Buta Connection Index du Forum Buta Connection
Le site francophone consacré au studio Ghibli

 FAQFAQ   RechercherRechercher   Liste des MembresListe des Membres   Groupes d'utilisateursGroupes d'utilisateurs   S'enregistrerS'enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 
Fanfic "Le Voyage de Chihiro" (par Velf)
Aller à la page 1, 2, 3 ... 17, 18, 19  Suivante
 
Poster un nouveau sujet   Ce sujet est verrouillé, vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.    Buta Connection Index du Forum -> Le forum Fan Ghibli
Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant  
Auteur Message
Hoshi no Awa



Inscrit le: 19 Nov 2006
Messages: 84
Localisation: Tigane

MessagePosté le: 04 Fév 07 13:58    Sujet du message: Fanfic "Le Voyage de Chihiro" (par Velf) Répondre en citant

Edit modo :
La fan-fic est désormais entièrement publiée et gérée sur le forum suivant :
http://indebtedforum.proboards.com/index.cgi?board=french

Si vous voulez la consulter, il faudra vous inscrire sur le forum, mais la procédure n'est pas très compliquée.
Merci de ne pas recréer de sujets sur la fan-fic.


Hello à tous!

En farfouillant sur le Web', j'ai trouvé un site proposant une trilogie de fanfic sur "Sen to Chihiro.....".

Voici le lien:
http://www.fanfiction.net/u/619505/

Par contre, personnellement, j'ai un [gros] problème: mon niveau d'anglais est tellement minable que je n'y comprend rien![ou du moins, pas grand chose...]

Néanmoins, peut-être que ce site plaira aux "anglophones".

ps: il n'y aurait pas un gentil Butadien qui se sacrifierait pour en faire une traduction???? Embarassed


Dernière édition par Hoshi no Awa le 27 Mar 08 19:55; édité 3 fois
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Visiter le site web du posteur
kitsu
Buta-chroniqueur
Buta-chroniqueur


Inscrit le: 19 Nov 2006
Messages: 126
Localisation: bois, sous-bois et poulaillers

MessagePosté le: 13 Fév 07 17:00    Sujet du message: Répondre en citant

Question pour les modos: Peut-on poster des traductions de fanfics directement sur le forum?
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Ceïba
Webmaster / Modérateur
Webmaster / Modérateur


Inscrit le: 24 Avr 2003
Messages: 2700
Localisation: En train de preparer un plan contre la FNAK!

MessagePosté le: 13 Fév 07 23:48    Sujet du message: Répondre en citant

Si tu as l'accord de l'auteur de la fanfic et si tu cites ta sources, cela ne devrait pas poser de problème, je pense.
_________________
http://ladameducdi.over-blog.com/
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer l'e-mail Visiter le site web du posteur
kitsu
Buta-chroniqueur
Buta-chroniqueur


Inscrit le: 19 Nov 2006
Messages: 126
Localisation: bois, sous-bois et poulaillers

MessagePosté le: 17 Fév 07 12:29    Sujet du message: Répondre en citant

Hoshi, j'espère pour toi que tu penses du bien des renards Smile

L'auteur m'a gentiment donné la permission de traduire et poster ici une de ses fanfics. Elle va lire ce fil, alors faites attention à ce que vous dites (même si elle ne comprend pas très bien le français) Smile

EDIT : La traduction des chapitres 1 à 10 a été retouchée par Méluz, Kalysto et Orion. Le texte ci-après est la version finale (avril 2009).


LE COURAGE DE L'ESPRIT

Titre original : Courage of the Spirit
Auteur: Velf
Source: http://www.fanfiction.net/u/619505/


Chapitre 1
Vivre sans savoir



Chihiro soupira et se regarda dans le miroir. Elle venait de passer une nouvelle nuit sans sommeil, et s'était extraite de son lit juste à temps pour son cours magistral de dix heures. Elle jeta un coup d'œil à son emploi du temps : Monsieur Davis. Elle ne parvenait ni à prononcer le nom de cet homme ni à comprendre les subtilités de son cours de mythologie européenne.

Certes, le sujet n'était pas sans intérêt, et Monsieur Davis parlait parfaitement le japonais. Lorsqu'une interjection en anglais lui échappait, quand par exemple le rétroprojecteur tombait en panne, Chihiro comprenait à peu près tout ce qu'il disait. Néanmoins, il proférait parfois des jurons dont elle ne saisissait pas le sens. Elle avait commis l'erreur de demander leur signification à un étudiant du programme d'échanges (un ami de son amie Linca). Le jeune homme avait quelques années de plus qu'elle. Il s'appelait Scott, ce qu'elle trouvait amusant parce qu'en anglais, a Scot c'est un Ecossais, et que justement il l'était. Pourquoi ses parents lui avaient-ils donné ce prénom ? Ils ne l'aimaient pas, peut-être... Il était grand et mince, avec des cheveux roux assez clairs et coupés courts. Son teint était très pâle et son nez légèrement parsemé de tâches de rousseur claires. Elle l'avait tellement fait rire qu'il en avait eu les larmes aux yeux. Au lieu de lui répondre, il lui avait proposé de discuter autour d'un café des mystères des injures britanniques. Elle avait refusé.

Elle enfila son pull, ce qui ébouriffa ses cheveux qu'elle venait de coiffer, et la fit grimacer. Elle jeta un coup d'œil au réveil. Dix heures moins dix ! Elle sortit en toute hâte de sa chambre. Un instant plus tard elle y revenait en dérapant à moitié.

« Pardon », dit-elle en direction du mur derrière son lit ; sur ce mur était accrochée une peinture représentant un dragon blanc. Elle toucha le nez de la créature et passa sa main sur sa tête, comme elle faisait tous les matins, et tous les soirs. Puis elle ressortit en courant.

-------------------------------------------------------------------------------

La voix de Monsieur Davis bourdonnait sans interruption. Chihiro avait adopté la position que Linca et elle avaient baptisée « la magistrale-attitude ». C'était une position adaptée aux cours magistraux vraiment rasants. Elle donnait la possibilité de faire la sieste, sans que ça se voie trop. Avant de faire la connaissance de Linca, Chihiro avait dû prendre le risque de se faire surprendre — s'endormir la tête entre les mains était dangereux parce que les coudes avaient tendance à glisser et le visage finissait par percuter violemment le pupitre.

Comme Linca était du genre menue, plus petite que Chihiro d'une bonne tête, elle pouvait facilement caler sa tête entre l'épaule et le cou de cette dernière. Chihiro pouvait alors poser son menton sur la tête de Linca de sorte qu'il ne glisse pas quand elle s'endormait. Vues de l'avant, elles donnaient l'impression d'être éveillées et studieuses. C'était parfait, sauf que cela suscitait quelques vilaines rumeurs au sujet de leurs relations. Chihiro rougissait quand les gens les évoquaient, mais Linca plaidait coupable sans la moindre gêne.

« Ca les déconcerte vraiment si tu l'admets d'un air décontracté », avait-elle dit à Chihiro. « Et je ramasse plus d'hommes comme ça. Ca les titille de penser que tu aimes les femmes plus qu'eux. »

« Les dragons ! » s'exclama Davis. Chihiro, réveillée en sursaut, se mit à écouter. « Le mythe du dragon, selon les scientifiques, serait issu d'observations du lézard moniteur. La morsure de ces lézards de grande taille est venimeuse, et l'on sait qu'ils ont déjà attaqué et dévoré des gens. » Une image apparut à l'écran, montrant une espèce de monstre avec des dents noires et des écailles verdâtres. « Toutefois, dans les milieux s'intéressant à la mythologie, on estime généralement que cette explication est tirée par les cheveux. D'où vient ce concept extraordinaire, qui est celui d'un lézard qui vole ? On le trouve sous différentes formes, sur presque tous les continents, et il est répandu dans de nombreuses cultures. Est-ce que ces cultures ont développé ces mythes de manière indépendante ? Ou bien ce phénomène s'est-il répandu grâce au commerce dans l'Antiquité ? Tout ce dont nous sommes sûrs, c'est que ce mythe est ancien. Par exemple, certains esprits japonais peuvent prendre la forme humaine ou celle d'un dragon. Les dragons européens sont d'allure plus reptilienne, et le plus souvent, ils crachent du feu et sont malfaisants. Aucune forme humaine ne leur est associée. » Chihiro sentit son cœur battre et l'amphithéâtre se mit à osciller. Ne voulant pas en entendre davantage, elle se leva et sortit en courant de l'amphi.

-------------------------------------------------------------------------------

De retour dans sa chambre, Chihiro se planta devant l'image du dragon. Elle l'avait achetée deux ans plus tôt. C'était une peinture sur soie entourée d'un fin cadre noir, et l'on y voyait une tête de dragon en gros plan, sur un fond de ciel nuageux. C'était tout à fait lui, à part les yeux rouges et non vert jade comme dans son souvenir. Sa mère s'était inquiétée quand Chihiro l'avait ramenée d'une foire aux œuvres d'art. Mais sa mère s'inquiétait toujours à son sujet. Depuis qu'elle lui avait parlé de...

Elle tendit le bras vers l'image et la caressa de ses doigts, d'abord sur le nez puis au-dessus, tout en savourant la douceur du tissu.

« Etais-tu bien réel ? » dit-elle d'une voix tremblante, en soupirant. « Ou t'ai-je seulement imaginé ? » Cela faisait des années qu'elle n'avait pas pleuré en évoquant ces pensées, mais à présent deux larmes coulaient sur ses joues. Elle sursauta en réalisant que son visage était mouillé. Pleurer, c'était révéler ses émotions ; elle avait appris à les dissimuler à tous les regards. S'ils connaissent tes points faibles, ils s'en serviront contre toi.

« Tu m'avais promis ! » siffla-t-elle, en colère à présent. « Tu m'avais promis que je te reverrais ! » Elle recula maladroitement de quelques pas. « Ca fait dix ans et même pas un signe de vie ! » Elle se sentait bête en disant cela mais n'en décolérait pas pour autant. « Tu n'as jamais existé, c'est dans ma tête. » Elle ferma les yeux en murmurant cette phrase, puis se la répéta encore et encore. Enfin, elle ouvrit les yeux et sourit ; elle se sentait mieux, la faiblesse était passée. Mais cette nuit-là encore les rêves revinrent, des rêves d'un lieu, d'un temps, et de gens qui semblaient maintenant très loin.

Chihiro se réveilla en sursaut. Elle sentit tout d'un coup s'abattre sur elle la solitude et l'obscurité. Elle s'assit, ramena vers elle ses genoux qu'elle enlaça, et se mit à pleurer comme elle ne se l'était plus permis depuis longtemps. Elle avait pris une décision à l'âge de treize ans — une décision qui lui avait coûté cher, mais qui lui avait permis de vivre une vie relativement normale, en apparence. Elle avait choisi de nier la vérité, mais là, ce crétin de Davis avait tout fait ressortir. Ces choses n'avaient jamais été enfouies assez profondément de toute manière. Doucement, avec précaution, Chihiro s’efforça de rendre plus nettes les images imprécises qui avaient surgi dans sa conscience.


--
Auteur : Velf (blog) (fanart) (forum)
Traduction : kitsu
Editions : Méluz, Kalysto, Orion


Dernière édition par kitsu le 28 Avr 09 04:18; édité 1 fois
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Hoshi no Awa



Inscrit le: 19 Nov 2006
Messages: 84
Localisation: Tigane

MessagePosté le: 19 Fév 07 20:09    Sujet du message: Répondre en citant

Youpi
kitsu merci beaucoup d'avoir pris le temps de traduire..... En postant cette fan-fic je ne pensais vraiment pas que quelqu'un allait se donner la peine de répondre à mon post-criptum!!!
Encore merci et.....vivement la suite Very Happy

ps: je n'ai aucun préjugé contre les renard Wink
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Visiter le site web du posteur
kitsu
Buta-chroniqueur
Buta-chroniqueur


Inscrit le: 19 Nov 2006
Messages: 126
Localisation: bois, sous-bois et poulaillers

MessagePosté le: 19 Fév 07 23:59    Sujet du message: Répondre en citant

Et voici le chapitre deux de cette extraordinaire fanfiction. Je dois dire que je lis rarement les fanfics, mais quand j'ai vu sur le site que l'auteur avait obtenu plus de 1500 commentaires de lecteurs (alors qu'en général c'est plutôt 5 ou 10), j'ai quand même été intrigué...


Chapitre 2
Le prix des souvenirs



Après l'installation dans la nouvelle maison, Chihiro s'était montrée silencieuse et réservée, à l'opposé de son comportement habituel. Sa mère s'en était inquiétée de plus en plus, et au bout d'une quinzaine de jours, elle avait estimé que le moment était venu d'avoir une conversation sérieuse.

« Mais que s'est-il passé ? Tu peux tout me raconter, tu sais », avait-elle insisté, sur un ton de prière. « Nous voyons bien que quelque chose te tracasse ; ton père et moi ne pouvons pas t'aider si tu ne dis rien.

— Vous ne me croiriez pas, avait-elle marmonné.

— Bien sûr que si, je te croirai ! Tu ne mens pas, Chihiro, tu n'as jamais menti. » Chihiro avait senti son menton trembler à ce moment — elle s'en souvenait encore.

« C'est juste qu'ils me manquent beaucoup.

— Qui ? demanda sa mère, tes anciens amis ?

— Non, mes nouveaux, Kamaji, Lin, Haku, Sans-Visage et Grand-mère Zéniba.

— Chihiro, dit sa mère doucement, qui sont ces gens ? De quoi est-ce que tu parles ? » Alors Chihiro lui avait raconté toute l'histoire. Le lendemain, un médecin était venu à la maison et lui avait demandé de dire la vérité. Chihiro se rappelait avoir eu tellement peur qu'elle avait donné encore plus de détails au médecin qu'à sa mère.

Les jours suivants, ses parents l'avaient harcelée sans cesse pour qu'elle dise la vérité ; mais c'était ce qu'elle faisait. Ils avaient été changés en cochons, elle avait passé trois jours dans le monde des esprits, et elle les avait sauvés. Comment pouvaient-ils expliquer ce qui était arrivé à la voiture ? Une farce, disaient-ils. Mais pourquoi faire ça ? Pourquoi ne pas dégonfler les pneus ou rayer la peinture ? Ni l'un ni l'autre n'avait de réponse satisfaisante. Comment se faisait-il que les déménageurs soient déjà partis, leur travail terminé, lorsqu'ils étaient arrivés à la nouvelle maison ? Son père marmonnait quelque chose du genre qu'ils étaient efficaces, mais on voyait que ça le faisait réfléchir. Peine perdue, elle s'était retrouvée en thérapie durant les quatre années suivantes.

Son premier thérapeute l'avait suivie un an. Il n'était pas très bon, mais c'était un homme plutôt gentil, avec des cheveux blancs et une moustache. Il voulait juste la faire parler. Il ne prenait jamais de notes, il ne donnait pas son opinion et ne recommandait rien ; Chihiro avait l'impression que l'histoire lui plaisait, pour tout dire. Elle l'aimait bien ; il ne l'accusait jamais de mentir.

Exaspérés par son manque de progrès, ses parents l'avaient emmenée voir un autre thérapeute en ville. Une femme au visage anguleux, avec des cheveux foncés et la peau tannée par le soleil. Le montant de ses honoraires, il valait mieux ne pas en parler. Chihiro n'aimait pas cette femme ; d'ailleurs, elle ne se rappelait même pas son nom, à présent. La thérapeute avait pris des tas de notes et mis en doute chaque phrase de son récit.

Ces séances donnaient des sueurs froides à Chihiro. Cela avait duré pas mal de temps. A ses parents, Chihiro ne parlait plus que de l'école. Ils avaient vu cela comme un progrès, quand en réalité, elle ne leur faisait plus confiance. Elle avait des problèmes à l'école aussi. Ses notes étaient bien au-dessus de la moyenne ; mais, d'une manière ou d'une autre, ses camarades avaient appris qu'elle était en thérapie. Aucun d'eux ne savait pourquoi, mais après ça, sa présence ne fut que tout juste tolérée. Elle n'était pas persécutée pour autant, juste ignorée.

Tous les six mois, les parents de Chihiro étaient convoqués dans le cabinet de la thérapeute, après l'une de ses séances. A l'age de 13 ans, elle s'était mise à leur en vouloir, à tous, de la croire folle. Un jour, alors que ses parents l'attendaient à l'extérieur, elle avait fini par craquer. Elle revoyait encore ce qui s'était passé...


« Chihiro, répète la thérapeute pour la centième fois, tu te doutes bien que ce n'est pas crédible, il serait peut-être temps de grandir et de cesser de jouer à ces jeux d'enfants, non ? Tes parents en sont malades d'inquiétude. » C'est plus qu'elle ne peut en supporter. Elle se lève et sort comme un ouragan de ce cabinet. La thérapeute lui court après, et la retient par le bras !

« Lâchez-moi ! » hurle-t-elle en se dégageant. Ses parents sont derrière elle, mais qu'en a-t-elle à faire maintenant ? Elle crie « Non ! » au visage de la thérapeute puis se met à hurler d'une voix hystérique : « NON, NON, NON ! Vous avez tort, vous avez tous tort ! J'ai vu ces choses ! J'ai vu ces gens, ils étaient réels !

— Mais Chihiro... dit sa mère.

— Non ! coupe-t-elle, je ne vous écoute plus ! Je sais ce qui s'est passé, j'y étais ! Je l'ai touché, je l'ai senti, ce n'était pas un rêve ou quelque chose que j'ai inventé, pourquoi vous ne me croyez pas ? » Sa lèvre tremble de colère, elle est furieuse contre elle-même, car elle a perdu son sang-froid. « Je ne veux plus être ici ! Je veux rentrer chez moi, dans ma vraie maison ! Je vous hais tous ! »

Sa mère se met à pleurer, et son père, profondément secoué, la regarde avec des yeux vides.

« Je veux rentrer chez moi ! » hurle-t-elle à s'en faire mal aux poumons. « Je veux retrouver mes amis... retourner là où les choses ont un sens, là où on ne me prend pas pour une folle. » Elle se laisse tomber sur une chaise de la salle d'attente, totalement épuisée et les joues ruisselantes de larmes. Elle murmure « Haku, viens me chercher, je t'en prie. Je t'en prie, je veux rentrer chez moi maintenant. »

La voyant calme à nouveau, la thérapeute fait entrer ses parents dans son cabinet et ferme la porte. Pour Chihiro, il n'est plus question de respecter les règles : elle s'approche silencieusement de la porte et y colle son oreille.

« Qu'est-ce qui ne va pas chez ma fille ? gémit sa mère, pourquoi est-elle comme ça ?

— Son état s'aggrave, n'est-ce pas ? dit son père d'une voix éteinte.

— Oui et non, répond la thérapeute. Il est patent que son fantasme s'est profondément ancré, et que Chihiro croit à tout cela. Toutefois, le fait même qu'elle se soit montrée agressive envers nous tous est un bon signe.

— Comment ? dit sa mère d'une voix rauque. Comment pouvez-vous dire ça alors qu'elle nous déteste ?

— Notre attitude constante de refus vis-à-vis de son fantasme est en train de faire son effet ; nous avons mis le doute dans son esprit. Cet accès passager nous montre qu'elle essaye de se convaincre que son doute est erroné. Elle tente de consolider le fantasme.

— Alors, que faisons-nous, maintenant ? demande son père.

— J'aimerais lui faire une petite ordonnance... »


Chihiro se souvenait s'être éloignée d'un bond de la porte. Des médicaments ? Ils pensaient qu'elle avait besoin de médicaments ? Elle en avait été bouleversée, et assez effrayée. Deux jours plus tard, les médicaments étaient achetés et Chihiro avait dû avaler les deux pilules jaunes sous l'œil de sa mère ; c'est alors qu'elle avait pris sa décision.

« Plus jamais », avait-elle chuchoté, une fois seule dans l'obscurité de cette nuit-là. « Ils ont tous tort, c'est vraiment arrivé, mais je suis obligée de vivre dans ce monde, alors il faut que j'essaie d'oublier. Haku a dit qu'on se reverrait, mais je pense qu'il m'a dit ça juste pour que je parte. Il pensait sans doute que c'était mieux pour moi. » Elle s'était remise à pleurer. « Mais il s'est trompé, je déteste ce monde, c'est comme si j'avais laissé une partie de moi en arrière... En tout cas, maintenant, je n'ai plus le choix, il faut que j'arrête d'y croire. » Alors elle avait prononcé ce qui deviendrait pour elle des mots magiques :

« Ca n'a jamais existé c'est dans ma tête. »

« Ca n'a jamais existé c'est dans ma tête. »

« Ca n'a jamais existé c'est dans ma tête. »

« Ca n'a jamais existé c'est dans ma tête. »


--
Auteur : Velf (blog) (fanart) (forum)
Traduction : kitsu
Editions : Méluz, Kalysto, Orion


Dernière édition par kitsu le 28 Avr 09 04:19; édité 1 fois
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Xavier
Webmaster-Admin
Webmaster-Admin


Inscrit le: 16 Mar 2002
Messages: 339
Localisation: Houilles

MessagePosté le: 24 Fév 07 21:04    Sujet du message: Répondre en citant

Je viens seulement de lire les deux premiers chapitre de cette fanfiction. J'ai beaucoup aimé et j'attends donc la suite avec impatience Very Happy Super!
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer l'e-mail Visiter le site web du posteur
Ceïba
Webmaster / Modérateur
Webmaster / Modérateur


Inscrit le: 24 Avr 2003
Messages: 2700
Localisation: En train de preparer un plan contre la FNAK!

MessagePosté le: 24 Fév 07 22:04    Sujet du message: Répondre en citant

Bis repetita je trouve le début de cette fan fic très prometteuse et pour le coup, très originale! J'ai hâte de connaître la suite!! Chinois
_________________
http://ladameducdi.over-blog.com/
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer l'e-mail Visiter le site web du posteur
kitsu
Buta-chroniqueur
Buta-chroniqueur


Inscrit le: 19 Nov 2006
Messages: 126
Localisation: bois, sous-bois et poulaillers

MessagePosté le: 25 Fév 07 01:18    Sujet du message: Répondre en citant

Allez, pour les beaux yeux d'Hoshi, je me fends d'un autre chapitre. Je n'ose rien dire quant aux beaux yeux de Ceïba, car je crois qu'elle est fiancée Smile
Blague à part, ce que j'aime bien chez cette Anglaise (Velf, pas Hoshi), c'est qu'elle ne se prend jamais au sérieux. Elle navigue à la limite de la parodie (j'espère que ça se sent dans ma traduction d'amateur). Mais il y a quelque chose qui me touche, subtilement, dans cette quasi-parodie. Allez savoir ce que c'est... It's a kind of magic, I suppose Smile


Chapitre 3
La vie, nouvelle tentative



Elle se répéta les mots encore et encore. Au début, à chaque fois qu'elle le faisait, elle avait l'impression de s'ôter le cœur avec un couteau émoussé. Les jours passant, la douleur s'atténua, et bientôt les mots se mirent à revenir automatiquement, dès que l'idée du monde des esprits lui traversait la tête. Les rêves ne disparurent jamais, contrairement à ce qu'elle racontait à tout le monde. Elle devint également experte dans l'art d'escamoter les comprimés avec sa langue. La méthode la plus efficace consistait à les laisser fondre contre ses joues, avant de les recracher dans un verre de jus de fruits, ou dans une tasse de thé (ça ne serait pas passé inaperçu dans de l'eau). Bientôt elle réussit à ne plus en avaler aucun, alors même que tout le monde lui faisait observer à quel point ils lui faisaient du bien. Six mois plus tard, son père déclara que ces médicaments étaient la meilleure chose qu'ils aient jamais tentée, et qu'ils auraient dû commencer le traitement des années auparavant. Ca faisait mal d'entendre ça.

En y repensant, Chihiro se rendait compte qu'une partie d'elle-même était morte ce jour-là, dans le cabinet de la thérapeute. Le fait de ne pas prendre ses médicaments était le seul geste de défi qui lui restait. Elle était devenue une talentueuse actrice, d'apparence joyeuse et pleine d'entrain, mais révoltée intérieurement. Les années passèrent ; elle cessa la thérapie à 14 ans et se plongea alors dans son travail scolaire. A 19 ans elle obtint une place à l'université. A la longue la révolte s'était éteinte, il ne restait en elle qu'un vide béant qu'elle n'osait pas regarder. Parfois ce sentiment de vide lui faisait mal, physiquement, au point de lui faire porter la main à sa poitrine, à la manière de quelqu'un qui n'arrive pas à respirer.

On lui avait offert une place en sciences, mais elle avait tôt fait de changer pour choisir...

« Les Mythologies du monde ? avait crié sa mère au téléphone. Quelle sorte de diplôme ça te donnera ? » Peut-être était-ce encore un geste de défi ; en tout cas, l'année précédente elle avait modifié son cursus, et avait mis ses parents devant le fait accompli.

« C'est ce que je veux faire », avait-elle répété à ses parents, presque aussi souvent qu'elle s'était asséné les mots magiques. Finalement le message était passé, et les choses s'étaient arrangées dans l'ensemble, jusqu'à ce qu'elle repense à lui.

Il était quatre heures du matin, elle était dans son lit et chuchotait :

« Tu me manques, même là j'ai envie de rentrer chez moi. » Cette nuit-là elle ne rêva pas.

--------------------------------------------------------------------------------

Linca la retrouva à l'heure du déjeuner.

« Eh bien, on dirait que Monsieur Davis... » Elle s'interrompit en voyant le plateau de Chihiro. « Tiens, du pudding au chocolat ? Une passion inédite ? » Chihiro se mit à rire. Linca était russe et faisait des études d'ingénieur. Elle était petite et trapue, avec de grands yeux bleus et des cheveux blonds, et elle souriait tout le temps. Elle avait initié Chihiro à la vodka, une boisson dont elle chantait sans cesse les louanges. Elle s'assit et se cala confortablement contre le dossier.

« Je n'ai pas assez dormi cette nuit, dit-elle en baillant. Ca ne te dérange pas je t'accompagne à un autre de tes CM ? Il faut que je me repose, et je trouve ton sujet TELLEMENT relaxant ! » Les deux amies se sourirent malicieusement.

« Pareil pour le tien, répondit Chihiro le sourire aux lèvres. Ce CM sur le calcul des graphes, la semaine dernière, c'était parfait comme berceuse. » Elles pouffèrent de concert.

« Dis-moi, tu es de bonne humeur aujourd'hui. Il doit y avoir un homme là-dessous. Laisse-moi deviner. » Elle tapota son doigt contre ses lèvres, simulant la réflexion. « C'est cet Ecossais, celui qui a les cheveux oranges qui brillent ; ouais, c'est ton genre de mec. Tu sais que les Ecossais portent des kilts à certaines occasions ? C'est sexy les hommes en jupette.

— Berk, dit Chihiro en secouant la tête, imaginant la chose.

— Sérieusement, j'en ai vu à la télé, ils ont l'air vachement viril et leurs genoux sont tout potelés avec des fossettes. » Linca pouffa de nouveau, et Chihiro lui envoya un coup de pied dans le tibia pour l'avertir que l'homme en question approchait... « Aïe ! » gémit Linca avec une mimique théâtrale, avant de pousser un juron. Tandis qu'elle frottait sa jambe, un sourire machiavélique s'insinua sur son joli visage.

« Scott ! Tu viens nous rejoindre ? » lança-t-elle en anglais.

« Là tu en fais trop, murmura Chihiro.

— Je suis en mission ma chérie, déclara Linca. Tu as besoin d'un homme, et je vais t'en fournir un qui n'est pas dangereux, pour que tu te fasses les dents.

— Linca ! » siffla Chihiro — mais elle se tut alors que Scott s'asseyait à côté d'elle.

« Salut vous deux, dit-il avec un sourire désarmant. J'espère que je ne vous dérange pas, vous aviez l'air en pleine conversation.

— Non non, dit Linca. On comparait nos impressions sur nos cours les plus rasoirs. »

Ils se mirent à bavarder gaiement tous les deux, Chihiro ajoutant une remarque ici ou là. Tout se passa bien jusqu'à ce que...

« Le bal ? Ah, bien sûr que j'y vais ! » s'exclama Linca. « Le bal des étudiants étrangers, c'est le meilleur de toute l'année, tout le monde veut s'y faire inviter. »

« Tu y vas Chihiro ? demanda Scott, une lueur dans les yeux.

— Oh non, je suis cent pour cent japonaise ; pas d'invitation pour moi. » Elle vit Linca arborer un sourire de victoire assez béat.

« Eh bien dans ce cas, dit Scott prudemment, je n'ai pas encore de cavalière, tu veux m'accompagner ? » Chihiro ne put s'empêcher de rougir.

« Je ne sais pas... J'ai tellement de travail en ce moment. »

« Allez, T'chi », gémit Linca. Elle avait l'habitude de raccourcir le nom de Chihiro à cette première syllabe, ce qui revenait à l'appeler « Sang », mais l'intéressée ne semblait pas s'en offusquer. « On va s'amuser, poursuivit-elle. Et puis, tu ne sors jamais. Scott est un parfait gentleman qui veut aider une jeune fille en détresse, alors dis oui et viens t'amuser pour une fois.

— Je... » balbutia Chihiro, qui détestait être pressée de cette façon. Il fallait qu'elle domine la situation. Elle regarda Scott ; ses grands yeux bleus étaient ardents, et son visage au teint pâle, parsemé de taches de rousseur, avait une expression ouverte et sincère.

« Avec plaisir, dit-elle doucement. J'en serai très honorée, merci.

— Honorée ? dit Scott. Ca je ne sais pas. Tu ne m'as pas encore vu danser. »

Ils continuèrent à bavarder, puis Scott regarda sa montre.

« Enfer et damnation ! Il faut que j'y aille, j'ai un TD dans dix minutes. » Il se tourna vers Chihiro. « Alors je passe te prendre à vingt heures samedi ?

— D'accord », dit-elle avec un sourire forcé. Scott quitta la table et s'éloigna. « Linca, sale petite sournoise ! siffla Chihiro.

— Bin, si c'est le seul moyen de te faire mettre une robe pour une fois, au lieu de ce jean. C'est tellement génial de voir un homme devenir tout timide devant toi quand tu t'es bien pomponnée. » Chihiro se leva.

« Linca, s'il te plaît, n'essaye plus de me rendre service. » Elle allait partir, mais Linca lui prit la main.

« Je suis désolée, T'chi ! Je pensais que ça te ferait plaisir. Une soirée avec un mec bien, où est le problème ? » Chihiro se mordit la lèvre.

« C'est juste que les rendez-vous ne m'intéressent pas, dit-elle entre ses dents.

— Ca je m'en étais aperçue, fit Linca en riant. Tu es un peu timide, c'est tout. » Chihiro secoua la tête, ses yeux sombres se firent sérieux.

« Non, je n'ai jamais de rendez-vous. » Linca écarquilla les yeux.

« Tu veux dire que tu n'as jamais, jamais eu de rendez-vous avec un garçon ? » Chihiro hocha la tête.

« Pourquoi ? Je veux dire, regarde-toi, tu es très belle, je suis sûre qu'on t'a déjà fait des propositions. » Chihiro se rassit.

« C'est juste que... Eh bien c'est compliqué...

— Continue, l'encouragea Linca.

— J'ai eu quelques problèmes quand j'étais adolescente, soupira Chihiro. Un tas de problèmes... Tout le monde dans ma ville était au courant, alors je n'ai jamais eu de propositions, avant d'avoir dix-sept ans... » Elle lutta intérieurement pendant un moment. Pourquoi était-ce si difficile à dire, même à Linca ? « De toute façon, vers cette époque, les choses commençaient tout juste à aller mieux dans ma vie, alors je n'ai pas voulu la compliquer à nouveau avec un garçon, et je pense que je me suis habituée à être seule. »

« Et tu t'accroches toujours à l'espoir qu'un certain dragon va t'emmener loin d'ici et t'arracher à cette solitude... ». Elle s'efforça de faire taire cette vilaine petite voix dans sa tête, cette voix qui revenait à chaque fois qu'elle se sentait vulnérable. Dans un souffle, elle murmura les mots magiques.

« Quoi ? demanda Linca.

— Rien, je sais que tu n'y comprends probablement rien.

— Non », dit Linca sérieusement, ses yeux bleus devenant soucieux. « C'est tout à fait logique, tu as peur, tu as eu peur pendant longtemps. Si longtemps, en fait, que tu as choisi de sortir de la vie pour te protéger. » Chihiro n'avait jamais entendu meilleure analyse de ce qu'elle ressentait. Un sanglot lui échappa.

« Oh non T'chi », dit Linca à voix basse ; tendant les bras par-dessus la table, elle prit les mains de son amie. « Je comprends, mais je pense qu'il faudrait que tu reviennes parmi nous. Je pense que c'est ce que tu veux au fond, depuis longtemps. » Chihiro approuva de la tête. « Alors ton éducation commence maintenant, déclara Linca. On ira en ville samedi et on se fera faire tous les soins de beauté possibles et imaginables. Après on choisira une robe magnifique pour faire ressortir cette silhouette de rêve. On reviendra et on se préparera. Ensuite, Cendrillon, on ira au bal, avec un vrai prince charmant et on passera un très bon moment.

— Et si ça se passe mal, murmura Chihiro. Et si je passe un très mauvais moment ?

— Dans ce cas tu laisses tomber Boucles-De-Feu et moi je laisse tomber Hans ou Fritz ou peu importe le nom de cet Allemand. On rentrera, on écoutera des chansons d'amour pourries et on boira de la vodka jusqu'à s'écrouler.

— Bon plan », dit Chihiro en souriant faiblement. Linca se leva.

« Alors tout est en ordre. » Elle rit, mais l'instant d'après son expression redevint sérieuse. « Chihiro, j'espère que tu ne m'en voudras pas de te dire ça mais... Ma grand-mère me disait quelque chose quand j'étais plus jeune et que je rêvais toute éveillée : “Le prix du rêve, c'est la vie.” Ce que je veux dire, c'est que... Je pense que tu t'es tellement emmaillotée dans ton petit monde que tu as oublié la réalité. Les rêves ont tendance à se briser, Chihiro, et si tu n'agis pas maintenant, qu'est-ce qui te restera ?

— Merci, Linca », chuchota Chihiro. Linca sourit. « Il faut bien que les amis servent à quelque chose », dit-elle, avant de laisser Chihiro seule avec des pensées qui l'occupèrent longtemps.


--
Auteur : Velf (blog) (fanart) (forum)
Traduction : kitsu
Editions : Méluz, Kalysto, Orion


Dernière édition par kitsu le 28 Avr 09 04:21; édité 1 fois
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Hoshi no Awa



Inscrit le: 19 Nov 2006
Messages: 84
Localisation: Tigane

MessagePosté le: 25 Fév 07 16:03    Sujet du message: Répondre en citant

oh oh..... Embarassed merci beaucoup très cher Kitsu.....

En tout cas je trouve également le début très sympa...Super!

Quant à la traduction, je ne peux pas trop juger, mais en tout cas je suis épatée par ta rapidité...je trouve le résultat très "fluide". Prosternation Merci !!!

Vivement la suite Wink
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Visiter le site web du posteur
reekoo
Buta-rédacteur
Buta-rédacteur


Inscrit le: 05 Mar 2006
Messages: 135
Localisation: La ou les reves deviennent réalité

MessagePosté le: 25 Fév 07 17:05    Sujet du message: Répondre en citant

Mais elle dépote, cette fanfic! Et c'est franchement sympa de ta part de nous en faire la traduction, kitsu Wink
_________________
capable d'être dans l'incertitude, le mystère et le doute, en oubliant l'exaspérante quête de la vérité et de la raison.
Keats
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer l'e-mail Visiter le site web du posteur
kitsu
Buta-chroniqueur
Buta-chroniqueur


Inscrit le: 19 Nov 2006
Messages: 126
Localisation: bois, sous-bois et poulaillers

MessagePosté le: 03 Mar 07 00:50    Sujet du message: Répondre en citant

Le suspense devenant insoutenable, j'envoie le chapitre quatre.
Puisque cette fanfic intéresse des gens sur ce forum, je vais continuer à la traduire. Quand j'en serai au chapitre 40, je postulerai pour le titre envié et mythique de Buta-traducteur, en espérant qu'on voudra bien le créer d'ici-là Smile


Chapitre 4
Les choses acceptables, et les autres



Chihiro était épuisée et bouleversée. Comme d'habitude, les choses n'allaient pas comme prévu. Elle ferma les yeux et tenta de ne pas penser aux événements des dernières heures.

« Ce n'est pas ma faute, pensa-t-elle. Je suis une cinglée, et puis c'est tout. » Elle regarda la peinture au-dessus de son lit.

« Tout ça c'est ta faute », dit-elle en ricanant.

« Ce n'était pas de sa faute », objecta la vilaine petite voix dans sa tête. « Ce n'était pas de sa faute si tu as fait irruption par hasard dans son monde, et s'il a dû t'aider à en sortir. Ton problème, c'est que tu es tombée amoureuse de son monde, et maintenant, rien ne va, parce que tu ne veux pas être ici. »

« La ferme ! » cria-t-elle, avant de réaliser qu'elle criait contre elle-même.

« Il y a un autre problème, poursuivit la voix, c'est que tu n'aimes pas la personne que tu es devenue ; qu'est-il arrivé à la petite fille qui a affronté Yubaba, et qui y a survécu ? »

« Elle est morte », chuchota Chihiro.

« Peut-être, continua doucement la voix, peut-être serait-il temps de la laisser vivre et d'en d'assumer les conséquences. Tu n'es pas heureuse, et c'est pour ça que tu t'es comportée comme tu l'as fait ce soir. » Chihiro frissonna : elle avait vraiment mis l'homme en colère.

La journée avait commencé merveilleusement, avec des massages et des bains d'argile relaxants. Elle s'était fait faire des frisettes ; sa peau avait été si bien nettoyée et bichonnée qu'elle en rayonnait de plaisir. Chihiro avait trouvé tout cela fort agréable, et avait bavardé avec Linca toute la journée.

« C'est ça, la vie ! On devrait faire ça plus souvent, dit Linca en se prélassant dans sa baignoire.

— On est en train de claquer un fric dingue ! observa Chihiro.

— Mais non, soupira Linca. C'est pour la bonne cause.

— Attirer les hommes, dit Chihiro en riant.

— Exactement, confirma Linca en s'étirant. Tu apprends vite. Maintenant... » Elle se redressa. « Je pense qu'on devrait voir pour faire un lavement.

— Bien sûr. » Chihiro haussa les épaules. Il y eut un silence, puis brusquement les deux filles éclatèrent de rire.

Un peu plus tôt ce jour-là, elle avait acheté sa robe. Celle qu'elle avait choisie avec Linca était en satin noir, avec des bretelles blanches, également en satin ; elle enserrait sa silhouette d'une manière un peu inconfortable, mais elle la prit quand même, sur le conseil de Linca.

« Elle descend en-dessous des genoux, et elle couvre le haut du buste ; elle ne montre rien, à part ta silhouette. » Elle avait avancé la main pour défaire les cheveux de Chihiro, mais celle-ci s'était reculée.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda Linca. « J'allais juste défaire tes cheveux. »

« Je vais le faire », dit Chihiro en retirant de ses cheveux le ruban violet, dont elle entoura son poignet. Elle détestait qu'on le touche, peu importe qui. Malgré toutes ces années le ruban n'était pas usé ; il avait exactement le même aspect que lorsqu'elle l'avait reçu. Elle ne l'enlevait presque jamais. Ses cheveux tombèrent sur ses épaules et elle se regarda dans le miroir. Elle avait du mal à croire que c'était elle.

« Tu vois ? demanda Linca. Je n'avais pas raison ?

— Oui », dit-elle pour toute réponse. Linca se pencha et l'embrassa sur la joue.

« Bon retour parmi nous », lui murmura-t-elle.

Scott passa la prendre à 20 heures tapantes.

« Ouaa ! fit-il quand il la vit.

— Idem pour toi », dit-elle en le contemplant. Il portait la tenue des Highlands avec tous les accessoires : les couteaux (des durks) et l'escarcelle en peau sur le devant du kilt. Celui-ci était décoré d'argent martelé, de même que la boucle de son ceinturon. Il avait très belle allure, et... oui, elle rougit quand elle aperçut les fossettes de ses genoux.

« Maudite Linca », se dit-elle tout bas.

Linca, Scott, elle et Hans-ou-Fritz, la dernière conquête de Linca, s'entassèrent dans un taxi et se rendirent au bâtiment des étudiants étrangers. Scott aida Chihiro à descendre de la voiture et prit son bras. Le bâtiment était une structure en béton, mais à l'intérieur, son style évoquait certains opéras d'Europe, avec ses faux balcons en plâtre et son lustre.

« Qu'en penses-tu ? demanda Scott.

— C'est magnifique », répondit-elle dans un souffle. Il lui prit la main.

« Viens, allons nous chercher à boire. » Le punch était censé être sans alcool, mais durant la soirée Chihiro vit s'y déverser trois bouteilles de whisky, deux de saké, et une de la meilleure Vodka de Linca. A son deuxième verre de cette mixture, elle sentit le rouge lui monter aux joues. Quand arriva l'heure de la danse, Chihiro fut prise de panique. C'était une valse — une valse ! Qui savait encore danser ça ? Scott plaça une main dans son dos pour l'emmener vers la piste.

« Allez, dit-il, comme elle résistait.

— Je ne sais pas, balbutia-t-elle, et il rit gentiment.

— Je vais essayer de te montrer », répondit-il. Ils avancèrent ensemble sur la piste. Scott prit la main droite de Chihiro dans la sienne, plaça son autre main dans son dos, et l'attira plus près d'elle. « Le truc, c'est de ne pas regarder tes pieds, écoute le rythme et laisse-moi te guider. D'accord ? Un-deux-trois, un-deux-trois. » Bientôt, Scott la guidant, elle tourbillonnait tout autour de la salle.

Après un troisième verre de punch Chihiro sentit qu'elle était pompette. Scott avait bu plus qu'elle, mais ça ne semblait guère l'affecter. Après tout, il est écossais, et là-bas ils boivent plein de whisky, et puis ils mangent tous les mauvais morceaux de la vache, et ils font griller des trucs, plein de trucs, et puis ils font du haggis — c'est quoi ça déjà ? Bien que Scott se prétendît un danseur très moyen, il était en fait plutôt doué. Guidée par lui, Chihiro virevoltait tout autour de la salle, au rythme de toutes ces danses démodées. Il était le parfait gentleman, poli, gentil et très attentionné. Pourtant, malgré la chaleur de l'alcool, elle n'arrivait pas à se décontracter complètement.

Linca la coinça dans les toilettes.

« Eh bien toi, on dirait que tu ne vas pas beaucoup dormir cette nuit ! s'exclama-t-elle.

— Qu'est-ce que tu veux dire ? demanda Chihiro.

— J'ai vu comment Scott te regarde, ce gars est amoureux de toi. Il pense déjà au mariage dans un château écossais, et aux prénoms de tes six fils. » Chihiro ne put que la regarder, l'air complètement ébahi.

« Non, dit-elle enfin, il est gentil c'est tout.

— Cet homme te veut, c'est évident, affirma Linca. Tout ce qu'il te reste à faire, c'est décider combien de temps tu vas le faire attendre. » Linca sortit des toilettes sans rien ajouter. Chihiro se mordit la lèvre. Qu'est-ce que Linca attendait qu'elle fasse ? Elle se rendait compte que son amie prenait soin d'elle, et essayait de l'intégrer dans son groupe. Jusque là, d'accord, mais... elle n'avait pas voulu ça. Etait-elle sortie avec cet homme parce qu'elle le voulait ou parce que Linca le voulait ?

« Tu connais la réponse », répondit la petite voix caquetante, insupportable, dans sa tête. Le ruban, qu'elle avait toujours à son poignet, lui parut soudain très chaud.

Scott ramena Chihiro aux dortoirs, et l'accompagna jusqu'à sa chambre. Toutes les filles qui n'étaient pas encore couchées regardaient fixement ce bel homme bizarrement habillé. Parvenus à sa porte, elle lui sourit.

« Merci Scott, je me suis bien amusée. » Il lui rendit son sourire.

« Moi aussi ! Dis donc, on pourrait se revoir. Tu es libre demain ? » Chihiro se mit à rire, sans arrière-pensée, mais son regard rencontra les grands yeux bleus, et elle comprit qu'elle s'était trompée. C'était la façon dont il la regardait ; son regard était doux, presque rêveur, mais au fond de ses yeux elle reconnut ce dont Linca lui avait parlé. Il la désirait. Sans un mot, il se pencha, glissa une main dans son dos et l'attira vers lui. Elle sentit son souffle tiède sur son visage, il avait un peu l'odeur du punch, mais c'était agréable. Les lèvres de Scott touchèrent les siennes, les effleurant d'abord comme pour voir sa réaction ; puis il l'embrassa sans retenue, en la maintenant serrée contre lui. Dans ses bras, elle eut tout-à-coup un sursaut : le ruban lui brûlait le poignet. Avant qu'elle ne réalise ce qui s'était passé, Scott était affalé contre le mur et tentait péniblement de reprendre sa respiration. Elle cligna des yeux tandis que son esprit essayait de reprendre le cours des événements : elle l'avait poussé. Elle n'avait pas voulu faire cela, elle avait été trop surprise par son baiser pour penser à quoi que ce soit. Pourtant, elle avait eu une sorte de convulsion, dans ses bras, et elle l'avait poussé au niveau du ventre. Scott grognait, la main contre son estomac ; en plus, il s'était cogné la tête contre le mur. Elle se rapprocha de lui.

« Scott, je suis vraiment désolée ! » Elle voulut l'aider à se relever, mais Scott la repoussa vivement du bras.

« Mais qu'est-ce qui t'a pris ? » Ses yeux bleus étaient glacials et remplis de colère. Il se releva.

« Je ne sais pas, balbutia-t-elle, je ne peux pas l'expliquer, je suis désolée...

— Ah oui, et bien moi aussi ! Tu sais, les gens m'avaient prévenu à ton sujet, ils m'avaient dit... » Un instant interloquée, Chihiro devint tout-à-coup furieuse.

« Quels gens ? fit-elle d'une voix cassante. Si tu te posais des questions sur moi, pourquoi m'avoir invitée ? Je regrette de t'avoir poussé, je ne sais même pas pourquoi je l'ai fait. Mais si tu penses que je suis folle il vaut peut-être mieux pour toi que tu ne me revoies pas. Je ne veux pas ternir ta réputation. » Elle se dirigea vers sa porte.

« Attends ! fit-il, le souffle court. S'il te plaît ! » Elle s'arrêta et se retourna.

« Je suis désolé, dit-il, c'est de ma faute. Je t'ai embrassée un peu brusquement. Je suis allé trop vite et les choses sont différentes ici... Je suppose que tu t'entraînes parce que tu frappes comme... enfin, tu sais comment.

— Je frappe ? murmura-t-elle.

— Oui, reprit-il. Tu m'as donné un coup de poing dans l'estomac.

— Je... Je ne m'en suis pas rendue compte. » L'avait-elle vraiment frappé ? Elle regarda sa main droite. Ses articulations étaient éraflées et saignaient — son poing avait rencontré la boucle du ceinturon.

« Chihiro, tu es sûre que ça va ? » A présent, il s'inquiétait.

« Je crois que j'ai trop bu, marmonna-t-elle. Il vaut mieux que je te laisse.

— Chihiro, dit Scott alors qu'elle ouvrait la porte. Je t'ai embrassée parce que tu me plais, tu me plais beaucoup. J'espère qu'on pourra se revoir.

— Bonne nuit, Scott », murmura-t-elle avant d'entrer dans sa chambre, et de refermer la porte sur son visage perplexe.

Elle arracha sa robe et la lança contre la peinture.

« Je te hais ! cria-t-elle. Tu détruis ma vie ! » Puis elle se jeta sur son lit et pleura amèrement.


--
Auteur : Velf (blog) (fanart) (forum)
Traduction : kitsu
Editions : Méluz, Kalysto, Orion


Dernière édition par kitsu le 28 Avr 09 04:22; édité 1 fois
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
kitsu
Buta-chroniqueur
Buta-chroniqueur


Inscrit le: 19 Nov 2006
Messages: 126
Localisation: bois, sous-bois et poulaillers

MessagePosté le: 03 Mar 07 10:24    Sujet du message: Répondre en citant

Au fait, y aurait-il des écrivains ou des traducteurs professionnels dans le coin? (Umi?) Je ne suis pas professionnel et j'aimerais bien avoir quelques tuyaux concernant la rédaction et la présentation. Histoire de faire les choses bien...

Pour l'instant, je me conforme au texte original pour la présentation, mais je sais que les conventions anglo-saxonnes ne sont pas (toujours) les mêmes que les nôtres.

Merci de me contacter en MP si vous vous voulez bien partager vos lumières Smile
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Hoshi no Awa



Inscrit le: 19 Nov 2006
Messages: 84
Localisation: Tigane

MessagePosté le: 03 Mar 07 11:30    Sujet du message: Répondre en citant

Super! Merci Kitsu...Je ne savais pas si cette fic allait être bien quand j'ai posté le lien...et bien si, elle a l'air d'être même plus que bien!!!!
C'est vraiment sympa de traduire tout ça!!!!


Dernière édition par Hoshi no Awa le 12 Fév 08 20:37; édité 2 fois
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Visiter le site web du posteur
kitsu
Buta-chroniqueur
Buta-chroniqueur


Inscrit le: 19 Nov 2006
Messages: 126
Localisation: bois, sous-bois et poulaillers

MessagePosté le: 11 Mar 07 09:22    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai traduit le chapitre cinq rien que pour Hoshi, mais elle vous autorisera peut-être à le lire Smile

Ce chapitre est le dernier qui "pose le décor". Les choses sérieuses commencent bientôt.


Chapitre 5
Vérité et mensonges



Elle rêvait à nouveau, et savait qu'elle rêvait. Comme chaque fois, elle eut l'impression d'observer une scène à distance.

« Eh bien, là c'était de justesse, je suis épuisée », dit Zéniba en s'asseyant devant la table de sa cuisine. Sans-Visage s'approcha en glissant silencieusement et plaça une tasse de thé devant elle.

« Merci, dit-elle. C'est une chance qu'elle ait gardé cet élastique sur elle ; je lui avais dit que ça la protégerait, mais pas de quoi. » Elle secoua la tête. « En vérité, mon ami, je me sens un peu coupable, mais je ne pouvais pas la laisser faire fausse route. » Elle prit une gorgée de thé, grimaça, et rajouta du miel. « Ce qui m'étonne, c'est que je n'ai pas eu besoin d'intervenir avant. Je suis sûre qu'elle a dû beaucoup prendre sur elle. » Zéniba soupira et Sans-Visage inclina la tête. « Il rêve d'elle tu sais, il me l'a dit l'année dernière. Il m'a dit qu'il la voyait en train de pleurer dans le noir. Ca le perturbe beaucoup, même s'il ne le montre pas. Il ferait n'importe quoi pour la faire revenir. Mais que se passerait-il s'il allait la chercher ? Je lui ai dit, je lui ai répété qu'elle ne serait pas en sécurité ici. En somme, j'avais peur qu'il commette un acte irréfléchi, mais maintenant, je pense que j'en ai peut-être un peu trop fait. » Sans-Visage lui offrit un biscuit et le feu crépita. « Néanmoins, nous devons nous en tenir au plan ; dès que je l'ai vu, j'ai su que ce serait elle. Je n'aime pas manipuler les gens, mais dans ce cas c'est pour le bien de tous. Si nous ne nous servons pas d'elle, alors nous ne serons pas prêts à affronter ce qui doit arriver. Et cela se produira d'une manière ou d'une autre ; elle va simplement accélérer les choses. »

Le rêve s'estompa, mais Chihiro continua à dormir.

Quelques heures plus tard, elle s'extirpa péniblement de son lit. Elle se sentait fatiguée alors même que la journée ne faisait que commencer. En titubant à travers la pièce, elle réalisa : la gueule de bois ! Tout au long de la journée, elle déplora que le monde soit dépourvu d'un bouton pour couper le son, et d'un autre pour atténuer les couleurs vives.

-------------------------------------------------------------------------------

Linca la rejoignit à l'heure du déjeuner.

« Bon alors, ça a foiré », dit-elle en haussant les épaules. « Dans un sens, si tu joues le rôle de la fille inaccessible, ça ajoute du mystère. Et de toute façon, les rancards ça marche pas toujours la première fois. On est tous un peu ridicules.

— Je ne joue pas la comédie, Linca ! Je respecte trop Scott pour faire ça. » Chihiro était agacée et gênée.

« Mais pourquoi lui as-tu flanqué un coup de poing ?

— Je ne sais pas. » Linca fronça les sourcils. « Vraiment, je ne sais pas ! » protesta Chihiro. « Je ne me rappelle même pas l'avoir fait.

— Eh bien, je crains que ton cas ne soit désespéré, dit Linca en souriant. Les cas désespérés, c'est ce que je préfère. » Elle fit mine de battre des mains. « Ne t'en fais pas, Scott ne te reproche rien.

— Comment tu sais ça ? marmonna Chihiro.

— Parce qu'il me l'a dit ce matin.

— Quoi ! s'exclama Chihiro.

— Oui, il m'a tout raconté, il m'a dit qu'il pensait t'avoir fait peur, et je lui ai dit que ce n'était pas ça du tout.

— Linca ! cria presque Chihiro.

— Et alors, qu'est-ce que tu aurais voulu que je fasse ? De toute façon tu ne pourras pas l'éviter, c'est un de mes amis. »

C'est alors que Chihiro le vit ; il s'approcha de leur table en souriant. Chihiro blêmit et se tordit les mains sous la table, griffant ses paumes avec ses ongles.

« Scott, dit Linca. Assieds-toi, moi je vous laisse, j'ai un besoin pressant. » Linca se leva et partit.

Traîtresse ! pensa Chihiro ; il y eut un long silence gêné. Finalement, Scott lui tendit la main.

« On fait la paix ? » proposa-t-il sur un ton optimiste ; elle sourit et, desserrant ses mains, prit la sienne. « Eh bien maintenant, si tu me disais ce qui se passe. Je ne suis pas aveugle, il y a quelque chose. »

Tu parles d'une entrée en matière !

« C'est juste que... je... » Elle soupira. « Je suis un peu spéciale. » Scott se contenta de la regarder.

« Je ne sors pas avec les garçons, je l'ai jamais fait. J'ai eu des problèmes à une époque et... comment dire, j'ai préféré ne pas me compliquer davantage la vie.

— D'accord, dit Scott.

— Je sais que ça paraît absurde, mais c'est comme ça. Linca m'a un peu forcé la main pour accepter ton invitation. Je n'aurais pas dû, ce n'est pas le genre de relation que je veux avoir avec toi.

— Et tu ne penses pas que... tu pourrais changer d'avis ? Je peux attendre ; prends tout le temps que tu veux. »

« Je suis vraiment odieuse », pensa-t-elle en prenant une profonde inspiration.

« Non, dit-elle, ça ne serait pas honnête envers toi. Je pense qu'on ferait mieux de rester simplement amis. » Scott inclina légèrement la tête.

« Si c'est ce que tu veux. » Il sourit. « Eh bien, mon amie, je vais devoir y aller. Je m'en vais pour les vacances ; tu n'aurais pas envie de passer la semaine à Tokyo avec moi ? »

Quand se déciderait-il à laisser tomber ?

« En fait je vais à Kyoto avec Linca ; nous allons passer la semaine là-bas.

— Ah... alors amusez-vous bien. » Il se leva. « Peut-être que tu pourrais réfléchir un peu et changer d'avis. » Il s'éloigna ; Chihiro cacha son visage dans ses mains.

« Chihiro ? » C'était la voix de Linca.

« Ouais », répondit-elle derrière l'écran de ses mains.

« Dois-je comprendre que tu n'as pas recollé les morceaux, avec Scott ?

— Non. » Linca poussa un juron. Chihiro écarta deux doigts et risqua un œil. « Pour la vodka, ça tient toujours ? » Linca sourit.

« Je me demandais quand tu allais poser la question. »

-------------------------------------------------------------------------------

Chihiro souleva la bouteille de vodka ; elle était vide.

« Nous... allons... définitoirement le regretter », dit-elle d'une voix entrecoupée de hoquets ; elle sourit en voyant Linca complètement étalée sur le sol.

« Allez T'chi, c'était quand, la dernière fois que tu t'es laissée aller ?

— Peux pas me rappeler, trop loin ! » Les deux filles rirent pendant beaucoup plus de temps que cette réplique ne le méritait.

« Bon alors, la dernière fois... que tu... t'es comportée sérieusement ? » Il semblait à Chihiro que sa langue était devenue du plomb.

« Trop loin ! » Les filles gloussèrent de plus belle. Quand elles se furent arrêtées, Linca se mit à regarder la peinture.

« J'aime bien cette peinture, dit-elle. Où l'as-tu trouvée ?

— Une foire aux œuvres d'art, dans ma ville, marmonna Chihiro.

— C'est vraiment très beau ; pourquoi l'as-tu achetée ?

— Elle... elle me rappelait une histoire que j'ai entendue. » Le bégaiement de Chihiro n'était pas dû à la vodka.

« Dis-moi, demanda Linca.

— Te dire quoi ? répondit Chihiro sur un ton évasif.

— L'histoire, patate, raconte-moi l'histoire. » Chihiro soupira.

« Il y avait une fille, on l'appellera Linca... » Linca se mit à rire. « Et elle n'avait pas envie de changer de maison. »

Elle commença son histoire, tout en descendant une autre bouteille de Vodka. Linca écouta avec une vive attention son long récit qui ne prit fin qu'au lever du soleil.


« Mais... tu penses qu'on va se revoir ?

— Je te le promets.

— Tu le promets ?

— Oui. Allons, pars, et ne regarde pas en arrière. »



« Et Linca retira sa main et retourna dans le monde des humains. » Il y eut un long silence.

« C'est fini ? demanda Linca.

— C'est fini, répondit Chihiro.

— Ca ne peut pas se terminer comme ça, il faut une fin, une conclusion, un dénouement, un happy end.

— Toutes les histoires ne se terminent pas comme ça, chuchota Chihiro.

— Peut-être que la petite Linca est retournée la-bas ?

— Non, dit Chihiro posément, elle n'y est jamais retournée.

— Eh bien c'est pas juste ! cria Linca.

— Non, c'est pas juste. » Linca se redressa et fixa Chihiro intensément.

« Alors il faut qu'on écrive un nouveau chapitre. » Chihiro rit à cette idée — Linca était bête parfois. « Le Prince Charmant doit retrouver sa princesse !

— Mais de quoi tu parles ? demanda Chihiro.

— Je te parle d'amour, Haku était amoureux de Linca, c'est évident, et Linca était amoureuse de lui.

— C'est idiot, dit Chihiro. Linca avait dix ans.

— Ca ne fait rien, objecta Linca. L'amour peut arriver à n'importe quel âge, et à n'importe qui, tu ne peux rien y faire !

— A dix ans ? » Chihiro eut un petit rire.

« Pas l'amour comme tu le verrais maintenant, mais une chose innocente et pure, une relation qui se développerait avec la maturité.

— On en est à combien d'bouteilles déjà ? fit Chihiro d'une voix pâteuse.

— Eh, j'aime les hommes, mais ça ne veut pas dire que je ne suis pas romantique ! protesta Linca.

— Bon, romantique ou pas, il faut que j'aille me coucher. » Chihiro se leva et vacilla dangereusement.

« Moi aussi. Dis, ça ne te fait rien si je dors dans ton lit ? demanda Linca. Je crois que je ne pourrais pas marcher jusqu'à mon dortoir.

— D'accord, si tu ne ronfles pas.

— Moi ? protesta Linca. Jamais ! »

Les filles s'installèrent dans le lit.

« T'chi ? chuchota Linca.

— Oui ? répondit Chihiro.

— Cette histoire... la façon dont tu la racontes... ce n'est pas juste une histoire pour toi, hein ?

— Non. » Chihiro soupira. Elle ne voulait pas mentir à Linca, mais elle hésitait à lui dire la vérité.

« Ah », dit Linca pour toute réponse. Elle se retourna et s'endormit.

Chihiro resta éveillée pendant un moment encore. Elle écouta Linca dormir et pleura silencieusement.


--
Auteur : Velf (blog) (fanart) (forum)
Traduction : kitsu
Editions : Méluz, Kalysto, Orion


Dernière édition par kitsu le 28 Avr 09 04:24; édité 1 fois
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
reekoo
Buta-rédacteur
Buta-rédacteur


Inscrit le: 05 Mar 2006
Messages: 135
Localisation: La ou les reves deviennent réalité

MessagePosté le: 11 Mar 07 10:40    Sujet du message: Répondre en citant

Je t'aime kitsu ^^
_________________
capable d'être dans l'incertitude, le mystère et le doute, en oubliant l'exaspérante quête de la vérité et de la raison.
Keats
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer l'e-mail Visiter le site web du posteur
Hoshi no Awa



Inscrit le: 19 Nov 2006
Messages: 84
Localisation: Tigane

MessagePosté le: 11 Mar 07 10:47    Sujet du message: Répondre en citant

Reekoo, je te rejoins au sein du fan club de Kitsu Very Happy
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Visiter le site web du posteur
Le chti Dragon
Buta-chroniqueur
Buta-chroniqueur


Inscrit le: 12 Sep 2006
Messages: 557
Localisation: Ici, là bas, ailleurs....... nul part ;)

MessagePosté le: 11 Mar 07 10:57    Sujet du message: Répondre en citant

Et bien jolie fiction !! Merci à toi le renard de nous en faire profiter Super!
Mon anglais restant purement professionnel, j'ai quand meme du mal a suivre certaines tournures de phrase, donc 'est bien agréable d'avoir un traduction qui ma foi est très fluide pour reprendre ce qu'a dit Hoshi Super!
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
MoonCat



Inscrit le: 03 Jan 2006
Messages: 441
Localisation: Dans le Tarn.

MessagePosté le: 11 Mar 07 17:37    Sujet du message: Répondre en citant

Un fan club ? J'adhère !

Plus sérieusement, me permettez-vous de télécharger vos écrits, de les mettre en forme et de préparer une mise sous PDF ? A des fins personnelles, évidemment (pas de mise sur un site perso ou autres choses du genre).
_________________
KROK : KIKI Présidente ...
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
gotonin



Inscrit le: 03 Juin 2006
Messages: 66
Localisation: Chambéry 73

MessagePosté le: 12 Mar 07 05:11    Sujet du message: Répondre en citant

C'est du tout bon ! Super!
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Visiter le site web du posteur MSN Messenger
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Ce sujet est verrouillé, vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.    Buta Connection Index du Forum -> Le forum Fan Ghibli Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Aller à la page 1, 2, 3 ... 17, 18, 19  Suivante
Page 1 sur 19

 
Sauter vers:  
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum

 

 


 
Retourner sur Buta Connection
[Skin Arrietty] :
Xavier

Powered by phpBB © 2001, 2002 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com