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Le triomphe de Miyazaki

Après avoir terminé Mimi wo sumaseba début 1995, Ghibli démarre la production de son onzième film Mononoke Hime (Princesse Mononoke). Pour cette nouvelle réalisation de Miyazaki, il est prévu d'utiliser encore plus l'outil informatique. Une équipe spécialisée dans l'infographie est donc montée et le studio investit dans de nouvelles stations de travail. Conséquence, le budget alloué à Mononoke Hime est le double de toutes les productions précédentes! En même temps, Ghibli inaugure l'école d'animation dans le but de détecter et former les nouveaux réalisateurs qui prendront la suite de Yoshifûmi Kondô. Takahata en est le formateur.

Mononoke Hime va monopoliser tout le personnel pendant plus de deux ans. Pour respecter les délais, Miyazaki s'investit comme jamais : il dort quatre ou cinq heures par nuit, constamment assisté d'un acupuncteur qui veille sur sa santé. A la sortie du film, Miyazaki épuisé déclare qu'il met un terme à sa carrière. L'annonce fait l'effet d'une bombe et le film atteint rapidement la première place au box-office national, toutes productions confondues. Elle dépasse E.T., jusqu'alors détenteur du record d'entrées.

Mononoke Hime est également le film de la reconnaissance mondiale : suite à l'accord Tokuma-Disney, Ghibli exporte le film dans de nombreux pays. Même si les résultats en salles ne sont pas comparables avec ceux du Japon, la critique internationale est enthousiaste.

Fin 1997, Miyazaki se fait construire son propre petit studio, une maison tout en bois à coté du studio principal, qu'il a nommée Butaya (la maison du cochon!). Selon ses propres termes, elle aurait dû lui servir de "maison de retraite", car en janvier 1998, Miyazaki se retire officiellement du studio... Malheureusement, quelques jours après l'annonce, Yoshifumi Kondô décède tragiquement. Miyazaki, ayant perdu son sucesseur désigné, fait donc son retour au studio un an plus tard.

Pendant ce temps, l'utilisation de l'outil informatique largement éprouvée sur Mononoke Hime devient systématique dans nouveau film de Takahata, Tonari no Yamada-kun (Mes voisins les Yamada) et le studio a d'ores et déjà annoncé qu'il n'utilisera pas plus de cellulos pour ses films... Le résultat est un OVNI dans la production animée japonaise et le succès n'est pas complètement au rendez-vous (le film entre quand même dans ses frais!). Après ce semi-échec, il semblait que Takahata avait mis fin à sa collaboration en tant que réalisateur, sans pour autant quitter le studio.

Depuis 1999, deux nouveaux bâtiments sont construits, preuve que le studio ne cesse de se développer (ce genre de travaux d'extension est très cher au Japon). Cet élargissement des locaux ne découle pas seulement d'une augmentation des effectifs mais aussi et surtout de l'informatisation du studio, le matériel prenant beaucoup de place.

En juillet 1999, Miyazaki donne un conférence de presse dans sa Butaya. Il y présente les plans du futur musée entièrement dédié à l'animation, le Museo d'arte Ghibli (le musée d'art Ghibli en italien). Construit dans le parc Inokashira, à Tokyo, le musée retrace les différentes étapes de la conception d'un film et diffuse des courts métrages inédits storyboardés par Miyazaki. Ce musée est entouré d'arbres et de verdure puisqu'il se trouve dans le parc d'Inokashaira à Tokyo, dans la forêt de Mitaka. Comme d'habitude, Miyazaki s'investit personnellement dans le projet en allant jusqu'à dessiner les plans et l'aspect précis de l'ouvrage qui ouvre en octobre 2001.

Entre temps, le studio travaille sur le nouveau long-métrage de Miyazaki : Sen to Chihiro no kamikakushi (Le voyage de Chihiro). Le réalisateur avait pourtant annoncé à la sortie de Mononoke Hime que, vieillissant, il ne se sentait plus capable de se lancer, une fois encore, dans une expérience aussi longue et pénible. Revenant sur sa décision, il consent cette fois à déléguer une grande partie du travail qu'il réalisait habituellement.

Sen to Chihiro no Kamikakushi sort en juillet 2001, provoquant un véritable raz-de-marée. Il bat, comme Mononoke Hime l'avait fait, tous les records dans les salles (23 millions de spectateurs et 30 milliards de Yens!). De quoi être rassuré sur l'avenir financier du studio! Le triomphe dépasse les frontières puique Chihiro est aussi le film de la consécration pour Miyazaki à l'étranger : il remporte de nombreux prix (Ours d'Or au festival de Berlin, Oscar du meilleur film d'animation,...) et obtient ses meilleurs résultats en salles à ce jour.

© Buta Connection