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Le château de Cagliostro : Création du film

Origines et production

Origines

Les personnages de Lupin III et ses partenaires ont été créés en 1967 par l'artiste et mangaka Monkey Punch. Ils comptent parmi les personnages les plus établis et les plus aimés dans le monde du manga et de l'anime.

Version américaine d'un des 314 épisodes du manga.

Lupin III en partie est inspiré en partie par son aïeul français, Arsène Lupin, le gentleman-cambrioleur créé par le romancier Maurice Leblanc. Monkey Punch a adoré les romans et a décidé de faire de son propre personnage le descendant du légendaire criminel. Mais si Lupin III est bien une création de l'artiste japonais, le nom de Lupin, ainsi que l'histoire originale, sont la propriété de la famille Leblanc qui n'a pas hésité à faire valoir ses droits à plusieurs reprises.

Pour cette raison, le génie criminel japonais a souvent utilisé des pseudonymes variés lors de sorties vidéos aux Etats-Unis ou en France : Rupan III (inspiré par la prononciation japonaise), The Wolf (provenant de l'origine latine de loup : « lupus »), Vidocq ou encore Edgar de la cambriole.

En 1971-1972, une première série TV en 26 épisodes, inspirée du manga, est lancée par Tokyo Movie (Tokyo Movie Shinsha). Les épisodes du manga se prêtant mal à une adaptation directe en dessin animé, Lupin III a été plus ou moins « réinventé », aussi bien du point de vue du character design des personnages (plus arrondi et plus humain) qu'au niveau des histoires, moins crues et destinées à un public plus large et hétérogène. La première série, totalement jubilatoire, reste sans doute celle la plus appréciée du public. Le fait qu'à partir de l'épisode 6, la série ait été confiée au trio mythique Miyazaki-Takahata-Ôtsuka y est sûrement pour quelque chose !

De 1977 à 1980, une deuxième série TV de 155 épisodes a été diffusée sur les ondes hertziennes japonaises en parallèle avec la deuxième série d'épisodes du manga de Monkey Punch et a connu un succès fracassant. La qualité du graphisme et de l'animation est toujours au rendez-vous. L'aspect comique, mais aussi le romantisme sont exaltés, au détriment de l'érotisme et de la violence, plus présents dans la première série. Parmi les épisodes, deux réalisations inoubliables de Hayao Miyazaki sous le pseudonyme de Tsutomu Teruki : l'épisode 145, le sublime Shi no Tsubasa Arubatorosu (Albatros, les aîles de la mort) et l'épisode 155, Saraba Itoshiki Rupan yo (Adieu, Lupin bien-aimé), qui marque la fin de la série.

Lupin III dans son costume vert habituel. Celui-ci sera repris dans Le château de Cagliostro.
Et la veste rouge caractéristique du Lupin III de la deuxième série.

Entre 1984 et 1985, une troisième série TV de 50 épisodes est produite. Bien qu'agréable, c'est la moins appréciée des trois, notamment à cause d'un character design peu attrayant : Lupin, par exemple, est affublé d'une veste rose et d'un double menton le rendant bien moins sympathique. Les histoires, bien que soignées, ne sont pas toujours à la hauteur de la légende.

Avant la réalisation du long métrage de Miyazaki, il existe également un autre long métrage : Rupan vs Fukusei-ningen (Lupin III : le mystère de Mamo), ayant connu un large succès au Japon en 1978.

En 1979, Tokyo Movie demande donc à Miyazaki de réaliser Le château de Cagliostro, alors que la deuxième série continuait à être diffusée. Miyazaki a donc été confronté à la pression du jeune réalisateur qui s'attaque à un monument de l'animation japonaise. La principale contrainte était l'intégration obligatoire dans l'histoire de tous les personnages habituels de Lupin III : les fans n'auraient pas accepté de voir Lupin sans ses acolytes Jigen et Goemon, l'indécrochable inspecteur Zenigata et la belle Fujiko. Néanmoins, étant en charge de l'écriture du scénario et des storyboards, Miyazaki disposait finalement d'une certaine liberté, dans les limites que lui imposaient les personnages. Son défi était alors d'apporter à cette production son propre cachet tout en conservant celui d'origine : Le château de Cagliostro devait être un Lupin III mais aussi un « Miyazaki ».

Inspirations

A cet effet, le réalisateur a utilisé les mythes de Leblanc et Monkey Punch, mais s'est inspiré aussi de sources historiques, littéraires et cinématographiques, qui toutes contribuent à enrichir et personnaliser le film. Il existait réellement un escroc, courtisan de Louis XVI, qui se faisait appeler de Comte Alessandro de Cagliostro. Leblanc a publié en 1924 un livre s'intitulant La comtesse de Cagliostro. Son héroïne, Clarisse, était la petite-fille du comte et allait plus tard épouser Lupin ! L'idée d'un trésor noyé apparaît également dans un roman de Leblanc La demoiselle aux yeux verts (1927), roman. et il existe également des réminiscences de Yûrei-tô (La tour fantôme) d'Edogawa Ranpo

Par ailleurs, les scènes d'ouverture, comme le cambriolage du casino, et de poursuite sur les toits un peu plus tard rappellent le film To Catch a Thief (La main au collet) avec Grace Kelly et Cary Grant dans le rôle d'un gentleman cambrioleur sur la Riviera.

Outre les romans de Leblanc, l'influence majeure du manga de Monkey Punch était les films James Bond. C'est moins évident dans Le château de Cagliostro qui, malgré quelques scènes à la For Your Eyes Only (Rien que pour vos yeux), s'inspire plus largement des vieux films de cabrioles qui offraient rires, cascades et romances.

Production

Le travail sur Le château de Cagliostro a commencé en mai 1979 avec la préparation du scénario et la création des storyboards. Le travail d'animation, quand à lui, a débuté au mois de juillet, alors qu'un quart seulement des storyboards avait été faits. Hayao Miyazaki les a terminés au fur et à mesure, parallèlement avec le processus d'animation, ce qui s'est révélé très dur à gérer nerveusement pour toute l'équipe. Le film a été achevé fin novembre pour être distribué le 15 décembre 1979 dans les salles de cinéma. Avec à peine sept mois entre le début du projet et la sortie (dont cinq mois de production), la performance est remarquable. Miyazaki avoue néanmoins regretter de ne pas avoir bénéficié d'un mois supplémentaire.

Le château de Cagliostro a connu un large succès au Japon. Les lecteurs d'Animage l'ont même élu meilleur film d'animation japonais de tous les temps, jusqu'à la sortie en 1984 de... Nausicaä de la Vallée du Vent. Il a reçu également un accueil favorable -quoique tardif- en France, en Italie et aux Etats-unis.

Après Cagliostro...

Par la suite, le succès du film va permettre de lancer d'autres longs métrages, plus ou moins réussis : Rupan Sansei : Babiron no Ôgon Densetsu (Lupin III : L'or de Babylone, 1985), qui reçoit un accueil très mitigé, Rupan Sansei : Fûma Ichizoku no Inbô (Lupin III : Le complot du clan Fuma, 1987), supervisé par Yasuo Ôtsuka et le plus réussi après Le château de Cagliostro, Rupan Sansei : Kutabare ! Nosutoradamusu (Lupin III : Adieu, Nostradamus !, 1995), un bon divertissement et enfin Rupan Sansei : Dead or Alive (1996), le retour aux sources (le manga) car réalisé par Monkey Punch lui-même.

Lupin III : Le complot du clan Fuma.

A partir de 1989, la chaîne Nippon TV, qui avait diffusé les précédentes séries, annonce qu'elle va offrir de nouveaux épisodes aux fans. Mais ne voulant pas se lancer dans une quatrième série, elle décide de produire un téléfilm chaque année (jusqu'à encore aujourd'hui).

Art et technique

Conception graphique

Bien qu'aucun voyage spécifique n'ait été entrepris pour le film, les cahiers de croquis de Hayao Miyazaki pour Heidi ont dû être utiles pour les paysages de lacs et les montagnes. Le réalisateur mentionne aussi un livre qu'il a aperçu dans une vitrine et sur lequel il s'est précipité : Les villes de montagne italiennes et l'estuaire du Tibre. Monkey Punch qui adorait placer ses personnages dans des cadres étrangers excitants a du être ravi de voir ce pays des merveilles créé par Miyazaki et son équipe.

Le réalisateur a également saisi l'occasion d'avouer l'influence du célèbre animateur français Paul Grimault. Le palais du roi de Takicardie dans Le roi et l'oiseau a largement inspiré le château du comte de Cagliostro avec ses flèches s'élançant vers le ciel, ses tourelles, ses toits vertigineux, ses donjons, ses portes dérobées ou encore ses oubliettes.

Dans la période de pré-production, Miyazaki avait dessiné les plans du château avec le plus grand soin. Pas seulement les environs et l'architecture extérieure mais également tout l'agencement intérieur, afin que les déplacements des personnages soient cohérents et que le château paraisse réel.

Le collègue de longue date de Miyazaki, notamment sur Conan, le fils du futur, Yasuo Ôtsuka, a fait partie de l'équipe d'animation de Lupin III depuis le tout début. C'est à lui que l'on doit le design des personnages et des véhicules dans Cagliostro. Connaissant le style du réalisateur, il adoucit et rajeunit les traits des personnages, les rendant plus sympathiques et plus romantiques qu'à l'accoutumée.

Musique

La musique est riche et évocatrice. Yûji Ôno fait appel à un large éventail d'influences, du Jazz apprécié par Monkey Punch aux morceaux d'orchestre classique majestueux et romantiques. Le thème familier de Lupin III a été retravaillé et la musique soutient efficacement l'action. Bien que Joe Hisaishi soit le plus souvent associé aux musiques des films de Hayao Miyazaki, il faut reconnaître que Ôno a fait du bon travail et sa bande originale s'écoute en tant que telle avec beaucoup de plaisir.


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