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Kié, la petite peste

C'est dans un quartier populaire d'Ôsaka que la petite Kié habite seule avec son père Tetsu. Mais le plus adulte des deux n'est pas forcément celui qu'on croit : flemmard, joueur et bagarreur, Tetsu laisse Kié s'occuper du restaurant et des comptes du foyer. Mais la petite fille tient bon car elle espère secrètement que sa mère, qui était partie lasse de vivre avec un bon à rien, reviendra et qu'ils pourront vivre heureux tous les trois.

Adapté du très populaire manga d’Etsumi Haruki, Jarinko Chie (Kié, la petite peste) est une comédie truculente d'Isao Takahata qui préfigure déjà ses films au sein du studio Ghibli. En croquant avec tendresse la vie quotidienne mais tumultueuse d'une petite fille au caractère bien trempé, le réalisateur nous montre qu'il sait déjà mêler avec brio comédie et drame, réalisme social et sentiments humains.

Film conseillé à partir de 7 ans (voir guide des parents)


Sources : dossier de presse français Wild Side Films - Planete-jeunesse.com


Kié, la petite peste : Résumé détaillé

Prologue

Dans une rue d'Ôsaka, Tetsu demande de l'argent à son père. Il doit en effet emmener chez le médecin sa petite fille, Kié, gravement malade. Mais la mère de Tetsu n'est pas dupe et gronde son mari : la dernière fois, leur fils leur avait soutiré de l'argent en leur faisant croire que Kié était morte ! Tetsu s'avère être un joueur invétéré, car on le retrouve en train de dilapider l'argent soutiré à ses pauvres parents dans une salle de jeu. C'est encore une nouvelle soirée passée à jouer et boire pour le père de Kié et qui se termine, une fois encore, par une bagarre contre des yakuzas.

Pendant ce temps, dans le restaurant familial, « Chez Tetsu », Kié fait tourner le commerce à la place de son père indigne. Sa mère a quitté la cellule familiale. Comme tous les autres soirs, la petite fille, au lieu de faire ses devoirs comme tous ses camarades de classe, fait la cuisine et le service pour les clients. Au cours de la soirée, elle rencontre le chat Kotetsu. Un peu plus tard, un client refuse de régler sa note mais le malentendu est vite « réglé » par Tetsu, qui débarque dans la gargote. Ce dernier récupère la totalité de l'addition grâce à sa technique de négociation habituelle : ses poings.

Cette banale soirée pour cette famille atypique se clôt par l'intervention de papi et mamie venus corriger leur menteur de fils, tandis que Kié fait les comptes et va mettre à l'abri l'argent gagné, dans une cache à l'intérieur du comptoir du restaurant.

Le générique du film se déroule et se termine sur Kié en train de renommer le restaurant familial sous le nouveau nom de « Chez Kié ».

Chapitre 1

De retour de l'école, Kié passe devant Tetsu et un des ses amis qui observent les passants de la rue. Son arrivée met Tetsu en rage après son compagnon. Impossible pour lui de contrôler son virus du jeu : Tetsu avait parié que la prochaine personne à emprunter la rue serait un homme. L'arrivée de Kié l'a fait perdre. Mais ne se laissant pas décontenancer, Tetsu affirme que Kié est un fait un garçon. Il demande à sa fille de montrer ses « boules » à son collègue. Pour toute réponse, Kié l'assomme et tourne les talons aux deux parieurs…

De retour dans sa chambre, Kié s'empare d'un marqueur noir et s'empresse de barrer la tête de son père sur le cadre qui contient la photo familiale. Elle s'aperçoit ensuite qu'elle a perdu la convocation de l'école pour la journée des parents. Grave erreur, car cette convocation est maintenant entre les mains de Tetsu, qui l'a ramassée dans la rue !

Tetsu veut réparer sa gaffe et devenir un père modèle. Il décide donc de se rendre à cette journée des parents. Le jour dit, il se met son plus beau costume et se rend (en retard) dans la classe de sa fille. Sa présence ne passe pas inaperçue... Au milieu de tous les parents d'élèves, il s'insurge contre Wataru Hanai, le professeur, qui semble s'obstiner à ne pas interroger sa fille. La vérité est toute autre. Hanai ne veut pas ridiculiser la fillette devant tous les parents, connaissant les difficultés scolaires de son élève. Mais Tetsu, décidément en dessous de tout, décide de rejoindre le professeur derrière son pupitre. Il le taxe de favoritisme et tente de l'intimider, lui proposant de régler leur compte à la sortie ! Kié se sent humiliée et honteuse, tandis que les autres élèves et les parents commencent à s'affoler…

À la sortie, Kié est en colère. De retour au restaurant, elle veut quitter son père. Elle sort du bar l'argent qu'elle a soigneusement économisé et s'apprête à partir. Mais sur le seuil de la porte, elle découvre une fleur blanche. Un signe de sa maman… Elle décide de laisser encore une chance à son géniteur et d'aller se coucher, laissant ses grands parents et son père se disputer encore une fois.

Chapitre 2

Une nouvelle journée commence. On retrouve Kié en train de se préparer avec soin, car elle a rendez-vous au parc avec Yoshie, sa mère. Cette dernière prend des nouvelles de sa fille et s'indigne de découvrir que Kié travaille encore au restaurant. Tetsu ne sait pas que Kié rencontre sa mère en secret et cette dernière lui demande de ne rien lui révéler pour l'instant. Kié pense que c'est encore trop tôt également. Si Yoshie revient maintenant, Tetsu recommencera à jouer.
En fin d'après-midi, après une ultime séance de cinéma, Kié se sépare de sa mère avec regret pour retourner s'occuper du restaurant.

Dans la soirée, le patron d'une salle de jeu et ses hommes de mains investissent la petite salle du restaurant. Kié apprend que son père doit encore de l'argent. Les créanciers décident de manger en attendant le retour de Tetsu. Pour passer le temps, le chef propose à Kié un combat entre Kotetsu et son propre chat, Antonio, la terreur du quartier. Pourtant certain de la victoire de son poulain, à la grande stupeur du chef de la salle de jeu, Kotetsu bat Antonio qui perd une « boule » dans le combat. Tandis que les malfrats se précipitent à l'hôpital pour faire soigner Antonio, Tetsu est de retour, ignorant ce qui a pu se dérouler dans son restaurant.

Chapitre 3

À la sortie des classes, Kié passe en revue toutes les annonces de travail affichées sur les devantures des commerçants du quartier. Elle espère en découvrir une qui pourrait convenir à Tetsu. En vain, elle se résigne à poursuivre son chemin quand elle passe devant un nouveau restaurant spécialisé dans les omelettes. Elle découvre avec stupeur que c'est l'ancien patron de la salle de jeu qui le dirige. Que s'est il passé ? L'ancien tenancier lui apprend qu’Antonio est mort au cours d'un combat contre un chien du quartier. La perte d'une de ses « boules » lors de l'affrontement contre Kotetsu l'avait affaibli. Le chagrin du patron devant cette perte lui a fait remettre en cause toute son existence. Il a vendu sa salle de jeu, arrêté de boire et ouvert en souvenir de son compagnon un restaurant d'omelettes, plat que Antonio aimait tant. De plus, pour ne pas oublier son fidèle ami, il l'a fait empailler. Transformé par cette perte, le patron n'est plus que l'ombre du gangster qu'il était. Il invite Kié à consommer une de ses omelettes, prétexte pour pouvoir épancher sa tristesse auprès de quelqu'un. La douleur est telle que de chaudes larmes commencent à perler sur ses joues et son nez à couler. Sans que le patron s'en inquiète, le tout vient se mélanger à l'omelette qui chauffe sous son visage.

Kié est terrifiée à l'idée de devoir ingurgiter cette mixture pour ne pas vexer son hôte ! Mais le destin semble avoir pitié d'elle. Deux yakuzas entrent dans le magasin et l'un d'eux exige d'être servi le premier. Kié en profite pour céder sa place avec empressement et s'éclipser pour rejoindre Tetsu. Cette intrusion lui a donné une idée de travail parfait pour lui : videur de restaurant ! Tetsu et ses arguments frappants ont vite fait de faire le ménage dans le commerce de son ancien créancier. Les yakuzas prennent leurs jambes à leur cou.

Chapitre 4

Profitant d'une fête foraine, Kié et sa mère se promènent dans la foule. La petite fille est heureuse de lui apprendre que Tetsu a trouvé un nouveau travail qui lui convient. Au détour d'un stand de vente de caramels, Kié reconnaît derrière le comptoir les deux yakuzas que Tetsu a fait déguerpir quelques temps auparavant. Les vauriens leur proposent une sucrerie et Kié les présente à sa mère. Yoshie est un peu surprise de découvrir que sa fille puisse avoir ce genre de fréquentation.

Un peu plus loin, elles croisent le chemin du patron de Tetsu. Celui-ci est caché derrière un arbre, en train d'épier la foule. Il a retrouvé la trace du chien qui a terrassé Antonio et il est bien décidé à se venger de lui. Malheureusement, la lourde pierre qui était destinée à l'animal vient s'écraser sur sa propre tête ! Kié et Yoshie s'empressent de lui porter secours. C'est l'occasion pour Kié de présenter sa mère au nouveau patron de son père. Kié fait promettre à ce dernier de ne rien dire au sujet de Yoshie et de ses rencontres secrètes avec Kié. Finalement, on apprend que le chien pisté par le patron a été violement mordu par un homme, qui s'avère être Tetsu ! En passant devant le stand des yakuzas, il découvre Kié et Yoshie. Ebranlé par cette découverte, il se cache des deux femmes.

Chapitre 5

Tetsu n'est pas rentré au restaurant familial depuis 4 jours. Kié s'inquiète et tente d'obtenir de ses nouvelles en se rendant au restaurant de son patron. Celui-ci lui apprend que Tetsu a découvert que Kié voyait toujours sa mère en cachette. Attristé par la découverte, il lui fait la tête ! Mais de son côté, Tetsu apprend par Masaru Kobayashi, un camarade de Kié, qu'un marathon organisé par l'école va avoir lieu le lendemain. Masaru lui avoue que les années précédentes, malgré ses capacités physiques, Kié ne parvient jamais à terminer la première car elle court en sandales ! Ce soir là, Tetsu met fin à sa période de bouderie et rejoint le restaurant. Il apporte avec lui une paire de basket toute neuve.

Le lendemain, on retrouve Tetsu, les yakuzas et le patron (flanqué de son félin empaillé) près de la ligne de départ, prêts à encourager Kié. Le départ est donné. Dès les premières secondes, Kié se démarque facilement des autres concurrents. Tetsu s'inquiète, il faut ménager ses efforts pour résister sur la durée du parcours. Il tente de lui crier ce bon conseil mais Kié ne l'entend pas. Le voila donc en train de courir avec le peloton, puis d'enfourcher un vélo qui ne lui appartient pas pour atteindre son but. Finalement sa course se termine dans un panneau et comble de la malchance, le vélo « emprunté » s'avère être celui du chef de la police du quartier…

Pendant ce temps, Kié a fini par gagner la course mais à son grand désespoir, Tetsu n'est pas là pour la voir triompher. En compagnie de Kotetsu, elle attend le retour de son père pour partager sa victoire autour d'un repas. Mais Tetsu ne viendra pas, il a termine la journée et passera la nuit au poste.

Chapitre 6

En cette fin d'après midi, le restaurant familial reçoit la visite de Wataru Hanai, le professeur de Kié. Il apporte avec lui une photo vieille de 25 ans. C'est la photo de classe de Tetsu. Comment Hanai a-t-il pu mettre la main sur cette relique ? Le jeune professeur leur explique alors qu'il la tient de son père, ancien professeur de Tetsu. Mais les révélations ne s'arrêtent pas là pour Kié. Elle apprend que Hanai père est l'entremetteur de son père et sa mère. C'en est assez pour Tetsu qui refuse d'exhumer de tels souvenirs. Il tente de s'éclipser mais tombe nez à nez avec son ancien professeur sur le seuil du restaurant. Celui-ci lui fait la morale : il a honte de son ancien élève et regrette de s'être porté garant pour lui devant la famille de Yoshie. Tetsu est fort gêné par ces remarques. C'est alors que mamie en profite pour faire entrer Yoshie. S'en suivent les retrouvailles tant espérées pour Kié. La réconciliation entre Yoshie et Tetsu est fêtée jusque tard dans la nuit. À cette occasion, Kié a droit à son baptême de l'alcool ! Elle a le droit de boire du saké comme tout le monde. Pour la jeune fille, la fin de la soirée ne sera qu'un très vague souvenir…

Chapitre 7

À son réveil, Kié s'aperçoit que sa maman est toujours là. Les meubles ont même réintégré le domicile familial. Mais Tetsu recommence à se mette en colère car il se sent exclu par la complicité entre sa femme et sa fille. Hanai père, surgi comme par miracle, intervient alors promptement et conseille à Tetsu d'emmener sa famille au parc d'attraction pour montrer sa gentillesse. Kié est heureuse et court faire disparaître le marqueur noir qui barrait le visage de son père sur la photo familiale. À leur départ du restaurant, tous les amis proches sont là pour les féliciter.

Dans le train, les parents de Kié sont distants et silencieux. Pour rompre la glace, Kié se met à chanter dans le wagon. Son père est honteux et demande à Yoshie de la faire taire. La glace entre eux est enfin rompue ! Arrivés au parc, la petite famille semble se retrouver. Tetsu montre sa force et son adresse dans des jeux physiques, tout en montant dans les manèges avec Kié et Yoshie. À la fin de la journée, les parents se sont rapprochés. Finalement, si Kié n'avait pas chanté dans le train, ses parents se parleraient-ils maintenant ?

Chapitre 8

Tetsu est heureux. Hanai père a trouvé du travail pour Yoshie. Elle enseigne la couture et elle passe ainsi moins de temps à la maison !

En soirée, Tetsu et son patron s'ennuient au restaurant. Pas de clients et à l'extérieur, l'orage gronde. Tetsu peste contre Kotetsu qui a osé se rebeller contre lui dans l'après midi : Le chat lui a lancé une chaise en travers de la figure ! Bientôt quelqu'un frappe à la porte. En ouvrant la porte, le patron reste médusé. Sur le seuil se tient le chat Antonio ! Serait-ce un fantôme ? Ce n'est pas possible, le nouveau venu a bien ses deux « boules ». Il s'agit en fait du fils d'Antonio. Il est en ville pour venger son père et veut savoir qui est le responsable de sa mort. Malgré la tentation, le patron ne peut se résigner à livrer le chat de Kié. Tetsu voit là une occasion de se venger de l'affront récent de Kotetsu. Il propose alors à tous de boire en mémoire du père du nouveau venu. Comme il l'avait pressenti, l'alcool ne tarde pas à transformer le caractère du patron. Ce dernier dévoile toute la vérité à Antonio Junior sur la mort de son père. À nouveau irascible, il l'incite même à défier Kotetsu.

Le trio se rend donc au restaurant familial pour débusquer le chat de Kié. Junior lui ordonne de lui restituer la « boule » de son défunt père et le provoque en duel. Kotetsu guide Junior, ainsi que Kié, Tetsu et le patron au cimetière. Là, il déterre la « relique » du père de Junior. C'est donc au milieu des tombes que le patron recouvre enfin ses esprits. Mais il ne peut maintenant plus empêcher le duel entre les deux félins. Kié comprend que son père a joué un rôle non négligeable dans ce drame et semble furieuse contre Tetsu.

Les deux chats se font face à face. Junior envoie Kotetsu voler au loin. Mais le chat de Kié ne veut pas affronter Junior et refuse tout combat. Il encaisse les coups sans riposter. Troublé par ce courage, Junior décide finalement de mettre un terme à ce combat unilatéral. Mais Kotetsu semble en piteux état et Kié pleure à l'idée de perdre son seul ami.

Epilogue

C'est dans la rue, en fin de journée, après l'école, que l'on retrouve Kié qui rejoint bientôt sa mère. Tetsu, le patron et Antonio Junior arrivent à leur tour au restaurant. Ils viennent rendre visite à Kotetsu en convalescence sur le toit de la maison. Le générique de fin ne tarde pas à démarrer et nous montre que tous ces personnages ne sont pas près de changer !


Kié, la petite peste : Personnages

Kié

Petite fille débrouillarde, volontaire et responsable. Quand on fait sa connaissance, au début du film, sa situation familiale est un peu compliquée. Sa mère a quitté le domicile conjugal et elle vit seule avec son père. Elle refuse de l'appeler « papa », lui préférant « Tetsu », afin de lui signifier son mépris. Elle préférerait vivre avec sa mère et avoir une vie normale mais ne peut pas se résigner à abandonner son père irresponsable, ainsi que le restaurant familial.

Les habitants du quartier la surnomment « la petite peste » à cause de ses allures de garçon manqué. Mauvaise élève à l'école, Kié n'en aime pas moins les études mais les responsabilités laissées par ses parents indignes l'empêchent d'être une élève comme les autres. La petite fille ne cesse en fait d'aspirer à la normalité. Ainsi, elle voudrait apprendre un métier manuel, la couture, comme sa mère, pour se débrouiller seule quand elle sera grande. Mais sa situation familiale lui apporte surtout craintes et interrogations sur son propre avenir. Kié demeure la personne la plus adulte de sa famille, gérant les frasques de son père oisif et l'absence de sa mère. Sans elle, les deux parents se retrouveraient-ils à la fin ?

Tetsu

Le père indigne de Kié. Menteur, manipulateur, joueur, parieur, bagarreur, colérique, macho, puéril… tous les défauts de l'humanité semblent réunis en un seul être! Mais fort heureusement, une âme sensible et une ébauche de fibre paternelle sommeillent aussi en lui. Cependant Tetsu est tellement maladroit quant à l'expression de ses sentiments qu'il rate immanquablement les moments privilégiés avec sa fille (la journée des parents à l'école et l'arrivée du marathon…).

Ses relations avec sa femme sont étranges, on ignore s'il la regrette ou s'il jouit de son célibat sans regret. Lorsque son épouse revient, il ne semble par ailleurs guère heureux de devoir partager son toit et sa fille avec Yoshie.

Yoshie

La mère de Kié. Elle est partie en pleine nuit, excédée par le comportement oisif de son mari. Même si elle reste en contact avec sa fille et qu'elle semble outrée par sa vie avec son père, elle peut paraître irresponsable : en quittant le domicile, elle abandonne à sa fille toutes les responsabilités familiales.

Le patron

Au début du film, il est le tenancier d'une salle de jeu à laquelle Tetsu doit de l'argent. Mafieux un peu miteux, il est toujours accompagné par son chat Antonio et ses hommes de mains. La perte de son compagnon félin le fait cependant changer de vie. Il arrête l'alcool et se reconvertit dans la restauration. Un tout nouveau personnage, amical et de bon conseil, se dévoile alors. On apprend par ailleurs que sa femme l'a quitté avec sa fille, et qu'il ne les voit plus. Il est donc le premier à penser que les enfants doivent vivent avec leurs parents et cherche à réconcilier Tetsu et Yoshie pour le bien de Kié.

Kotetsu

Le chat de Kié à l'étrange marque en forme de lune sur le front. D'une force peu commune, il arrive à en découdre avec Antonio, le chat du patron, véritable terreur du quartier. Il s'oppose également à Tetsu, pourtant redoutable. S'exprimant dans un langage propre aux félins, il a cependant la capacité de se déplacer sur ses deux pattes. Bien plus qu'un chat, c'est le confident et le seul véritable ami sur qui Kié peut compter.

Antonio

Dit « le tueur de bœuf » ou « le tueur de bouledogue », la terreur du quartier et le chat du patron. Il ne tient pourtant pas plus de 10 secondes face à Kotetsu et perd une « boule » dans l'affrontement. Cette amputation signe le début de son déclin physique et psychologique. Il perd la vie dans un combat et son maître l'empaille pour le garder près de lui.

Antonio Junior

Le fils d'Antonio. Il apparaît dans le dernier chapitre du film pour provoquer en duel Kotetsu et ainsi venger l'honneur de son père. Mais devant la non-violence du chat de Kié et son obstination à ne pas rendre les coups, le respect s'installera et les deux chats deviendront amis.

Hanai père

Le père de Wataru mais aussi le professeur autoritaire de Tetsu lorsqu'il était enfant. C'est aussi l'entremetteur entre Tetsu et Yoshie. Bien décidé à ce que le couple tienne bon malgré tout, c'est lui qui sera à l'origine du sermon qui verra Tetsu et Yoshie se retrouver. Depuis, il surveille le couple de prêt, même s'il sa bienveillance déborde un peu trop dans la vie familiale de la famille de Kié.

Papi et mamie

Les parents résignés de Tetsu. Désespérés et résignés par le comportement de leur fils, ils essaient de préserver le reste de sa famille, même si pour cela, il faut souvent frapper fort sur le crâne de Tetsu !

Wataru Hanai

Le professeur de Kié. Jeune enseignant lucide sur la condition difficile de Kié, il fait tout pour lui éviter des tracas même si ses actes sont mal interprétés par Tetsu, ce qui lui vaudra de mettre sa vie en jeu !

Les yakuzas

Pas vraiment méchants, rapidement reconvertis dans le commerce de caramel, ils sont un élément comique du film et feront partie du cercle d'amis proches de Kié et de sa famille dans le film.

Masaru Kobayashi

Le bon élève de la classe de Kié. Prétentieux et tête à claques, il ne perd jamais une occasion pour se moquer de Kié. Mais étant peureux et malchanceux, il paie souvent cher ses sarcasmes.


Kié, la petite peste : Analyse

Comme pour Horus, prince du soleil, il est fort probable que le film reçoive un lot de critiques élogieuses, teintées cependant des expressions habituelles « mais la technique a vieilli » ou encore « le film a pris quelques rides ». Et pourtant, Jarinko Chie (Kié, la petite peste en français) apparaît comme une œuvre riche et foisonnante qui vaut bien plus qu'un simple regard condescendant.

Véritable petit bijou d'humour et de tendresse, Kié apparaît comme étant l'essence même du cinéma d’Isao Takahata, une source d'inspiration pour toutes les œuvres futures du maître nippon (excepté peut-être Le tombeau des lucioles). Dès le générique, on reconnaît des similitudes avec celui de Mes voisins les Yamada, avec la figuration du jeu de cartes Hanafuda (le jeu des fleurs) :

La narration organisée autour de sketches et la volonté d'un réalisme social évoquent également Mes voisins les Yamada. Et comme pour Souvenirs goutte à goutte, Takahata ne cesse de questionner ce Japon moderne où les valeurs morales semblent peu à peu se perdre. Sur un ton plus léger et un brin grivois, l'intérêt pour les appareils reproducteurs des personnages félins de Kié n'est pas non plus sans évoquer les attributs généreux des tanuki dans Pompoko.

Kié, la petite peste est une véritable merveille, car au-delà d'une animation, Takahata magnie avec brio la mise en scène, insère des clins d'œil cinéphiles subtils (Godzilla, mais aussi les codes du western) et joue sans cesse avec les codes représentatifs et narratifs.

Kié, ainsi que tous les autres personnages, sont bien loin de n'être que de simples bouffons comiques dont le seul but est d'amuser le spectateur. Takahata semble nous interpeller sur des valeurs familiales en perdition. Kié est certes une petite fille hilarante, elle n'en demeure pas moins seule face à ces adultes irresponsables et immatures. La place d'une petite fille est-elle derrière le comptoir d'une gargote ? Devrait-elle trouver son seul défenseur et véritable ami en la personne d'un chat ? La maturité est-elle l'apanage de l'âge adulte ? Toutes ces questions sont posées avec subtilité par Takahata, qui mêle habilement regard critique et comique de situation. Ainsi, Kié n'arrive jamais à prononcer le mot « papa » et ne cesse d'appeler ce père irresponsable « Tetsu », sur un ton réprobateur et agacé. Au-delà du comique de la situation, ce simple détail perce à jour la psychologie de notre héroïne et son difficile parcours dans l'existence. Condamnée à ne plus être une petite fille, Kié assume à la fois son existence et celle de son père.

Cependant, malgré un slogan alléchant propre à appâter les parents en manque d'activité pour leurs bambins (« Kié, ta nouvelle meilleure amie ? » dans une écriture enfantine voire infantile), il semble utile de préciser que Kié n'est peut-être pas le film idéal pour un jeune public. Non pas qu'il puisse choquer nos chères têtes blondes (ils voient bien pire au journal de 20 h !), mais surtout parce que l'humour de Takahata demande une certaine maturité que les plus petits auront du mal à cerner.

De même, on ne peut que recommander d'aller voir le film en VO. Ayant pu assister aux deux versions, il apparaît que le doublage de la VF, loin d'être calamiteux, enlève néammoins un charme certain à l'œuvre de Takahata. Loin de l'accent d'Ôsaka, les voix françaises apparaissent bien fades et font bien souvent tomber à plat les situations les plus comiques.

En tout cas, ce film vaut vraiment le détour et l'on ne peut que saluer l'effort de Wild Side Films qui continue de nous proposer des films d'animation rares et d'une excellente qualité. Kié, la petite peste mérite réellement sa place dans le panthéon de l'animation, et s'il ne fallait ne retenir qu'une seule scène, ce serait ce fabuleux duel félin digne d'un Sergio Leone, où derrière l'humour se cache un des génies de la mise en scène et de l'animation. Tout au long de sa filmographie, Takahata nous dépeint une forme de réalisme, parfois dur, souvent drôle, qui est sa marque. Kié ne déroge pas à la règle, il incarne à merveille les aspirations et l'art de Takahata, qui transcende notre réel pour le transformer en poésie visuelle.


Kié, la petite peste : Production

Le projet et la production

La production du film Kié, la petite peste s'est faite dans un climat particulier, celui d'une ère post-Tôei. Vers la fin des années 70, plusieurs grands animateurs, dont Yasuo Ôtsuka (participation au Serpent blanc, Horus, prince du soleil, Le chat botté, Conan, le fils du futur...), avaient démissionné du légendaire studio d'animation japonaise. Ce dernier intègre alors le studio Telecom. C'est au sein de ce studio qu'on lui propose de participer à l'adaptation d'un manga célèbre, Jarinko Chie, commandée par Tokyo Movie Shinsha. Ôtsuka fait alors appel à ces anciens camarades de la Toei, Yôichi Kotabe en tant que chargé du character design et de l'animation, et bien sûr Isao Takahata, qui sera le réalisateur du film.

Le réalisateur de Horus n'avait pas attendu la fin des années 70 pour quitter la Tôei. Dès 1971, Takahata avait démissionné, entraînant avec lui deux animateurs (Kotabe et bien sûr Hayao Miyazaki). Il intègre ensuite le studio A Production. Il réalise avec Miyazaki des séries télévisées comme Lupin III / Edgar de la cambriole ou Heidi. Entre 1976 et 1981, il réalise parallèlement à son travail régulier pour les grands studios le long métrage Gauche le violoncelliste. Takahata est donc loin d'être un inconnu pour le grand public. Avec Kié, la petite peste, il retrouve donc ces anciens collaborateurs et accepte de réaliser ce projet étonnant pour l'époque, si l'on considère que la mode était alors aux séries sportives et aux vaisseaux spatiaux ! « J'imagine toutefois que ni monsieur Takahata ni monsieur Kotabe ne m'ont suivi dans la réalisation de Kié, la petite peste, seulement par amitié », explique Yasuo Ôtsuka, le directeur de l'animation. « Ils étaient tous les deux convaincus, comme je l'étais moi-même, que leurs contributions pouvaient faire prendre un tour décisif à ce film d'animation. »

Kié, la petite peste est un projet d'envergure, car il s'agit d'adapter l'œuvre à succès d'Etsumi Haruki, paru hebdomadairement dans la presse puis dans une édition de poche comprenant plus de 67 tomes. Adapter un manga est certes une chose courante dans l'animation nippone, cependant, l'œuvre de Haruki était si originale qu'il a fallu un certain temps avant de trouver un juste milieu entre une fidélité absolue au manga et une totale adaptation du manga au support visuel. Ainsi, Yôichi Kotabe explique qu'« au départ, un premier scénario a été écrit, radicalement différent de l'esprit du manga mais il n'a pas été retenu. » En effet, quand Isao Takahata arrive sur le projet, il décide de remanier le scénario en y apportant une touche personnelle. « Au final, on n'a pas franchement travaillé sur une base de scénario classique. Nous voulions respecter les nuances du manga. Nous avons conçu un storyboard à partir de ce dernier », explique Kotabe.

Le manga d'Etsumi Haruki était une succession de sketchs. En respectant l'œuvre originale, le long métrage ne pouvait donc pas adopter une narration classique. Takahata choisit alors de mettre en scène différentes scénettes de la vie quotidienne de Kié et de son entourage, tout en y ajoutant une trame narrative en arrière-plan, le possible retour de la mère de Kié au sein de sa famille, ce qui est un pari très risqué pour un film d'animation. Pour bien comprendre la particularité d'Ôsaka, ville où se situe tout le film, Ôtsuka et Takahata effectuèrent des repérages dans les quartiers les plus défavorisés de la ville. Ôsaka est en effet réputée pour son accent inimitable et un humour qui lui est propre, souvent méprisés et jugés vulgaires par les Tokyoïtes. Il était donc nécessaire de bien comprendre la spécificité de la ville pour demeurer fidèle au manga d'Haruki. Takahata décide alors de choisir des comédiens de la région pour doubler ses personnages et permet ainsi de revaloriser la ville d'Ôsaka par ce film teinté d'humour et de tendresse.

Illustration du quartier de Shinsekai autour de la tour Tsûtenkaku. En rouge, l'arcade Janjan Yokochô où se situe principalement l'action du film.

Lorsqu'il sort en avril 1981, après seulement quatre mois et demi de production, Kié, la petite peste ne connaît qu'un succès très relatif, tout juste suffisant pour rembourser les frais de production. En revanche, le film connaît un plus grand succès dans la région d'Ôsaka et continue une carrière prestigieuse par le biais de sa diffusion vidéo.

La mise en chantier d'un second long métrage fut rapidement envisagée. Finalement, ce sont deux séries télévisées de 64 épisodes qui furent réalisées. La collaboration de Takahata fut assez limitée. Il réalisa quelques-uns des premiers épisodes de la série et arrangea un thème musical, mais un autre projet lui accaparait l'esprit, celui de la création du studio Ghibli.

Peko-chan, la mascotte du confiseur Fujiya, bien connue des Japonais, en invitée surprise.

L’épisode 2 de la série TV réutilisera ce même gag, lui-même issu du manga. Mais Peko-chan sera remplacée par Arale de la série Dr Slump. Par la suite, la mascotte de Fujiya sera elle aussi effacée des rééditions du manga.

L'adaptation du manga

Kié, la petite peste est à l'origine un manga à succès écrit par Etsumi Haruki, vendu en plusieurs millions d'exemplaires. Son traitement graphique original et son succès pousse le réalisateur à rester fidèle au manga.

Cependant, Isao Takahata prend quelques libertés avec l'œuvre originale. Ainsi il explique que « pour les besoins de la narration cinématographique, nous avons intégré au film plusieurs scènes n'étant pas issues du manga, mais toujours en cherchant à rester très conforme à l'esprit de ce dernier. » Il est également nécessaire de faire ces coupes. Ainsi, le personnage de Hirame, visible dans le manga, n'a pas pu être intégré au film.

Le deuxième problème de l'adaptation était l'introduction de couleurs, là où le manga était en noir et blanc. Ainsi, Yôichi Kotabe explique qu'il a beaucoup « travaillé sur les couleurs » et a « prêté une grande attention à la place du noir, que ce soit à travers les cheveux de jais de Kié ou la chemise noire de son père. » Pour cela, il effectue une véritable recherche de couleurs s'accordant avec le noir, sélectionnant avec soin les couleurs pour les cellulos.

Nous avons déjà évoqué le choix narratif de Takahata, mêlant à la fois sketchs et intrigue principale, évitant ainsi une trop grande trahison par rapport au manga. Cependant, une fois cet écueil franchi, un autre problème se pose alors. En effet, l'univers graphique du manga fourmillait de contraintes dont il a fallu tenir compte pour la réalisation du film, sous peine de travestir complètement l'œuvre d’Haruki. Ainsi, le graphisme du manga est assez plat. Un des personnages est même représenté seulement par un rectangle grossier et deux yeux ronds. D'autre part, les personnages sont systématiquement dessinés soit de face, soit de profil. Cela posa évidemment des problèmes pour les animateurs qui devaient rendre des volumes. Pour le personnage de Kié, l'une des solutions trouvées fut de rendre compte de son expressivité par l'intermédiaire de ses joues, qui deviennent rouges et se déforment beaucoup.

« J'ai eu de la peine à dessiner fidèlement les muscles des joues de Kié qui changent selon ses sentiments : joie, colère, tristesse... », décrit Kotabe. « Ils sont l'un des principaux vecteurs d'émotion du personnage. Les yeux aussi étaient difficile à réinventer (ce ne sont que des petits points dans le manga original). Dans le manga leur représentation était très efficace. Mais si nous les avions dessinés de la même façon, nous ne serions pas arrivés à un résultat satisfaisant en animation. Les prunelles auraient semblé trop proches l'une de l'autre. Il a donc été nécessaire de changer l'expression des yeux. »

Comme Kié a un visage plat et que Takahata souhaita rester fidèle à cette caractéristique, il a dû éviter que l'héroïne soit montrée dans le film de 3/4. Pour y parvenir, il a employé des mouvements d'appareil rapides ou des effets de montage serrés pour replacer Kié de face. De même, il a fallu éviter les plans où des protagonistes regardent vers le haut, à cause des contraintes engendrées par la représentation du menton pour des personnages ayant un visage plat (la difficulté pour représenter de manière satisfaisante en animation des personnages ayant un visage plat explique en partie l'abandon par l'animation commerciale des caractères faciaux asiatiques).


Kié, la petite peste : Art et technique

L’animation

En choisissant de respecter le graphisme minimaliste du manga, les animateurs se trouvèrent confronter à des problèmes d'animation. En effet, ces visages aux lignes simples et épurés devaient pourtant être très expressifs, vivants comme le sont les caractères d’Etsumi Haruki, sans tomber dans des traits grossiers ou grotesques. Il a fallu également trouvé un bon équilibre entre le corps et la tête, qui apparaît un peu disproportionnée dans le manga original. Ainsi, l'équipe a choisi de conserver cette caractéristique en la nuançant et en rééquilibrant les proportions des personnages psychologiquement les plus stables.

De plus, il fallait aussi rester fidèle à l'aspect visuel du manga, tout en animant ces personnages. Comme l'explique Yôichi Kotabe, « en fait, dessiner des chats marchant sur leurs deux pattes n'est pas un souci pour des animateurs expérimentés. Le problème est plutôt de dessiner les intervalles, puisque dans le manga original il n'y a qu'une seule pose et que le mouvement est figuré. Dessiner des mouvements à partir d'une seule pose tout en restant fidèle aux personnages tels que décrits dans le manga était assez difficile, surtout si l'on désire respecter l'œuvre originale. » Là où une seule case fonctionnait parfaitement, il fallait intégrer des intervalles pour animer un personnage de façon réaliste, tout en conservant l'effet comique recherché par Haruki. Un véritable travail de recherche a donc été nécessaire pour les intervallistes.

Isao Takahata bouscule également les codes visuels traditionnels de l'animation en choisissant par exemple d'intégrer une séquence « live » représentant Godzilla. Takahata voulait en fait une scène où l'héroïne et sa mère pourraient se retrouver en secret, et il désirait que cela se déroule dans un cinéma. Le choix d’un film de Godzilla, soufflée par une de ses collaboratrices n'est pas anodin. Outre le fait que le monstre nippon bénéficiait d'un véritable engouement, la séquence choisie par Takahata représente le reptile géant en compagnie de son fils, en train de lui donner des conseils et de lui taper affectueusement la tête. On peut donc voir une forme de parallèle entre l'histoire de Kié et ce clin d'œil cinématographique.

Les films dans le film

Kaijû Shima no Kessen : Gojira no Musuko (Le fils de Godzilla aka La planète des monstres) de Jun Fukuda, 1967.

Autant en emporte le vent de Victor Fleming, 1939.

Sorti le 4 septembre 1952, d’abord à Tôkyô et Ôsaka, le film de Victor Fleming a bénéficié ensuite d’un immense succès dans tout le Japon. De multiples revival ont ramené le film en salles au fil des ans. L’un d’eux date de 1979, tout comme pour le film de Fukuda. Ce qui permettrai de situer l’histoire du film Kié, la petite peste cette année.

Pour les décors, enfin, le décorateur Nizô Yamamoto ne connaissant pas cette région de l'Ouest du Japon, s'est rendu à Ôsaka en compagnie de Takahata afin de mieux retranscrire les paysages et l'ambiance des quartiers populaires.

Trois croquis préparatoires pour les décors.

La mise en scène

À travers Kié, la petite peste, on comprend véritablement le talent de metteur en scène qu'est Isao Takahata. Prenons par exemple la scène où le chat Kotetsu arrive la première fois. Si Takahata choisissait de faire marcher le personnage à quatre pattes, l'effet comique aurait été moindre et le réalisateur aurait trahi l'esprit du manga. Mais si il avait représenté directement le personnage dans une position debout, cela n'aurait pas permis de comprendre le caractère exceptionnel de ce chat et aurait amoindri le personnage. Takahata décide de jouer sur l'effet de surprise, en représentant d'abord Kotetsu à quatre pattes, puis de le faire ensuite marcher comme un humain, ce qui donne l'effet d'un coup de théâtre. Cela permet également au spectateur de saisir l'aspect très atypique de la personnalité du chat, on comprend immédiatement que ce chat est hors du commun.

De même, on s'aperçoit que dans la scène finale où les deux chats s'affrontent, ces derniers ont grandi à un tel point qu'ils ont une taille humaine. Comme l'explique Yasuo Ôtsuka, « En fait, ceci avait été longuement réfléchi. C'était pour expliquer que dans cette scène, les chats sont devenus, spirituellement, égaux à l'homme, voire plus grands que ce dernier. Ils ne sont plus seulement des chats rigolos. En fait, l'idée c'était d'expliquer que lorsque l'on sympathise avec un être vivant, quel qu'il soit, on a tendance à le percevoir différemment, à l'humaniser. Dans ce cas, on a biaisé le réalisme physique pour se placer dans le cadre du réalisme psychologique. »

Caméra à hauteur de chats et jeu de rapport de taille avec le décor pour accentuer la stature des deux félins à l’écran.

Le doublage

Isao Takahata a expliqué que le comique de Kié, la petite peste est un comique de situation, contrairement au comique de dérision typiquement occidental. Ce type d'humour pousse souvent les acteurs à surjouer, alors qu'au Japon, la déformation comique de voix ne connaît pas vraiment de succès. Takahata refuse par ailleurs complètement cette amplification et cette forme de travestissement volontaire de la voix pour ses films. Dans Kié, les voix de ses personnages ne sont pas déformées. Le choix d'acteurs d'Ôsaka, à la gouaille reconnaissable et au vocabulaire fleuri, reste avant tout le témoin d'une culture, d'une région, d'un mode de vie et évidemment d'une expression.


Kié, la petite peste : Fiche technique

Crédits

Titreじゃリン子チエ (Jarinko Chie)
Chie the brat / Kié, la petite peste
Année de création 1981
Œuvre originale Jarinko Chie d'Etsumi Haruki,
prépubliée du 12 octobre 1978 au 19 août 1997 en 786 chapitres dans Manga Action aux éditions Futabasha
Scénario Noboru Shiroyama, Isao Takahata
Mise en scène et réalisation Isao Takahata
Assistant réalisateur Yasuyoshi Mikamoto
Directeur artistique Nizô Yamamoto
Directeurs de l'animation Yasuo Ôtsuka, Yôichi Kotabe
Animateurs clés Reiko Okuyama, Atsuko Tanaka, Kazuhide Tomonaga, Tsukasa Tannai…
Direction gouachage Hiroko Kondô
Directeur de la photographie Hirokata Takahashi
Son Toshi Katô
Musique Katsu Hoshi
Producteurs exécutifs Hidenori Taga, Tetsuo Katayama
Production TMS, Oh! Production, Tôhô

Doublage japonais

Chinatsu Nakayama Chie Takemoto
Norio Nishikawa Tetsu Takemoto
Kyôko Mitsubayashi Yoshie
Gannosuke Ashiya Shachô
Kiyoshi Nishikawa Kotetsu
Yasushi Yokoyama Antonio / Antonio Junior
Bunshi Katsura Kenkotsu Hanai
Keisuke Ôtori Ojii
Utako Kyô Obaa
Mitsue Katsura Wataru Hanai
Shinsuke Shimada Masaru Kobayashi
Ryûsuke Matsumoto Takashi
Yoshio Kamigata Mitsuru

Doublage français

Beatrice Wegnez Kié
Michel Hinderyckx Tetsu
Marie-Line Landerwijn Yoshie / Kotetsu
Martin Spinhayer Le patron
Jean-Marc Delhausse Hanai père
Emmanuel Liénart Papi
Catherine Conet Mamie
Philippe Allard Wataru Hanai
Stéphane Flamand Masaru Kobayashi
Véronique Fyon Takashi / Antonio Junior

Quelques chiffres

Date de sortie au Japon 11 avril 1981
Date de sortie en France 9 février 2005
Durée du film 1 heure 45 minutes