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Visite du musée Ghibli
Les salles d'expositions

Il y a trois expositions au musée Ghibli. Les deux premières, axées sur la réalisation d'un dessin animé, sont permanentes; la troisième est consacrée à un ou plusieurs films du studio et verra son contenu évoluer avec le temps.

La première exposition permanente

A l'entrée de cette salle, une petite maison nous accueille et lorsque l'on en soulève les volets on découvre des images des différents longs métrages du studio. Il n'y a pas de réel intérêt, si ce n'est celui de rappeler l'oeuvre du studio aux visiteurs. L'exposition a pour thème quelques techniques classiques d'animation. A l'aide de plusieurs petites vitrines sont expliquées les techniques et les principes utilisés dans création des dessins animés:

La première vitrine est toute simple: on y voit une marionnette de Mei poursuivre un Totoro. Mei n'a que les bras et les jambes qui bougent, mais le principe est là.

Dans la deuxième, un phénatikiskope où un clown saute nous montre l'évolution suivante, cette fois on peut vraiment parler de dessin animé.

L'étape suivante est expliquée via un tube contenant une statue du robot-jardinier de Laputa. Autour de lui est projeté sur un écran qui l'entoure une série d'images où l'on voit des oiseaux voler. Comme les images sont projetées à une vitesse suffisante, l'illusion fonctionne et on croit voir les oiseaux voler autour du robot.

Enfin la dernière étape est le "zooetrope 3D" de Totoro. Six séries de figurines tournent, éclairées par un stroboscope et, le tout étant parfaitement conçu, les figurines s'animent: Mei et Satsuki sautent a la corde, le Nekobus court vers son prochain arrêt... C'en est presque magique, on reste hébété devant une telle réalisation.

Une série de tableaux explique la technique de la parallaxe (communément appelée caméra multi-plans) qui consiste en plusieurs décors se déplaçant indépendamment de façon à donner une impression de profondeur .

A la sortie, on trouve une sorte de cabine de projection où tourne en boucle une pellicule contenant 4 courts métrages. De petites écrans sont placés sur son passage et permettent de les visualiser. Tout le jeu consiste dans le fait que l'on peut suivre deux courts-métrages à la fois, ou bien le même sur deux écrans.
 

La seconde exposition permanente

Le thème de cette exposition est l'atelier de travail d'un animateur, et on y retrouve la reproduction de l'un d'eux à trois étapes de la production d'un dessin animé. Il faut avouer que le soin et la minutie sont tels que l'on se croirait vraiment dans un atelier (ou du moins dans ce que l'on imagine en être un). Des petits papiers avec des notes de Miyazaki sont affichés un peu partout, mais c'est écrit uniquement en japonais. Certaines notes sont assez imagées pour être comprises par des non nippophones (comme par exemple comment utiliser son crayon noir jusqu'au bout!) mais dans l'ensemble c'est une foule d'informations que nous manquons. A noter qu'entre la deuxième et la troisième salle, l'intégrale des story-boards des films du studio est consultable.

Dans la première salle, on se trouve durant la phase de pré-production. Des reproductions de croquis de Totoro, Kiki, Porco, Mononoke ou Nausicaä (tous tirés des The Art Of...) sont affichées sur les murs. Sont exposés également des objets sources d'inspiration pour les films, telle qu'une poupée de sorcière ou une maquette d'hydravion. Le désordre ambiant renforce le réalisme (qui croirait à un atelier propre et bien rangé?) et l'on peut même apercevoir le déjeuner de l'animateur, ainsi qu'une foule d'autres petits détails qui rendent ce lieu d'exposition presque vivant.

Ensuite, on passe à la phase de production proprement dite. Sur le mur sont affichés des décors et des cellulos (tous en couleurs bien sûr). Ici pinceaux et pot de peinture ont remplacé crayons à papier et gomme. L'atelier est beaucoup plus ordonné, et les détails insolites sont toujours là (par exemple la poupée sorcière ressemble de plus en plus à Kiki). C'est ici que les nerfs des collectionneurs sont mis a l'épreuve. On aimerait tout emporter: croquis, décors et cellulos. Mention particulière d'ailleurs à l'image de la prise de photo dans Porco Rosso, composé de 3 cellulos (Fio et le chef des Mamma Aiuto, les autres pirates et enfin les accessoires).

Enfin la dernière salle explique comment on filme les décors et les cellulos pour obtenir au final un film. Du procédé de la caméra (que l'on peut manipuler) au projecteur en passant par le montage, tout est présenté avec des notes explicatives (en japonais bien sûr). Cette partie est extrêmement didactique et, même si on ne comprend pas les notes, on a l'impression en sortant de savoir parfaitement comment on filme un dessin animé.

La chose la plus surprenante lorsque l'on visite cette exposition est la discipline et le respect que montrent les japonais. Bien que les dessins soient exposés à même le mur sans vitre ni rien pour les protéger, personne ne les touche. On a le nez a 10 cm du papier mais on ne touche pas...

   

L'exposition temporaire

Lors de ma visite en juillet 2002, cette partie du musée était consacrée a Sen to Chihiro no Kamikakushi. Y étaient exposés divers croquis, décors et reproduction de cellulos (tous les cellulos de Sen to Chihiro ayant été colorisés par ordinateur, ceux présentés ne peuvent pas être des originaux). L'exposition était partagée entre deux pièces. Au centre de la seconde était exposé l'ensemble des dessins d'animation, empilés presque négligemment et au sommet desquels trônait l'ours d'or gagné a Berlin. Mais ce n'est évidemment pas le trophée qu'il fallait admirer mais l'incroyable quantité de travail que représente la réalisation d'un film d'animation.

Nous vous proposons une rubrique de cette magnifique exposition temporaire dans la section "Bonus" de notre site. Ne la manquez pas!

ndlr : Les années qui ont suivi ont vu une exposition sur Pixar, puis sur Laputa et plus récemment sur le génie de l'animation russe Yuri Nornstein....

© Buta Connection