés par les organisateurs de l’exposition :

  • Les voyages de Gulliver de Jonathan Swift
  • Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley
  • 20 000 lieues sous les mers de Jules Verne
  • Face au drapeau de Jules Verne
  • La machine à explorer le temps de H. G. Wells
  • Le monde perdu de Arthur Conan Doyle

Le générique de Laputa, le château dans le ciel

Le générique du Château dans le ciel montre la naissance et la chute d’un royaume dans le ciel. Les hommes obtiennent le fer grâce à la force du vent, puis commencent à exploiter, non seulement la terre, mais ses profondeurs également. Puis leur développement technologique les dirige finalement vers les cieux. Telle est la naissance de ce royaume dans le ciel. Puis, tout à coup, tout est détruit, et le royaume des cieux disparaît.
Le long métrage Le château dans le ciel débute à une époque bien ultérieure à celle qui a vu cette civilisation grandir puis décliner.

 

Cliquez pour agrandir les planches d'images annotées, extraites de l'exposition.

L’aventure prend place dans « le ravin des rebuts »

Dans Le château dans le ciel, le « ravin des rebuts », est l’endroit où se trouve la mine dans laquelle travaille comme apprenti mécanicien, Pazu, le personnage principal. Le modèle des paysages du long métrage est le pays central de la révolution industrielle : l’Angleterre. A cette époque, le pays rasait ses forêts pour fabriquer du fer. Le résultat : partout dans le pays, les montagnes sont devenues désertiques. Après avoir utilisé le coke pour fabriquer du fer, les anglais ont continué à creuser les sous-sols du pays pour en extraire ses trésors, comme le charbon ou le minerai de fer. Le « ravin des rebuts » a été inspiré par cette image. Il s’agit donc d’un endroit très accidenté. La plupart de sa population l’a déserté et le ravin est rempli d’usines délabrées et abandonnées.

Maquette de la mine du « le ravin des rebuts » où travaille Pazu. On y trouve une chaudière qui fabrique de la vapeur en brûlant du charbon. C’est un modèle de moteur à vapeur ancien qui fait marcher le monte-charge qui transporte les minerais de fer et les mineurs dans les profondeurs de la terre. La grande poulie est le symbole de la mine. Cette maquette a spécialement été créée pour l’exposition.

Cliquez pour agrandir l'image.

Dans le film Laputa, le château dans le ciel, Dora et sa famille poursuivent Pazu et Sheeta sur les rails de « Emmental Hill » (colline qui ressemble à du gruyère) qui vont vers la vallée de rouille écarlate. Lors de la création du film, l’équipe appelait cette scène de poursuite « okake », version courte du mot « oikake » (poursuite).
Ce panneau d’illustration avec vue depuis le ciel a spécialement été dessiné pour l’exposition. Les images sont extraites du film Le château dans le ciel.

Cliquez pour agrandir la planche d'images annotées, extraite de l'exposition.

Les machines de science-fiction imaginaires dans Laputa, le château dans le ciel

Flaptère
Avion en forme d’insecte qui avance en battant des ses 4 ailes électriques, aux muscles artificiels. Le tangage des ailes et l’orientation du poids du pilote permettent de monter, descendre et de s’arrêter librement dans l’air.
Hauteur : 1 m 22 cm / Largeur : 7 m 20 cm (ailes comprises)
Vitesse : de 0 à 60 nœuds*
Vitesse maximale : 182 km/h avec utilisation des booster
Distance de vol en continue : 218 km sans vent
Goliath
Grand cuirassé de guerre. Dernier modèle de l’armée. Il peut contenir jusqu’à 360 soldats, un arsenal d’armes à feu, et 3 avions rocket. Le Goliath est considéré sans prédateur possible.
Longueur : 312 mètres / Hauteur : 82 mètres / Largeur : 84 mètres
Vitesse maximale : 98 nœuds*
Vitesse moyenne : 58 nœuds*
Distance de vol en continue : 16 000 km sans vent
Robot soldat
Robot à moitié vivant fabriqué par la civilisation disparue de Laputa. La couleur de l’emblème sur leur poitrine permet de distinguer leur appartenance. Deux lumières au milieu du visage lui permet de communiquer avec l’homme. Le modèle soldat est équipé d’une fonction rayon laser et à la capacité de voler.
Hauteur : 3 m 44 cm
Poids : 238 kg
Matière : céramique caoutchouteuse à mémoire de forme de haute technologie

Cliquez pour agrandir le plan de coupe annoté
du Tiger Moss, spécialement dessiné pour l’exposition.
Tiger Moss
Repère de Dora et de sa famille de pirates du ciel et vaisseau-mère des Flaptères. Le Tiger Moss avance principalement grâce aux 4 hélices placées à l’arrière de ce « bateau volant ». Celles-ci sont mobiles dans les 2 sens, indépendamment l’une de l’autre. Les rotors sous les ailes principales servent de seconde poussée quand le vaisseau monte.
Longueur : 42 mètres / Hauteur : 20 mètres / Largeur : 54 mètres
Vitesse maximale : 72 nœuds*
Vitesse moyenne : 35 nœuds*
Distance de vol en continue : 3 820 000 km sans vent

 

* 1 nœuds = 1 mille nautique par heure (1 mille nautique = 1 852 km)


Seconde partie : « L’imaginaire s’étend même aux océans »

La science-fiction, c’est aussi la mer. Que trouve t-on au fond des océans ? Les hommes ont imaginé depuis longtemps déjà des cimetières de bateaux coulés, un monde de ténèbres habité par des monstres gigantesques. Depuis l’invention des systèmes de propulsion anaérobie et électrique, le sous-marin, basiquement un bateau qui va sous l’eau, est devenu réalité, et le fond des océans est devenu le terrain de jeu du roman de science-fiction.
« Le château dans le ciel est un film qui se passe dans les cieux. On voit donc la mer seulement d’en haut. Mais la mer provoquait elle aussi l’imagination de l’homme, comme on le voit dans le roman 20 000 lieues sous les mers. On ne pourra jamais oublier la surprise quand le Cœlacanthe, considéré comme un animal disparu, a été découvert. Quand des bateaux de pèche japonais ont trouvé de mystérieux os qui ressemblaient à ceux du Plesiosaurus, tout le Japon était excité. Même moi, Directeur du musée Ghibli (NDT : certainement, Gorô Miyazaki), j’étais passionné, et je me souviens avoir crié devant la radio. Plus tard, malheureusement, il s’est avéré que ces os n’étaient que ceux d’un requin pèlerin. »

Comme Jules Verne, les océans ont également inspiré l’imagination des auteurs du 19ᵉ siècle. L’exposition se concentre alors sur un sous-marin à l’apparence d’un poisson ou sur une base secrète construite à l’intérieur d’une île volcanique, tout droit inspirés du Nautilus et de l’île secrète du Capitaine Némo dans le roman 20 000 lieues sous les mers.

Sous-marin de recherche Cumbria

Le Cumbria est une sorte de synthèse des sous-marins pensés au 19ᵉ siècle. Sous l’eau, il se propulse avec des rames mécaniques, mais il a aussi la possibilité d’avancer sur la mer grâce à une voile.
Hayao Miyazaki regrette que cette machine ne soit pas présente dans le film Le château dans le ciel.
Longueur : 12 mètres
Déplacement : 71 tonnes
Membre d’équipage : 4 personnes
Vitesse maximale dans l’eau : 7,6 nœuds (14 km/h)


Cliquez pour agrandir la photo de la maquette du sous-marin Cumbria, spécialement créée pour l’exposition.

Repères cachés imaginaires : base secrète

« Fille au garçon, qui n’a jamais rêvé de posséder sa propre base secrète cachée ? Il s’agit d’un rêve d’enfant immuable. La plupart des bases secrètes présentent dans les romans de science-fiction sont dans la continuité de ces rêves. Si le méchant, et même le héros, n’a pas son repère, il ne peut pas faire avancer ses plans tranquillement. Une base secrète est aussi un lieu de détente et de récupération après l’aventure. On n’en voit aucune dans le film Le château dans le ciel, mais Dora et sa famille des pirates de l’air doivent bien posséder 2 ou 3 de ces bases secrètes quelque part. »

Cliquez pour agrandir le plan de coupe annoté de L’île volcanique mystérieuse, extrait de l'exposition.


Troisième partie : « La face sombre de la science imaginaire »

Les rêves et les désirs des hommes sont dépeints comme quelque chose de l’ordre du possible dans l’univers de la science-fiction. Les avancées de la science et de la technologie ont transformé ces rêves en réalité, rendant la vie de l’homme plus simple et plus confortable. Mais au même moment, la plupart des armes de destruction qui apparurent dans l’univers de la science-fiction sont elles aussi devenues réalité. Le 20ᵉ siècle est ainsi devenu une ère de carnage de masse sans précédent. L’imagination peut parfois inviter au désastre. Pourtant, sans elle, le confort de nos vies serait perdu.

Cette dernière partie de l’exposition est essentiellement illustrée par le court métrage L'invention des machines imaginaires de destruction (Kûsô no Kikaitachi no Naka no Hakai no Hatsumei), réalisé par Hideaki Anno.


Le mot de la fin

« De nos jours, et malgré l’étroitesse, tout le monde peut voyager en avion. Une promenade dans le ciel n’est pas bien difficile. Cependant, l’envie de l’homme de s’envoler dans le ciel a t-elle été satisfaite ? Les enfants, les adolescents, ne souhaitent t-il pas aller au-delà des nuages qui flottent dans le ciel d’été ?
L’envie de voyager ne disparaitra pas, même à une époque où les gens peuvent voyager librement. Le désir d’aller dans les cieux ne disparaitra jamais. »



Fiche technique

Titre : Laputa, le château dans le ciel
et les machines de science-fiction imaginaires
Dates de l’exposition : Du 2 octobre 2002 jusqu’au 9 mai 2004
Planification et conception : Hayao Miyazaki
Producteur : Gorô Miyazaki
Organisateurs : Fondation culturelle mémorielle Tokuma pour l’animation
et Mamma Aiuto Co., Ltd.
Collaboration spéciale : Toshio Suzuki
Collaboration à la création : Studio Ghibli

Sources : fascicule de l'exposition temporaire Laputa, le château dans le ciel et les machines de science-fiction imaginaires et catalogue du musée Ghibli de Mitaka (version revue et augmentée)
Remerciements : merci à Yasuka Takeda pour les traductions
Dernière mise à jour : 06/03/2016

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