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Si tu tends l'oreille

Mimi wo Sumaseba (Si tu tends l'oreille) se déroule à Tama, ville en banlieue de Tôkyô, dans le milieu des années 90. Shizuku Tsukishima, une collégienne de 14 ans, est une jeune fille rêveuse et passionnée par les romans et les contes. La jeune fille emprunte souvent des livres à sa bibliothèque. Mais un jour, sur les fiches d'emprunts des romans, elle remarque qu'un mystérieux Seiji Amasawa lit exactement les mêmes ouvrages avant elle. Plus tard, alors qu'elle emprunte un nouveau roman, elle s'aperçoit qu'il s'agit d'un ouvrage rare offert par un donateur, un certain Amasawa. Mais qui est donc cette personne ? A-t-il un lien avec ce mystérieux Seiji ?

Pour sa première réalisation au sein du studio Ghibli, Yoshifumi Kondô, destiné à prendre la relève de ses deux mentors au studio, accepte la proposition de Hayao Miyazaki de réaliser Si tu tends l'oreille d'après le manga éponyme. Cette œuvre est à la fois une pure production issue du studio Ghibli (Miyazaki y a même participé) et une véritable création originale de Kondô. Longtemps directeur de l'animation, Yoshifumi Kondô prouve ici ses talents de réalisateur et signe un magnifique film d'une sensibilité digne des autres chefs-d'œuvre du studio !

Film conseillé à partir de 12 ans (voir guide des parents)


Sources : Animeland hors-série n° 3 - Nausicaa.net


Si tu tends l'oreille : Résumé détaillé

Par une chaude nuit d'été, Shizuku, jeune fille de 14 ans, rentre de l'épicerie. Au retour, elle évoque avec son père la mise en place du nouveau système informatique pour la réservation de livres à la bibliothèque où il travaille. Shizuku qui aime passer des heures à lire, préfère pourtant l'ancien système des cartes d'emprunts. Arrivée à la maison, elle regarde celles des livres qu'elle a récemment empruntés et remarque sur chacune d'elle le nom de Seiji Amasawa. Intriguée, Shizuku part se coucher.

Le lendemain matin, la jeune fille fait la grasse matinée, profitant de ses vacances d'été. Mais elle est bientôt en retard pour son rendez-vous au collège avec Yuko, sa meilleure amie. Avant de s'y rendre, elle passe à la bibliothèque de l'école pour emprunter un nouveau livre. Celui qu'elle vient de choisir est très rare : même la bibliothèque municipale n'en a aucun exemplaire ! En le feuilletant, elle remarque sur la page de garde le sceau du donateur : « Amasawa ». Mais la jeune fille est interrompue dans sa découverte par l'arrivée inopinée de Yuko à la bibliothèque, furieuse que Shizuku soit en retard à leur rendez-vous.

Les deux filles sortent du bâtiment et s'installent sur le banc qui fait face au stade du collège. Shizuku donne alors à son amie la traduction en japonais d'une chanson américaine intitulée Country Road, destinée à la chorale de l'école. Yuko, en la fredonnant est immédiatement enthousiaste, ce qui n'est pas le cas de Shizuku qui déplore l'aspect trop conformiste de sa traduction. Elle lui tend alors une autre chanson parodiant la première : Concrete Road (Ndlr : « la route du ciment » en traduction littérale) et qui amuse beaucoup Yuko.

Mais Shizuku demande ensuite à son amie la vraie raison de ce rendez-vous. Yuko avoue alors avoir reçu une lettre d'amour d'un garçon d'une autre classe. Elle n'y a pas encore répondu car elle en aime un autre. Shizuku est très intriguée et demande le nom de l'heureux élu. Soudain, Sugimura, un élève de sa classe en train de jouer au baseball interpelle Shizuku et lui demande de lui lancer son sac de sport au dessus du grillage qui sépare la pelouse du stade. Gênée, Yuko s'enfuit... Shizuku, courant la rejoindre, comprend alors que Sugimura est celui dont est amoureuse son amie.

Sur le chemin du retour, les deux jeunes filles discutent quand Shizuku se rend compte qu'elle a oublié le livre de la bibliothèque sur le banc. Elle retourne à l'école en courant, promettant à Yuko de la rappeler. De retour au collège, elle découvre sur le banc un jeune garçon qui lit son livre. En lui rendant l'ouvrage, il lui dit qu'elle devrait laisser tomber Concrete Road. Shizuku se rend compte alors qu'elle avait laissé les paroles de sa parodie dans le livre. La jeune est stupéfaite et choquée par l'indiscrétion du garçon et repart chez elle furieuse devant tant d'impudence.

Le lendemain matin, Shizuku traîne au lit et sa grande sœur lui demande de passer à la bibliothèque apporter le déjeuner de son père. Shizuku prend donc le métro pour se rendre en centre-ville. Un gros chat vient de s'installer à côté d'elle sur la banquette et intrigue la jeune fille. Quand ce dernier descend au même arrêt qu'elle, Shizuku décide de le suivre par curiosité. Malheureusement le matou la sème à la sortie de la gare. Déçue, Shizuku se rend à la bibliothèque. Mais en montant les marches de l'entrée du bâtiment, elle aperçoit à nouveau le chat en contrebas. La jeune fille se lance alors à sa poursuite et arrive bientôt dans un quartier résidentiel. Elle le perd encore une fois mais un aboiement la remet sur la voie. Le chat finit par entrer dans une boutique d'antiquités. Interloquée, Shizuku y entre à son tour. Elle s'émerveille devant tous les trésors exposés, avant de remarquer une figurine de chat en costume qui semble la fixer.

Le propriétaire de la boutique, un vieil homme, met quelques instants avant de se manifester. Il avoue à Shizuku que cette figurine s'appelle Baron et que celui-ci s'ennuie beaucoup. Devant l'intérêt croissant de la jeune fille, l'homme lui montre une vieille horloge qu'il vient de restaurer. Shizuku est fascinée par les automates et par l'histoire de la pendule. Passionnée par les explications du propriétaire, la jeune fille ne voit pas l'heure tourner et, quand l'horloge pointe midi, se souvient brusquement qu'elle est attendue.

En courant vers la bibliothèque, Shizuku se réjouit de connaître désormais un tel endroit. En arrivant à la bibliothèque, elle est interpellée par le « goujat » qui s'était moqué d'elle et de sa chanson à l'école. Il lui rapporte en fait le repas de son père qu'elle avait oublié dans la boutique. Shizuku est surprise d'apprendre ce lien entre ce garçon et la boutique du vieux monsieur. Le jeune homme ne lui laisse pas le temps de s'étonner plus, et après lui avoir fait remarquer sa négligence, repart aussitôt sur son vélo en chantonnant Concrete Road, ce qui ne manque pas d'énerver Shizuku !

Le lendemain, jour de la rentrée scolaire pour Shizuku, Shizuku se rend avant le déjeuner avec Yuko en salle des professeurs. En effet, la jeune fille veut toujours savoir qui se cache derrière le mystérieux donateur du livre qu'elle a emprunté et pense que ses professeurs pourront l'aider. On lui répond alors qu'il s'agit du docteur Kôichi Amasawa, et qu'il fait partie d'une association de parents d'élèves. Elle apprend également que son fils est dans une autre classe de l'école, au même niveau qu'elle. Ebranlée, Shizuku remercie les professeurs et sort précipitamment de la salle.

Les cours finis, Shizuku part pour la bibliothèque municipale mais, en chemin, elle croise la route qui mène à la boutique d'antiquités et décide de s'y rendre. Malheureusement, elle trouve les portes closes. De retour chez elle, Shizuku reçoit un coup de fil de Yuko qui l'attend en bas de l'immeuble. Cette dernière est en larmes et explique à Shizuku ses malheurs : tout à l'heure, Sugimura lui a demandé une réponse concernant les lettres d'amour que lui a envoyé son admirateur. Le fait que Sugimura joue les intermédiaires est un signe évident de son désintérêt pour la pauvre Yuko. Bouleversée, elle a donc fui le jeune homme. Yuko explique à Shizuku qu'elle ne sent pas disposée à passer des examens le lendemain, vu son état.

Après l'école, Shizuku part rendre visite à Yuko mais elle est interpellée par Sugimura. Celui-ci ne comprend pas la réaction de Yuko et demande à Shizuku une explication. Elle lui révèle alors que son amie est amoureuse de lui. Tombant des nues, il avoue alors qu'il est lui-même amoureux de Shizuku et qu'il ne peut donc répondre aux attentes de Yuko ! Abasourdie et gênée devant cette révélation, la jeune fille répond qu'il n'est malheureusement qu'un ami à ses yeux. Les deux adolescents repartent le cœur lourd.

En fin d'après-midi, Shizuku se rend à la boutique d'antiquités mais celle-ci est à nouveau fermée. Le garçon moqueur qu'elle a rencontré plusieurs fois vient à sa rencontre : il habite la maison sous la boutique et le vieil homme n'est autre que son grand-père. Shizuku demande au jeune garçon des nouvelles du Baron, car elle a remarqué son absence dans la boutique. Le jeune home invite alors Shizuku à entrer pour venir le voir. Il lui explique que cette poupée ne sera jamais vendue car elle représente beaucoup de souvenirs pour son grand-père. Après avoir longuement observé la figurine, Shizuku rejoint le garçon descendu travailler à l'étage inférieur.

Shizuku le découvre en train de fabriquer un violon. La jeune fille, impressionnée, insiste alors pour qu'il en joue. Mais le garçon accepte avec réticence et demande, en contrepartie que Shizuku l'accompagne au chant. Il commence à interpréter Country Road. Shizuku s'exécute timidement au début puis prend peu à peu plus d'assurance. Arrivent alors le propriétaire de la boutique et deux de ses amis. Chacun se met à accompagner le jeune duo à la contrebasse, à la flûte et à la guitare, exécutant un petit concert improvisé.

La chanson terminée, Shizuku se présente et apprend que le jeune homme s'appelle Seiji Amasawa. Shizuku comprend alors que le mystérieux lecteur de la bibliothèque est ce garçon ! Elle ne cache alors pas vraiment sa déception. En effet, Shizuku imaginait cet énigmatique Seiji comme quelqu'un de calme, de moins moqueur, de beaucoup plus gentil que le Seiji qui ne cesse de se moquer d'elle. Plus tard dans la soirée, Seiji la raccompagne chez elle. Sur le chemin du retour elle apprend qu'il veut devenir luthier, mais que seul son grand-père l'encourage à suivre cette voie. Shizuku le remercie pour cette soirée et Seiji lui avoue qu'il a été impressionné par son chant et qu'il apprécie même Country Road désormais.

Le lendemain, au collège, à la pause de 10 heures, Seiji demande à voir Shizuku. Cette venue créé une bousculade et une grande effervescence dans la classe : tout le monde pense qu'il s'agit du petit ami de Shizuku ! Et tous leurs soupçons semblent se confirmer lorsque la jeune fille invite Seiji à la suivre sur le toit du bâtiment afin de discuter plus tranquillement.

Une fois sur le toit, Seiji annonce à la jeune fille qu'il va partir en Italie pour y suivre un enseignement, afin de savoir s'il est capable de transformer sa passion en véritable métier. Devant cette nouvelle, Shizuku est partagée entre le bonheur de voir Seiji réaliser son rêve et la tristesse de ce départ pour des contrées lointaines. Mais leur conversation est interrompue par les élèves de sa classe qui les épient.

Le soir même, Shizuku a rendez-vous chez Yuko. Shizuku lui parle de Seiji ; elle constate alors qu'elle-même ignore sa voie, alors que Seiji, lui, a un véritable but dans l'existence. Yuko essaie de lui remonter le moral en lui démontrant qu'elle aussi a de grandes qualités, comme sa passion pour la lecture. Shizuku décide alors de se mettre à l'épreuve : elle écrira une nouvelle !

Le lendemain, alors qu'elle prend le thé chez le grand-père de Seiji, elle lui annonce sa résolution. Sur le retour, elle imagine déjà ce que pourra être sa nouvelle et décide de prendre « le Baron » comme personnage principal. Elle se dirige vers la bibliothèque pour y faire des recherches. Son père s'étonne alors de la voir lire autre chose que des romans. À sa grande surprise et à sa grande joie, Shizuku est rejoint par Seiji qui doit partir le lendemain.

Des semaines durant, Shizuku consacre beaucoup de temps à l'écriture de sa nouvelle et sa scolarité commence à en pâtir. Sa mère ne tarde pas à être convoquée au collège suite aux notes inquiétantes de Shizuku.

Le soir même, le père demande à sa fille la raison de ce dérapage. Shizuku lui répond qu'elle cherche à se tester et qu'elle n'en a encore plus que pour trois semaines, sans plus de précisions. Malgré quelques réticences, son père accepte d'attendre et de laisser faire sa fille. Les jours passent et Shizuku termine enfin sa nouvelle. Elle l'apporte au grand-père de Seiji, à qui elle avait promis l'exclusivité de la lecture.

Pendant que celui-ci lit avec attention le manuscrit, Shizuku attend, pleine d'angoisse, à l'étage inférieur. Quand le vieil homme revient vers elle, il lui dit qu'il trouve la nouvelle vraiment bien. Mais Shizuku sent qu'il n'est pas sincère et lui demande la vérité. Il lui répond alors que c'est encore trop « brut », tout comme le premier violon de Seiji, et qu'il faut le travailler encore. Shizuku éclate en sanglots. Le grand père lui propose de rester dîner puis la raccompagne chez elle.

Le lendemain matin, Shizuku se réveille très tôt et s'attarde à la fenêtre, rêvassant. À sa grande surprise, elle aperçoit Seiji en bas de l'immeuble ! Il est rentré d'Italie un jour plus tôt et est passé la voir immédiatement. Shizuku s'empresse alors de le rejoindre.

Il l'invite à s'installer à l'arrière de son vélo et la conduit à un endroit spécial, « son jardin secret ». Arrivés en haut de la colline qui surplombe Tama, les deux adolescents regardent le jour se lever. Alors que le soleil commence à inonder la ville de sa lumière, Seiji annonce à Shizuku sa décision de devenir luthier. Shizuku lui avoue qu'elle a été, de son côté, heureuse de se mettre à l'épreuve en écrivant sa nouvelle et qu'elle l'a fait en partie grâce à lui. Seiji déclare alors sa flamme à Shizuku et lui demande si elle accepterait un jour de l'épouser. Shizuku émue lui esquisse un sourire et lui répond doucement oui...


Si tu tends l'oreille : Personnages

Shizuku Tsukishima

Shizuku est un personnage complexe, aux humeurs changeantes. Elle est très appréciée de ses camarades pour sa bonne humeur et son esprit imaginatif et est la confidente de Yuko, sa meilleure amie. Elle prendra ainsi plaisir à jouer les entremetteuses pour elle.

Mais elle est aussi une fille émotive, laissant échapper parfois une larme lorsqu'elle est émue. Elle s'emporte tout aussi rapidement, et notamment contre Seiji. Tête en l'air et insouciante, elle arrive souvent en retard à ses rendez-vous. Sa négligence concerne également sa participation aux travaux ménagers, la jeune fille préférant se plonger dans les livres ou faire la grasse matinée.

Mais Shizuku est surtout une douce rêveuse peu soucieuse de son avenir jusqu'à sa rencontre avec Seiji : alors que lui sait ce qu'il veut faire, elle a l'impression de chercher encore sa voie. C'est ainsi que Shizuku décide un jour d'écrire une nouvelle pour se prouver ses capacités. Sa détermination est telle que l'écriture de son histoire l'accapare totalement, au détriment parfois de sa scolarité et de sa famille.

Shiho Tsukishima

La sœur de Shizuku est déjà une jeune adulte. Elle participe beaucoup à la vie de famille, notamment en aidant sa mère dans les taches ménagères. Elle est le garde-fou de Shizuku et rappelle souvent à celle-ci ses obligations familiales, remplaçant un peu leur mère souvent absente. Shiho a presque terminé ses études et décide de quitter le domicile parental pour aller vivre avec son compagnon. Ce départ affecte Shizuku plus qu'elle ne le laisse paraître et lui permet une véritable prise de conscience : elle aussi sera rapidement confrontée à la vie adulte.

Seiya Tsukishima

Le père de Shizuku et Shiho est employé à la bibliothèque municipale. C'est un homme tolérant et juste et, lorsque sa fille cadette délaisse provisoirement ses études au profit de l'écriture, il préfèrera choisir le dialogue et la compréhension à la sanction. Eprouvant une grande confiance en Shizuku, il la laisse choisir sa voie, incarnant ainsi l'image d'un père très moderne, à l'écoute de ses enfants et de leurs désirs.

Asako Tsukishima

Travaillant à sa thèse de doctorat, la mère de Shizuku n'est pas souvent au foyer. C'est pour cela que Shizuku et surtout Shiho se sont résolues à l'aider dans les tâches ménagères. Comme son mari, c'est une femme tolérante qui acceptera les résolutions de Shizuku, malgré quelques légitimes inquiétudes. Elle symbolise quant à elle la femme moderne japonaise, conciliant parfois avec difficulté vie professionnelle et familiale.

Seiji Amasawa

Seiji a 14 ans comme Shizuku et étudie dans le même collège qu'elle. Comme elle, il lit beaucoup mais passe également une grande partie de son temps dans l'arrière boutique de son grand-père afin de se perfectionner dans l'art de la fabrication des violons. En effet Seiji veut devenir luthier et compte suivre une formation en Italie afin de savoir s'il pourra vivre de sa passion. Il intrigue beaucoup Shizuku lors de leurs premières rencontres. Seiji est très moqueur envers la jeune fille au début de leur histoire, allant même jusqu'à se moquer de la traduction que Shizuku a fait de Country Road. Devant tant d'impertinence, le jeune file ne peut se douter que Seiji n'est autre que le garçon qui lit avant elle les romans qu'elle emprunte à la bibliothèque.

Mais celui que Shizuku considérait au début comme un goujat se montre beaucoup plus sensible qu'il n'y parait. On apprend ainsi qu'il s'intéressait secrètement à Shizuku depuis longtemps. Il a ainsi cherché à deviner quels livres Shizuku pourrait lire à la bibliothèque et les a systématiquement emprunté avant elle, afin qu'elle remarque son nom sur la fiche d'emprunt et s'intéresse enfin à lui. Seiji est un garçon à la fois timide et enflammé, puisqu'il n'hésitera pas à demander en mariage Shizuku.

Yuko Harada

Yuko est la meilleure amie de Shizuku. Toutes deux sont dans la même classe et sont inséparables. Yuko est une jeune fille rêveuse, assez timide et peu sûre d'elle. Collégienne d'un niveau passable, elle est cependant peu combative et se décourage facilement quant à son avenir scolaire, n'hésitant pas à manquer ses examens pour cause de chagrin d'amour. Fille unique d'une famille très aisée, elle n'est pas pour autant une riche écervelée. Yuko vit en fait une période difficile où elle est confrontée aux peines de cœur dévastatrices de l'adolescence. Amoureuse éconduite de Sugimura, cette grande romantique éprouve beaucoup de difficultés à surmonter cet épisode malheureux.

Sugimura

Sugimura est dans la même classe que Shizuku depuis de nombreuses années et connaît donc bien la jeune fille. Il sert d'intermédiaire à un ami du club de baseball qui cherche à déclarer sa flamme à Yuko, elle-même amoureuse de Sugimura. Cet imbroglio amoureux atteint son apogée lorsque Shizuku apprend que Sugimura l'aime secrètement. Malheureusement pour le jeune homme, Shizuku le considère avant tout comme un ami. Cependant cette révélation va peser désormais lourdement sur leur relation.

Shirô Nishi

M. Nishi est le grand-père de Seiji. Il tient une boutique d'antiquités et de restauration artistique, sur une colline de la ville. Véritable confident et soutien de Seiji, il est la seule personne qui encourage le garçon à réaliser son rêve. Nishi servira aussi de lien entre Seiji et Shizuku, puisque c'est dans sa boutique que les deux adolescents apprendront à se connaître. Nishi possède une figurine en forme de chat, souvenir d'un amour brisé, qui inspirera Shizuku dans l'écriture de sa nouvelle.

Le Baron (Humbert von Gikkingen)

Le Baron, n'est pas un véritable personnage, puisqu'il s'agit en fait d'une élégante et mystérieuse figurine féline. Sa place est néanmoins centrale dans le film.

Le Baron compte énormément pour Nishi, comme il l'explique à Shizuku. Jeune homme, celui-ci avait trouvé la figurine dans un café en Allemagne. Fasciné par la mélancolie qu'elle dégageait, il avait supplié le propriétaire de la lui vendre. Mais ce dernier refusa car le Baron avait une compagne envoyée en réparation chez un artisan et attendait son retour. Mais comme la petite amie de Nishi avait assuré que les deux poupées ne se quitteraient plus une fois la compagne du Baron revenue, le propriétaire se laissa convaincre de céder les figurines. Nishi repartit alors au Japon avec le Baron laissant à sa petite amie le soin de récupérer et de garder la Baronne jusqu'à son retour en Allemagne. Mais la guerre a finalement empêché Nishi de revenir et, comme lui, le Baron n'a plus jamais revu sa fiancée.

La nouvelle de Shizuku raconte une histoire similaire : le Baron et sa fiancée Louise ont été fabriqués par un apprenti peu fortuné dans une boutique de figurines. Ce dernier les a créés pour exprimer son amour non partagé. Si le Baron est une partie triste du passé de Nishi, Shizuki est parvenue selon le vieil homme à lui insuffler la vie dans une histoire pleine d'espoir.

Moon / Muta

Moon est un gros chat nonchalant que Shizuku croise à de nombreuses reprises tout au long du film. Vagabond, il n'a pas vraiment d'attache et a autant de propriétaires que de noms : Moon, Muta et Œuf. Il s'agit d'un chat très débrouillard, puisqu'il emprunte le métro tout seul ! Mais il est aussi terriblement espiègle : adoptant une attitude flegmatique et indolente, il aime narguer souvent le chien des voisins en se promenant sur leur portail. Ce matou insolent n'est cependant pas un personnage anecdotique, puisqu'il jouera le rôle de guide pour Shizuku, l'amenant au magasin de Nishi et donc à Seiji.


Si tu tends l'oreille : Analyse

Malgré la forte participation artistique de Hayao Miyazaki, Si tu tends l'oreille est marqué par une nouvelle esthétique : celle de Yoshifumi Kondô, qui nous livre une réalisation très personnelle. On n'est ni dans le monde merveilleux de Miyazaki ni dans l'approche sociologique de Isao Takahata. Ici ce sont les sentiments qui tiennent le devant de la scène, mêlant subtilement les aspirations des personnages et leur réalité citadine.

L'un des aspects frappants du film est sa justesse de ton concernant les passions adolescentes de nos héros. Si l'on devait résumer l'intrigue amoureuse, cela pourrait se résumer à ça : un garçon du club de baseball aime Yuko qui, elle, rêve de Sugimura, qui n'a jamais avoué son penchant pour Shizuku, qui elle s'aperçoit de sentiments pour Seiji, qui lui est fou amoureux de Shizuku depuis fort longtemps, sans jamais lui avoir dit ! Derrière ce marivaudage évoquant irrésistiblement des rebondissements à répétitions dignes des Feux de l'amour, le réalisateur ne sombre pourtant jamais dans la caricature. Le spectateur ne porte jamais un regard condescendant sur ces jeunes gens, bien au contraire, il se prend immédiatement au jeu. On se sent réellement concerné par les atermoiements de ces jeunes japonais, on les comprend, quelque soit l'âge du spectateur ou son vécu.

Kondô aborde également le thème très contemporain de la scolarité, en prenant pour toile de fond le lycée et le fameux concours d'entrée, qui sont des leitmotivs dans l'animation japonaise. Mais ici, Kondô ne cherche pas à montrer forcément des jeunes gens bien intégrés, prêts à entrer dans le système éducatif japonais ultra compétitif. On peut même voir dans l'œuvre de Kondô une réflexion sur la pression scolaire chez les adolescents japonais. Shizuku refuse ce système aliénant qui annihile ses aspirations au point qu'elle ignore ce qu'elle attend réellement de l'avenir. De manière plus globale on peut être amené à s'interroger sur la « normalité » voulue par une société qui devient néfaste lorsqu'elle bride les esprits.

La famille de Shizuku incarne ainsi la famille japonaise moderne idéale, ouverte et tolérante. Elle reste imperméable aux pressions extérieures pour le bien-être de chacun, qu'il soit parent (la mère de Shizuku concilie travail et vie familiale) ou enfant.

Un autre aspect traité par le film, encore plus évident, est le passage de l'adolescence à l'âge adulte, la découverte de soi. Ce thème, que l'on retrouve chez Miyazaki (Kiki, la petite sorcière, Le voyage de Chihiro, Le château ambulant), est traité sans lourdeur. Shizuku se rend compte que c'est maintenant qu'elle doit faire des choix importants qui conditionneront le reste de sa vie, qu'ils soient amoureux ou professionnels. Kondô alterne donc des scènes légères et drôles et des réflexions plus graves sur la prise de conscience de soi, de ses aspirations et de ses responsabilités. C'est un regard très juste que pose Kondô sur ce parcours initiatique qu'est l'adolescence, jalonnée des plus grandes joies, comme des plus grands doutes.

Le regard de Kondô sur ses personnages est d'une pudeur et d'une justesse confondantes. À aucun moment on ne ressent des dialogues ou des situations exagérés ; bien au contraire, tout est réaliste et humain. Le réalisme, une qualité rare dans laquelle Kondô excellait et qui imprégnait déjà des œuvres telles que Kiki la petite sorcière, Le château ambulant ou encore Souvenirs goutte à goutte où il occupait le poste de directeur de l'animation. Si le réalisateur sait donner vie à ses personnages de façon si convaincante, c'est donc en grande partie grâce à ses talents d'animateur qui vont de paire avec un sens de l'observation mêlant tendresse et acuité. À ce titre, on ne peut que remarquer les similitudes entre certaines scènes du film et ses croquis publiés à titre posthume dans Futo Furikaeru to (Lorsque je me retourne).

Dans Si tu tends l'oreille, le talent de Yoshifumi Kondô s'exprime également dans le souci du détail dans l'animation des personnages. Leurs réactions, leurs mimiques et leur façon de se mouvoir... Tout contribue à donner de la consistance et de la spontanéité aux personnages. Lorsque Shizuku traverse la route en pressant le pas, lorsqu'elle cherche Moon du regard lors de sa première rencontre, lorsqu'elle tape des pieds pour chercher l'inspiration, lorsqu'elle ne parvient pas à trouver l'interrupteur de sa lampe de chevet... Tous ces gestes et attitudes futiles font partie intégrante de notre quotidien, et Kondô les soumet à ses personnages pour les rendre encore plus vivants et plus proches de nous et ce sans jamais atteindre la caricature. Les petits riens qui font toute la différence...

Kondô aime particulièrement sa jeune héroïne. On se rend compte que sa palette d'expression est très variée et tout en dégradé. En fait, les expressions de Shizuku semblent tout simplement très naturelles, évoquant irrésistiblement celles de Taeko dans Souvenirs goutte à goutte. Les autres personnages sont tout autant réussis, comme pour Yuko, au moins tout aussi attachante que son amie. Concernant le Character Design, on peut remarque un style proche de celui de Miyazaki. Mais celui-ci s'amuse souvent à caricaturer les expressions et attitudes de ses personnages, à étirer leurs traits pour rythmer son animation. En revanche Kondô opte pour un réalisme plus poussé dans la gestuelle et le comportement aboutissant à une animation peut-être moins dynamique mais plus sensible pour le spectateur qui s'identifie plus facilement aux personnages.

Si tu tends l'oreille est parfois considéré comme un opus mineur du studio Ghibli, n'étant pas estampillé Hayao Miyazaki ou Isao Takahata. C'est pourtant une œuvre belle et touchante d'un réalisateur au talent et à la sensibilité exceptionnels. Savoir qu'elle restera unique dans la trop courte filmographie de Yoshifumi Kondô la rend d'autant plus précieuse et indispensable.


Si tu tends l'oreille : Production

La production

Sorti en juillet 1995, Si tu tends l'oreille est le premier long métrage du studio Ghibli qui n'est réalisé ni par Isao Takahata ni par Hayao Miyazaki. En fait, depuis quelques temps, Ghibli cherchait à confier un film à un autre réalisateur, afin de former la relève des deux piliers du studio. Le choix s'est naturellement dirigé sur Yoshifumi Kondô, designer et animateur phare du studio. Pourtant, la présence de Miyazaki reste palpable dans le film. En premier lieu, c'est le réalisateur qui fait découvrir à Kondô le manga dont est tiré le film. Ensuite, alors que les jeunes producteurs initialement prévus s'avèrent être incapable d'accomplir correctement leur travail, c'est Miyazaki qui décide de s'occuper de la production. Enfin, le scénario et le storyboard portent indéniablement sa marque.

Yoshifumi Kondô

Yoshifumi Kondô s'est entouré des meilleurs animateurs du studio, mais devra partager son équipe avec Miyazaki pendant une grande partie de la production. L'animateur clé Masashi Andô en particulier a dû ainsi travailler en parallèle sur le clip On Your Mark en tant que directeur de l'animation.

Un layout signé Yoshifumi Kondô.

La campagne de promotion du film de Kondô s'est faite non sans appréhension. Le film a coûté beaucoup plus cher que prévu et la mise en avant de la participation de Miyazaki au projet est jugée nécessaire pour attirer le public. La diffusion juste avant le long métrage de On Your Mark constitue une autre astuce du marketing mis en place autour du film. Enfin, la promotion dans les magazines et sur les affiches a surtout mis en avant les images des scènes imaginaires du roman de Shizuku plutôt que les scènes de la vie réelle, alors qu'elles totalisent moins de deux minutes sur un film de deux heures ! Ce choix est probablement là encore un moyen d'attirer le fan de Miyazaki habitué à l'univers fantasmagorique des productions du maître nippon.

« Après Porco Rosso en 1992, Pompoko en 1994, voici Si tu tends l’oreille pour 1995 ! »
Hayao Miyazaki, Yoshifumi Kondô et les deux acteurs doublant Shizuku et Seiji pour la promotion du film.

Pourtant c'est bien le talent de Kondô qui fait de Si tu tends l'oreille un immense succès, couronné par les meilleurs résultats d'exploitation de l'année sur l'ensemble de la production japonaise.

L'adaptation

Comme pour Souvenirs goutte à goutte, Si tu tends l'oreille est tiré d'un manga. Il a été écrit par Aoi Hiiragi et publié par Shûeisha dans la collection Ribon Mascot Comics. Une suite de ce manga a d'ailleurs été publiée sous le nom de Mimi wo Sumaseba: Shiawase na Jikan (Si tu tends l'oreille : Les temps heureux), mettant en scène Seiji et Shizuku deux ans plus tard.

Le character design de Si tu tends l'oreille est dans l'ensemble plutôt fidèle à celui du manga, surtout d'un point de vue vestimentaire. Les expressions des personnages sont néanmoins beaucoup plus caricaturales dans le manga. Hayao Miyazaki a été très fidèle au manga, tout en sachant parfois l'adapter au besoin du film. Si on retrouve dans le film de nombreuses scènes identiques à l'œuvre originale, le scénario diffère sur plusieurs points.

Dans le manga Shiho n'est pas cette grande sœur invasive et exigeante envers Shizuku et s'avère même être très gentille envers sa cadette. En fait, Shiho n'a pas besoin de jouer « à la maman » avec sa sœur, car dans le manga, leur mère ne travaille pas et est femme au foyer. Le choix narratif de Miyazaki peut alors s'analyser comme une volonté de réalisme social, un désir de représenter une famille japonaise résolument moderne. Par ailleurs, dans le manga, les parents de Shizuku et Shiho apparaissent très peu, tandis qu'ils s'avèrent être des parents très présents et compréhensifs dans le film, à l'opposé du cliché que l'on se fait des parents japonais obsédés par la réussite de leurs enfants. La Shizuku du manga vit dans une maison comme Yuko, et non pas dans un petit appartement, ce qui correspond là encore à une vision plus traditionnelle de la famille japonaise.

De nombreuses différences concernant le personnage de Seiji. Celui-ci a un grand frère, Kôji, qui est le petit ami de Shiho. Mais surtout, il ne fabrique pas de violon mais fait de la peinture. Il n'a pas non plus l'intention de quitter le collège et de partir étudier sa passion à l'étranger. Ce choix peut s'expliquer par le fait que Miyazaki adore les artisans. De plus, on retrouve ici la thématique chère à Miyazaki du « voyage initiatique », ses héros devant se confronter à des choix et à des décisions primordiales. Ici, Seiji, mais aussi Shizuku, doivent abandonner l'insouciance de l'enfance, déterminer leurs orientations futures et travailler avec passion et ardeur pour voir leur rêve se réaliser.

Nos deux héros sont également plus jeunes dans le manga. Ainsi Shizuku est en première année de collège, et non pas en troisième. Il n'y a pas d'examens d'entrée comme dans le film et Shizuku ne s'attire donc pas des ennuis à l'école parce qu'elle délaisse ses études au profit de l'écriture. Seiji dit un simple « je t'aime » à la fin plutôt que demander Shizuku de l'épouser, déclaration plus adaptée à un garçon d'une douzaine d'années. Miyazaki semble donc vouloir insister sur ce passage de l'enfance à l'âge adulte, période de changement et de doute, où chaque décision peut avoir de lourdes conséquences sur l'avenir.

D'autres détails, plus insignifiants, différent entre le manga et l'adaptation. Ainsi, deux chats noirs maigrichons, Luna (préfiguration de Loon dans Le Royaume des chats ?) et Moon deviennent le gros Muta. Les deux félins, contrairement à leur homologue animé, ne sont pas des vagabonds et appartiennent à Seiji et Kôji. Enfin, le grand-père de Seiji a été en Allemagne pour affaires et non pas pour ses études, et n'a jamais rencontré de jeune fille comme dans le film. La fiancée du Baron n'était pas encore terminée, et il était censé venir la chercher dans un voyage ultérieur qui n'a jamais pu se faire à cause de la guerre. Le contexte est donc moins dramatique. L'ajout de la fiancée perdue et de la séparation par Miyazaki confère au Baron une note de nostalgie teintée de mystère qui le rend immédiatement attachant, presque vivant par l'histoire qu'il évoque.

Voici deux scènes du manga et leur équivalent dans le film :


Si tu tends l'oreille : Art et technique

Graphismes

D'un point de vue technique, Si tu tends l'oreille reste relativement fidèle aux productions précédentes du studio Ghibli. La plus grande réussite réside indiscutablement dans les graphismes, transcendés par des décors étonnants. Les artistes du studio ont pris pour modèle des vues réelles dans une ville de la banlieue de Tôkyô, respectant chaque détail avec minutie, chaque coin de rue, de maison ou d'environnement. La boutique du grand-père de Seiji est un véritable écrin de bijou, chaque plan fourmillant de détails, plus réalistes et réussis les uns que les autres.

Il faut admettre que l'animation est un peu plus inégale. Certains mouvements ne semblent pas naturels, des éléments secondaires manquent parfois de fluidité. Cependant, la qualité est globalement digne des meilleures productions du studio et s'avère donc être un vrai plaisir pour le spectateur. Par ailleurs, le nombre important d'éléments en mouvement à l'écran (personnes, véhicules, animaux, feuillages, nuages) renforce l'impression de réalisme.

La patte de Naohisa Inoue

Si Naohisa Inoue est désormais célèbre pour ses peintures et pour son manga Chroniques d'Iblard, sa participation au film de Yoshifumi Kondô n'est probablement pas étrangère à cette notoriété. Les scènes de Si tu tends l'oreille représentant les aventures de Baron ne sont pas sans évoquées les décors vertigineux du monde d'Iblard. Pour le film, l'artiste a produit des peintures à l'aquarelle. Il a passé 80 % du temps dans son propre atelier avant de finir ses peintures au studio Ghibli où il avait une place à coté de celle de Hayao Miyazaki qui préparait déjà Princesse Mononoke. Le choix des peintures et la composition des scènes ont entièrement été imposés par Miyazaki.

Naohisa Inoue a un style avant tout impressionniste mais sa technique est très particulière. Il dispose ça et là des touches de peintures apparemment désordonnées mais au fil de la réalisation, les formes prennent peu à peu du relief. Pour illustrer cette impression nous pourrions comparer cela à la révélation d'un papier photo qui vient d'être exposé. Vous pouvez voir sur son site internet les différentes étapes de la technique en images accompagnées de textes traduits en français.

Il existe un ouvrage illustrant la participation de Inoue à Si tu tends l'oreille. Intitulé « Baron no Kureta Monogatari » no Monogatari (L’histoire de l’histoire que le Baron m'a donnée), différents croquis et décors y sont inclus. Au final, les décors du film inspirés des peintures de Naohisa Inoue sont chatoyants, comme la pierre qu'il faut polir pour devenir un véritable artiste.

On peut aussi remarquer la participation de Inoue au doublage : il a prêté sa voix à M. Minami, l'un des amis de M. Nishi que l'on peut voir jouer de la flûte à bec dans la scène chantée. Si tu tends l'oreille n'est pas la seule participation de Naohisa Inoue aux œuvres du studio Ghibli, puisque son univers pictural sera à nouveau exploré dans le court métrage Le jour où j'ai acheté une étoile et il y réalisera lui-même un film singulier intitulé Le temps d'Iblard.

L'intégration de nouvelles technologies

Si tu tends l'oreille est le premier Ghibli à utiliser des effets numériques. Les scènes du film concernées sont les courtes séquences imaginaires issues du roman de Shizuku. Elles ont coûté très cher car elles mettaient en œuvre des moyens qui n'existaient pas dans le studio jusqu'alors. La mise en place de ces nouvelles technologies a représenté un lourd investissement en temps et en argent.

Photographie des cellulos sans le décor / cellulos et éléments du décor sont ensuite combinés sur ordinateur.

Malgré l'inexpérience du studio en matière de techniques d'infographie, le résultat final est plus que convaincant : l'incrustation des effets ne choque pas le spectateur et ajoute une profondeur certaine aux scènes. Celles-ci contiennent beaucoup d'éléments se déplaçant indépendamment, comme par exemple les scènes mettant en scène le Baron et Shizuku, où se meuvent les petites « planètes », appelées malicieusement « Laputa ». Bien que tous ces éléments aient été animés par des moyens traditionnels, ils ont été combinés aux effets numériques.

Si tu tends l'oreille est également l'un des premiers films au Japon à utiliser le système de son Dolby Digital. Ce standard venait juste de sortir et le studio en a profité pour l'utiliser dans ce film.

La musique

Les musiques sont composées par Yûji Nomi. Certaines plages de musique évoquent des instrumentations baroques (orchestre réduit, musique ornementée, utilisation du luth ou de la viole de gambe, contraste de tonalités graves et aigües...). D'autres plages, en revanche, sont très modernes et ne sont pas sans rappeler les musiques symphoniques classiques utilisées pour les bandes originales de films américains. Certes, si les différentes mélodies peuvent ne pas marquer certains spectateurs et sont parfois répétitives, on ne peut qu'admettre leur qualité formelle et c'est toujours avec plaisir qu'on les réécoute.

La chanson thème, intitulée Country Road, est un tube country écrit et composé par John Denver. Elle a été popularisée par Olivia Newton-John et c'est cette version qu'on entend dans le générique de début. La chanson entraînante sera reprise de nombreuses fois dans le film, en japonais, ou encore sous forme parodique (Concrete Road, « La route du ciment »), mais c'est surtout la remarquable version au violon pour la scène chantée chez M. Nishi que l'on retiendra sans conteste.


Si tu tends l'oreille : Fiche technique

Crédits

Titre 耳をすませば (Mimi wo Sumaseba)
Whisper of the Heart / Si tu tends l'oreille
Année de création 1995
Œuvre originale Mimi wo Sumaseba de Aoi Hiiragi, prépubliée d'août à novembre 1989 dans le magazine Ribon (Shûeisha)
Scénario, storyboard, réalisation de la séquence de fantasy Hayao Miyazaki
Réalisation Yoshifumi Kondô
Directeur artistique Satoshi Kuroda
Décors pour la séquence de fantasy Naohisa Inoue
Character design Kitarô Kôsaka
Directeur de l'animation Kitarô Kôsaka
Contrôle de l'animation Akiko Teshima, Mayumi Ômura, Rie Nakagome
Couleurs Michiyo Yasuda
Directeur de la photographie Atsushi Okui
Musique Yûji Nomi
Chanson du générique
Titre original
Interprète
Traduction japonaise
Composition et arrangements
Arrangements complémentaires
Country Road
Take Me Home, Country Roads
Yôko Honna
Mamiko Suzuki (fille de Toshio Suzuki)
Bill Danoff, Taffy Nivert et John Denver
Hayao Miyazaki
Producteurs exécutifs Yasuyoshi Tokuma, Seiichirô Ujiie, Takashi Shôji
Producteurs Hayao Miyazaki, Toshio Suzuki
Production Studio Ghibli, Tokuma Shoten, Nippon Television Network Corporation, Hakuhodo Inc.

Doublage japonais

Shizuku Tsukishima Yôko Honna
Seiji Amasawa Issei Takahashi
Seiya Tsukishima Takashi Tachibana
Asako Tsukishima Shigeru Muroi
Shiho Tsukishima Yorie Yamashita
Shirô Nishi Keiju Kobayashi
Yuko Harada Maiko Kayama
Sugimura Yoshimi Nakajima
M. Minami Naohisa Inoue
Le Baron Shigeru Tsuyuguchi

Doublage français

Shizuku Tsukishima Kelly Marot
Seiji Amasawa Hugo Brunswick
Seiya Tsukishima Alexis Victor
Shiho Tsukishima Marion Lécrivain
Shirô Nishi Marc Cassot
Yuko Harada Claire Baradat
Sugimura Julien Alluguette
Le Baron Dominique Collignon-Maurin

Quelques chiffres

Date de sortie du film au Japon 15 juillet 1995 (précédé du clip On Your Mark)
Date de sortie du film en France 7 janvier 2015 (DVD / Blu-Ray)
Durée du film 1 heure 51 minutes
Budget du film 800 millions de ¥
Box-office Japon 1 800 000 000 de ¥