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Nausicaä de la Vallée du Vent

L'humanité, dans son orgueil démesuré, a précipité le monde dans un désastre écologique sans précédent. Les grandes civilisations industrielles jadis florissantes ont connu un déclin fulgurant. Mille ans après la guerre des « Sept jours de feu », la terre n'est maintenant plus qu'un immense désert sur lequel s'étend la « Mer de la décomposition », une forêt toxique habitée par des insectes géants. Les hommes, réduits à subsister aux rares abords préservés de cette forêt, vivent dans des royaumes qu'ils ont fondés localement. L'espèce humaine est menacée par l'expansion de la « Mer de la décomposition », mais les peuples continuent à se battre pour s'approprier les portions de terres encore habitables. Une guerre est sur le point d'éclater entre les empires Tolmèque et Dork. En vertu d'un vieil accord, Nausicaä, la princesse du petit royaume de la Vallée du Vent, doit quitter sa vallée pour rejoindre l'armée Tolmèque prête à envahir les terres Dorks.

Rien ne sera simple... Quels sont les véritables motifs derrière cette guerre ? Pourquoi Kushana, la fille de l'empereur Tolmèque a-t-elle fait détruire Pejite, cité pourtant alliée des Tolmèques ? Que craignent les Ômu, ces grands insectes protecteurs de la Forêt, au sud ? Quels secrets terrifiants reposent dans la crypte de la ville sainte Dork de Shuwa ? Telles sont quelques-unes des nombreuses questions que se poseront Nausicaä et ses compagnons emportés dans une incroyable quête. Une quête tumultueuse, tour à tour humaine, scientifique et spirituelle, au cours de laquelle Nausicaä cherchera désespéremment à sauver des vies, à guérir les blessures et à apaiser les souffrances provoquées par la folie des hommes.

Première et seule véritable bande dessinée de Hayao Miyazaki, Kaze no Tani no Naushika (Nausicaä de la Vallée du Vent) est un monument incontournable et inoubliable du 9ᵉ art qui dépasse le cadre du divertissement. C'est une épopée magnifique et profonde, le genre d'œuvre qui peut changer notre perception du monde et un exemple pour les générations futures.

En complément : Nausicaä de la Vallée du Vent, le long métrage tiré du manga.


Sources : Nausicaä and the Fantasy of Hayao Miyazaki d'Andrew Osmond - La naissance d'un manga d'Y. Tailliez - Nausicaa.net


Nausicaä de la Vallée du Vent :
Résumé détaillé - Tome 1 à 4

« Et l'Élu, vêtu de bleu, viendra à nous descendant un champs d'or pour renouer le lien à la terre que nous avons perdu. »

 

Tome 1

La terre a été dévastée par la guerre des « Sept jours de feu ». Depuis plusieurs siècles, les hommes survivent, bien que la forêt toxique habitée par des insectes géants appelée « Mer de la décomposition » gagne de plus en plus de terrain, détruise peu à peu les villes et empoisonne les humains.

Dans le petit royaume frontalier de la Vallée du Vent vit Nausicaä, fille du roi Jill. Appréciée de tous, elle est curieuse et possède un don rare, celui de ressentir les émotions de tous les êtres vivants qui l’entourent et notamment des insectes rois de la forêt, les Ômu. Elle sait également diriger à merveille son Moeve, un deltaplane à moteur, et le plus imposant Gunship, avion de combat. Nausicaä est sur le point de devenir la nouvelle dirigeante du royaume, son père étant gravement malade. Elle est aidée dans ce nouveau rôle par Yupa, un fidèle ami de Jill et un aventurier désireux de percer le mystère de la « Mer de la décomposition ».

Mais la guerre n’est pas loin, le grand empire Tolmèque entre en conflit contre les Dorks. Liée par un ancien traité d’alliance, Nausicaä est donc contrainte de soutenir les Tolmèques et de partir en guerre, bien qu’un évènement la perturbe grandement. En effet, un vaisseau de la cité de Pejite s’est écrasé dans la Vallée du Vent avec à son bord la jeune princesse Lastel. Juste avant de mourir, cette dernière explique que sa cité, pourtant alliée, a été attaquée par les Tolmèques à cause d'une mystérieuse pierre que, dans un dernier souffle, elle confie à Nausicaä.

Les Tolmèques, venus avec des maitres-vers, ne tardent pas à se poser dans la Vallée du Vent pour rechercher la pierre. Nausicaä refuse de les laisser passer et, folle de rage, provoque en duel un soldat Tolmèque. Yupa doit s'interposer pour calmer les esprits et l'arrivée du redoutable Gunship finit de convaincre les Tolmèques de quitter la Vallée.

Le lendemain, Nausicaä part à bord du Gunship avec les plus fidèles de ses compagnons pour soutenir l’effort de guerre Tolmèque. Elle se joint à la princesse Kushana, qui a été chargée par son père, le roi Tolmèque, de la double mission de récupérer la pierre de Pejite et d’attaquer les Dorks par la « Mer de la décomposition ». Mais le convoi est attaqué par Asbel, prince de Pejite, ivre de vengeance suite à l’attaque de sa cité et à la mort de sa sœur. Nausicaä, à bord du Gunship, tente d’empêcher le carnage aérien. Son vaisseau est touché et elle atterrit donc en pleine « Mer de la décomposition ». Alors qu’elle entre en communion avec l’esprit d’un Ômu, elle sent que la forêt se ligue contre un attaquant. Il s’agit d’Asbel, lui aussi touché durant la bataille et contraint de se poser. Après une fuite effrénée pour échapper à la furie des insectes et une perte de connaissance de Nausicaä, les deux jeunes gens sont sauvés par un Ômu.

À son réveil, Nausicaä se présente et narre à Asbel le destin tragique de sa sœur. Ce dernier la remercie de lui avoir rendu la pierre. Ils se rendent compte alors qu’au plus profond de la forêt ils n’ont pas besoin de masque, ce qui confirme la théorie de Nausicaä : la « Mer de la décomposition » n’empoisonne pas la terre, elle la purifie de toute pollution.

Il est temps pour eux de partir à bord du Moeve, même si pour cela ils doivent traverser les miasmes mortels de la « Mer de la décomposition ».

Tome 2

Alors qu’ils se dirigent vers les lacs acides où se trouvent Kushana et ses troupes, Nausicaä et Asbel tombent sur une flotte Dork. Forcée à monter à bord du vaisseau principal, Nausicaä comprend tout d’abord que cette escouade compte tendre un piège à Kushana, grâce aux renseignements donnés par un des frères de la princesse Tolmèque. En effet, la mort de cette dernière permettrait d’éliminer une rivale pour le trône du royaume.

Mais surtout, Nausicaä découvre que le clan Dork de Mani a pour intention d’anéantir tous les peuples de la Périphérie, y compris ceux de la Vallée du Vent, afin de trouver de nouvelles terres habitables. C’est alors que le vaisseau rencontre le Gunship conduit par Mito, parti à la recherche de Nausicaä. Le combat fait rage, mais Nausicaä réussit à s’enfuir à bord de son Moeve, bien que contrainte d’abandonner Asbel aux mains des Dorks.

Le combat fait rage entre l’armée Tolmèque et les commandos-suicides des Dorks. Nausicaä se rend compte avec horreur que ces derniers ont capturé un jeune Ômu. Ils le torturent afin de provoquer la colère des insectes de la forêt et dirigent l’animal et donc la horde en furie vers la troupe de Kushana. Nausicaä s’interpose et libère l’insecte, stoppant la charge des Ômu. Kushana, prévenue du piège et désireuse de mettre la main sur la pierre sacrée, se rend auprès d’elle et accepte de l’aider à rendre l’Ômu aux siens. En échange, la princesse de la Vallée du Vent devra lui confier tout ce qu’elle a appris à bord du vaisseau Dork.

Les Ômu remercient Nausicaä en soignant ses blessures et la baignent de lumière. Le vénérable du clan Mani qui assiste de loin à cette scène y voit un signe de la prophétie. Nausicaä perçoit alors l’esprit des Ômu et comprend qu’il se passe quelque chose dans le sud, où tous les insectes se dirigent. Elle décide donc de s’y rendre elle aussi et accepte de livrer ses secrets à Kushana.

Mito rentre donc dans la Vallée du Vent sans la princesse et assiste impuissant à la mort du roi Jill. L’ancienne de la Vallée rappelle à tous les dangers de la colère de la forêt et notamment les trois raz-de-marée qui ont dévasté les contrées des siècles auparavant.

Yupa choisit de partir à la recherche de Nausicaä afin de l’aider. En chemin, il monte clandestinement à bord d’un vaisseau des maîtres-vers afin de gagner plus rapidement la « Mer de la décomposition ». À bord, ils découvrent que les mercenaires de l’empire Tolmèque ont également un pacte avec les Dorks. Arrivé dans un village de maîtres-vers, il assiste secrètement à une assemblée de bonzes, où se trouve notamment le vénérable du clan de Mani, accusé de trahison. Yupa découvre ensuite la raison de cette alliance secrète : les maîtres-vers élèvent un Ômu qu’ils doivent livrer aux Dorks contre de l’argent. Yupa se fait surprendre et un vif combat s’engage. Asbel l’aide dans sa fuite et détruit au passage le nid artificiel de l’Ômu. Kecha, une jeune dork du clan Mani, se joint à eux.

Le frère de l’empereur Dork, Miralupa, arrive sur ses entrefaites. Le vénérable du clan de Mani lui fait part de sa découverte : l’être vêtu de bleu lui est apparu, il s’agira du seul rempart contre la barbarie et le raz-de-marée imminent. Effrayé par cette révélation, Miralupa le déclare hérétique et le tue. Cependant, la mort du vieillard empêche temporairement Nausicaä de se faire localiser par l’esprit de Miralupa.

Yupa, Asbel et Kecha réussissent à s’enfuir à bord d’un vaisseau, tandis que Nausicaä pénètre le territoire Dork.

Tome 3

En fuite à bord d’un avion, Asbel explique à Yupa que la cité de Pejite abrite en son sein un Dieu-guerrier que la pierre avait activé et qu’ils ont replongé dans le sommeil. Il prétend également à Yupa s’être débarrassé de la pierre dans la « Mer de la décomposition ». Ils sont alors pris en chasse par un escadron Dork, qui touche leur engin et le fait s’écraser en pleine « Mer de la décomposition ».

Nausicaä, à bord du vaisseau de Kushana, découvre le territoire Dork. Sentant les spores, elle permet aux hommes de Kushana d’échapper à une mort certaine en leur intimant de porter leurs masques. Ils tombent alors sur un village totalement ravagé par la guerre, mais aussi par la « Mer de la décomposition ». Nausicaä réussit à sauver deux enfants Dorks mais aussi des hommes de Kushana. Ils se rendent compte avec horreur que l’armée Dork a consciemment envoyé des spores sur leur propre population afin de tuer les soldats Tolmèques.

Tous remontent à bord du vaisseau et Kushana choisit ce moment pour questionner Kurotowa, chaperon militaire qui lui a été imposé, sur ses motivations et son réel commanditaire. La princesse apprend que c’est son propre père qui désire l’éliminer, inquiet de la voir respectée et aimée de ces hommes, réunis au sein du 3ème bataillon. Kurotowa lui-même choisit de suivre la princesse, admiratif de ce personnage charismatique. Nausicaä, quant à elle, suscite l’admiration et un véritable engouement par son comportement droit et généreux.

Yupa, Asbel et Kecha, de leurs côtés, sont recueillis par le mystérieux peuple de la forêt. Cette ethnie vit en communion avec la forêt et s’inquiète de voir celle-ci en ébullition. Ces étranges hommes décident donc de mettre eux aussi le cap vers le sud.

Alors qu’ils survolent la province de Sappata, conformément aux ordres de l’Empereur, Kushana et ses hommes découvrent avec stupéfaction que le 3ᵉ bataillon a été abandonné et est désormais assiégé par les troupes Dorks. La princesse décide de rejoindre coûte que coûte ses hommes et, malgré les tirs fournis de ses ennemis, y parvient. Nausicaä découvre que le fort retient également en son sein des centaines de Dorks prisonniers des Tolmèques. Elle réussit à négocier leur libération en échange de sa participation au combat aux côtés de Kushana.

Elle ignore complètement que Miralupa, le frère cadet de l’empereur aux pouvoirs inquiétants, se trouve à quelques centaines de mètres d’elle et qu’il a juré sa perte, terrorisé par la réalisation de la prophétie qui ébranlerait les fondements de la religion Dork. Ce dernier décide donc de lancer les hostilités dans la journée afin d’éliminer le 3ᵉ bataillon mais aussi Nausicaä. Il charge un de ses généraux-bonze, Chalka, de mener le combat, lui-même étant contraint de rester dans une cuve afin de régénérer sa force vitale.

Pour retarder l’assaut final Dork, Kushana décide d’attaquer la première en lançant une percée aussi dangereuse que désespérée afin de détruire les canons Dorks. Nausicaä l’accompagne et son courage durant le combat pousse les cavaliers du 3ᵉ bataillon à la protéger. Alors qu’elle est sur le point d’être capturée, sa fidèle monture Kai réussit à la protéger dans un dernier sursaut de vie. Il meurt après l’avoir mise à l’abri au sein du fort, où l’attendent les guerriers Tolmèques. Nausicaä est effondrée devant un tel sacrifice de sa fidèle monture, mais gagne la reconnaissance des cavaliers.

Témoin de cette scène, Kushana comprend l’extraordinaire destinée qui attend Nausicaä, alors qu’elle-même se sait condamnée à une lutte acharnée et sanguinaire avec sa propre famille. Miralupa, quant à lui, décide d’utiliser à nouveau les spores et les insectes pour réduire à néant Nausicaä et le 3ᵉ bataillon...

Tome 4

Alors que Miralupa regagne son vaisseau, Chalka découvre avec stupéfaction que Nausicaä a fait libérer tous les prisonniers Dorks. Chalka est troublé mais n’oublie pas que les deux peuples sont ennemis mortels et que l’affrontement est proche. Pendant ce temps, Nausicaä décide de quitter Sappata et de poursuivre seule sa route vers le sud, guidée par l’appel des Ômu.

Chalka part rejoindre Miralupa. En chemin, il constate les dégâts causés par un fongus artificiel particulièrement virulent : les insectes meurent en le mangeant et il semble avoir un cycle de vie très nettement accéléré. Ses observations sont confirmées par les scientifiques Dorks à bord du vaisseau. Il tente de dissuader le frère de l’empereur de l’utiliser sur son propre territoire, mais celui-ci, épuisé par la vieillesse, veut mettre un terme rapide à la cette guerre qui réveille les croyances enfouies d’un messie vêtu de bleu.

Près de la « Mer de la décomposition », Mito et deux autres acolytes retrouvent la trace de Yupa grâce à sa monture Kui, laissé aux bons soins d’une villageoise. Ce dernier est toujours avec Kesha et Asbel, au cœur de la « Mer de la décomposition ». En discutant avec Selm, qui appartient au peuple de la forêt, il découvre que les sols se purifient au fur et à mesure de la décomposition. Selm reste cependant mystérieux et semble protéger un secret. Lui et Selaine guident le trio jusqu’à la limite de la « Mer de la décomposition » puis les laissent partir.

À la recherche de Yupa à bord du Gunship, Mito tombe sur un croiseur Dork qui transporte un Dieu-guerrier endormi. Effrayé par une telle découverte, il tire mais se fait repérer et descendre par les croiseurs ennemis. Par miracle, le Gunship s’écrase juste à côté de Yupa et les dégâts sont réparables par Asbel.

Kushana, quant à elle, navigue dans les airs à la recherche des troupes de son frère, qui se trouvent à Kabo, afin de ramener de l’aide aux encerclés de Sappata. Mais une attaque violente d’insectes met à mal sa flotte et cause de nombreux dégâts. Elle choisit néanmoins de sacrifier quelques vaisseaux, en espérant que les insectes l’aideront dans son entreprise. Kushana profite d’eux pour semer la panique à Kabo. Mais son vaisseau heurte violemment celui de son frère, Kurotowa est blessé grièvement et c’est impuissante qu’elle affronte son ennemi intime. Ce dernier décide de l’abandonner sur le champ de bataille alors que les insectes arrivent. Elle attrape Kurotowa, le met à l’abri et assiste à la pulvérisation du vaisseau de son frère par les bêtes déchaînées. Alors qu’elle se réfugie et assiste au massacre des troupes par les insectes, elle se remémore alors sa mère, devenue folle à cause d’un poison destiné initialement à Kushana, et se jure de survivre pour causer la perte de cette famille royale gangrenée par la haine et la violence.

Nausicaä poursuit son chemin et se pose dans un endroit calme et serein. Dans une grotte, elle découvre un culte ancien et mystérieux et entre en communication télépathique avec un étrange petit garçon, Chikuku. Il la guide jusqu’à un moine, vieillard quasi-momifié qui lui annonce la fin imminente de ce monde et lui rappelle la prophétie du messie vêtu de bleu. Tout à coup, Nausicaä ressent vivement l’arrivée es insectes et a juste le temps de s’échapper à bord de son moehve avec Chikuku. Elle croise alors le vaisseau de Miralupa, dévoré par les insectes devenus fous, et monte à bord. Miralupa tente encore une fois de s’emparer de l’esprit de Nausicaä mais n’y parvient pas et s’enfuit à bord d’une navette, tandis que Chalka décide de provoquer l’explosion du vaisseau et donc sa propre mort. Nausicaä intervient et sauve le moine grâce au Moeve. Un énorme fongus émerge de l’explosion, dévoré par les insectes, qui se sacrifient pour éviter une propagation des spores. Nausicaä est bouleversée par ce geste mais faute d’attention, se fait renverser par un insecte et perd conscience.

Chalka emmène alors Nausicaä et Chikuku à bord du vaisseau des scientifiques Dorks, tandis que le fongus artificiel continue de s’étendre en dessous d’eux. Une fois réveillée, la jeune fille apprend au moine le déplacement vers le sud des Ômu. Pendant ce temps, le fongus semble prendre vie. Une immense masse s’élève vers le vaisseau, prête à l’engloutir. Nausicaä réagit et, bravant les interdits et la peur, jette la culture de fongus gardée à bord par les scientifiques. Cette dernière est immédiatement avalée par la masse. Si ce geste calme les velléités du fongus envers le vaisseau, il ne l’empêche pas de poursuivre sa progression.


Nausicaä de la Vallée du Vent :
Résumé détaillé - Tome 5 à 7

Tome 5

À Shuwa, alors que Miralupa est placé dans une cuve afin de régénérer son corps mourant, son frère aîné, l’empereur Namulith, décide de reprendre les rênes du pouvoir. Il veille à la croissance du Dieu-guerrier et après s’être débarrassé de son frère, décide de mener combat à la tête des Hidolas, des guerriers mutants et immortels.

Pendant ce temps, Yupa et ses acolytes tentent de repérer Nausicaä parmi la population hagarde des Dorks. Alors qu’ils survolent la cité de Kabo, dévastée par les spores, ils tombent sur le vaisseau de Kushana et détruisent une corvette Tolmèque royale prête à l’attaquer. Malgré les relations tendues entre la princesse et Asbel, Yupa décide de recueillir à bord du Gunship Kushana et ses hommes. La jeune femme lui explique qu’elle a survécu à l’attaque des insectes grâce au conseil de Nausicaä : vider son cœur de toute peur et toute haine.

La princesse de la Vallée du Vent, quant à elle, tente de sauver les survivants Dorks menacés par la progression du fongus. Grâce à la télépathie de Chikuku, elle prévient tous les habitants des environs que le fongus mutant les menace et qu’ils peuvent se réfugier en hauteur. C’est épuisée qu’elle se pose à bord du vaisseau Dork de Chalka et qu’elle s’endort. Durant son rêve, elle se retrouve confrontée au moine, qui se révèle en fait être le Néant. Ce dernier lui assure que le grand raz-de-marée est bénéfique et qu’il mettra fin à la folie des hommes. Elle est sauvée de cet inquiétant spectre grâce à la chaleur qui émane de son cœur. Elle se réveille en sursaut après avoir entrevu une horde d’Ômu. Elle décide immédiatement de monter à bord de son Moeve pour vérifier son intuition. Son départ devant la colline de réfugiés provoque des prières spontanées parmi la foule, qui voit dans le Moeve la venue du mystérieux oiseau blanc de la prophétie. Chalka, furieux, fait cesser immédiatement ces manifestations, qu’il juge blasphématoires.

Nausicaä retrouve enfin l’Ômu de son rêve, qui se trouve à l’endroit exact où les quatre fongus mutants semblent vouloir se retrouver. Alors qu’il meurt doucement, sans crainte ou colère, Nausicaä comprend enfin la venue des Ômu. Ces derniers se sacrifient parce qu’ils pensent que le fongus mutant fait partie de la forêt et qu’en mourant, ils apaiseront sa peur et le transformeront en forêt, ne faisant plus qu’un. Nausicaä décide d’attendre la venue des Ômu.

Kushana, accompagnée de Yupa, est revenue à Sappata où ils constatent les ravages du fongus. Mais ils s’aperçoivent également que la troupe des chevaliers Tolmèques a été ravagée par les Hidolas. S’ensuit un combat sanglant où Kushana est enlevée par les mutants. L’arrivée massive des Ômu pousse Yupa à se rendre à l’empereur Namulith, qui guidait les Hidolas à proximité.

Yupa est désormais à bord du vaisseau royal Dork où il constate que les Ômu se dirigent tous vers les fongus mutants. Il apprend aussi le projet de l’empereur : se marier à Kushana pour régner sur ce monde agonisant. Cette dernière n’accepte qu’en l’échange du sauvetage de ses hommes réfugiés sur une colline.

Nausicaä ressent alors l’arrivée des Ômu et part à leur rencontre. C’est alors que le Néant la submerge à nouveau pour lui rappeler que ce fongus est le seul moyen de sauver la terre, constamment menacée par les hommes et leurs pulsions destructrices. Il rappelle également à Nausicaä qu’elle-même a tué et n’est pas innocente. Nausicaä décide alors de suivre jusqu’au bout le destin tragique des insectes. Elle monte sur le dos d’un Ômu et remarque que ce dernier n’éprouve aucune haine envers les humains. Il se rend vers la mort afin surtout de panser les blessures de la terre, dans un esprit paisible et serein. En arrivant au point de rencontre des fongus, elle se rend compte que les germes de la forêt ont déjà poussé, comme une réaction accélérée due au mélange du fongus et du corps des Ômu. Alors que le fongus s’apprête à se déverser sur elle, elle est avalée par un Ômu et disparaît...

Tome 6

Chikuku annonce à Chalka que son esprit a perdu toute trace de Nausicaä. Le général décide de partir à sa recherche. Il s’aperçoit que les Ômu se sont tous sacrifiés pour stopper le fongus, mais aussi que les maîtres-vers se sont tous réunis, ravis de voir que leur chère forêt a pris le dessus sur les Dorks. Alors que ce peuple honni de tous s’apprête à tuer Chikuku et Chalka, Selm arrive et en sa qualité d’homme de la forêt ordonne aux maîtres-vers de relâcher les prisonniers. Le jeune homme récupère alors le Moeve de Nausicaä et, accompagné de Chikuku et Chalke, part chercher Nausicaä. Ils découvrent cette dernière protégée dans une carcasse d’Ômu grâce à son sérum. La princesse est plongée dans un sommeil profond semblable à la mort. Un rayon de soleil perce à cet instant précis et provoque une gigantesque poussée de la forêt, contraignant le groupe à s’envoler. Mais les maîtres-vers assistent à la scène, voient en Nausicaä leur déesse et réclament violemment le corps inerte de la jeune fille. Seuls la colère de Selm et ses pouvoirs font cesser leur folie.

À bord du vaisseau royal, maître Yupa réussit à s’échapper en provoquant un véritable carnage chez les Hidolas. L’empereur ne s’en inquiète pas réellement et reconnaît alors à ses côtés l’esprit errant de son frère Miralupa. Ce dernier semble errer comme une âme en peine jusqu’à ce qu’il aperçoive Nausicaä au loin, dans la jarre volante. Son esprit parvient alors à se propulser dans le corps de la princesse. Selm fait atterrir en urgence leur engin volant et c’est médusé que Chalka aperçoit le vaisseau de l’empereur tiré sur ses propres troupes. En effet, l’empereur semble avoir décidé d’éliminer tous les alliés des bonzes afin de créer son propre pouvoir. Chalka décide de partir en laissant Nausicaä au soin de Chikuku et Selm.

À quelques centaines de mètres de là, Kurotowa et la bande de Mito tentent de reprendre des forces après l’assaut de Sappata. Grâce à Kui qui a senti la princesse, Kurotowa retrouve Nausicaä. Mais celle-ci semble souffrir énormément. Elle est en fait emprisonnée dans son propre esprit et doit faire désormais le choix de la vie ou de la mort. Selm décide de la guider dans cet univers aussi complexe qu’étrange. Nausicaä y retrouve ses chers Ômu mais découvre surtout le secret de la « Mer de la décomposition » : une fois la terre purifiée, la « Mer de la décomposition » se putréfie et laisse à nouveau place à une nature pure et sans souillure. Selm propose alors à Nausicaä de se réveiller et de le suivre dans la Forêt afin de vivre avec lui. Mais Nausicaä appartient au monde des hommes et choisit de revenir parmi les siens. C’est avec joie que son réveil est accueilli, notamment par les maîtres-vers, cachés dans la montagne et la prenant toujours pour leur déesse, mais aussi par Mito, ravi de retrouver « sa » princesse.

A Tolas, la capitale Tolmèque moribonde, le roi Vuh décide de lancer une vaste offensive contre les Dorks, en laissant de côté ses deux fils survivants. En même temps, dans la Vallée du Vent, un vaisseau Dork fuyant l’empereur s’écrase et les rescapés sont recueillis par le peuple de Nausicaä dans un esprit de paix et de fraternité.

Après avoir conquis les maîtres-vers, Nausicaä décide de repartir vers le conflit afin de tenter d’apaiser les tensions entre les peuples Dork et Tolmèque. Elle arrive juste à temps pour sauver Chalka de la lapidation décidée par l’empereur. Chikuku révèle alors être un descendant de Kulubalka, ancien empereur Dork destitué par le Saint Empereur. Grâce aux pouvoirs du petit garçon, Nausicaä convainc le peuple d’abandonner la haine qu’il a pour le peuple Tolmèque, mais c’est alors que deux vaisseaux Dorks surgissent transportant le Dieu-guerrier élevé par les Dorks. Asbel, accompagné de la tribu de Mani et de Kecha, arrive en renfort auprès de Nausicaä et l’aide à tuer les hidolas. Il confie également à la princesse la pierre qu’il prétendait avoir jetée.  Nausicaä décide alors de tuer le Dieu-guerrier en le faisant s’écraser sur le vaisseau de l’empereur. Mais le fœtus se rompt et le Dieu-guerrier se libère. Yupa, caché à bord, intervient pour sauver Nausicaä d’un assaut d’Hidolas et assiste, médusé, à l’invraisemblable : le Dieu-guerrier perçoit Nausicaä comme sa mère et donc l’empereur comme son ennemi. Il détruit d’abord la pierre d’Asbel puis décide de faire payer à Namulith la douleur de Nausicaä. Celui-ci, terrassé, décide de se réfugier à l’intérieur du vaisseau, où Kushana a repris le pouvoir.

Tome 7

Namulith, mourant, confie à Kushana que tout a été prédit par le maître du cimetière de Shuwa. La princesse Tolmèque se rend alors sur le dos de l’appareil et constate que le Dieu-guerrier obéit à Nausicaä qu’il prend pour sa mère. La jeune fille décide alors de partir pour Shuwa, où tout semble converger. Le Dieu-guerrier, par un étrange pouvoir, réussit à s’envoler en emportant Nausicaä au creux de sa main. Mais le vol le fatigue énormément et il se décompose petit à petit, empoisonnant ainsi Nausicaä. Ils sont contraints de se poser en pleine tempête de neige à quelques centaines de mètres des frères de Kushana, eux aussi immobilisés. Des éclaireurs Tolmèques se font tuer par le Dieu-guerrier, malgré les supplications de Nausicaä. Le géant se comporte en fait comme un jeune enfant capricieux n’obéissant qu’à sa maman. Nausicaä décide alors de se comporter comme telle et donne un prénom à cet être, Oma, ce qui signifie « innocence » en Eftar. Dès lors, le Dieu-guerrier mûrit immédiatement et il décide d’obéir à Nausicaä et, s’appropriant les idées de sa « mère », d’incarner la justice. Mais Nausicaä, trop faible, s’évanouit alors que les frères de Kushana s’emparent d’elle et l’utilisent comme outil de chantage auprès d’Oma. Ils décident de continuer le chemin vers Shuwa et d’utiliser le Dieu-guerrier contre leur père.

Pendant ce temps, les hommes-vers décident de sacrifier tous leurs vers et d’abandonner tous leurs équipements afin de monter à bord du Gunship et de retrouver Nausicaä. Quant à Kushana, celle-ci essaie d’obtenir un vaisseau afin elle aussi de mettre le cap sur Shuwa et d’en découvrir les mystères. Cette demande est très mal perçue des derniers combattants Dorks, qui y voient une poursuite de la guerre. Des femmes Dorks réussissent à monter à bord du vaisseau pour poser des bombes, mais elles sont interrompues à temps par maître Yupa, qui sacrifie son bras en faisant éclater la bombe dans sa main. Il interrompt ensuite immédiatement Kurosawa, qui s’apprêtait à contre-attaquer les Dorks. Mais maître Yupa est obligé de s’interposer entre les tirs des Dorks et Kushana. Transpercé de part en part, il meurt dans les bras de Kushana. Mais sa mort n’est pas vaine puisque Chikuku réussit à créer l’illusion de la présence du vénérable du Clan Mani, apaisant ainsi les esprits belliqueux.

Nausicaä perçoit immédiatement la mort de son cher maître et constate également la mort de Teto. En larmes, elle appelle Oma, qui vient la récupérer dans le vaisseau impérial et en profite pour kidnapper les deux frères de l’empereur. Elle le fait poser ensuite prêt d’un arbre pour enterrer son fidèle ami. Oma, à bout de force, s’écroule et Nausicaä est recueilli par un étrange personnage, visiblement un gardien de chèvres. Celui-ci fait entrer Nausicaä et les deux frères dans un lieu étrange. Nausicaä se réveille dans un bain régénérateur et découvre des lieux aussi merveilleux qu’agréables. Mais le rappel de la mort de Teto lui rappelle sa quête initiale et la pousse à quitter le palais idyllique. Elle s’aperçoit avec horreur que le lieu est peuplé d’Hidolas et comprend qu’elle se trouve au sein du jardin de Shuwa, habilement dissimulé depuis les airs. Elle tente de s’échapper et ses appels au secours sont entendus par les maîtres-vers qui survolent la région à bord du Gunship et qui retrouvent les traces d’Oma.

Nausicaä, non loin de la sortie, retrouve le gardien du jardin, qui prend alors les traits de sa propre mère. Mais la jeune fille n’est pas dupe de la supercherie. Le gardien lui révèle alors qu’avant elle, il avait déjà un jeune disciple qui avait réussi à s’enfuir avec des Hidolas. Il s’agissait du père de Namulith et de Miralupa. Ce dernier lui-même fut un homme bon durant une vingtaine d’années avant de devenir un tyran. Le gardien enjoint Nausicaä à rester afin d’éviter de devenir comme eux. Sur le point de vaciller, elle appelle Selm, dont l’esprit apparaît. Mais le gardien ne cesse d’argumenter et révèle un secret terrible que seul le peuple de la forêt connaît : une fois que la « Mer de la décomposition » aura achevé son travail, aucun être vivant ne survivra, trop habitué aux miasmes pour supporter l’air pur. Nausicaä comprend que cette adaptation de l’homme à ce milieu agressif n’est pas le fait du hasard, mais un choix délibéré de quelques hommes, qui ont été aussi créée cette « Mer de la décomposition ». Elle découvre également qu’elle se trouve en fait dans une réserve chargée de préserver toutes les espèces créées par l’homme qui doivent être transmises à ce monde purifié. Mais elle sent que derrière cet Éden se dissimule une part d’ombre, qui a aussi inventé Oma, le fongus ou le raz-de-marée et qui se trouve au cimetière de Shuwa. Nausicaä décide donc de quitter le jardin, tout en acceptant de donner son nom au gardien, preuve de sa confiance. En sortant, elle tombe nez à nez avec Mito et les maîtres-vers. Ne trouvent pas Oma, elle part à la tête de ces derniers vers Shuwa, persuadée de faire les mêmes erreurs que l’empereur Dork.

Dans la ville sainte, le roi Tolmèque prend très vite le dessus sur les bonzes et tente d’entrer sans succès dans le tombeau. L’arrivée d’Oma change la donne et grâce à son immense pouvoir, il crée une fissure dans le sombre édifice, mais il est gravement touché par un tir émanant du tombeau. L’explosion provoque une déflagration monstrueuse, détruisant ainsi toute l’armée Tolmèque. Nausicaä assiste de loin à la scène et révèle aux hommes-vers la raison de leur venue à Shuwa : elle doit sceller le tombeau, car de lui émane les plus sombres desseins. Elle rassure ses hommes en leur expliquant que la « Mer de la décomposition » purifie la terre et que bientôt, tous vivront dans un monde sain et sans pollution. Mais elle omet délibérément l’aspect le plus sombre de la vérité, à savoir la mort probable des hommes dans ce monde sans miasme.

Le roi Vuh et son fou sont accueillis par l’ordre religieux qui s’occupe du cimetière. Les hommes qui composent cette caste cherchent un nouveau souverain pour protéger le tombeau et le savoir qu’il renferme. Avide de pouvoir et d’immortalité, le roi pénètre dans le tombeau. Le Gunship, à proximité de l’explosion, se crashe au sommet du tombeau et Asbel y pénètre, découvrant un monde horrifique où les Hidolas sont nourris de cadavres, où les moines croupissent à force de vieillesse prolongée. Nausicaä arrive elle aussi, accompagnée de ses fidèles hommes-vers et rejoint le roi Tolmèque auprès d’une gigantesque sphère recouverte d’écriture sacrée. Les moines leur apprennent qu’il s’agit du maître du cimetière, détenteur de tous les savoirs. Chaque année, une nouvelle phrase apparaît, permettant aux moines d’accéder à la sagesse universelle.

Le maître du cimetière se réveille alors et scanne les esprits de l’empereur, de Nausicaä et du fou. Il leur demande alors de l’aider à le protéger afin de continuer son projet de purification du monde. Nausicaä s’oppose à lui avec détermination, en lui signifiant qu’il ne respecte pas le principe même de la vie en songeant à détruire l’homme tel qu’il est, en voulant réduire à néant le monde auquel elle appartient. Le gardien reproche à Nausicaä de vouloir protéger les instincts les plus abjects de l’homme et donc de mener le monde et l’humanité à leur perte. Mais la princesse clame haut et fort que chaque vie est respectable, aussi imparfaite fût-elle et que l’homme réussira à s’adapter à ce monde pur et sans miasme, comme il l’a toujours fait. Et que le cas échéant, il retournera au néant, comme toute chose en ce monde.

Sentant qu'il n'a pas de prise sur elle, le gardien du tombeau tente alors de détruire Nausicaä. Mais Mito, resté près du Gunship, réussit à faire éclater des missiles au cœur du tombeau, détournant ainsi l’attention du gardien. L’esprit de Selm s’interpose également entre Nausicaä et le gardien, suppliant la jeune fille d’appeler Oma. La princesse s’exécute et c’est mourant qu’Oma la rejoint et pulvérise le gardien. L’empereur Tolmèque couvre la jeune fille de son corps dans un dernier sursaut d’humanité. Asbel se glisse juste à temps dans une bulle protectrice pour emporter la princesse et la sauver d’une mort certaine.

Une fois l’explosion passée, Kushana et tous les survivants se posent près du tombeau et constatent les dégâts. Kurosawa a réussi à sauver le vieux Mito et la princesse Tolmèque aperçoit au loin la bulle protégeant Asbel, Nausicaä et l’empereur mourant. Nausicaä apparaît, recouverte du sang bleu-profond du gardien et est accueillie par une danse du renouveau des gardiens-vers. Kushana recueille les dernières paroles de son père, revenu à la raison, qui lui demande de rebâtir un empire où le sang ne coulera plus. Kushana accepte la régence, mais refuse de devenir reine. Quant à Asbel, Kecha se précipite vers lui pour l’accueillir en héros. Nausicaä et Selm, apparaissant en esprit, gardent le secret du gardien au fond d’eux, confiants en notre planète et en son sort.

La légende raconte que Nausicaä est restée en terre Dork. On raconte qu’elle serait retournée dans la Vallée du Vent une fois Chikuku adulte, mais qu’elle aurait aussi rejoint le peuple de la forêt et Selm. Kushana, elle, refondera le royaume Tolmèque, qui restera néanmoins une terre sans roi.


Nausicaä de la Vallée du Vent : Personnages

Les personnages les plus importants du manga sont présentés ci-dessous, classés par ordre alphabétique. Sont indiqués les tomes du manga dans lesquels ils apparaissent.

Asbel - Tomes 1 à 7

Fils du roi de la cité de Pejite, Asbel est un jeune guerrier et pilote de talent. Après la destruction de sa cité par l'armée Tolmèque, il cherche à se venger en attaquant les vaisseaux de guerre de Kushana de manière suicidaire. Nausicaä lui sauve la vie et ensemble, ils découvriront les bienfaits purificateurs de la « Mer de la décomposition ». Séparé ensuite de la princesse, il prend sous son aile Kecha et part avec Yupa, puis Mito pour la retrouver, lui prêter main-forte et faire ainsi cesser cette guerre sanglante et monstrueuse.

Chalka - Tomes 3 à 7

Grand prêtre dork et général des armées dorks, Chalka est un fidèle de Miralupa depuis que ce dernier l'a sorti de la pauvreté. Sa vie est bouleversée par sa rencontre avec celle qui est considérée comme l'ennemi de l'empire dork, Nausicaä. Le courage et la générosité de la jeune fille finissent par convaincre Chalka de tenter d'arrêter la guerre et les désastres écologiques provoqués par l'arme biologique dork. Cette attitude est vue par l'empire dork comme une trahison. Chikuku se méfie de Chalka, car, malgré le soutien qu'il finit par apporter Nausicaä, il reste néanmoins fidèle à la religion imposée par les saints empereurs.

Chikuku - Tomes 4 à 7

Nausicaä rencontre ce mystérieux enfant télépathe, élevé par des moines de l'ancienne religion Dork, dans un temple caché dans une oasis perdue dans le désert. Il est en réalité le descendant d'une lignée de rois tyranniques Dorks, Kulubalka. Convaincu que cette dernière est l'élue, il l'aide dans sa quête en mettant à son service ses dons de télépathie. Il prête également main-forte à Chalka pour ramener la paix dans le camp Dork et réussit à ranimer leurs anciennes croyances.

Gardien du jardin de Shuwa (Le) - Tome 7

Être créé par les anciens, cet Hidola peut ressembler à une femme ou à un homme selon son interlocuteur, voire même prendre les traits d'un proche. Il est chargé de protéger toutes les espèces du jardin qui devront être transmises au monde suivant, débarrassé des souillures de l'homme. Il essaie également d'y garder enfermés les hommes qu'il juge digne de ce futur idyllique et tente donc de garder Nausicaä au sein de cet apparent Éden. Grâce aux révélations qu'il fait à la princesse, cette dernière comprend les secrets de la « Mer de la décomposition » et notamment la disparition certaine de l'homme après la purification de la terre.

Jill - Tomes 1 et 2

C'est le roi de la Vallée du Vent et le père de Nausicäa. Malade, suite à sa longue exposition aux miasmes de la forêt toxique, il ne peut pas personnellement partir en guerre au côté de l'armée Tolmèque et est contraint d'envoyer Nausicaä à sa place. Cependant, il appartient à un monde vieillissant, ayant du mal à transmettre le pouvoir à une fille et à comprendre le monde qui l'entoure. Il meurt peu de temps après le départ de sa fille, mais Nausicaä ne l'apprend que bien plus tard.

Kecha - Tomes 2 à 7

Servante du Vénérable de la tribu Mani, elle rejoint Yupa et Asbel après que le Vénérable ait trahi envers le frère de l'empereur Dork. Elle voue une haine farouche envers les Tolmèques au point d'avoir des préjugés envers tous les non-Dorks. C'est néanmoins est une jeune fille droite et courageuse qui n'hésite pas par exemple à se battre contre un esclavagiste pour empêcher deux fillettes d'être fouettées.

Kurotowa - Tomes 1 à 7

Kurotowa est un officier Tolmèque envoyé par le roi Vuh pour surveiller Kushana. Rapidement démasqué par Kushana, il décide de se rallier à elle et se révèle finalement être un serviteur d'une grande loyauté. Fin tacticien, il est plus subtil qu'il ne le prétend et aide Kushana à déjouer les plans meurtriers de ses frères. Souvent cynique et misanthrope, il apprend néanmoins à apprécier Nausicäa et à l'admirer.

Kushana - Tomes 1 à 7

Fille du roi Vuh, elle est la quatrième héritière du trône Tolmèque. Commandant de la troisième armée Tolmèque (qu'elle a entrainée personnellement), Kushana est un fin stratège et un chef charismatique. Elle se montre aussi impitoyable avec ses ennemis qu'elle est soucieuse de ses soldats, qui lui sont entièrement dévoués. Se désintéressant de la guerre et de ses « trophées », Kushana ne cherche qu'à se venger de sa famille qui a rendue folle sa mère en l'empoisonnant (poison qui à l'origine lui était destiné). Bien que plus cynique et violente que Nausicaä, Kushana est un personnage complexe et profondément humain. Sa position et son histoire lui font parfois accomplir des actes sanglants. Cependant, au cours de l'histoire, sous l'influence de Nausicaä, elle se mettra à regretter ses actes passés et elle abandonnera la voie de la violence et de la vengeance. À la mort de son père, elle refusera de monter sur le trône et assurera la régence du royaume jusqu'à sa mort.

Maître du cimetière (Le) - Tome 7

C'est un des dieux créés par les hommes de l'ère industrielle dans une période de grand désespoir lors de laquelle l'humanité a décidé de tout miser sur l'avenir. Il est à la fois le bâtiment vivant qui abrite le tombeau et le noyau protéiforme qui l'habite. Le tombeau de Shuwa renferme toutes les technologies de l'Ancien Monde et attend la fin de la purification de la planète pour recréer une nouvelle humanité. Pour œuvrer à sa mission, le maître du cimetière exploite des religieux qui travaillent au déchiffrement d'un texte sacré, extrêmement complexe, qu'il révèle peu à peu. Afin d'assurer sa protection, il attire les rois et empereurs en leur promettant l'éternité et la technologie. C'est ainsi qu'il passe un pacte avec le Saint Empereur Dork et le maintient ensuite en vie. Lors de l'affrontement face à Nausicäa, il promet à cette dernière un monde pur où l'homme pourra être sauvé grâce à ses connaissances technologiques, mais l'on ignore s'il ment pour sa survie ou pas.

Miralupa - Tomes 2 à 6

Petit frère de l'empereur Dork, Miralupa est néanmoins le véritable dirigeant de l'empire Dork, car il possède des pouvoirs télékinésiques, au contraire de Namulith. Miralupa impose impitoyablement la nouvelle religion Dork à son peuple et condamne toute hérésie. Il craint la prophétie de « l'être vêtu de bleu », persuadé que sa venue signifiera la destruction du Saint-Empire. Bien qu'il enseigne à son peuple de ne plus avoir peur de la mort, il est lui-même terrifié à l'idée de disparaitre. Mais, alors que la technologie Dork lui permettrait d'être transféré dans un corps plus jeune malgré ses cent ans, il s'y refuse et préfère des bains régénérants, craignant de mourir atrocement comme son père, victime d'un rejet. Rendu furieux par l'invasion Tolmèque sur les terres sacrées, Miralupa n'hésite pas à utiliser la « Mer de la décomposition » ainsi que des fongus mutants pour détruire l'ennemi, même si cela revient également à condamner une partie de son peuple et des ses terres. Son obsession de tuer Nausicaä cause sa perte puisqu'affaibli il est renversé par son frère. Son âme errante continue de vouloir tuer Nausicaä, mais cette dernière lui apporte l'apaisement et la libère de toute sa folie lors de son voyage intérieur.

Mito - Tomes 1 à 7

Mito est un vieil homme de la Vallée du Vent qui travaille pour le roi Jill. Ses amis et lui forment une bande de joyeux boute-en-train qui a une admiration et une affection sans borne pour leur princesse. Mito partira avec Nausicaä sur le front Tolmèque avec comme principale mission piloter le Gunship de la Vallée du Vent. Il rejoint plus tard Yupa. Mito, comme tous les gens de la Vallée du Vent, est extrêmement loyal envers Nausicaä et la suivra jusqu'à la fin.

Moine (Le) - Tomes 4 à 6

Moine ascétique de l'ancienne religion Dork, il vit dans une grotte et est le dernier de sa caste. Lui et ses coreligionnaires ont élevé Chikuku. Il semble avoir une certaine sagesse et il révèle notamment à Nausicaä les visées du Saint Empeur et l'existence du cimetière de Shuwa. Il est tué par la chute d'énormes insectes sur son lieu de méditation. Une fois mort, son esprit réapparaît plus d'une fois à Nausicaä sous la forme d'un squelette inquiétant (que Nausicaä appelle Néant) avec un discours nihiliste qui poussera Nausicaä dans ses derniers retranchements moraux.

Namulith - Tomes 5 à 7

Namulith est l'empereur des Dorks. C'est un personnage charismatique et un guerrier, mais ne possédant pas les pouvoirs psychiques de Miralupa, il vit longtemps dans l'ombre de son petit frère. Au contraire de Miralupa il n'a pas hésité à utiliser la technologie Dork pour rester jeune, transformant son corps en Hidola. Attendant patiemment son heure, il profite de l'état de santé de son frère pour l'assassiner et s'emparer du pouvoir. Conscient de la tournure des événements, Namulith est lucide, mais finalement ne semble agir que pour son plaisir. Pour instaurer son nouvel empire sur les ruines du précédent, il met à mort tous ses opposants et capture Kushana pour en faire son épouse et unifier son empire au royaume Tolmèque. Mais il est réduit en charpie par Ohma avant d'être décapité par Kushana. Sa tête tombe du vaisseau sans qu'il n'éprouve aucune peur ni regret.

Nausicaä - Tomes 1 à 7

Fille du roi Jill, elle est sa onzième enfant, ses frères ayant tous péri à cause du poison qui coulait dans les veines de sa mère. Cette force vitale et ce poids la poussent à respecter toute forme de vie et à refuser la violence et la haine. Aimée de tous au sein de la Vallée, elle se consacre à l'étude de la « Mer de la décomposition » à bord de son Moeve, jusqu'à l'intrusion des troupes Tolmèques sur ses terres. Convaincue de pouvoir trouver une réponse à toutes ses questions, elle entame une quête scientifique, spirituelle et humaine, au cours de laquelle elle cherche à soulager les souffrances et à préserver la vie. Elle devient l'amie des Ômu grâce à sa force d'empathie et son charisme l'aide à se faire des compagnons d'armes ainsi que de nombreux fidèles ayant tous foi en elle. Apôtre de la tolérance et de la compassion, Nausicaä est considérée par beaucoup comme « l'être vêtu de bleu » (ses vêtements seront tachés du bleu du sang des Ômu) l'être de légende qui est censé rétablir la paix et l'harmonie sur terre. Face au maitre du cimetière, elle doit assumer des choix difficiles pour l'avenir de la planète et de l'humanité.

Oma - Tomes 1, 4, 6 et 7

Dieu-guerrier qui était conservé au stade d'embryon à Pejite, il est capturé par les Dorks qui activent sa croissance. Arrivé à maturité, il est présenté à Kushana par Namulith, qui compte utiliser le géant pour asseoir son pouvoir. Mais reconnaissant Nausicäa comme mère et recevant d'elle son nom (qui signifie « innocence » en langage d'Eftar), il devient intelligent et décide de se mettre au service de la princesse. Grâce à sa force de feu, il devient l'arme ultime face au gardien du cimetière.

Princes Tolmèques (Les) - Tomes 4 et 7

Au nombre de trois et sosies de leur père, ils sont les frères de Kushana et ne rêvent que de pouvoir. Craignant leur père et n'ayant pas le charisme de leur sœur, ils agissent dans l'ombre du roi et tentent souvent bien lâchement de tuer Kushana. Le premier paie ce choix de sa vie en se faisant tuer par des insectes à Kabo sous les yeux de sa sœur. Le deuxième et le troisième, en tentant d'enlever Nausicäa et d'utiliser Oma, se retrouvent prisonniers du jardin de Shuwa et y demeurent, ravis de pouvoir y étudier les œuvres de musique et d'échapper à la folie meurtrière de leur famille.

Selm - Tomes 4 à 7

Appartenant au peuple de la forêt, lui et sa sœur Seleine prennent sous leur protection Yupa, Asbel et Kecha lors de leur crash dans la « Mer de la décomposition ». Il rencontre plus tard Nausicaä et leur connivence est immédiate. Par ses dons télépathiques, il aide Nausicäa à revenir parmi les vivants lors de son voyage intérieur, puis à faire face au gardien du jardin et enfin à affronter le maître du cimetière. Il partage avec cette dernière le secret du tombeau de Shuwa et la légende raconte que Nausicäa le rejoint ensuite au sein de la forêt.

Teto - Tomes 1 à 7

Renard-écureuil sauvé par Yupa, il est adopté par Nausicäa et en devient le fidèle compagnon. Grâce à son instinct, il sauve Nausicaä à une occasion. Il meurt à la fin de la quête de Nausicäa, probablement à cause des radiations nocives émises par Oma, lors de son vol vers Shuwa.

Vénérable (Le) - Tome 2

Chef religieux du clan Dork de Mani, il est le premier à s'opposer aux méthodes contestables du Saint-Empire, et notamment la torture d'Ômu. Il est aussi le premier à voir en Nausicaä « l'être vêtu de bleu ». Ses choix le font passer pour un traître auprès des autres bonzes et il est tué pour cela. Son sacrifice protège néanmoins Nausicäa grâce à la perdurance de son esprit.

Vuh - Tomes 6 et 7

Père de Kushana, c'est un être assoiffé de pouvoir prêt à tuer ses propres enfants pour continuer à régner. C'est lui qui déclare la guerre à l'empire Dork, afin d'annexer leurs verdoyantes terres, mais aussi le cimetière de Shuwa, où est détenu le secret de l'immortalité. Abject et prêt à tous les sacrifices, il a néanmoins assez de courage pour mener en personne son armée sur Shuwa, se confronter au Dieu-guerrier puis au maître du cimetière. Convaincu par la décision finale de Nausicaä, il surprend en sauvant la jeune femme au prix de sa vie. Avant de mourir, il confie le trône à Kushana et semble se repentir.

Yupa - Tomes 1 à 7

Maître Yupa est le professeur de Nausicaä ainsi que l'ami du roi Jill. Il a appris à la princesse le maniement des armes et mais a probablement joué un rôle dans le développement de sa curiosité et de son esprit critique. Il n'appartient pas à la Vallée du Vent et c'est un voyageur solitaire dont la réputation de fin bretteur est connue de tous. Redoutable à l'épée, il ne l'utilise cependant qu'en cas d'extrême nécessité, son but étant avant tout de découvrir les mystères de la « Mer de la décomposition ». Sur ordre de Jill et par esprit de protection, il part en quête de Nausicäa et comprend petit à petit que son élève détient en elle toutes les réponses à ses questions. Il se sacrifie afin d'éviter l'assassinat de Kushana, persuadé que celle-ci peut être un élément essentiel du monde à venir.


Nausicaä de la Vallée du Vent : Analyse

Se livrer à une analyse poussée de Nausicaä de la Vallée du Vent est une gageure difficile et complexe tant par l’ampleur de la tâche que par la richesse de cette œuvre unique en son genre. Le lecteur pardonnera donc une lecture forcément réductrice de ce chef-d'œuvre, qui ne rendra que partiellement justice à cette saga qui a accompagné Hayao Miyazaki durant douze années de sa vie.

Une œuvre riche et complexe

Nausicaä de la Vallée du Vent peut dérouter le fan habituel de manga par bien des aspects. Son format, en A4, est relativement rare dans l’histoire de ce média et aurait pu permettre à Hayao Miyazaki de grands moments de contemplation et d’étirement de l’action. Pourtant, Nausicaä casse ce schéma récurrent du genre pour proposer au contraire une action dense, complexe, fouillée, parfois même à la limite du compréhensible. Au fur et à mesure des tomes et des années, on remarque un trait de plus en plus incisif et précis, des dialogues riches et profonds, un découpage époustouflant qui fait de Nausicaä un des monuments du manga et de la bande dessinée en général.

Nausicaä plonge plus ses racines dans les romans de science-fiction que dans les annales du manga. C’est ainsi que l’univers des maîtres-vers, l’utilisation du Moeve ou encore le thème du messie, du désert ou des insectes ne peut qu’évoquer la saga de Franck Herbert, Dune. La longue quête initiatique et douloureuse de Nausicaä rappelle plus quant à elle, celle de Frodon dans Le seigneur des Anneaux, avec notamment ce fardeau permanent de porter le poids du monde sur ses frêles épaules. Enfin, et ceci n’est plus un secret depuis quelques années, Miyazaki est un grand fan de l’univers de Terremer et d’Ursula K. Le Guin. On ne s’étonnera donc pas de retrouver la thématique autour du fait de donner son nom ou de prénommer autrui (notamment dans le jardin du cimetière et avec Oma).

La différence par rapport à ces chefs-d'œuvre de la science-fiction et de la Fantasy, c’est que Miyazaki choisit d’ancrer son action dans un univers « réel », dans le sens où l’on apprend dès le début que nous sommes sur Terre, dans un monde postapocalyptique, et plus précisément sur le continent Eurasien. De fait, si la technologie, le mode féodal, les croyances et les armures Tolmèques rappellent très certainement le continent européen, de nombreux indices laissent à penser que le territoire Dork, lui, est plutôt asiatique. Ainsi, les croyances (réincarnation, sutras psalmodiés, détachement vis-à-vis de ce monde), les bonzes, leurs vêtements et les symboles religieux (comme l’œil) évoquent irrésistiblement ceux du bouddhisme. L’architecture de Shuwa ne ressemble-t-elle pas étrangement à celle de Lassa ?

Miyazaki utilise habilement des petits détails pour rendre son univers cohérent et crédible. Si l’œil novice passe outre et dévore les pages en quelques heures, nul doute que ces diverses sources et inspirations trouvent indirectement un écho en lui et une force évocatrice certaine.

Quant à la progression du manga, on peut constater que là encore, Nausicaä rompt avec tous les codes habituels. Ainsi, loin d’une diffusion hebdomadaire dans des journaux comme ses collègues mangakas, Miyazaki produit le manga en parallèle avec sa carrière de réalisateur. On ne s’étonne donc pas de l’aspect très cinématographique de la mise en scène, presque équivalent à un story-board, où les détails foisonnent, les variations de plans sont multiples et l’action très dense. Pas étonnant non plus que Miyazaki ait fait des deux premiers tomes une œuvre cinématographique à part entière. Néanmoins, on constate que pour le film, Miyazaki épure volontairement l’histoire en axant l’intrigue sur la Vallée du Vent et le message écologique, ne conservant finalement que certaines scènes à fort pouvoir émotionnel, comme la scène de la découverte de la « Mer de la décomposition » ou encore le sauvetage de l’Ômu par Nausicaä. Le cadre général demeure la Vallée du Vent, victime innocente au milieu d’une guerre sanglante. Nausicaä change certes l’issue de cette dernière, mais ne résout finalement pas vraiment l’énigme de fond de la « Mer de la décomposition ».

Le manga, même dans les deux premiers tomes, choisit d’emblée un monde plus complexe, avec une guerre aux multiples alliances, rebondissements et facettes. Nul doute que le manga a permis à Miyazaki, bien plus que n’importe lequel de ses films, de creuser en profondeur la nature humaine, d’en sonder véritablement les tréfonds, dans ses bons comme dans ses mauvais aspects. Il a pu également à travers ses 7 tomes proposer une réflexion profonde sur la vie, notre lien à la Nature, de manière bien plus poussée qu’un « simple » pamphlet écologique. Si le constat est troublant, on ressent toutefois à certains moments que Miyazaki s’est épuisé dans ce projet ambitieux et démesuré.

Ainsi, on peut considérer les trois premiers manga comme un premier acte, où nous suivons Nausicaä dans son parcours, mais aussi dans ses cheminements. Ce compagnonnage nous permet de rencontrer quasiment tous les personnages secondaires à quelques exceptions près. Les principaux éléments de l’intrigue sont lancés : Nausicaä doit se rendre vers le sud pour retrouver les Ômu, Yupa, accompagné d’Asbel et Kecha, tente de la rattraper, Kushana se questionne sur ses rapports destructeurs avec sa famille, l’empire Dork s’inquiète de l’émergence des vieilles croyances et de la Prophétie. Cette relative homogénéité n’est guère étonnante si l’on regarde le tableau de progression de Nausicaä. Les trois premiers tomes ne sont finalement interrompus que par la réalisation du film éponyme et donc rien n’entrave le déroulement de l’action, permettant aux trois premiers tomes de nouer l’intrigue et de mettre en place les principaux personnages (à l’exception de Chikuku, Namulith et Oma).

On ne peut en dire autant des deux tomes suivants, interrompus en leur milieu par la production quasi consécutive du Le château dans le ciel, Mon voisin Totoro et de Kiki, la petite sorcière. Dans ces tomes, l’action y est beaucoup plus éclatée, les scènes sont courtes, denses et l’intrigue est parfois très complexe à suivre. Les scènes de combat gagnent en violence, mais sont parfois difficiles à comprendre tant les traits se multiplient. Nausicaä devient un personnage plus lointain, qui commence à être considéré comme le messie par tous ceux qui la rencontrent. Tantôt thaumaturge, tantôt presque gourou, elle prend un aspect quasi inhumain qui nous éloigne un peu d’elle et, faisant perdre en force le récit. Il faut finalement attendre le tome 6 et le tome 7 pour que l’intrigue se recentre à nouveau sur Nausicaä, après notamment la scène du voyage intérieur qui change totalement le ton de la série et propose une réflexion profonde sur l’humanité. Paradoxalement, alors que quasiment tous désormais considèrent Nausicaä comme l’incarnation de la sagesse et de la vertu, Miyazaki nous la propose bien plus vulnérable et finalement bien plus humaine qu’à ses débuts.

Qui est Nausicaä ?

Nausicaä, incarnation quasi mystique de l’humanité, semble être un personnage voué à la solitude, devant mener seul son combat. Adulée par beaucoup, crainte par certains, Nausicaä exerce un pouvoir étonnant sur les autres. D’emblée, on s’aperçoit qu’elle peut communiquer avec les Ômu par ses pouvoirs télépathiques. On ignore si cette capacité de communiquer vient de sa formidable empathie envers tous les êtres vivants ou bien si ce don a forgé son caractère. On sait tout au plus qu’elle possédait déjà cette faculté alors qu’elle n’était qu’une enfant. C’est ainsi qu’elle a voulu empêcher la mort d’un Ômu, contre l’avis du peuple de la Vallée, mais elle n’a pu le sauver. Ce premier souvenir de son enfance, un des seuls jamais évoqués dans le manga, est un excellent condensé de Nausicaä : empathie, refus de la violence, protection de tous, mais aussi culpabilité de l’échec et profonde solitude.

Force est de constater que Nausicaä possède un pouvoir charismatique immense. D’abord sur son peuple, séduit par sa gentillesse et son dévouement. Puis ensuite, au gré de ses pérégrinations sur les terres lointaines, ce pouvoir extraordinaire sur les autres va prendre de plus en plus d’ampleur : Yupa, Asbel, Kushana, les peuples Dorks, Oma... Elle ira même jusqu’à plaire à l’empereur Tolmèque, fasciné par sa détermination. Elle ne compte finalement que quelques ennemis directs, dont notamment Miralupa, qu’elle réussira néanmoins à dompter et à apaiser, et Namulith, qui se rend compte trop tardivement de l’importance prise par Nausicaä auprès de son peuple. Nausicaä ne connaît finalement que deux adversaires acharnés : le tombeau du gardien, ennemi de l’humanité, mais aussi tout simplement elle-même.

En effet, au fur et à mesure de son évolution, Nausicaä nous révèle également une part sombre d’elle-même. Régulièrement, au cours du manga, la princesse opte pour un comportement presque suicidaire, notamment lors de l’assaut du Fongus. Écrasée par la solitude et le poids de cette humanité sur ces épaules, elle songe mourir avec les Ômu. Ce n’est que l’amour de la nature dans son ensemble qui la pousse à revenir plus forte et plus déterminée que jamais. Mais c’est le moment qu’elle choisit pour révéler le terrible secret de son enfance. Un lourd sentiment de culpabilité la suit depuis sa naissance, puisqu’elle est la seule survivante d’une fratrie de 13 enfants. Nausicaä est persuadée que tous ses frères et sœurs aînés ont absorbé le poison coulant dans les veines de leur mère pour finalement lui permettre de vivre. Elle a ensuite grandi auprès d’une mère rongée par la tristesse et distante envers elle et ne s’est finalement épanouie qu’en étant le vaillant soldat que son père rêvait d’avoir comme successeur.

Il n’est dès lors pas étonnant de constater que Nausicaä n’est pas féminine et finalement n’attire pas le sentiment amoureux, elle ne peut que forcer l’admiration, mais ne peut trouver son pendant masculin, comme rongée elle-même par le poids de sa naissance et de sa survie. Finalement, elle n’accepte son rôle de sauveuse de l’humanité que lorsqu’elle accepte ce don de l’existence non pas comme un fardeau, mais comme un cadeau.

Ce parcours aussi douloureux que chaotique n’est pas sans rappeler Kushana, l’alter ego de Nausicaä dans cette aventure. Au début de l’histoire, tout semble séparer les deux jeunes femmes : l’une est attentionnée et empathique, l’autre est une véritable machine de guerre sans âme et sans remord. On peut considérer que Kushana s’est humanisée au contact de Nausicaä, notamment après la bataille de Sappata. En réalité, Kushana n’est tout simplement pas le monstre que l’on pressent et multiplie finalement les points communs avec la jeune princesse de la Vallée du Vent. C’est ainsi que cette dernière porte le poids de la culpabilité de la mort de sa mère, empoisonnée à sa place, et a grandi dans l’univers malsain et pervers de la cour Tolmèque, loin de tout amour et toute considération. Son choix de vie ressemble dès lors étrangement à Nausicaä : elle ne sera pas femme et épouse, elle deviendra guerrière et prendra la tête d’une armée dévouée et fidèle. Dans ce monde très masculin, Nausicaä et Kushana sont respectées et admirées pour leurs compétences et leurs comportements sans faille, bien que différents. Au contact de Nausicaä, Kushana apprend simplement à devenir plus empathique et à découvrir la notion d’amour, à saisir l’enjeu fondamental de cette guerre, qui dépasse largement le simple conflit territorial. Son talent de femme d’état est d’ailleurs largement souligné à la fin du manga, Kushana devenant finalement l’élément central de la reconstruction du monde détruit, tout en refusant le pouvoir et la couronne. Ces deux personnages sont donc très liés et apparaissent probablement comme deux des créations les plus complexes de Miyazaki. Cependant, si Kushana apparaît finalement comme la quintessence de la gouvernance juste, Nausicaä s’apparente plus à un messie ou à une divinité qu’un simple être humain.

Il est certain qu’au cours de sa quête initiatique, Nausicaä va être grandement aidée par la Prophétie. Point convergent de toutes les croyances de son monde, qu’elles soient Tolmèques, Dorks ou de la Vallée du Vent, Nausicaä semble réaliser un à un chacun des éléments de la prophétie. Peu à peu, la rumeur s’étend et Nausicaä devient la promesse d’un jour meilleur pour tous, dans un monde déchiré par la guerre et avide d’espoir.

L’aspect prophétique, propre à de nombreuses histoires fantastiques, peut laisser supposer une destinée toute tracée et subie par Nausicaä. Néanmoins, là encore, la jeune fille apparaît comme plus subtile et plus rusée que l’icône lisse et sans faille de la Prophétie. C’est ainsi qu’elle n’hésitera pas à utiliser Chikuku et ses dons de télépathes pour sauver la population en péril. Ce geste, bon et empathique, ne fait que renforcer les croyances populaires. De même plus tard, elle réutilisera ce pouvoir pour convaincre les Dorks de ne pas lapider les prêtres et d’abandonner leur haine du peuple Tolmèque. Elle se positionne dès lors en tant que messie de manière volontaire, dictant la conduite à adopter et usant de pouvoirs extraordinaires pour faire passer son message.

Le tome 7 marque enfin un dernier tournant dans l’évolution de la jeune fille. De messie, elle passe au statut de déesse. En choisissant de devenir mère d’Oma, dieu-guerrier et juge suprême de l’humanité, elle assume non seulement son rôle prophétique, mais incarne un pouvoir divin. En acceptant cette maternité hors-norme et presque monstrueuse, Nausicaä devient la seule personne à pouvoir décider du sort de l’humanité. C’est donc seule qu’elle décide de faire survivre ce monde tel qu’il existe, même si derrière la détermination se cache le doute. Car Nausicaä reste humaine, malgré tout : elle ment à Oma en devenant sa mère, elle ment au peuple en annonçant la mort du tombeau et la fin des problèmes. Pourtant, en choisissant l’humanité et le mensonge, Nausicaä reste seule et est condamnée à le demeurer.

La fin d’une idéologie ?

La fin du manga est finalement typique des œuvres de Hayao Miyazaki : sans porter aucun jugement, le mangaka propose une fin ouverte qui ignore le manichéisme : Nausicaä a-t-elle bien agi en détruisant le tombeau ? Nous n’en savons rien. Tout au plus, nous apprenons que le monde « d’après » est un monde plus pacifié, mais sans aucune vision à long terme. Difficile dès lors de savoir si Nausicaä a fait le bon choix ou pas. Car en refusant de laisser périr le monde tel qu’il existait, en sauvant l’être humain, Nausicaä se proclame comme sauveuse de la nature et comme protectrice de tout être vivant, hybride ou « naturel ». Mais pour cela, elle est prête tout de même à tuer une entité, celle du tombeau. Le paradoxe ne s’arrête pas là. En refusant de condamner l’humanité à court terme, la sauve-t-elle réellement par la suite ? N’a-t-elle pas repoussé simplement l’échéance d’une disparition certaine ? Auquel cas, n’a-t-elle pas mis en péril la nature, sans cesse maltraitée et menacée par l’homme, pour simplement privilégier son monde à elle ? Et si derrière le geste noble et magnifique du tome 7 se cachait finalement une forme d’ethnocentrisme et d’égoïsme de la princesse ?

Cette œuvre-fleuve, écrite sur près de 14 ans, n’est-elle pas le symbole de l’évolution de Miyazaki : du film Nausicaä de la Vallée du Vent, optimiste et porteur d’espoir, on passe au personnage de Porco Rosso, ce vieux cochon misanthrope placé lui aussi au cœur d’un conflit meurtrier. Miyazaki ne dit-il pas lui-même qu’il a cessé de croire au marxisme lors de la création de cette œuvre : « J’ai arrêté de voir les choses en « classes » parce que c’est un mensonge de dire qu’on a raison seulement parce qu’on est travailleur manuel. » (Now, after Nausicaä has finished, Yom, juin 1994). Le choix de Nausicaä indique-t-il un abandon des croyances idéologiques de Miyazaki, un refus de l’idéalisme et une vision plus pragmatique de l’humanité ?

Rien n’est simple dans ce choix final, tant chaque interprétation est possible. Choisir l’humanité est-il un choix écologique ? Respecter chaque forme de vie, aussi imparfaite soit-elle, est-il le reflet des croyances animistes propres au shintoïsme ? Ou bien au contraire Miyazaki choisit-il par le biais de Nausicaä de condamner l’humanité et donc de fait notre monde ?

Pourtant derrière cette vision pessimiste de la destinée humaine se cache une vision finalement nettement moins sombre. Car Nausicaä choisit finalement la vie, dans toute son imperfection dans toute son éphémérité, dans toute sa fragilité. Elle choisit d’accepter ce qui est profondément naturel : la mort, comme formant un tout avec la vie. Elle s’oppose ainsi aux rêves d’éternité des empereurs Dorks ou de Vuh, elle refuse cette race parfaite d’êtres humains désirée par le tombeau, parce qu’elle accepte tout simplement sa propre mort et celle de chaque être vivant. Et parce qu’elle accepte aussi la vie, quelle qu’elle soit.

Il est difficile de ne pas faire un lien entre cette fin et celle de Princesse Mononoke, réalisé juste après par Miyazaki. Dans ces deux mondes où l’humanité semble courir à sa perte, avide de pouvoir et prête à détruire la nature pour parvenir à ses fins, deux personnes luttent contre ces forces destructrices. Nausicaä, elle, remporte finalement son pari et son monde, bien que ravagé par la guerre, est préservé. L’homme reprend sa place de maillon dans la chaîne de la vie et ne décidera plus du sort de la Nature. Mais Ashitaka, lui, ne peut sauver le monde ancien. Dans Princesse Mononoke, le constat semble amer : l’homme ne peut vivre au sein de la Nature et c’est pourquoi Ashitaka et San ne peuvent pas se retrouver. Là où Nausicaä replace l’homme au sein de la nature, Princesse Mononoke le place en maître d’un monde défiguré et changé à jamais. Nausicaä reflète donc l’évolution de la pensée de son créateur : d’un optimisme idéaliste, l’œuvre devient de plus en plus sombre et complexe. En perdant ses idéaux, Miyazaki porte un regard désabusé et distant sur le sort de notre humanité : qu’adviendra-t-il au monde de Nausicaä ? Nul ne le sait... Cependant, c’est véritablement Princesse Mononoke qui pousse cette réflexion à son paroxysme, en ne proposant aucun retour en arrière possible.

 

Une fois les dernières pages du manga tournées, une fois le dernier tome fermé, le lecteur n’a qu’une envie : retourner partager les aventures de la princesse de la Vallée du Vent. Il est difficile d’abandonner ces compagnons de voyage, ce monde si riche et complexe, ces terres à la fois lointaines et proches. Quant à Nausicaä, il s’agit certainement d'un des plus beaux personnages de la littérature : elle nous fait simplement grandir. Mais ce qui fait finalement la force de l’œuvre, c’est que loin de proposer un monde manichéiste et une fin à l’optimisme béat, elle nous renvoie à un questionnement profond et intime : qu’est-ce que la vie ? Qu’est-ce que la nature ? Quel rôle l’homme peut-il jouer dans ce monde, tant de manière individuelle que collective ? À toutes ces questions, Hayao Miyazaki ne propose que quelques subtiles esquisses, à nous de trouver les réponses...


Nausicaä de la Vallée du Vent : Création du manga

Origines

Tout a commencé au début des années 80, alors que le magazine Animage est venu rencontrer Hayao Miyazaki pour réaliser un article sur lui. Le jeune réalisateur leur a montré plusieurs séries de dessins, pour la plupart des projets de films. Toshio Suzuki, un des fondateurs d'Animage (et futur président du studio Ghibli) est immédiatement séduit. Il propose à Miyazaki de soutenir ces projets auprès des studios d’animation.

Un premier projet d'animation est présenté à l'éditeur Tokuma Shoten, en juillet 1981. Ce projet, qui présentait une grande similitude avec le futur Château dans le ciel -il s'agit d'un château flottant dans les airs, dirigé par des robots-, est malheureusement rejeté. Miyazaki et Animage reviennent rapidement à la charge avec Rolf, qui met en scène Yala, reine de la Vallée du Vent, et les vers des sables. Mais de trop nombreux points communs avec Dune de Franck Herbert écarte le projet une nouvelle fois. Miyazaki n'aura pas plus de succès avec un autre projet intitulé Totoro...

Le personnage de Yala est déjà proche de la Nausicaä définitive.

Comme il n'y avait aucune prospection pour des longs métrages animés dans le proche futur, Animage a proposé à Miyazaki, alors sans travail, de créer une bande dessinée pour eux. Le réalisateur accepta en posant les conditions suivantes : il avait une totale liberté sur le choix de l'histoire, il pouvait suspendre ou arrêter le manga dès qu'il retrouvait du travail dans l'animation et le manga ne pourrait pas servir de base à un projet d'animation.

Influences

Les origines du personnage de Nausicaä et de son monde remontent loin. Enfant, Hayao Miyazaki a lu le conte traditionnel japonais Mushi Mezuru Himegimi (La princesse qui aime les insectes), l'histoire d'une princesse médiévale fascinée par toutes les créatures vivantes et les insectes en particulier. Des années plus tard, en parcourant le dictionnaire de la mythologie grecque de Bernard Evslin, il découvre la princesse phénicienne Nausicaä, qui a secouru Ulysse dans l'épopée d'Homère. L'image de cette jeune fille de nature douce, joyeuse et sensible a fusionné avec celle de l'héroïne japonaise pour devenir la princesse du petit royaume rural de Miyazaki.

L'écosystème, que cette dernière aime et étudie avec tant d'ardeur, est basé sur des écrits historiques et scientifiques que le jeune Miyazaki a creusés au fil des années. Il en est de même pour le royaume de la Vallée du Vent et les pressions politiques et sociales qu'il subit, inspirés d'ouvrages historiques, politiques et sociologiques. Parmi les écrits ayant influencé la création de Nausicaä de la Vallée du Vent, on citera :

  • Les origines de la culture des plantes et de l'agriculture de Sasuke Nakao
  • Le monde de Jômon d'Eiichi Fujimori, sur l'ère Jômon (approximativement de 10 000 à 300 avant notre ère)
  • Opération Barbarossa de Paul Carell, sur la guerre germano-soviétique
  • Les plantes et les hommes d'Akira Miyawaki, pionnier du mouvement vert dans les villes
  • La guerre des Gaules de Jules César
  • Spartacus de Howard Fast, qui a engendré le dégoût qu'a Miyazaki pour les superpuissances militaires

Ainsi, Nausicaä de la Vallée du Vent est devenue encore plus impliquée dans la défense de la paix et de l'environnement que ses inspirations grecques et japonaises. Et le monde l'entourant est devenu de plus en plus complexe.

Nausicaä est une œuvre-univers teintée d'écologisme. Deux romans connus dans ce genre littéraire spécifique, Hothouse (Le monde vert) de Brian Aldiss (1962) et Dune de Franck Herbert (1965) ont apparemment été lus par Miyazaki, et tous deux ont eu une influence non négligeable sur Nausicaä.

Si on prend le livre d'Aldiss, Nausicaä et Hothouse ont deux histoires très différentes, mais les parallèles sont clairs. Tous deux postulent une terre future envahie par des forêts géantes, remplies de formes de vies exotiques à côté desquelles l'humanité semble anachronique. Dans les deux œuvres il est question de révélations faites aux humains via des créatures terrestres intelligentes (le Morel dans Hothouse et les Ômu dans Nausicaä). Conformément à la vision du monde qu'a Miyazaki, le contenu de ces révélations est moins important que les pouvoirs qu'elles confèrent. Le Morel dans Hothouse est pernicieux mais ses enseignements et sa philosophie sont fondamentaux quant au statut final de Gren, un héros libre prenant en main sa destinée. L'élévation de Nausicaä n'en est pas moins spectaculaire : sa communion avec l'Ômu la transforme en un mélange d'explorateur-scientifique et de messie spirituel.

C'est là que Nausicaä s'aligne sur Dune, les deux Fantasy présentant un aspect messianique patent (bien que Nausicaä, contrairement à Paul Atréides, ne reconnaîtra jamais son statut d'icône). On fera aussi le rapprochement entre le vers des sables de Hebert et l'insecte géant qu'est l'Ômu, tous deux ayant une présence aussi monstrueuse qu'importante dans le récit. Ce point a été confirmé par Miyazaki qui a en partie emprunté le nom Ômu à Sando Wâmu (ou Sando Uomu) qui est le nom japonais pour des Sandworm de Dune.

Ecriture du manga

Le numéro d'Animage de décembre 1981 annonce à ses lecteurs que dans deux mois sera publié sur leur pages le premier chapitre de la série manga intitulée Nausicaä de la Vallée du Vent. Cette annonce (ci-dessous) inclut ce qui est très vraisemblablement la première image de Nausicaä jamais publiée. Notez son pistolet, les motifs à fleurs sur ses habits et les poches à munitions sur le haut des bras, qui ont disparu le temps que la publication commence, sans parler des yeux verts, de l'absence de visière sur le casque et des oreilles courtes de Teto.

Dans le texte de l'annonce, Hayao Miyazaki explique que le premier épisode n'est pas encore terminé et qu'il n'est donc pas possible de dire quelle tournure il va prendre ; mais il a le sentiment qu'Animage s'est embarqué sur une route dangereuse ! Puis Miyazaki avoue qu'il voulait autrefois être mangaka et cette ambition lui ayant causé quelques frustrations, il a cette fois décidé de dessiner une histoire qui lui tenait vraiment à cœur. « L'histoire de Nausicaä, une fille vivant dans une époque chaotique, 1 000 ans après l'effondrement de la grande civilisation industrielle. »

 La création de Nausicaä a été à l'origine un travail bouche-trou : « j'ai dessiné le manga parce que j'étais sans emploi en tant qu'animateur, et j'arrêterai de le dessiner quand je trouverai un travail dans l'animation » avait déclaré Miyazaki. Ironie de l'histoire, c'est pour adapter justement Nausicaä en film que le réalisateur fait un premier break. Il continue par la suite à travailler sur son manga de manière intermittente, avec de longues périodes d'interruption correspondant à la réalisation de ses différents long métrages. Une fois, Miyazaki a même retiré plusieurs chapitres d'Animage avant publication, car il n'en était pas satisfait. Le magazine a dû alors insérer à la hâte de brefs synopsis.

Voici comment s'est répartie la publication de Nausicaä de la Vallée du Vent dans le temps. Sur les 13 ans qu'ont duré la conception de l'œuvre, Miyazaki n'y a probablement réellement passé que la moitié.

Miyazaki a plus tard confessé que ce manga était un immense fardeau et l'on se rend alors mieux compte du dévouement qu'il lui a fallu pour travailler dessus entre deux films. D'autant que, imaginant l'histoire au fur et à mesure qu'il dessinait, il se demandait quand et comment il allait conclure : « Pour vous dire la vérité, c'était l'œuvre dont je me demandais toujours, si je pourrais la finir depuis le temps que je l'avais commencée. Je pouvais dire que j'étais capable d'écrire sans penser à la suite, parce que j'avais décidé que je pouvais l'arrêter n'importe quand. »

L'écriture de Nausicaä : une vraie torture si l'on en croit les croquis de Miyazaki se parodiant !

Alors pourquoi Miyazaki n'a-t-il pas abandonné en cours d'histoire ? D'abord par respect pour le magazine Animage mais aussi parce que le manga était différent de la version animée. Il lui donnait la possibilité de développer toutes les idées et les sujets de réflexions qu'il n'avait pas pu placer dans les limites que lui avait imposé le film. Par la suite Miyazaki a avoué que lui-même ne comprenait pas toujours la portée des questions qu'il soulevait.

Pendant les treize années sur lesquelles se sont étalés les 59 chapitres de Nausicaä de la Vallée du Vent, beaucoup d'évènements sont arrivés à l'extérieur du Japon. Certains comme la guerre en Yougoslavie, l'effondrement du bloc soviétique (cf. la chute de l'empire Dork) ou encore la guerre du Golfe ont beaucoup choqué Miyazaki et la teneur du récit s'en est trouvé fortement influencé. L'achèvement du manga correspond également dans la vie de son auteur à un tournant : « J'ai totalement abandonné le marxisme. Mais je n'ai pas eu d'autre solution que de l'abandonner. J'ai décidé que c'était faux, que son matérialisme historique aussi et que je ne devais plus voir les choses ainsi. Je pense que ce changement net dans ma manière de penser est venu de mon écriture sur Nausicaä, plus que par le changement de ma position dans la société. »

Ainsi quand Miyazaki assimilait l'écriture de Nausicaä à un fardeau, ce dernier était peut-être plus une épreuve psychologique qu'une simple charge de travail. Nausicaä, œuvre personnelle tourmentée reflétant la démarche intellectuelle et émotionnelle d'un auteur dont la pensée ne cesse d'évoluer ? « C'est éprouvant de retourner dans le monde de Nausicaä et je ne veux pas y revenir. Même si j'écrivais dans notre monde, effectuer ce travail-là a compliqué mon retour vers la société. »


Nausicaä de la Vallée du Vent :
Le monde de Nausicaä - Histoire

Avant les « Sept jours de feu », aux confins du monde eurasien se développait une société technologique. Celle-ci, grisée par son propre pouvoir, s’est mise même à créer des êtres vivants. Cette société fut à son apogée durant mille ans mais la guerre l’a ensuite ravagée.

Les Sept jours de feu

Sept jours ont suffi aux Dieux-guerriers, armes surpuissantes, abominations bio-mécaniques aux feux empoisonnés, pour anéantir l'ancien monde et polluer irrémédiablement la planète. Sur le sol rendu désertique par la pollution causée par cette civilisation disparue, un monde peuplé de nouvelles formes de vie fit son apparation. Une partie de la surface de la terre tendait désormais à se couvrir d'une forêt de bactéries géantes répandant des vapeurs empoisonnées et où seuls vivaient des insectes. Au début ce qu'on appelait la « Mer de la décomposition » (ou Fukai) n'était encore que confiné au coeur du continent...

L’Âge de céramique

Trois raz-de-marée (ou Daikaisho) ont ravagé ensuite la terre. Ceux-ci sont une émanation violente de la « Mer de la décomposition » et provoque une avancée importante de la forêt.

700 ans après les « Sept jours de feu » et 300 ans avant Nausicaä, le royaume d’Eftar réunit tous les futurs royaumes périphériques et cohabite avec la principauté Dork et le royaume Tolmèque. C’était une civilisation puissante, dotée encore d’une technologie avancée et relativement éloignée de la « Mer de la décomposition ».

Mais peu à peu la guerre civile gagne tout le royaume et les carapaces d’Ômu, matériau ultra-résistants, poussent les hommes à décimer ces derniers. La forêt entre alors dans une grande colère et provoque un raz-de-marée d’Ômu, le 3ᵉ depuis la guerre des Sept jours. Les Ômu se lancent par milliers sur les cités du royaume, détruisant tout sur leur passage et semant des spores dans leur sillon. Le royaume fut anéanti en 20 jours et les survivants s’organisèrent en clans, très vite soumis par le royaume Tolmèque.

 

La guerre entre Tolmèques et Dorks marque la fin de l’Âge de la céramique.

Les raisons de la guerre Tolmèque/Dork

En terre Dork, cent ans après le grand raz-de-marée, un jeune idéaliste s'empare du pouvoir avec le soutien de la population lasse des générations de rois tyranniques comme Kulubalka. Il fonde alors l'empire Dork et en fait une puissante théocratie, que reprennent ses héritiers Namulith et Miralupa.

A l'époque du récit du manga, l'empire Tolmèque est menacé : depuis le Daikaisho, la forêt empoisonnée gagne progressivement du terrain. Les territoires frontaliers sont les plus touchés, et même dans les cités Tolmèques, l'économie et la population déclinante subissent les effets du Fukai.

Les terres habitables et les ressources naturelles commençant à devenir rares, le roi Tolmèque Vuh finit par regarder du côté des vastes terres Dorks encore relativement épargnées. Mille ans après les « Sept jours de feu », le royaume Tolmèque déclare la guerre à l'empire Dork.

Le déroulement de la guerre tolmèque/dork

Le roi Vuh déclare un ordre de mobilisation et demande à tous les états périphériques de rejoindre ses troupes. Afin de récupérer le Dieu-guerrier et sa pierre le contrôlant, il va attaquer la cité, pourtant alliée, de Pejite. Lors de cet assaut, un avion va réussir à s’échapper et à s’écraser non loin de la vallée du Vent. Avant de mourir, la princesse Lastel confie à Nausicaä la pierre tant convoitée par l’empereur.

Parallèlement à cet assaut, les trois princes Tolmèques envoient les principales forces tolmèques attaquer les cités des fiefs Dorks par la Mer intérieure. Les troupes Dorks, peu belliqueuses, s'enfuit dans l'arrière pays. Kushana, la fille du roi Vuh, doit quant à elle retrouver la pierre, mais aussi traverser la « Mer de la décomposition » avec le soutien des troupes des peuples frontaliers pour attaquer les Dorks par un autre front. Le convoi d’avions des troupes de Kushana est alors attaqué par Asbel, prince de Pejite, déterminé à se venger du massacre de son peuple. Malgré de nombreuses pertes, Kushana continue son avancée au-dessus de la « Mer de la décomposition ».

Lors d’une pause près des lacs acides, les troupes Tolmèques tombent dans un piège tendu par les Dorks, grâce à des renseignements fournis par un des frères de Kushana, prêt à tout pour l’éliminer. Malgré l’usage de commandos-suicides et une charge virulente d’Ômu, leur stratégie échoue, notamment grâce à l’intervention de Nausicaä. Non loin de là, des maîtres-vers, pourtant affiliés au royaume Tolmèque, trahissent ce dernier et monnayent avec les Dorks pour leur fournir des Ômu élevés en captivité.

Malgré des effectifs très amoindris, Kushana et Nausicaä décident de continuer vers les territoires Dorks. Arrivées dans la province de Sappata, elles s’aperçoivent que les Dorks emploient l’usage des spores pour combattre les Tolmèques, au risque de condamner leur propre population civile. Elles réussissent à rejoindre les cavaliers du 3ᵉ bataillon de l’armée Tolmèque abandonnés par le reste de l’armée et en proie à un siège des Dorks. Kushana, grâce à l’aide de Nausicaä, réussit à mettre en place une percée et à détruire les canons qui menaçaient continuellement le fort. Miralupa, effrayé par cette dernière et furieux de cette victoire, choisit alors d’envoyer les spores et les insectes sur Sappata mais l’expérience scientifique dérape, provoquant la folie des insectes et une extension dangereuse de cette création Dork.

Kushana se rend à Kabo pour récupérer des vaisseaux afin d'évacuer ses hommes. Mais ses hommes subissent une attaque violente des insectes, qui provoque également la mort d’un de ses frères. Elle survit néanmoins au massacre et grâce à Yupa, elle retourne à Sappata pour tenter de sauver ses troupes.

Un Dieu-guerrier est transporté par un vaisseau vers le sud par les troupes Dorks et est emmené à Shuwa afin qu’il grandisse. L’utilisation massive du fongus mutant a mis en déroute l’armée Tolmèque, qui décide, dans son repli, de tout piller. La population Dork se rebelle alors que le fongus continue de tout détruire sur son passage.

Miralupa voit son pouvoir renversé par son frère Namulith. Ce dernier reprend les rênes du pouvoir grâce aux hidolas, des dangereux mutants. C’est grâce à eux qu’à Sappata, il capture Kushana, qu’il rêve de voir devenir sa compagne afin de régner sur les deux empires moribonds. Les quatre fongus mutants, eux, fusionnent, mais sont stoppés dans leur folie destructrice grâce au sacrifice des Ômu.

Tandis que le roi Tolmèque Vuh décide de mener lui-même l’offensive avec le reste de ses troupes, Namulith lance une vaste attaque au sein de son propre peuple en éliminant tous les moines et bonzes, qu’il fait passer pour les responsables du désastre. Il fait également venir le Dieu-guerrier, en fin de gestation, afin de démontrer à son peuple et à Kushana la force qu’il incarne et de lancer son offensive. Mais l’arrivée de Nausicaä perturbe ses plans et le Dieu-guerrier se retourne contre lui, provoquant par la même occasion la libération de Kushana et la mort de Namulith.

Lors d’un ultime sursaut guerrier entre Tolmèques et Dorks, maître Yupa se sacrifie pour sauver Kushna et interrompre le cycle de la haine et de la vengeance entre les deux peuples.

Les principaux protagonistes de la guerre convergent ensuite vers la ville sainte de Shuwa, qui renferme les secrets de l’ancien monde. La destruction du tombeau de Shuwa par Nausicaä et le Dieu-guerrier marque la fin de la guerre et le début d’une nouvelle ère pour l’humanité qui, incertaine de son avenir, doit de nouveau se reconstruire.


Nausicaä de la Vallée du Vent :
Le monde de Nausicaä - Peuples

Le royaume Tolmèque

Sa capitale est Tolas, gigantesque cité construite sur une ancienne mégalopole.

Le royaume est dirigé par le roi Vuh, dont Kushana est la seule fille, entourée par 3 frères malfaisants et jaloux. Leur attirance pour le pouvoir les pousseront à tenter de tuer leur sœur à de maintes reprises, provoquant même par erreur la folie de la mère de Kushana, seule héritière de l’ancienne lignée royale. Entre les 4 héritiers et le père se déroule donc une lutte sans merci pour le pouvoir où tous les coups bas et les trahisons sont permis.

Le blason de la famille royale : un serpent bicéphale
dont les têtes entrelacées s'affrontent ensanglantées.

Les Tolmèques sont dotés d’une puissante force militaire et possède de nombreux engins aériens.

Les Tolmèques ont un clergé composé de prêtres. Ces derniers voient la mer de décomposition comme une punition divine pour avoir souillé la terre durant la Guerre des sept jours. Kushana fait également une fois référence au Valhalla, lieu mythique où sont emmenés les guerriers valeureux dans les mythes nordiques.

Le peuple Dork

Peuple composé de 51 provinces dirigées par un empereur. Chaque province est dirigée par un bonze et il existe sept grands fiefs. C’est une nation fondée sur l’agriculture où hommes et femmes vivent séparément.

C’est un peuple où les tyrans ne cessent de se renverser les uns après les autres. A la famille Kulubalka a succédé le Saint Empire, théocratie où les bonzes exercent un pouvoir influent et où les dirigeants semblent être en quête de l’éternelle jeunesse. Avant le Saint Empire régnait d’autres dynasties, mais malgré ces changements, le peuple continue de croire en certaines divinités, comme Asura (nom d’une divinité hindoue) et dans la prédiction de la venue d’un ange bleu venu les libérer de leur condition misérable.

Ils ont une capitale religieuse, la ville sainte Shuwa, où demeure également le tombeau du gardien, détenteur de tous les savoirs de l’humanité. Ils ont hérité de leurs ancêtres la capacité de créer des êtres vivants, puisqu’ils sont capables de créer des Ômu à partir de simples fragments de ces créatures. Cette technique se transmettrait au monastère (qui est aussi le lieu du cimetière impérial). Ils ont aussi le pouvoir de commander aux hidolas, des guerriers mutants immortels.

La guerre contre les Tolmèques, la destruction de leurs cités et de leur peuple poussent le pouvoir Dork à utiliser des méthodes plus que contestables, comme les commandos suicides, la torture des Ômu, l’utilisation d’hidolas... Ils iront même jusqu’à envoyer des spores mortels sur les troupes Tolmèques et sur leur propre population pour pouvoir triompher.

Certains membres de la famille de l’empereur, dont Miralupa, sont capables de télékinésie et échangent avec les bonzes dans un langage sacré que le peuple Dork ne maîtrise pas.

La Vallée du vent

C’est un royaume dirigé par Jill. C’est une monarchie traditionnelle qui fonctionne avec un système de primogéniture masculine. Devant l’absence d’héritier mâle due aux décès de ses 10 frères et sœurs, Nausicaä deviendra la première reine de l’histoire de ce peuple.

Le peuple de ce petit état frontalier de l’empire Tolmèque vit dans une vallée protégée des miasmes par le vent marin. Ils sont les descendants du peuple d’Eftar et en parle la langue. Ils sont alliés à l’empire Tolmèque mais restent autonome.

La population est peu élevée, à peine 500 personnes de l’aveu de Jill. Elle vit toute entière dans un gros château ressemblant à une termitière. Leur société est fondée sur l’agriculture et semble peu avancée technologiquement, en dehors de l’usage du Gunship. Ce dernier date d’une centaine d’années et sa technologie a été perdue. C’est le seul exemplaire restant. Nausicaa possède également un Moeve, petit planeur monoplace doté d’un moteur.

Leurs croyances sont peu évoquées, tout au plus évoque-t-on une magie pour protéger la côte de maille de Nausicaä et le dieu du vent.

Le royaume de Pejite

C’est un royaume-cité dirigé par un régent. Ce dernier a deux enfants, Lastel et Asbel.

C’est une cité fondée sur l’artisanat. Elle a été construite par-dessus une ville ancienne. Le royaume bénéficie d'ne technologie avancée, puisqu’il possède des brigs, énormes avions de fret capables également de transporter plusieurs centaines de personnes.

Depuis 500 ans, la cité extrait régulièrement divers objets des mines, dont notamment des moteurs. Un Dieu-guerrier en état de marche y a également été trouvé, mais les scientifiques de Pejite ont préféré arrêter sa croissance par peur des conséquences d’un tel monstre.

Comme tous les états de la périphéries, la cité était traditionnellement alliée au royaume Tolmèque, qui l’a néanmoins attaquée et réduite en cendres.

Les maîtres-vers

Egalement appelés « Chercheurs de cadavres », manipulent des vers pour fouiller la terre. La légende raconte qu’ils sont issus des marchants d’armes du royaume d’Eftar, qui ont massivement tué des Ômu et ont provoqué le troisième raz-de-marée. Cela explique peut-être en partie pourquoi ils déclenchent l’hostilité partout où ils passent.

Ils sont mercenaires à la solde du royaume Tolmèque et pillent allègrement les villes attaquées. Mais, avides d’argent, ils peuvent également vendre leurs services aux Dorks contre espèce sonnante et trébuchante. Cependant, étant restés proches de la forêt et méprisés de tous, ils ne rêvent que de l’émergence d’une forêt toute-puissante où ils règneraient en maîtres. Ils jureront allégeance à Nausicaä et renonceront à leurs pratiques de pillage.

Le peuple de la forêt

Craints par les maîtres-vers, ils sont issus des mêmes ancêtres mais ont rejeté le monde des hommes et vivent dans la forêt. Ils vivent grâce à des costumes performants mais aussi grâce à la création de bulles de protection. Ils semblent également être dotés de facultés psychiques importantes. Ils refusent l’usage du feu, se nourrissent d’œufs d’insectes, fabriquent des tentes avec leurs fluides et exploitent leurs restes pour vivre au sein de cet univers hostile à l’homme.

Ils gardent le secret de la forêt, à savoir la purification des sols en vue de la renaissance de la faune et de la flore.


Nausicaä de la Vallée du Vent :
Le monde de Nausicaä - Faune et flore

La flore

Mer de la décomposition :

La « Mer de la décomposition » (Fukai) est une création de l’homme suite aux « Sept jours de feu » et à la pollution qui a envahi le monde. Il s’agit d’une forêt toxique pour l’homme qui envahit peu à peu le monde et le menace dans sa survie, provoquant chez lui une pétrification mortelle et une stérilité importante. Nombreux sont ceux qui pensent que la « Mer de la décomposition » empoisonne la terre, alors qu’en réalité, elle la purifie, transformant la terre polluée en cristaux inoffensifs.

La forêt est un éco-système complexe rempli de bactéries géantes où seuls vivent les insectes et quelques hommes, protégés par des masques. Elle se répand peu à peu grâce à des spores véhiculées par l’air. Celles-ci s’implantent dans le sol et s’y enracinent. Les plantes, appelés Mushigoyashi (« engrais pour insectes »), grandissent grâce à la photosynthèse et peuvent atteindre jusqu’à 50 mètres de haut. Lors du stade de germination, elles libèrent des spores.

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Les arbres absorbent la pollution et la transforment en fins cristaux. Les arbres se pétrifient et s’effritent peu à peu depuis les racines, créant des cavités souterraines qui remontent progressivement. Une fois que la forêt a entièrement cristallisé les poisons et que les cavités sont remontées à la surface, la forêt s’effondre sur elle-même, permettant à la végétation et à la flore de revenir sur cette terre saine et pure. L’homme ne peut néanmoins survivre dans ce monde sans pollution car, paradoxalement, il s’est habitué aux miasmes toxiques et ne peut survivre sans.

la « Mer de la décomposition » semble être dotée d’une forme de conscience collective, puisque quand elle se sent menacée, elle peut provoquer un raz-de-marée d’Ômu dévastant tout sur son passage et semant des spores dans leur sillon.

Les Dorks créeront des spores artificielles bien plus rapides en croissance et bien plus dévastatrices, qu’on appelle Fongus mutant. Celles-ci, au contact des Ômu, provoquent l’éclosion et la croissance rapide d’arbres et de plantes.

Lacs acides :

Les lacs acides se trouvent en plein milieu de la « Mer de la décomposition ». Comme leur nom l’indique, leur substance empêche quiconque d’y pénétrer. Leur acidité empêche les spores de s’y développer, les humains peuvent donc respirer aux alentours sans masque et sans risque de contamination.

Les mers et océans aussi sont fortement pollués et ne sont donc en aucun cas nourriciers pour l’homme.

La faune

Par ordre alphabétique :

Bœufs à pelage

Ces bêtes à cornes velus sont utilisées à la fois comme montures et comme bêtes de somme aussi bien par les Dorks que par les populations de la périphérie.

Courtilières-reptiles

Gigantesques insectes d’une vingtaine de mètres et dont la tête est pourvue d’une paire de mandibules pouvant être meurtrières. Ils possèdent plusieurs paires d’ailes mais n’ont pas de patte. Il se meuvent dans les airs tel un serpent.

Dieux-guerriers

Etres gigantesques détenant une force de destruction immense. Bien que créés par les hommes au sein du cimetière de Shuwa, ces géants sont bel et bien vivants et connaissent les mêmes stades de croissance qu’un être humain : stade fœtale, premiers mouvements et maturation jusqu’à l’âge adulte. Pour qu’ils obéissent à leurs créateurs, une pierre est nécessaire. Ils semblent néanmoins être dotés d’une âme et se considèrent comme juges suprêmes de l’humanité.

Fongus

Champignon dont les cellules sont indépendantes les unes des autres mais ayant besoin de se regrouper pour vivre ensemble. Ils forment une espèce de pâte dégageant des spores. Lorsque la nourriture manque et que les spores s’unissent, ils forment un amas compact et entre en stase. La boule éclate et libère des spores dans l’air afin de pouvoir trouver de la nourriture ailleurs. Ils sont dotés d’une forme de conscience puisqu’ils peuvent éprouver peur, souffrance et tristesse. Le fongus artificiel a une durée de vie plus courte et donc un instinct de survie très développé.

Hidolas

Ces êtres mutants à la solde de l’empereur Dork sont des créations du cimetière de Shuwa. Ils sont d’une taille supérieure à l’homme. Ils ont une peau ressemblant à un cactus et une attitude évoquant le singe. Leur bouche se situe en haut de leur crâne et ils sont nourris de cadavres par de gros entonnoirs. Ils obéissent aux sons émis par leurs maîtres Dorks. Dotés de trois yeux, ils portent un casque où est représenté un œil unique, symbole de l’empire Dork, qui cache en réalité un étau piquant qui les torture sans cesse. Ces mutants sont immortels, sauf si l’on détruit leur centre névralgique, qui se trouve dans l’œil central.

Ômu

Plus grands insectes de la « Mer de la décomposition », ils sont dotés d’une carapace quasi-indestructible. Ils possèdent des tentacules dorées capables de guérir les blessures et de communiquer. Leur sang est bleu et un pouvoir appaisant sur les insectes. Ils ont 14 yeux qui changent de couleur selon leurs émotions. Ils sont dotés d’une culture puisqu’ils se transmettent des savoirs de génération en génération. Ils sont intimement liés à l’avenir de la « Mer de la décomposition ». Celle-ci est également capable d’allier tous les insectes de la forêt en un seul et même esprit dévastateur lorsque l’on s’en prend aux Ômu. Inversement, ils iront jusqu’à tous se sacrifier pour stopper le fongus mutant et l’apaiser.

Oiseaux-chevaux

Entre le cheval et l’autruche, ces animaux sont d’une fidélité sans faille et sont une précieuse monture. Fonctionnant par paire, ils sont visiblement capables de ressentir les émotions de l’autre, même à distance. Ainsi, quand l’un d’entre eux meurt, l’autre pond un œuf, comme pour perpétuer l'espèce.

Renard-écureuil

Espèce rebelle à l’homme.

Vers apprivoisés

Seule espèce de la « Mer de la décomposition » apprivoisée par l’homme. Ils sont utilisés comme des chiens renifleurs par les hommes-vers et sont leur plus précieux alliés.

Yanmas royaux

Sorte de libellules géantes. De taille à peu près plus grand qu'un homme. Ils suivent souvent les Ômu en essaims. Ce sont en quelque sorte « les gardiens » de la forêt.

Il existe bien sûr de nombreux autres insectes volants ou rampants -non identifiés dans le manga- qui vivent dans la « Mer de la décomposition ». Voici quelques exemples :