L'art de Yoshifumi Kondô
Yoshifumi Kondô, malgré une carrière tragiquement et prématurément interrompue et une discrétion exemplaire, a développé un style original et a marqué d'une véritable empreinte les oeuvres du
Studio Ghibli.Voici
quelques-uns de ses nombreux apports à l'animation et éléments
clefs de son oeuvre.
Little Nemo
De ce grand projet international ne subsiste que le pilote de 5 minutes, réalisé par Kondô. Malgré le peu d'images visibles, on remarque déjà ce qui fera la patte de Kondô : un véritable souci de détail, la recherche de d'une expressivité certaine, ainsi qu'un talent de mise en scène incroyable. Little Nemo est le premier véritable jalon dans l'art de Kondô, annonçant certains scènes des oeuvres du studio Ghibli, et en particulier les scènes de vol de Porco Rosso ou encore Mimi wo Sumaseba.
Le tombeau des lucioles
Kondô y assure le character design
et la direction de l'animation. L'ensemble du visuel du film (à
l'exception des décors) relèvent donc du travail de Kondo
qui a joué un rôle central dans la genèse graphique
du film. Là encore, on retrouve ce sens du détail et de l'expressivité, notamment dans la recherche de réalisme des expressions des deux enfants. A travers le personnage de Setsuko, on comprend que Kondô a dû observer pendant des heures le comportement de jeune enfant. Tout semble juste dans les attitudes et les traits de la fragile Setsuko, qu'il s'agisse des moments de joie, de peine, ou de souffrance.
Souvenirs goutte à goutte
Kondô assure pour cet autre chef d'oeuvre de Takahata les même
fonctions que dans le Tombeau des lucioles. Ainsi, le même soin
extrême est apporté à la physionomie des personnages
plus japonais pour lesquels Kondô a imprimé sa patte très
particulière et reconnaissable. Il s'est inspiré des acteurs doublant les personnages afin de trouver l'expression la plus juste possible. On remarquera notamment le sourire
particulier de Taeko qui fait ressortir ses pommettes avec grâce ou qui peut la vieillir subitement.
Si tu tends l'oreille
Bien que Miyazaki, soit à l'origine du projet et en charge de la production,
du scénario et du stroryboard, Si tu tends l'oreille demeure avant tout l'oeuvre de Kondô. Loin du fantastique dévellopé par Miyazaki, Kondô s'intéresse avant tout à dépeindre les tribulations amoureuses d'adolescents, ancrés dans une réalité urbaine et contemporaine. Là encore on retrouve ce souci du détail et du réalisme dans les gestes des personnages, dans leurs mimiques et leurs attitudes. Ainsi la palette d'expression de la jeune héroïne est d'une variété étonnante, véritable échantillon des expressions humaines.
Futo furikaeru (A jeter un regard en arrière)
Kondô a réalisé pour le mensuel Animage de 1993 à 1998 une série de croquis, au ton très personnel.. Ce sont des rough sketches (ébauches) se présentant au départ comme un choix de croquis rassemblés autour d'un thème ou d'une saison, ils deviennent peu à
peu un format de dessin unique accompagné d'un
petit texte. Ces croquis pleins de
fraîcheur, inspirés de scènes entrevues dans sa vie
de tous les jours, démontrent une capacité surprenante
à saisir les petits moments magiques de la vie, propre aux grands
animateurs.
Source : Animeland HS n°3

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