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Reconnaissance et succès

En 1986, Laputa est le premier film sorti sous l'appellation Ghibli. Il fait 775 000 entrées, remportant un succès d'estime. Les bénéfices sont alors réinvestis dans un projet incroyablement risqué : la production de deux films, Mon Voisin Totoro de Miyazaki et Le Tombeau des lucioles de Takahata. L'équipe du Studio Ghibli doit se partager sur les deux projets et les films sortent simultanément en 1988. Se pose déjà le problème de l'exiguïté du Studio Ghibli, trop "petits" pour le talent réuni de Miyazaki et de Takahata.


Miyazaki au travail sur Laputa

Le succès n'est pas immédiat mais les deux œuvres cimentent pour de bon la réputation de sérieux et de qualité du studio. Ils ne cessent d'accumuler récompenses sur récompenses dans tous les festivals où ils sont présentés et font partie aujourd'hui des films d'animation japonais les plus connus et appréciés dans le monde. En outre Totoro apporte des gains inattendus grâce aux produits dérivés pourtant vendus deux ans après la sortie du film en réponse aux nombreuses demandes de la communauté de fans grandissante. Totoro, devenu un symbole, est rapidement adopté comme logo pour le studio.

Le premier vrai succès national aux box-office du Studio Ghibli est leur production de 1989 : Majo no takkyûbin (Kiki, la petite sorcière). Réalisé par Miyazaki, ce film totalise 2 640 000 entrées rien qu'au Japon. Ce résultat inespéré permet à Miyazaki de faire accepter quelques propositions profitables à tous les "acteurs" du studio qui, jusqu'à présent, n'avaient que des postes d'intérimaires. L'argent récolté permet donc, dès novembre 1990, d'engager à plein temps une partie de l'équipe afin de bénéficier de l'expérience qu'elle a acquis. Il permet aussi de développer une section d'apprentissage qui accueille de nouveaux talents.

C'est à cette époque du changement dans la gestion du studio que Toshio Suzuki, ancien rédacteur en chef du magazine Animage, rejoint Ghibli en tant que producteur. Il avait été impliqué dans la parutation de Nausicaä puis dans la production de son adapatation cinématograpique. Il devient ensuite président du studio quelques années plus tard.

Au bout d'un épuisant travail, le magnifique Omohide Poroporo (Souvenirs goutte à goutte) de Takahata obtient à son tour un immense succès en terminant une nouvelle fois en tête du box-office annuel. Une autre réussite de l'année 91 est le doublement des salaires et la mise en place d'un recrutement régulier. Les dirigeants du studio ont évidemment anticipé cette forte augmentation des coûts de production. C'est donc à l'occasion de la sortie d'Omohide Poroporo qu'une nouvelle politique promotionnelle est adoptée afin d'augmenter les recettes aux box-office.


Takahata au travail sur Omohide Poroporo

Afin de justifier le salaire mensuel des employés du studio, Porco Rosso est mis en chantier immédiatement après Omohide Poroporo . Mais le personnel est épuisé et Miyazaki doit commencer tout seul! Il assume ainsi les casquettes de producteur, réalisateur et assistant-réalisateur. La pression est trop forte. Pour s'en distraire, il propose un projet fou: se rendant compte qu'il est de plus en plus difficile de continuer à travailler dans un endroit inadapté (90 personnes dans 300m²), il désire faire construire un studio adapté aux besoins spécifiques des animateurs.

Contre toute attente, Tokuma accepte de financer l'opération et Miyazaki supervise lui-même la réalisation des plans du nouvel immeuble. Il le veut aéré, clair, entouré de verdure. Il choisit lui même les matériaux de construction et contrôle les travaux, tout en continuant son ouvrage sur Porco Rosso. En 1992, le studio est terminé au même moment que le film (qui récolte une nouvelle fois un succès retentissant). Sur plus de 1100 mètres carrés et trois étages, dans la banlieue de Tokyo à Koganei, c'est désormais une centaine de personnes qui y travaille quotidiennement.

En 1993, le studio s'équipe de deux caméras pilotées par ordinateur afin de faciliter les prises de vue. Sont achetés également des outils d'inforgraphie qui vont permettre de franchir encore un nouveau pas dans les techniques d'animation.

Cette même année, le studio produit son premier et seul téléfilm animé Umi ga kikoeru (Tu peux entendre la mer). Le jeune réalisateur de 34 ans Tomomiitsu Mochizuki est le premier réalisateur du Studio autre que Miyazaki et Takahata depuis la création de Ghibli. L'équipe de production est jeune et leur objectif est de créer une oeuvre "rapidement, à bon marché mais de qualité"! Le téléfilm obtient des résultats satisfaisants, excédant les prévisions.

En 1994, Heisei Tanuki Gassen Pompoko de Takahata est une nouvelle fois n°1 aux box-office. Pompoko est le premier film du studio à présenter des séquences en images de synthèse. Le long-métrage Mimi wo Sumaseba (Si tu tends l'oreille) et le clip musical de commande On Your Mark en 1995, puis surtout Mononoke Hime en 1997 témoignent à leur tour de l'utilisation croissante des ordinateurs pour faciliter la fluidité des animations, le rendu des reliefs.

Pour Mimi wo Sumaseba, Ghibli a essayé une nouvelle composition pour le staff : Miyazaki est responsable de la production, du scénario et de la continuité. Kondô, directeur de l'animation du Tombeau des lucioles, Kiki et Omohide poroporo est chargé de la réalisation. Miyazaki et Takahata commencent, à l'époque,à songer à trouver leurs successeurs et Kondô relève le défi brillamment.

© Buta Connection