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Origines et création du studio Ghibli

Le Studio Ghibli a été officiellement fondé pour la production du film Laputa, le château dans le ciel en 1986 par Tokuma Shoten, un célèbre éditeur japonais. En fait, le studio existait depuis longtemps dans l'esprit de deux hommes, deux visionnaires qui ont su rester fidèles à leurs principes : Hayao Miyazaki et Isao Takahata.


Miyazaki et takahata au début des années 70

Amis de longue date, les deux réalisateurs ont souvent collaboré ensemble et partagent la même idée de l'animation. De leur rencontre sur la série Ôkami shônen ken (ken l'enfant-loup) en 1964, en passant par les nombreuses séries (Lupin III, Heidi, Conan, ...) et films (Horus, Panda Kopanda) sur lesquelles ils collaboreront, jusqu'à la fondation du studio Ghibli, Miyazaki et Takahata ont montré à de nombreuses reprises leur intransigeance en matière artistique. Ainsi en témoignent les nombreux départ en cours de production et projets abandonnés (Nemo, Cobra, ...).

Dans les années 70, avec le développement de l'animation "bon marché" pour la télévision, la qualité des productions ne cesse de baisser. Il devient alors très dur pour eux de satisfaire à leurs exigences de qualité. L'idée d'un studio indépendant mûrit alors.

Au début des années 80, le projet d'adapter en long métrage d'animation Nausicaä, le manga que Miyazaki publie dans la revue Animage, est le point de départ véritable de la création du studio. En effet, une fois le projet lancé, se pose le problème de savoir à quel studio confier le travail, la seule personne sûre de travailler sur le projet étant... Miyazaki! Takahata est alors contacté pour assurer le poste de producteur et, bien qu'il n'ait à cette époque aucune expérience de ce travail, il accepte. En effet, il a la conviction que Nausicaä sera un film important, qui marquera un tournant dans la production animée japonaise parce que Miyazaki va pouvoir s'y consacrer de manière plus libre que ce qu'il a fait jusqu'alors.

Pour trouver un studio, Takahata prend contact avec plusieurs sociétés. Il se met finalement en accord avec un ancien ami de la Tôei Animation, Toru Hara, qui a fondé sa petite société Topcraft. Bien que le Ghibli n'existe pas encore, beaucoup considèrent aujourd'hui que l'équipe de Topcraft a été le point de départ du studio. Pourtant lorsqu'après Nausicaä, le travail sur Laputa commence, Topcraft a de nombreux problèmes d'effectif si bien qu'il n'est plus possible de travailler avec eux. Takahata cherche alors un autre studio et c'est à ce moment que Tokuma Shoten, qui a financé la production de Nausicaä, manifeste sa volonté de continuer à produire des films d'animation sur un plus long terme et de façon régulière.

Nausicaä vient en effet d'obtenir un succès mérité (915 000 spectateurs et des critiques très favorables), établissant qu'il est possible de réaliser et de produire des animations de qualité pour le cinéma. C'est donc grâce à cette réussite que Tokuma accepte de financer la création du studio. Yasuyoshi Tokuma, PDG de la branche éditions du groupe, en devient le président. Même s'il vient rarement au studio, sa contributation a été décisive : c'est lui qui avait déjà la décision d'adapter le manga Nausicaä au cinéma, puis, un peu plus tard, il prendra en charge lui-même les relations avec les distributeurs pour assurer la sortie commune de Totoro et du Tombeau des lucioles .

Plus qu'un but, ce studio est le moyen pour Miyazaki et Takahata de réaliser leur rêve. Au début Takahata tient à lui donner un nom japonais. Il a avancé "Musashino Kobo" (L'atelier Musashino) mais Miyazaki n'est pas emballé. Il propose alors "Studio Ghibli", Ghibli désignant un vent chaud du désert que les pilotes italiens de la seconde guerre mondiale ont repris pour désigner leurs avions de reconnaissance . Par ce choix, Miyazaki, passionné d'aviation depuis l'enfance, a exprimé ainsi sa volonté d'imposer un nouveau souffle à l'animation.

Si le studio est l'occasion, pour les deux animateurs, d'être libres et de pouvoir proposer des dessins-animés de qualité (chose souvent impossible dans d'autres sociétés où rentabilité et délais minimum sont les maîtres-mots), chaque film est un pari risqué, un quitte ou double mortel. En effet, il s'agit de financer le prochain film par les recettes du précédent. Qu'un seul film vienne à manquer son public et c'en était fini du studio... Heureusement cela n'est jamais arrivé!

© Buta Connection