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Hayao Miyazaki

©FICG.mx

Hayao Miyazaki est un des réalisateurs d'animation les plus connus mondialement, respecté par les plus grands noms de la profession, comme John Lasseter, réalisateur et directeur artistique des studios Pixar et Disney. En France, ce sont ses films qui vont sortir l'animation japonaise du ghetto culturel dans lequel les critiques l'avaient rangée. De plus, l'ensemble de sa filmographie démontre une continuité étonnante et rare, voire unique dans le milieu de l'animation.


Hayao Miyazaki : Sa biographie

1941-1963 : Son enfance et ses études

Hayao Miyazaki est né le 5 janvier 1941 à la maternité de l'arrondissement de Bunkyô à Tôkyô. Il est le deuxième des quatre fils de la famille. Pendant la Seconde Guerre mondiale, son père (Katsuji Miyazaki, né en 1915 et décédé en 1993) dirige l'entreprise familiale « Miyazaki Airplane », qui est alors la propriété de l'oncle de Miyazaki. L'entreprise fabrique des gouvernails pour les avions de chasse Zéro qui ont sévi pendant la Seconde Guerre mondiale. Fasciné par ces avions, Hayao développe, dès l'enfance, une passion dévorante pour les engins volants qui ne le quittera jamais.

En 1944, la famille Miyazaki est évacuée vers des districts plus en sécurité. Elle s'installe dans la ville d'Utsunomiya (préfecture de Tochigi) pour quelques années. De 1947 à 1952, Hayao fréquente 3 écoles différentes. Il suit les trois premières années du cycle inférieur à l'école d'Utsunomiya. Ensuite, il effectue la 4ᵉ année du cycle dans l'école élémentaire Ômiya (située dans l'arrondissement de Suginami, Tôkyô). Enfin, sa famille étant retournée habiter à Suginami, sa 5ᵉ année se déroule à la toute nouvelle école élémentaire Eifuku.

En 1947, la mère d'Hayao tombe malade et doit garder le lit pendant 9 ans, suite à une tuberculose spinale. Certains critiques ont immédiatement fait le rapprochement entre cet événement dans la vie d'Hayao et l'histoire de Mon voisin Totoro, où la mère de Mei et Satsuki est également en convalescence.

Entre 1953 et 1955, Miyazaki continue à suivre les cours de l'école Eifuku (où il obtient son diplôme) pour ensuite être admis au collège Ômiya. De 1956 à 1958, le jeune homme fréquente le lycée Toyotama, un lycée public. C'est pendant cette période que Miyazaki développe son intérêt pour le manga et l'animation. Il est notamment fasciné par le premier long métrage couleur distribué au Japon, Hakujaden (Le serpent blanc), dirigé par Taiji Yabushita et produit par le studio Tôei Dôga en 1958. Miyazaki décide de devenir artiste et il commence à dessiner, principalement des avions et des bateaux militaires. Il se sent alors incapable de dessiner des personnages.

Sur la période allant de 1959 à 1962, Miyazaki réussit ses études à Toyotama. Il entre alors à l'université Gakushûin. Il découvre qu'il n'y a pas de club de manga et se rabat sur le club de littérature pour enfants (dont il sera parfois l'unique membre). Souhaitant devenir mangaka, il dessine beaucoup et tente d'approcher quelques éditeurs. En 1963, il obtient un diplôme en économie, avec une spécialisation dans « La théorie de l'industrie japonaise ».

1963-1970 : La période Tôei Dôga

Ses études terminées, Hayao Miyazaki trouve un emploi en avril 1963 à la Tôei Dôga (ancien nom de Toei Animation). Après 3 mois d'apprentissage, il est nommé intervalliste. La première œuvre sur laquelle il collabore est Wanwan Chûshingura (Le trésor des loyaux serviteurs canins), après quoi, il est intégré dans l'équipe travaillant sur Ôkami Shônen Ken (Ken, l'enfant-loup), la première série TV de la Tôei.

Peu de temps après son arrivée à la Tôei, des problèmes entre syndicats et dirigeants de la société éclatent, et Miyazaki est chargé de défendre les revendications des animateurs. C'est ainsi qu'en 1964, il est nommé secrétaire en chef du syndicat des employés de la Tôei Dôga, dont Isao Takahata est le vice-président.

L'année 1964 est aussi celle de sa rencontre avec Akemi Ôta, une collègue qui devient sa femme en octobre 1965.

Akemi Ôta et Hayao Miyazaki à l’époque de la Tôei Dôga.

Durant l'année 1965, Miyazaki travaille sur Garibâ no Uchû Ryokô (Les voyages spaciaux de Gulliver). Toujours en 1965, il est promu animateur clé pour la série Shônen Ninja Kaze no Fujimaru (Fumijaru du vent, le petit Ninja) et travaille avec Takahata sur Hassuru Panchi (Hustle Punch / Punch, le bagarreur).

Fin 1965, voyant le succès grandissant des séries TV (on est alors en pleine époque de l'arrivée de la télévision dans les foyers), Miyazaki considère la réalisation de Taiyô no Ôji : Horusu no Daibôken (Horus, prince du soleil) comme la dernière chance de travailler sur un long métrage. Il se porte alors volontaire sur le projet et promet à Takahata de l'aider à faire aboutir ce long métrage. Il occupera les fonctions de concepteur scénique et d'animateur clé. Pendant cette période, Miyazaki travaille également comme animateur clé sur quelques épisodes de Reinbô Sentai Robin (Robin, brigade de l'arc-en-ciel) et de Mahôtsukai Sarii (Sally, la sorcière).

Horus, prince du soleil sort sur les écrans le 21 juillet 1968. L'échec commercial du film affecte Miyazaki qui se réfugie dans le travail d'animation du long métrage Nagagutsu wo Haita Neko (Le chat botté). Il assure la réalisation de la course-poursuite dans le château qui marque le climax du récit.

En 1969, Miyazaki et Akemi travaillent ensemble, comme ils l'avaient déjà fait pour Le chat botté, sur Sora Tobu Yûreisen (Le vaisseau fantôme volant). Le couple donne naissance à 2 fils : le premier, Gorô, est né en janvier 1967, le second, Keisuke, en avril 1969. Après la seconde naissance, toute la famille part s'installer à Ôizumi-gakuen (arrondissements de Nerima, Tôkyô). Sa femme quitte son travail pour élever les garçons.

Fin 1969, Miyazaki travaille sur des épisodes de la première série de Himitsu no Akko-chan (Le secret de la petite Akko). Il fait aussi ses débuts dans le manga avec Sabaku no Tami (Le peuple du désert), qui parait de septembre 1969 à mars 1970 dans Shônen Shôjo Shinbun, sous le pseudonyme de Akitsu Saburô. En 1970, la famille déménage à nouveau pour s'installer à Tokorozawa, dans la préfecture de Saitama.

Miyazaki participe en 1970 et 1971 au film Dôbutsu Takarajima (Les joyeux pirates de l'île au trésor), adaptation du célèbre roman de Robert Louis Stevenson. Comme pour Horus, prince du soleil, il occupe les postes de concepteur scénique et d'animateur clé.

1971-1978 : Des studios A Production à Nippon Animation

Après avoir travaillé sur le film Aribaba to Yonjuppiki no Tôzoku (Ali Baba et les quarante voleurs), Hayao Miyazaki quitte la Tôei Dôga et rejoint Isao Takahata et l'animateur Yôichi Kotabe au studio A Production. Il commence par travailler sur le projet Nagakutsushita no Pippi : Sekai Ichi Tsuyoi Onna no Ko (Fifi Brindacier). Il fait un voyage en Suède avec Yutaka Fujioka (président de Tokyo Movie) pour essayer d'obtenir les droits auprès d'Astrid Lindgren, la créatrice de Fifi, mais leur démarche échoue. La série ne se réalisera pas, néanmoins les repérages et recherches effectués seront utilisés dans Panda, petit panda, Heidi et même plus tard pour Kiki, la petite sorcière.

En 1972, après avoir participé à la mise en scène de plusieurs épisodes de la première saison de Rupan Sansei / Lupin III (Edgar de la cambriole) et à quelques autres projets avortés, Miyazaki tient un rôle important dans la création du moyen métrage Panda Kopanda (Panda, petit panda) réalisé par Takahata. En plus d'être animateur clé, il signe le scénario et assure la direction graphique. Le film, considéré comme un précurseur de Mon voisin Totoro, est un succès au point que toute l'équipe a été reconduite pour réaliser une suite l'année suivante : Panda Kopanda : Amefuri Sâkasu no Maki (Panda, petit panda : jour de pluie au cirque).

En juin 1973, Miyazaki et Takahata, accompagnés par Kotabe, quittent A Production pour Zuiyô Pictures. Le trio travaille alors la série Arupusu no Shôjo Haiji (Heidi), première des séries qui formeront le cycle annuel des Sekai Meisaku Gekijô, ou World Masterpiece Theater (« Les œuvres classiques du monde entier »). Takahata en est le réalisateur, Kotabe le directeur de l'animation et Miyazaki le concepteur scénique et directeur graphique. À cette occasion, il fait un voyage en Suisse pour s'inspirer des paysages. Sur Heidi, Miyazaki devient véritablement les bras, les jambes et les yeux de Takahata (« le réalisateur qui ne dessine pas ») sur la totalité des 52 épisodes et apprendra beaucoup sur le métier de metteur en scène.

Isao Takahata et Hayao Miyazaki à Zurich en Suisse,
lors du voyage de repérage pour la série TV Heidi en 1973.

En 1975, Miyazaki repart en voyage en Italie et en Argentine pour préparer Haha wo Tazunete Sanzenri (Marco / 3 000 lieues en quête de mère), également réalisé par Takahata. C'est au sein de Nippon Animation, nouvellement formé avec le studio et l'équipe de Zuiyô Pictures, que Miyazaki travaillera sur cette nouvelle série. Il occupe les mêmes fonctions que pour Heidi.

En 1977, après une petite intermède en tant qu'animateur clé sur plusieurs épisodes de la série Araiguma Rasukaru (Rascal), Miyazaki commence à travailler sur ce qui sera sa première expérience en tant que réalisateur : Mirai Shônen Konan (Conan, le fils du futur). Il demande à Yasuo Ôtsuka, avec qui il avait étroitement collaboré chez A Production, de venir l'aider en tant directeur de l'animation. La série sera produite et diffusée en 1978. C'est la première série animée de la NHK avec des épisodes de 30 minutes. Cette durée inhabituelle et le niveau d'exigence de Miyazaki obligent l'équipe à travailler d'arrache-pied pendant les 7 mois de production de la série.

1979-1984 : Le tournant

En 1979, Miyazaki travaille sur la dernière série du cycle World Masterpiece Theater, Akage no An (Anne, la maison aux pignons verts), de nouveau réalisé par Takahata. Il occupe le même poste que pour Heidi et Marco, mais sur les 15 premiers épisodes seulement, car il quitte Nippon Animation pour Telecom Animation pour un autre projet.

En effet, 1979 est surtout l'année de la réalisation de son premier long métrage, Rupan Sansei : Kariosutoro no Shiro (Le château de Cagliostro), fondé sur le personnage Lupin III, créé par Monkey Punch. En plus de la réalisation, Miyazaki écrit le scénario et dessine le storyboard. Il confie de nouveau la direction de l'animation à Yasuo Ôtsuka, d'autant plus que ce dernier avait été un pilier de la première série Lupin III. Le long métrage sort au cinéma le 15 décembre et remporte un succès d'estime.

En 1980, Miyazaki enchaîne sur la réalisation des épisodes 145 et 155 de la deuxième saison de la série Lupin III, Shin Rupan Sansei, sous le pseudonyme de « Telecom ». Il aide également à former les animateurs fraichement embauché à Telecom Animation. C'est à cette époque que Miyazaki a commencé à dessiner des croquis pour des projets qui ne se concrétiseront que des années plus tard par la réalisation de Mon voisin Totoro et Princesse Mononoke.

En 1981, Miyazaki participe à la préproduction du long métrage Nimo (Nemo), co-production américaine et de la série Meitantei Hômuzu (Sherlock Holmes), co-produite avec la chaine de télévision italienne RAI. À ce titre, il effectuera des voyages aux Etats-Unis et en Italie. Le projet Nemo n'aboutira pas dans la forme prévue initialement et aussi bien Miyazaki que Yoshifumi Kondô et plus tard Isao Takahata quitteront la production. En août de la même année, Animage publie sous l'impulsion de son rédacteur en chef Toshio Suzuki (rencontré pendant la réalisation du Château de Cagliostro) son premier numéro consacré à Miyazaki, ce qui aidera à forger un lien solide entre Miyazaki et les éditions Tokuma Shoten. Dans un premier temps, pourtant, les dirigeants de Tokuma Shoten refuse toutes les proposition de films que leur soumet le jeune réalisateur.

Au chômage depuis quelques mois, Miyazaki commence alors l'écriture de Kaze no Tani no Naushika (Nausicaä de la Vallée du Vent), manga épique dont l'écriture s'étalera entre 1982 et 1994. Au même moment, il reprend du service à Telecom Animation pour participer à la création des quatre premiers épisodes de Sherlock Holmes (Miyazaki en réalisera six en tout).

Le manga Nausicaä, publié chez Animage, remporte un certain succès dès les premières publications et Tokuma Shoten décide de donner une chance à une adaptation animée. Miyazaki quitte alors Telecom Animation pour se consacrer à ce projet et impose son ami Takahata comme producteur. Au mois de mai 1983, Miyazaki est nommé réalisateur du film et le studio Topcraft est choisi comme studio de production. La publication du manga est suspendue à partir de juin, mais ce même mois, Animage Bunko publie un roman graphique de Miyazaki intitulé Shuna no Tabi (Le voyage de Shuna).

1985-1997 : L'aventure du studio Ghibli

La production du film Nausicaä de la Vallée du Vent s'achève en mars 1984 et le film remporte un succès inespéré. En avril 1984, Hayao Miyazaki et Isao Takahata ouvrent leur propre bureau à Tôkyô avec la fondation de la société Nibariki (qui signifie « deux chevaux », en référence à la fameuse Citroën 2 CV). De juillet 1984 à avril 1985, il profite donc de son temps libre pour reprendre l'écriture sur son manga Nausicaä.

En 1985, le studio Ghibli, filiale de Tokuma Shoten, est fondé à Kichijôji (un quartier de la ville de Musashino à Tôkyô) pour produire la prochaine réalisation de Miyazaki, Tenkû no Shiro Rapyuta (Le château dans le ciel). Tôru Hara, directeur du studio Topcraft, est transféré et nommé directeur du studio Ghibli. Au mois de mai, Miyazaki se rend au pays de Galles pour préparer le long métrage. Le château dans le ciel sort en août 1986, mais les résultats sont décevants.

En 1987, Miyazaki produit et aide au financement du documentaire Yanagawa Horiwari Monogatari (L'histoire du canal de Yanagawa) sur la ville de Yanagawa, connue pour son réseau de canaux, et réalisé par Takahata. Il se remet également à l'écriture de Nausicaä pendant 6 mois avant de commencer à travailler sur son nouveau chef-d'œuvre, Tonari no Totoro (Mon voisin Totoro), qui sort en 1988. Le personnage de Totoro devient l'emblème du studio Ghibli.

De mars à mai 1989, Miyazaki, alors en pleine production de son prochain long métrage, publie le manga sur lequel sera basé son long métrage Porco Rosso, Hikôtei Jidai (L'ère des hydravions), chez le magazine de modèles réduits Model Graphix. En août 1989, sort sur les écrans Majo no Takkyûbin (Kiki, la petite sorcière), premier grand succès pour Miyazaki et qui permet pour la première fois au studio de s'autofinancer. Pendant une année, l'actualité « anime » de Miyazaki se fait plus calme. Il en profite pour continuer l'écriture de Nausicaä et produit néanmoins le long métrage Omohide Poroporo (Souvenirs goutte à goutte) de son ami Takahata.

En juillet 1992, sort Kurenai no Buta (Porco Rosso) qui est de nouveau un grand succès. Miyazaki supervise la construction d'un nouveau bâtiment pour le studio Ghibli dont il a lui-même dessiné les plans. Pendant cette période, il réalise et co-réalise plusieurs publicités, Sora-iro no Tane (La graine bleu ciel) et Nandarô (Qu'est-ce que c'est ?), pour la chaine de télévision japonaise NTV.

Entre mars 1993 et mars 1994, Miyazaki achève l'écriture de son manga Nausicaä, tout en assurant la production de Heisei Tanuki Gassen Ponpoko (Pompoko) de Takahata. Il commence ensuite à travailler sur ce qu'il pense alors être son projet le plus risqué, Mononoke-hime (Princesse Mononoke). Victime du syndrome de la page blanche, il réalise en 1995 un clip de 6 minutes, On Yua Mâku (On Your Mark), qui accompagne la sortie du long métrage Mimi wo Sumaseba (Si tu tends l'oreille) de Yoshifumi Kondô, dont il a écrit le scénario et qu'il produit.

La production de Princesse Mononoke démarre en avril 1995. Pour respecter les délais, Miyazaki s'investit comme jamais : il dort quatre à cinq heures par nuit, constamment assisté d'un acupuncteur qui veille sur sa santé. À la sortie du film, Miyazaki, épuisé, déclare qu'il met un terme à sa carrière. L'annonce fait l'effet d'une bombe et la sortie de Princesse Mononoke est un évènement : le film devient rapidement le plus gros succès cinématographique de tous les temps au Japon (il sera dépassé quelques mois après par Titanic de James Cameron), succès qui se répète lors de la sortie du film en vidéo. L'avenir du studio Ghibli semble définitivement assuré.

1997-2013 : L'après Princesse Mononoke

Après Princesse Mononoke, le jeune retraité Miyazaki s'investit dans plusieurs projets éloignés de la réalisation. D'abord, il crée et dirige un atelier pour former des réalisateurs de films d'animation. Ensuite, il se fait construire son propre petit studio, une maison tout en bois à coté du studio principal, qu'il nomme Butaya (« la maison du cochon »). Selon ses propres termes, elle doit lui servir de « maison de retraite ». Enfin, il dessine les plans d'un musée d'art qu'il veut ouvrir dans le parc Inokashira de Tôkyô. Les travaux démarreront en mars 2000 et Miyazaki inaugurera le musée Ghibli en octobre 2001. Entre fin 2001 et 2002, ce sont quatre courts métrages réalisés par Miyazaki qui y seront projetés (dont l'un dans l'unique cadre de l'exposition temporaire Laputa, le château dans le ciel et les machines de science-fiction imaginaires de 2002).

Suite au décès prématuré de Yoshifumi Kondô qu'il considérait comme son successeur, Miyazaki revient sur l'annonce de sa retraite et revient au studio Ghibli pour s'atteler à un nouveau projet de long métrage intitulé Sen to Chihiro no Kamikakushi (Le voyage de Chihiro). Lorsque le film sort en juillet 2001, c'est de nouveau un véritable triomphe, le film battant tous les records du box-office japonais et assurant au réalisateur une reconnaissance mondiale, avec de nombreux prix remportés (Ours d'or au Festival de Berlin, Oscar du meilleur film d'animation...). Miyazaki effectue une tournée internationale pour assurer la promotion du film.

Hayao Miyazaki remporte l'Ours d'or au Festival international du film de Berlin.

Après la production en 2002 de Neko no Ongaeshi (Le Royaume des chats), réalisé par le jeune Hiroyuki Morita, Miyazaki se voit contraint de reprendre le projet abandonné par un autre jeune réalisateur, Mamoru Hosoda (futur réalisateur de La traversée du temps ou encore Les enfants-loups, Ame et Yuki), d'adapter le roman de Diana Wynne Jones, Howl's Moving Castle. Le film Hauru no Ugoku Shiro (Le château ambulant) sort en novembre 2004 et est un nouveau raz-de-marée au Japon. La carrière internationale du film permet d'attirer de nombreux autres spectateurs et permettra à Miyazaki de figurer dans la liste des 100 personnes les plus influentes du monde dans l'édition du 18 avril 2005 de Times Magazine.

À ce moment-là, il n'est plus question pour Miyazaki de prendre sa retraite. Véritable bourreau de travail, il réalise en 2005 plusieurs nouveaux courts métrages destinés au musée Ghibli. Début 2006, il refait un voyage, cette fois en Grande-Bretagne pour y effectuer des recherches sur la nouvelle de Robert Westall, Blackham's Wimpy. Il publiera un essai sur cette œuvre en octobre, incluant un manga intitulé Westôru Gensô - Tainmasu he no Tabi (Illusions de Westall - Une excursion à Tynemouth). D'avril 2006 à juin 2008, il réalise son dixième long métrage, Gake no Ue no Ponyo (Ponyo sur la falaise). En 2009, il supervise le long métrage Karigurashi no Arietti (Arrietty, le petit monde des chapardeurs) réalisé par le jeune réalisateur Hiromasa Yonebayashi. Cette même année, il inaugure le centre Ghibli Nishi (Ghibli Ouest) au siège de la Toyota Motor Corporation (préfecture d'Aichi) pour héberger un programme de formation accéléré pour les nouveaux embauchés du studio Ghibli. Il y donne personnellement des cours.

Fin 2010, il se lance dans un nouveau film à gros budget, Kaze Tachinu (Le vent se lève). Son film le plus personnel sera finalement son dernier. En effet, lors de l'édition 2013 du Mostra de Venise où son film est en lice pour le Lion d'or, Miyazaki annonce à la surprise générale qu'il arrête le cinéma, pour de bon cette fois. Il ne réalisera plus de longs métrages, mais veut continuer à travailler plus librement : « Je souhaite œuvrer au moins dix ans de plus. (...) Je vais être libre. Toutefois, tant que je pourrai prendre ma voiture pour aller au studio, j'irai. Ce que je voudrai faire, je le ferai. ».

Conférence de presse lors de laquelle Hayao Miyazaki a annoncé sa retraite en tant que cinéaste.

2013-2016 : Une courte retraite

Sa retraite actée en septembre 2013, dès la fin de cette même année, Hayao Miyazaki se lance tout d’abord dans la création d’un nouveau manga. Intitulé Teppô Samurai, il doit être consacré à Hiruko Hachirôta, samouraï au fusil, dans le Japon de l'époque Sengoku (milieu du XVᵉ siècle à la fin du XVIᵉ siècle).
Mais au détour d’un entretien en avril 2015, on apprend que Miyazaki a finalement arrêté de travailler sur ce projet depuis un moment et que son travail n'a jamais repris.

Hayao Miyazaki au travail sur son manga abandonné Teppô Samurai.

L’abandon de la réalisation de longs métrages lui permet aussi de s’impliquer davantage dans la création des expositions temporaires du musée Ghibli. Ainsi, pour les expositions Kurumi Wari Ningyô to Nezumi no Ôsama-ten (Casse-Noisette et le roi des souris, 2014/2015) et Yûrei-tô e Yôkoso-ten (« Bienvenue dans la tour fantôme », 2015/2016), ils multipliera dessins préparatoires et planches de mangas.

Miyazaki se lance ensuite dans la réalisation d'un court métrage pour le musée Ghibli intitulé Kemushi no Boro (Boro la chenille). Le projet sera entièrement généré par ordinateur. L’information, étonnante, est révélée par son fils ainé, Gorô, au détour d’un entretien en juin 2015. Il expliquera que son père aura mûri un intérêt pour le numérique en voyant les premières images de sa série hybride 2D/3D Sanzoku no Musume Rônya (Ronya, fille de brigand).
Boro la chenille, un projet de réalisation datant du milieu des années 1990, va alors témoigner de l’attente exacerbée du public pour chaque nouveau projet, même mineur, du maître depuis l’annonce de sa retraite. La production du film sera scrutée et disséquée par le documentaire Owaranai Hito Miyazaki Hayao (Never-Ending Man: Hayao Miyazaki à l’international) diffusé fin 2016 à la TV japonaise.
Une production longue et vraisemblablement chaotique reportera plusieurs fois la sortie du court métrage qui sera finalement projeté dans la salle de cinéma Saturne du musée Ghibli en mars 2018. L’importance laissée à l’utilisation des images de synthèse dans le film sera au final minime.

2016 : Le retour à la réalisation d’un long métrage

En novembre 2016, Hayao Miyazaki surprend à nouveau tout le monde en annonçant une fois encore vouloir réaliser un nouveau long métrage en animation traditionnelle. Peut-être afin de ne pas rester sur sa mauvaise expérience de l’animation 3D, mais surtout par ennui, il annonce sortir de sa retraite. À nouveau.
Le producteur Toshio Suzuki n’entend pas le laisser faire aussi facilement et ne donnera son feu vert au projet qu’à la condition qu’il en vaille la peine. L’accompagnateur privilégié de la majeure partie de la filmographie du réalisateur ne souhaite pas le voir finir sa carrière sur un dernier projet en demi-teinte.

Le producteur laisse un temps planer le doute et annonce finalement que le film est entré en production. À cette occasion, Suzuki sort lui aussi de sa retraite pour le produire. Et pour cela, le studio Ghibli se restructure et rouvre son département de production en août 2017. Il doit engager massivement de nouveaux collaborateurs, une grande partie des anciens collaborateurs du studio ayant été emmenée par le producteur Yoshiaki Nishimura lors de la fondation du nouveau studio Ponoc.

En octobre 2017, Miyazaki révèle le titre de son film : Kimi-tachi wa Dô Ikiru ka ? (littéralement, Et vous, comment vivrez-vous ?). Il s’agit là d’un emprunt au titre du roman du même nom datant de 1937 du journaliste, traducteur, éditeur et auteur de littérature pour enfants Genzaburô Yoshino (1899-1981).

La date de sortie reste incertaine, la production avançant lentement en tâtonnant. Un temps programmé pour pouvoir sortir au même moment que les Jeux olympiques de Tôkyô, finalement ajournés, de 2020. On parle ensuite plus plausiblement d’une date de sortie, au mieux, en 2021, ou en 2022.

C'est finalement le 14 juillet 2023, soit quasiment 10 ans jour pour jour après l'ultime film (le pensait-on) du réalisateur, Le vent se lève, que le film sort au Japon.


Sources : Animeland hors-série n° 3 - Starting Point 1979-1996 de Hayao Miyazaki


Hayao Miyazaki : Son cinéma

Hayao Miyazaki est un des réalisateurs d'animation les plus connus mondialement, respecté par les plus grands noms de la profession, comme John Lasseter, réalisateur et directeur artistique des studios Pixar et Disney. En France, ce sont ses films qui vont sortir l'animation japonaise du ghetto culturel dans lequel les critiques l'avaient rangée. De plus, l'ensemble de sa filmographie démontre une continuité étonnante et rare, voire unique dans le milieu de l'animation.

Graphisme et personnages

On reconnaît presque immédiatement le cinéma d'Hayao Miyazaki à son graphisme. En effet, contrairement à son compère Isao Takahata, Miyazaki conçoit le character design de ses personnages. On aboutit alors à une galerie d'héroïnes aux traits étonnamment ressemblants, de Nausicaä à San, en passant par Fio. On retrouve cette même similitude chez les personnages masculins, Pazu devenant le successeur d'Asbel et annonçant Ashitaka. Cette continuité étonnante dans le traitement de ses personnages a parfois valu à Miyazaki des lourdes critiques, stigmatisant un manque d'inspiration. Pourtant, chaque personnage de Miyazaki est unique par sa caractérisation, et l'on oublie un peu facilement d'autres personnages, comme Marco, Tombo, ou Mei ! De plus, le style de Miyazaki évolue bel et bien, même s'il reste fidèle à son univers graphique. Chihiro a ainsi une forme de visage totalement inédite pour une héroïne de Miyazaki. Haku et Hauru n'ont pas l'allure décidée des héros Miyazakiens, mais semblent plutôt évoquer les personnages shôjo aux traits efféminés.

On ne peut que remarquer la préférence d'Hayao Miyazaki envers des héroïnes « femmes-enfants ». Il est fort probable qu'aux yeux du réalisateur, le caractère inhérent à une jeune fille est d'être dotée d'un fort tempérament, d'un courage à toute épreuve et surtout d'une sensibilité pure. Les héroïnes de Miyazaki possèdent encore une capacité d'émerveillement propre à l'enfance et une force d'action présageant l'âge adulte. Evidemment, cela n'empêche pas le réalisateur de choisir parfois des personnages plus jeunes, comme Satsuki, Chihiro et Ponyo, ou plus vieux, comme Sophie transformée en grand-mère percluse de rhumatisme. Mais leur caractère s'avère être au final très proche des héroïnes habituelles du réalisateur.

Les grandes thématiques

La filmographie de d'Hayao Miyazaki est également reconnaissable à ses thématiques récurrentes, car le réalisateur a toujours été fidèle à ses idées. Ainsi, la plupart des personnages de Miyazaki sont des personnages d'exception : des descendants de famille royale (Sheeta dans Le château dans le ciel), des princes/princesses (Nausicaä, Ashitaka, Ponyo), des sorciers (Kiki, Hauru), et même un personnage transformé en cochon (Porco Rosso) ! Bien sûr on retrouve quelques héroïnes plus « banales », comme Chihiro, mais elles participent toutes à une histoire merveilleuse et finissent, par leurs actions, à emporter l'adhésion des autres protagonistes et du spectateur, ce qui est assez éloigné du cinéma plus réaliste et plus distancié d'Isao Takahata.

Le thème de l'environnement est également très présent dans la filmographie de Miyazaki. Qu'il s'agisse de Nausicaä de la Vallée du Vent, Princesse Mononoke, Mon voisin Totoro ou encore Conan, le fils du futur, on retrouve une préoccupation constante du réalisateur sur le rapport entre l'Homme et la Nature. Cependant, Miyazaki ne se pose jamais en moralisateur et ne propose pas de solution miracle pour sauver notre planète, il se contente de dresser un constat, parfois très pessimiste, souvent très émouvant, de cette relation violente entre l'humanité et son environnement. Il y a de l'animisme dans l'écologie de Miyazaki. Pour lui, tout est vivant et les dieux sont partout : esprits de la forêts dans Nausicaä, Totoro et Princesse Mononoke, dieux des poussières dans Totoro et Le voyage de Chihiro, dieux de la rivière dans Chihiro. Cependant, cette thématique n'est pas constante et inévitable, dans Kiki ou même Chihiro, le réalisateur s'intéresse plus à l'intégration de ses héroïnes dans la société qu'à un quelconque message écologique, et dans Le château ambulant, la guerre est une toile de fond à l'histoire d'amour entre Hauru et Sophie.

Le voyage initiatique est un autre thème récurrent chez Miyazaki, même si celui-ci n'aime pas ce terme. Ses héros ou héroïnes sont souvent des nomades ou des déracinés. Ses films, de même que ses mangas, débutent souvent par un exil ou un déménagement (Mon Voisin Totoro). Dans Princesse Mononoke, Ashitaka quitte son village natal parce qu'il victime d'une malédiction. Pour accomplir sa formation de sorcière, Kiki doit vivre un an séparée de sa famille. Exilée de force, Nausicaä parcourt le monde pour prévenir une guerre imminente. Enfin, dans le manga Shuna no Tabi (Le voyage de Shuna), le héros part à la recherche de graines dorées pour nourrir son peuple. Ce thème du voyage initiatique prend également son sens dans Le voyage de Chihiro. Au cours de son périple dans ce monde peuplé de dieux, Chihiro devient bien plus mature, responsable, elle change véritablement de comportement. Dans Le château ambulant, enfin, Sophie doit elle aussi fuir sa douillette maison et se réfugier chez Hauru à cause de la malédiction de la sorcière de la dévastation.

Les scènes récurrentes chez Hayao Miyazaki

Dans l'œuvre d'Hayao Miyazaki, qu'ils soient proches ou lointains, le souvenir d'une apparition, la mémoire du passé donnent toute la profondeur au personnage. Ils resurgissent comme des leitmotiv dans le présent et servent de révélateurs : la silhouette du dieu-cerf, la venue de Totoro, l'enfance de Nausicaä, l'histoire de Marco, le village de Sheeta, la noyade de Chihiro... La beauté des films de Miyazaki vient de cette confusion entre le vécu et le présent. Comme si l'adulte ne se séparait jamais de l'enfant qu'il a été, à commencer par le réalisateur : « Je ne fais jamais un film avec mon cerveau, ni avec mon ventre. Je plonge dans un puits, au fond il y a une bonde que j'ouvre et je descends encore plus profondément dans mes souvenirs et mes émotions d'enfant. »

Un des points forts de chaque film de Miyazaki demeure avant tout les scènes d'envols. On connaît la fascination de Miyazaki pour les airs depuis sa tendre enfance. L'envol constitue un passage (presque) obligé et un moment clé de la narration chez Miyazaki. C'est le moment où le personnage s'évade de tous les carcans qui lui sont imposés, de la pesanteur lourde qui le cloue au sol... Nausicaä à bord de son moehve devient ainsi une guerrière habile, Mei et Satsuki échappent à leur quotidien et à la maladie de leur mère dans les bras de Totoro, Kiki trouve sa raison d'exister en livrant les gens grâce à son balai. Dans Porco Rosso, les airs prennent une dimension allégorique, les nuages se transformant en paradis où les âmes des aviateurs s'envolent. Dans Le voyage de Chihiro, la scène de vol entre Chihiro et Haku cristallise l'émotion du souvenir et la libération, alors que dans Le château ambulant, le vol est d'abord une fuite pour devenir ensuite une confrontation violente débouchant sur la paix et la liberté. Seule San semble désespérément clouée au sol, comme écrasée par le poids terrestre. Cela correspond au ton pessimiste de cette œuvre, où la Nature et l'Homme semblent irréconciliables, celui-ci ne peut s'évader, ne peut rêver, et ne peut donc accéder aux cieux salvateurs. Le vent se lève est un condensé de toutes ses approches à travers la passion de Jirô pour l'aviation : scènes libératrices d'envol, avions imaginaires, ou guerriers, mais aussi folie meurtrière des hommes.

Les correspondances avec l'œuvre d'Isao Takahata

Hayao Miyazaki, de quelques années le cadet d'Isao Takahata, a collaboré sur les œuvres du metteur en scène pendant 12 ans (de Horus, prince du soleil à Anne, la maison aux pignons verts). Même si Takahata refute être le mentor de Miyazaki, les deux amis reconnaissent l'importance de leur collaboration. Ainsi, Miyazaki confirme avoir été fortement influencé par son ainé dans son travail de mise en scène. Mais s'ils ont en commun ce « réalisme filmique », voisin du cinéma en prise de vue réelle, l'un et l'autre s'engage dès la fin des années 70 dans des voies artistiques différentes. Alors que Takahata s'oriente vers des histoires japonaises, basées sur l'étude des personnages (Kié, la petite peste, Gauche le violoncelliste), Miyazaki rêve d'universel, d'aventures et d'évasion (Conan, le fils du futur, Le château de Cagliostro, Nausicaä de la Vallée du Vent).

Une autre différence remarquable entre les deux réalisateurs est la démarche adoptée dans la conception de leurs films : alors que Takahata en véritable intellectuel du cinéma, tente de mettre en œuvre un parti pris théorique sur le dessin animé, le processus créatif de Miyazaki est plus instinctif : c'est à partir de personnages, d'engins, de scènes, que Miyazaki élabore un univers, puis tisse son intrigue. Un fait est particulièrement représentatif de la différence de démarche entre les deux cinéastes : hormis Pompoko, les œuvres de Takahata sont toujours des adaptations d'autres œuvres (contes traditionnels, romans, mangas...). Miyazaki, de son côté, invente le plus souvent ses histoires. Sinon, il adapte les œuvres existantes très librement et se les réapproprie complètement (Kiki, la petite sorcière, Le château ambulant, Le vent se lève). Alors que Takahata étudie le matériau original avec minutie, Miyazaki s'inspire des seuls souvenirs qu'il en a, parfois une simple scène qui l'a particulièrement marqué.

Malgré ses différences, il est intéressant de comparer le parcours des deux réalisateurs au sein du studio Ghibli, tant leurs œuvres semblent se répondre sans cesse. Ainsi, face au joyeux Mon voisin Totoro, véritable ode à l'enfance et à l'insouciance, on retrouve le bouleversant Tombeau des lucioles, où deux orphelins se heurtent à l'horreur de la guerre, de la famine et de la mort. Souvenirs goutte à goutte quant à lui est produit entre Kiki, la petite sorcière et Porco Rosso. Dans ce film de Takahata, Taeko cherche à trouver sa place dans la société, tout comme la jeune Kiki. De même, la jeune femme se souvient sans cesse de son passé, comme Marco, hanté par ses souvenirs. Mais si les thématiques semblent se répondre, le traitement diffère de façon évidente. Comme pour répondre au réalisme de Takahata, Miyazaki choisit des univers fantastiques, avec comme cadre une petite ville inspirée de la Suède et de l'Europe ou l'Adriatique dans les années 30, là où son compère opte pour un cadre strictement japonais. Pompoko et Princesse Mononoke évoquent tous deux la confrontation tragique entre l'Homme et la Nature. Mais si Takahata choisit le cadre contemporain nippon, Miyazaki représente un Japon médiéval idéalisé et fantasmé. On ne peut que constater la différence de traitement entre le style épuré et dépouillé de Mes voisins les Yamada et l'opulence foisonnante et baroque de l'univers du Voyage de Chihiro. Le message récurent de Mes voisins les Yamada semble être « c'est la vie » ou « tout finira par s'arranger ». Le propos de Miyazaki est tout autre. Chihiro nous apprend en effet que, dans la vie, il faut s'accrocher, ne pas perdre courage. Les deux films sont donc radicalement différents et confirment l'éloignement conceptuel des deux réalisateurs.

Un des points communs aux deux réalisateurs est sans conteste celle de la perte des racines. Cependant, là encore, le traitement diffère entre les deux filmographies. L'œuvre de Takahata est souvent empreinte de nostalgie, le réalisateur portant un regard tendre sur ce passé révolu et jugeant sévèrement le Japon actuel, oubliant peu à peu ses racines et donc sa richesse culturelle. Miyazaki, lui, semble vouloir éviter ce ton pessimiste. Ainsi, Le voyage de Chihiro semble ainsi répondre à Pompoko. En effet, les deux œuvres ont des thèmes communs : les croyances et les divinités japonaises. Or dans Pompoko, les tanukis (incarnant alors les croyances japonaises) sont victimes des humains qui s'approprient peu à peu leur territoire. La situation semble inversée dans Le voyage de Chihiro où l'héroïne est livrée à elle-même dans le monde des dieux. Miyazaki nous montre ainsi que les croyances et les divinités n'ont pas disparu, elles sont bien vivantes et sont bien enfouies en nous, à la manière du souvenir de Haku dans le cœur de Chihiro. Mais le réalisateur semble aussi rejoindre le cynisme de son collègue puisqu'il représente les dieux malmenés par les hommes et ils doivent se reposer et se soigner dans les eaux purificatrices d'Aburaya, l'établissement des bains.

C'est sur son dernier long métrage, Le vent se lève, que Miyazaki, en abandonnant l'imaginaire, se rapproche du cinéma d'Isao Takahata dans le réalisme de la mise en scène, mais également l'étude psychologique et sociologique des personnages.

Un maître du fantastique

Hayao Miyazaki peut être considéré comme un maître du fantastique, en littérature, comme dans le cinéma. En effet, il réussit à créer à chaque fois des mondes cohérents où chaque détail contribue à transformer une simple histoire en véritable univers. Les mondes de Miyazaki, de Nausicaä au Château ambulant, sont amplement comparables à ceux de Disney dans des œuvres phares comme Fantasia ou Blanche-Neige, ou à ceux de Pixar dans Le monde de Némo ou Monstres et Compagnie. Le spectateur croit en chaque scène parce que Miyazaki réussit à faire entrer le spectateur dans un monde obéissant à des règles cohérentes, malgré des codes défiant toute logique.

Ainsi, dans Mon voisin Totoro, il amène petit à petit le merveilleux, permettant au spectateur d'adhérer ensuite pleinement à la présence d'esprits de la forêt, à des chats-bus glissant sur des fils électriques, à des noiraudes fuyant les rires d'enfants, dans un Japon des années 50. Dans Le château dans le ciel, les premières minutes où Sheeta tombe du ciel est un véritable moment de féerie éblouissant le spectateur et le préparant doucement au final extraordinaire sur Laputa. Dans Princesse Mononoke, on est plongé violemment dès le début dans ce monde où l'homme et les esprits de la nature s'affrontent sans merci, annonçant le dénouement tragique du film. Quant à Porco Rosso, jamais Miyazaki ne nous donne de véritables explications quant à la physionomie de Marco, comme si cette transformation porcine était une évidence même, acceptée par tous les autres personnages. Cela confère au personnage une poésie et une symbolique certaine, sans que le film ne sombre dans l'explicatif lourd. Le spectateur croit alors à ce monde très réaliste de pilotes de l'Adriatique, mais également à cette identité étrange de Marco. Dans chacun des films, chaque détail est un pur délice visuel, comme l'apparition des facétieux kodamas ou la multitude protéiforme de dieux dans Le voyage de Chihiro. Mais le spectateur les intègre sans s'y appesantir, car le monde de Miyazaki suit sa propre logique, et donc on n'éprouve nul étonnement à voir Jiji parler, Hauru se couvrir de bile à la moindre contrariété, où Ponyo et Sosuke naviguer au-dessus de créatures du Dévoniens, ce sont des faits que le spectateur accepte sans réfléchir.

On peut même comparer le manga Nausicaä de la Vallée du Vent à l'œuvre de Tolkien, tant le monde de la Princesse aux insectes est un univers complexe, riche, foisonnant. Mais contrairement à l'auteur du Seigneur des Anneaux, le Mal et le Bien ne s'affrontent jamais en deux clans bien définis. Chez Miyazaki, détruire le mal complètement c'est détruire le monde. Le mal fait partie de notre monde, il est même en chacun de nous. Le nier est absurde et l'éradiquer est impossible. L'important est d'apprendre à vivre dans ce monde et contribuer à l'améliorer selon les valeurs auxquelles on croit. La coexistence du bien et du mal est un thème récurrent chez Miyazaki, mais dont la teneur a évolué au cours du temps. Alors que ses premiers héros étaient des êtres exceptionnels qui par leur pureté et leur courage parvenaient à changer le monde, le message dans ses dernières œuvres est plus résigné mais toujours positif. Au final, le seul personnage véritablement négatif est Muska, dans Le château dans le ciel. La coexistence du Bien et du Mal est une des particularités de l'univers de Miyazaki, cela le différencie nettement des autres œuvres liées au monde de la Fantasy.

Résumer la carrière d'Hayao Miyazaki en quelques lignes est évidemment un pari difficile à réaliser, tant le réalisateur a su créer de véritables univers visuels, à la fois riches et complexes. Cependant, on peut constater que Miyazaki a toujours été fidèle à une certaine conception du cinéma, avec un graphisme immédiatement reconnaissable, des thématiques et des scènes récurrentes, tout en sachant renouveler à chaque fois son univers. Le cinéma d'animation de Miyazaki se singularise aussi par cette rencontre rare entre cet imaginaire foisonnant, cette continuité artistique et le réalisme filmique apporté par la mise en scène. Au final, sa filmographie est d'une cohérence, d'une homogénéité et d'une originalité rares dans l'animation.


Source : Hayao Miyazaki, cinéaste en animation - Poésie de l'insolite de Stéphane Le Roux


Hayao Miyazaki : Ses influences

Pendant sa carrière Hayao Miyazaki a fait part de son admiration pour certains artistes et certaines œuvres. Voici ses principales influences.

Osamu Tezuka

À ses débuts, Hayao Miyazaki voulait dessiner des mangas. À l'époque, le jeune Osamu Tezuka devenait une star avec son manga La nouvelle île au trésor. Il avait déclenché une vague d'enthousiasme pour ce médium qui ne manqua pas d'inspirer le petit Hayao. Mais jamais satisfait de ses travaux, ce dernier prit la résolution de se débarrasser de l'influence du « Dieu du manga » pour trouver sa propre voix.

Hakujaden (Le serpent blanc)

L'intérêt de Hayao Miyazaki pour l'animation a été attisé par sa découverte, à l'âge de 17 ans, du film d'animation réalisé par Taiji Yabushita. Le film l'a tellement ému qu'il en a pleuré toute la nuit : « Je dois vous faire une confession embarrassante : je suis tombé amoureux de l'héroïne d'un dessin animé. Mon âme était ébranlée. Je ne sais pas si c'était lié à mon état dépressif à cause des examens d'entrée à l'université, ou parce que c'était une histoire à l'eau de rose, mais la rencontre avec Le serpent blanc a fait forte impression sur le jeune homme que j'étais. Ce film m'a notamment convaincu, qu'au Japon aussi, il était possible d'exprimer beaucoup de choses par le biais de l'animation. Pour moi, la vision du Serpent blanc a été une expérience intense. »
Le serpent blanc occupe une place privilégiée au panthéon des films produit par la Tôei Dôga. Premier long métrage en couleurs de l'histoire de l'animation japonaise, il fut surtout le premier dessin animé nippon conçu avec des moyens industriels dans le but de séduire un très large public.

Snezhnaya Koroleva (La reine des neiges)

La reine des neiges est un film d'animation russe réalisé par Lev Atamanov en 1957. Quand Hayao Miyazaki l'a vu, il n'était pas satisfait de son travail et commençait à se demander s'il devait continuer son métier d'animateur. Il a été si touché par ce film qu'il décida de continuer à travailler dans l'animation avec une « détermination renouvelée ». C'est grâce à ce film qu'il réalisa qu'un personnage pouvait « jouer » s'il était bien animé, et que l'animation pouvait émouvoir aussi bien que n'importe quel autre médium artistique.

La bergère et le ramoneur

Ce film d'animation de Paul Grimault (1952) a montré à Miyazaki que l'animation pouvait également s'adresser aux adultes. Avec ses amis Isao Takahata et Yasuo Ôtsuka, il passera des jours à décortiquer le film image par image. Il s'est fortement inspiré de cette œuvre pour son Château de Cagliostro. La bergère et le ramoneur a été revu et corrigé par Grimault pour sa reprise en 1979, sous le nom de Le roi et l'oiseau.

Frédéric Back

Hayao Miyazaki a été sidéré par le film Crac ! de cet animateur canadien. Il s'est dit ensuite déprimé par la différence qui existait encore entre cette œuvre et ses propres travaux d'alors. Sur une note dans un laserdisc japonais de L'homme qui plantait des arbres, Miyazaki rend hommage à Back en louant en particulier la façon dont il met en mouvement les plantes (un exercice très difficile à faire). Comme pour Grimault, Miyazaki partage son admiration pour Back avec Isao Takahata.

Les animateurs américains

Il est connu que Hayao Miyazaki n'apprécie que modérément les œuvres de Disney. Il avoue néanmoins aimer les premières œuvres du maître américain, comme les Silly Symphonies. D'un autre côté, il rend hommage dans Porco Rosso et dans l'épisode final de la saison 2 de Lupin III aux frères Fleischer, qui comptaient parmi les artisans pionniers du film d'animation.

Le cinéma en prise de vue réelle

Hayao Miyazaki a vu évidemment beaucoup de films en tant que spectateurs. Parmi les films qui comptent beaucoup pour lui, figurent Le voleur de bicyclette de Vittorio de Sica, ou encore Plein soleil de René Clément, avec Alain Delon. Au niveau du cinéma japonais, les réalisateurs qu'il aime sont Akira Kurosawa, Mikio Naruse, Yasujirô Ozu et Tomu Uchida.

La littérature

Hayao Miyazaki adore et a été influencé par les écrivains Ryôtarô Shiba, Yoshie Hotta, et le botaniste et ethnobotaniste, Sasuke Nakao. On perçoit aussi dans des œuvres comme Nausicaä de la Vallée du Vent de nombreuses influences parmi les auteurs de science-fiction occidentaux tels que Frank Herbert (Dune) ou Brian Aldiss (Le Monde vert). Enfin, le réalisateur avoue beaucoup apprécier l'œuvre de Saint-Exupéry (principalement Terre des hommes, mais aussi Vol de nuit, Courrier sud, Le petit Prince). Miyazaki est d'ailleurs un spécialiste respecté de l'œuvre de l'écrivain français, qu'il a préfacé et illustré pour son édition japonaise. La littérature de Saint-Exupéry l'a en particulier influencé pour Porco Rosso et Le vent se lève. Dans une interview donnée à l'occasion de la promotion de ce dernier film, Miyazaki déclare que « Mermoz et Saint-Exupéry [lui] ont fait aimer les années 30. »

Mais le réalisateur demeure discret sur ses autres passions littéraires. Pourtant, une exposition assez confidentielle a levé le voile en 2011. Le musée de la littérature de Kôchi au Japon avait consacré une rétrospective à Hayao Miyazaki, rassemblant des notes manuscrites du réalisateur dans lesquelles il révèle les 50 livres jeunesse qui l'ont marqué et dont il recommande la lecture. Parmi eux, des auteurs français, des grands classiques, mais aussi quelques surprises...

Les 50 livres jeunesse qu'il faut avoir lus selon Hayao Miyazaki

  1. Le Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry (1943)
  2. Les Aventures de Tit' Oignon (Il Romanzo di Cipollino) de Gianni Rodari (1956)
  3. La Rose et l'anneau (The Rose and the Ring) de William Makepeace Thackeray (1854)
  4. Le Petit salon de lecture (The Little Bookroom) de Eleanor Farjeon (1955)
  5. Les Trois mousquetaires d'Alexandre Dumas (1844)
  6. Le Jardin secret (The Secret Garden) de Frances Eliza Hodgson Burnett (1909)
  7. Le Trésor des Nibelungs (The Treasure of the Nibelungs) de G.Schalk (1953)
  8. Alice au Pays des merveilles (Alice's Adventures in Wonderland) de Lewis Carroll (1865)
  9. Les Aventures de Sherlock Holmes (The Adventures of Sherlock Holmes) d'Arthur Conan Doyle (1891)
  10. Une Ferme norvégienne (A Norwegian Farm) de Marie Hamsun (1933)
  11. Le Petit cheval bossu de Piotr Erchov (1834)
  12. Souvenirs entomologiques de Jean-Henri Casimir Fabre (1879-1907)
  13. Toui Mukashi no Fushigina Hanashi-Nihon Reiiki de Tsutomu Minakami (1995)
  14. La Mort d'Ivan Ilitch de Léon Tolstoï (1885)
  15. L'Aigle de la neuvième légion (Eagle of the Ninth) de Rosemary Sutcliff (1954)
  16. Winnie l'Ourson (Winnie-the-Pooh) de A. A. Milne (1926)
  17. Les Princes du Vent de Michel-Aime Baudouy (1956)
  18. Quand Marnie était là (When Marnie Was There) de Joan G Robinson (1967)
  19. Un Hiver sans fin (The Long Winter) de Laura Ingalls Wilder (1940)
  20. Le Vent dans les saules (The Wind in the Willows) de Kenneth Grahame (1908)
  21. The Ship That Flew d'Hilda Lewis (1939)
  22. Flambard de Kathleen Wendy Peyton (1967)
  23. Tom et le Jardin de minuit (Tom's Midnight Garden) d'Ann Philippa Pearce (1958)
  24. Les Aventures de Tom Sawyer (The Adventures of Tom Sawyer) de Mark Twain (1876)
  25. Chumon no Ooi Ryouriten de Kenji Miyazawa (1924)
  26. Heidi de Johanna Spyri (1888)
  27. 20 000 lieues sous les mers de Jules Verne (1870)
  28. Les Chapardeurs (The Borrowers) de Mary Norton (1952)
  29. Neuf Contes de fées (Devatero pohádek) de Karel Capek (1931)
  30. Hirondelles et Amazones (Swallows and Amazons) d'Arthur Ransome (1930)
  31. La Classe volante (The Flying Classroom) d'Erich Kästner (1933)
  32. Robinson Crusoé de Daniel Defoe (1719)
  33. L'Ile aux trésors (Treasure Island) de Robert Louis Stevenson (1883)
  34. Douze Mois de Samuil Marshak (1943)
  35. Tistou les pouces verts de Maurice Druon (1957)
  36. The man who planted the welsh onions de Kim Soun (1953)
  37. Les Histoires étranges d'un atelier chinois (Strange Stories from a Chinese Studio) de Pu Songling (1740)
  38. Les Voyages du Docteur Dolittle (The Voyages of Doctor Dolittle) de Hugh John Lofting (1922)
  39. Voyage en Occident (Journey to the West) de Wú Chéng'ên (1500)
  40. Le Petit Lord Fauntleroy (Little Lord Fauntleroy) de Frances Eliza Hodgson Burnett (1886)
  41. From the Mixed-Up Files of Mrs. Basil E. Frankweiler d'Elaine Lobl Konigsburg (1968)
  42. Les Enfants du village (Alla vi barn i Bullerbyn) d'Astrid Lindgren (1947)
  43. Le Hobbit (The Hobbit, or There and Back Again) de J. R. R. Tolkien (1937)
  44. Le Sorcier de Terremer (A Wizard of Earthsea) d'Ursula K. Le Guin (1968)
  45. Le Cheval d'argent (The Little White Horse) d'Elizabeth Goudge (1946)
  46. Nous étions cinq (Bylo nas pet) de Karel Polacek (1969)
  47. L'Histoire de Jane Addams (City Neighbor: The Story of Jane Addams) de Clara Ingram Judson (1951)
  48. La Femme radium (The Radium Woman) d'Eleanor Doorly (1939)
  49. L'Incident Otterbury (The Otterbury Incident) de Cecil Day-Lewis (1948)
  50. Les Patins d'argent (Hans Brinker or The Silver Skates) de Mary Mapes Dodge (1865)

Sources : Nausicaa.net - Le musée imaginaire de Hayao Miyazaki, paru dans le magazine Studio (avril 2002) - L'express


Hayao Miyazaki :
Filmographie et bibliographie

Filmographie

Année Titre Poste occupé Studio
1963 Wanwan Chûshingura
[Le trésor des loyaux serviteurs canins]
Film - 21/12/1963 - 1 h 21 min
Intervalliste Tôei Animation
Ôkami Shônen Ken
[Ken, l'enfant-loup]
Série TV - 25/11/1963 au 16/08/1965 - 86 x 26 min
Intervalliste Tôei Animation
1964 Shônen Ninja Kaze no Fujimaru
[Fumijaru du vent, le petit Ninja]
Série TV - 07/06/1964 au 31/08/1965 - 65 x 26 min
Animateur clé Tôei Animation
1965 Garibâ no Uchû Ryokô
[Les voyages spaciaux de Gulliver]
Film - 20/03/1965 - 1 h 20 min
Intervalliste Tôei Animation
Hassuru Panchi
[Hustle Punch / Punch, le bagarreur]
Série TV - 01/11/1965 au 25/04/1966 - 26 x 26 min
Animateur clé Tôei Animation
1966 Reinbô Sentai Robin
[Robin, brigade de l'arc-en-ciel]
Série TV - 23/04/1966 au 31/03/1967 - 48 x 26 min
Animateur clé (#34, 38) Tôei Animation
Mahôtsukai Sarii
[Sally, la sorcière]
Série TV - 05/12/1966 au 30/12/1968 - 109 x 26 min
Animateur clé (#77, 80, 86) Tôei Animation
1968 Taiyô no Ôji : Horusu no Daibôken
[Horus, prince du soleil]
Film - 21/07/1968 - 1 h 22 min
Animateur clé, conception scénique Tôei Animation
1969 Nagagutsu wo Haita Neko
[Le chat botté]
Film - 18/03/1969 - 1 h 20 min
Animateur clé Tôei Animation
Sora Tobu Yûreisen
[Le vaisseau fantôme volant]
Film - 1 h - 20/07/1969
Animateur clé Tôei Animation
Himitsu no Akko-chan
[Le secret de la petite Akko]
Série TV - 09/01/1969 au 26/10/1970 - 94 x 26 min
Animateur clé (#44, 61) Tôei Animation
Mûmin
[Les Moomin]
Série TV - 05/10/1969 au 27/12/1970 - 65 x 26 min
Animateur clé (#23) A Production
1971 Dôbutsu Takarajima
[Les joyeux pirates de l'île au trésor]
Film - 1 h 18 min - 20/03/1971
Animateur clé, conception Tôei Animation
Aribaba to Yonjuppiki no Tôzoku
[Ali Baba et les quarante voleurs]
Film - 18/07/1971 - 55 min
Animateur clé Tôei Animation
Sarutobi Ecchan
[L'agile petite Etsu]
Série TV - 04/10/1971 au 27/03/1972 - 26 x 26 min
Animateur clé (#6) Tôei Animation
Rupan Sansei 1st. TV Shirîzu
[Lupin III / Edgar de la cambriole - 1ère série]
Série TV - 24/10/1971 au 26/03/1972 - 23 x 26 min
Retouche mise en scène (#6, 9, 12), mise en scène (#7, 8, 10, 11, 13 à 23) avec Isao Takahata TMS /
A Production
Yuki no Taiyô
[Le soleil de Yuki]
Pilote TV - 1971
Animateur clé A Production
Nagakutsushita no Pippi : Sekai Ichi Tsuyoi Onna no Ko
[Fifi Brindacier, la fille la plus forte du monde]
Projet TV - 1971 - Projet abandonné
Imageboard, storyboard, layout A Production
1972 Panda Kopanda
[Panda, petit panda]
Moyen métrage - 17/12/1972 - 33 min
Ebauche de recherche des personnages, scénario, direction graphique, animateur clé TMS
Akadô Suzunosuke
[Le plastron rouge de Suzunosuke]
Série TV - 05/04/1972 au 28/03/1973 - 52 x 26 min
Storyboard (#26, 27) TMS /
A Production
1973 Panda Kopanda : Amefuri Sâkasu no Maki
[Panda, petit panda : jour de pluie au cirque]
Moyen métrage - 17/03/1973 - 38 min
Scénario, conception artistique, direction graphique, animateur clé TMS
Kôya no Shônen Isamu
[Isamu, le petit cowboy / Willy boy]
Série TV - 04/04/1973 au 27/03/1974 - 52 x 26 min
Animateur clé (#15) TMS /
A Production
Samurai Jaiantsu
[Samurai Giants]
Série TV - 07/10/1973 au 29/09/1974 - 52 x 26 min
Animateur clé (#1) TMS
1974 Arupusu no Shôjo Haiji
[Heidi]
Série TV - 06/01/1974 au 29/12/1975 - 52 x 26 min
Conception scénique, direction graphique Zuiyô Enterprises
1975 Furandâsu no Inu
[Un chien des Flandres]
Série TV - 05/01/1975 au 28/12/1975 - 52 x 26 min
Animateur clé (#15) Nippon Animation
1976 Haha wo Tazunete Sanzenri
[Marco / 3 000 lieues en quête de mère]
Série TV - 04/01/1976 au 26/12/1976 - 52 x 26 min
Conception scénique, direction graphique Nippon Animation
1977 Sôgen no Ko Tenguri
[Tenguri, la filles des plaines]
Moyen métrage - 1977 - 20 min
Layout Sakura Eigasha / Shin A
Araiguma Rasukaru
[Rascal]
Série TV - 02/01/1977 au 25/12/1977 - 52 x 26 min
Animateur clé (#4 à 6, 10, 12 à 15, 17 à 22, 24 à 28) Nippon Animation
1978 Mirai Shônen Konan
[Conan, le fils du futur]
Série TV - 04/04/1978 au 31/10/1978 - 26 x 26 min
Réalisateur, character design, mecha design, storyboard (#1-4, 8, 12, 15-19, 22-26), conception scénique, mise en scène (#1-26) Nippon Animation
1979 Rupan Sansei : Kariosutoro no Shiro
[Le château de Cagliostro]
Film - 15/12/1979 - 1 h 40 min
Scénario, réalisateur TMS
Akage no An
[Anne, la maison aux pignons verts]
Série TV - 07/01/1979 au 30/12/1979 - 50 x 26 min
Conception scénique, direction graphique (#1 à 15) Nippon Animation
1980 Shin Rupan Sansei
[Edgar de la cambriole - 2ᵉ série]
Série TV - 03/10/1977 au 06/10/1980 - 155 x 26 min
Scénario, storyboard, mise en scène (#145 et dernier épisode, #155) TMS
Shin Tetsujin 28 Gô
[L'Homme de fer 28 - 2ᵉ série]
Série TV - 03/10/1980 au 25/09/1981 - 51 x 26 min
Animateur clé (#8) TMS
1982 Meitantei Hômuzu
[Sherlock Holmes]
Série TV - 1982 (06/11/1984 - 20/05/1985)
26 x 26 min
Réalisateur, scénario, storyboard, mise en scène (#3)
Réalisateur, storyboard, mise en scène (#4)
Réalisateur, storyboard (#5)
Réalisateur, storyboard (#9)
Réalisateur, storyboard, mise en scène (#10)
Réalisateur, storyboard, (#11)
TMS
1982 Cobra Space Adventure
[Cobra - Le film]
Film - 03/07/1982 - 1 h 40 min
Animateur clé TMS
Kaiketsu Zoro
[La légende de Zorro]
Série TV - 1982 - 52 x 26 min
Animateur clé TMS
1983 Nimo
[Nemo]
Pilote - 1983 - Projet abandonné
Conception scénique TMS
1984 Kaze no Tani no Naushika
[Nausicaä de la Vallée du Vent]
Film - 11/03/1984 - 1 h 56 min
Auteur, scénario, réalisateur Topcraft
Cassettes NewGold (Maxell)
Publicité - 1 x 30 s
Design du dirigeable « Wonder Ship » ?
MSX H2 (Hitachi)
Publicité - 1 x 30 s
Design du « Pocket Dragon » (Poshetto Ryû) ?
1986 Tenkû no Shiro Rapyuta
[Le château dans le ciel]
Film - 02/08/1986 - 2 h 4 min
Auteur, scénario, réalisateur, parolier du générique Studio Ghibli
1987 Yanagawa Horiwari Monogatari
[L'histoire du canal de Yanagawa]
Documentaire - 04/1987 - 2 h 45 min
Producteur Nibariki
1988 Tonari no Totoro
[Mon voisin Totoro]
Film - 16/04/1988 - 1 h 28 min
Auteur, scénario, réalisateur Studio Ghibli
1989 Majo no Takkyûbin
[Kiki, la petite sorcière]
Film - 29/07/1989 - 1 h 52 min
Producteur, scénario, réalisateur Studio Ghibli
Akai Karasu to Yûreisen
[Le corbeau rouge et le vaisseau fantôme]
Moyen métrage Live - 04/1989 - 30 min
Design du vaisseau fantôme NHK
1991 Omohide Poroporo
[Souvenirs goutte à goutte]
Film - 20/07/1991 - 1 h 58 min
Producteur Studio Ghibli
1992 Kurenai no Buta
[Porco Rosso]
Film - 18/07/1992 - 1 h 33 min
Auteur, scénario, réalisateur Studio Ghibli
Sora-iro no Tane (Nippon TV)
[Nippon TV - La graine bleu ciel]
Publicité - 23/11/1992 - 3 x 30 s
Réalisateur Studio Ghibli
1993 Nandarô (Nippon TV)
[Nippon TV - Qu'est-ce que c'est ?]
Publicité - 15/12/1993 - 1 x 15 s + 4 x 5 s
Réalisateur, animateur clé Studio Ghibli
1994 Heisei Tanuki Gassen Ponpoko
[Pompoko]
Film - 16/07/1994 - 1 h 58 min
Planning Studio Ghibli
1995 Mimi wo Sumaseba
[Si tu tends l'oreille]
Film - 15/07/1995 - 1 h 51 min
Producteur, scénario, storyboard Studio Ghibli
1995 On Your Mark
Clip musical - 15/07/1995 - 6 min 40 s
Auteur, scénario, réalisateur Studio Ghibli
1997 Mononoke-hime
[Princesse Mononoke]
Film - 02/07/1997 - 2 h 15 min
Auteur, scénario, réalisateur Studio Ghibli
Kinyô Rôdoshô
[La tournée du vendredi]
Film - 04/1997 - 38 s
Réalisateur du générique de début Studio Ghibli
2001 Sen to Chihiro no Kamikakushi
[Le voyage de Chihiro]
Film - 20/07/2001 - 1 h 50 min
Auteur, scénario, réalisateur Studio Ghibli
Kujiratori
[La chasse à la baleine]
Court métrage - 15 min 42 s
Auteur, scénario, réalisateur Studio Ghibli
Koro no Ôsanpo
[La grande excursion de Koro]
Court métrage - 14 min 30 s
Auteur, scénario, réalisateur Studio Ghibli
Kareinaru Budôkai
[Un bal magnifique]
Court métrage - 01/10/2001 - 25 secondes
Storyboard, réalisateur Studio Ghibli
Ranpûtan no Bôken
[Les aventures de Ranpûtan]
Court métrage - 01/10/2001 - 39 secondes
Storyboard, réalisateur Studio Ghibli
Sakana no Sakana
[Le poisson du poisson]
Court métrage - 01/10/2001 - 36 secondes
Storyboard, réalisateur Studio Ghibli
Mitaka no Mori Jiburi Bijutsukan (Rôson)
[Lawson - Billets pour le musée Ghibli]
Publicité - 3 x 15 s
Réalisateur Studio Ghibli
2002 Neko no Ongaeshi
[Le Royaume des chats]
Film - 19/07/2002 - 1 h 15 min
Projet Studio Ghibli
Mei to Konekobasu
[Mei et le chaton-bus]
Court métrage - 13 min 43 s
Auteur, scénario, réalisateur Studio Ghibli
Takorêtâ
Court métrage - 27/11/2002 - 36 secondes
Storyboard, réalisateur Studio Ghibli
Piyo Piyo Bâba
Court métrage - 27/11/2002 - 12 secondes
Storyboard, réalisateur Studio Ghibli
Bôbô-kun
Court métrage - 27/11/2002 - 16 secondes
Storyboard, réalisateur Studio Ghibli
2003 Ôchi de Tabeyô (Hausu Shokuhin)
[House Foods - Mangeons à la maison - Campagne d'été]
Publicité - 4 x 15 s
Réalisateur Studio Ghibli
2004 Hauru no Ugoku Shiro
[Le château ambulant]
Film - 20/11/2004 - 1 h 59 min
Scénario, réalisateur Studio Ghibli
2006 Yadosagashi
[La chasse au logement]
Court métrage - 03/01/2006 - 12 min 11 s
Auteur, scénario, réalisateur Studio Ghibli
Mizugumo Monmon
[Mon Mon, l'araignée d'eau]
Court métrage - 01/2006 - 14 min 54 s
Auteur, scénario, réalisateur Studio Ghibli
Hoshi wo Katta Hi
[Le jour où j'ai acheté une étoile]
Court métrage - 03/01/2006 - 16 min 3 s
Scénario, réalisateur Studio Ghibli
2007 Madaran-kai
[Le monde de Madaran]
Court métrage - 18/04/2007 - 1 min 22 s
Storyboard, réalisateur Studio Ghibli
2008 Gake no Ue no Ponyo
[Ponyo sur la falaise]
Film - 19/07/2008 - 1 h 41 min
Auteur, scénario, réalisateur Studio Ghibli
2009 Sugiura Shigeru no Fûsen Gamu Suke (Yomiuri Shinbun)
[Journal Yomiuri - Les chewing-gums pour faire des bulles de Shigeru Sugiura]
Publicité - 01/08/2009 - 2 x 15 s
Planification Studio Ghibli
2010 Karigurashi no Arietti
[Arrietty, le petit monde des chapardeurs]
Film - 17/07/2010 - 1 h 34 min
Planification, scénario Studio Ghibli
Chû-zumô
[Les souris sumo]
Court métrage - 03/01/2010 - 12 min 55 s
Auteur, scénario, réalisateur Studio Ghibli
Pan-dane to Tamago-hime
[M. Pâte et la princesse Œuf]
Court métrage - 20/11/2010 - 11 min 37 s
Auteur, scénario, réalisateur Studio Ghibli
Karigurashi no Arietti Taiappu CM (MS&AD Holdings)
[MS&AD Holdings - Arrietty, le petit monde des chapardeurs]
Publicité - 01/07/2010 - 2 x 15 s
Idée originale Studio Ghibli
2011 Kokuriko-zaka Kara
[La colline aux coquelicots]
Film - 16/07/2011 - 1 h 31 min
Planification, scénario Studio Ghibli
Takara-sagashi
[La chasse au trésor]
Court métrage - 04/06/2011 - 8 min 40 s
Scénario, réalisateur Studio Ghibli
2013 Kaze Tachinu
[Le vent se lève]
Long métrage - 20/07/2013 - 2 h 6 min
Auteur, scénario, réalisateur Studio Ghibli
2018 Kemushi no Boro
[Boro la chenille]
Court métrage - 21/03/2018 - 14 min 20 s
Auteur, scénario, réalisateur Studio Ghibli
2020 Âya to Majô
[Aya et la sorcière]
Téléfilm - 30/12/2020 - 1 h 22 min
Planification Studio Ghibli
2023 Kimi-tachi wa Dô Ikiru ka
[Le garçon et le héron]
Long métrage - 14/07/2023 - 2 h 4 min
Auteur, scénario, réalisateur Studio Ghibli

 

Bibliographie

Nous vous proposons ici une sélection d'ouvrages écrits par Hayao Miyazaki. Malheureusement, tous les livres présentés ci-dessous sont en écrits en japonais et quasiment aucun n'a été traduit... Concernant les mangas, nous vous renvoyons à la section mangas du site.

Année Titre Objet de l'ouvrage Rôle
1986 Kôza Animêshon 3 : Imêji no Sekkei
[Cours d'animation 3 : comment construire des images]
Ouvrage collectif
Editeur : Bijutsu Shuppansha
Evocation des techniques d'animation par les deux maîtres. Co-auteur avec Isao Takahata
1988 Anime no Sekai
[Le monde de l'animation]
Ouvrage collectif
Editeur : Shinchôsha
Co-auteur avec Isao Takahata
1988 Kôza Nihon Eiga 7 : Nihon Eiga no Ima
[Cours de films japonais 7 :
la situation du cinéma japonais
]
Ouvrage collectif
Editeur : Iwanami Shoten
Miyazaki critique la situation actuelle (en 1988) de l'animation japonaise Co-auteur
1989 Kakero Nibariki Kaze Yori Hayaku
[Cours, 2 CV, plus vite que le vent !]
Numéro de décembre du magazine NAVI
Editeur : Nigensha
Manga sur la Citroën 2 CV, voiture fétiche de Miyazaki. Auteur
1991 Totoro no Sumu Ie
[Les maisons où vit Totoro]
Editeur : Asahi Shinbunsha
Miyazaki visite de vieilles maisons dans la banlieue de Tôkyô. À l'origine, paru en feuilleton dans le mensuel Gekkan Asashi, l'ouvrage est illustré par de nombreux dessins de Miyazaki et quelques photographies. Auteur
1992 Jidai no Kazaoto
[Le son du vent dans le temps]
Editeur : UPU
Miyazaki évoque sa vision du XXᵉ siècle. Interviewé par Yoshie Hotta et Ryoutarou Shiba
1992 Toki ni wa Mukashi no Hanashi wo
[Parfois, parlons des jours anciens]
Editeur : Tokuma Shoten
Le livre contient des illustrations de Porco Rosso par Miyazaki (celles du générique de fin du film), des paroles de Katô et une interview. Co-auteur avec Tokiko Katô, la voix de Gina
1993 Chûnen wa Kôya wo Mezasu zo
[Un homme d'âge mûr court vers le désert]
Numéro de septembre du magazine NAVI
Editeur : Nigensha
Manga de 3 pages sur la nouvelle voiture de Miyazaki, illustré par des photos du véhicule et d'une interview avec Mamoru Oshii. Auteur
1993 Nani ga Eiga ka - 'Shichinin no Samurai' to 'Mâda da yo' wo Megutte
[Qu'est-ce qu'un film ? Les sept samouraïs et Madadayo]
Editeur : Tokuma Shoten
Retranscription d'une conversation télévisée entre Akira Kurosawa et Miyazaki pendant laquelle les deux réalisateurs ont discuté des films Les sept samouraïs et Madadayo Interviewé
1996 Shuppatsu-ten 1979-1996
[Le point de départ 1979-1996]
Editeur : Tokuma Shoten
Compilation d'essais et d'interviews de et par Miyazaki, avec également quelques croquis et un essai écrit par Isao Takahata sur Miyazaki. 584 pages !
L'ouvrage est disponible en anglais chez Viz Media.
Auteur
2006 Burakkamu no Bakugeki-ki
[Le bombardier de Blackham]
Editeur : Iwanami Shoten
Essai de Miyazaki sur la nouvelle Blackham's Wimpy de l'auteur britannique Robert Westall. L'ouvrage contient également le manga Westôru Gensô - Tainmasu he no Tabi (Illusions de Westall - Une excursion à Tynemouth). Auteur
2008 Orikaeshi-ten 1997-2008
[Le tournant 1997-2008]
Editeur : Iwanami Shoten
La suite de Shuppatsu-ten 1979-1996. L'ouvrage est disponible en anglais chez Viz Media. Auteur

Sources : filmographie établie par le Centre de recherches sur l'œuvre d'Isao Takahata et Hayao Miyazaki (parue en français dans Animeland hors-série n° 3 et enrichie par Buta Connection) - Nausicaa.net


Hayao Miyazaki :
La grande horloge NTV

La grande horloge NTV (Nittere Ôdokei), officieusement appelée l'horloge Miyazaki ou Ghibli, est une monumentale horloge dessinée par Hayao Miyazaki, installée en façade du siège de la chaîne NTV à Tôkyô.

Elle a été construite de façon artisanale par le sculpteur Kunio Shachimaru. Celui-ci avait déjà créé certaines figures et éléments visibles au musée Ghibli. La plus connue étant le robot-soldat qui monte la garde sur la terrasse du musée.

L'idée de cette commande est née lorsque NTV a déménagé son siège social de Kôjimachi pour le quartier d’affaire de Shiodome, au sud de Tôkyô. Un nouveau bâtiment a alors été construit, la tour Nittere, achevée en 2003 et ouverte en février 2004.

NTV est productrice des films du studio Ghibli depuis Kiki, la petite sorcière en 1989 et les diffuse pour ses passages TV japonais. En 1992, pour son 40ᵉ anniversaire, la chaîne avait également commandé au studio une publicité en trois parties intitulée Sora-iro no Tane (La graine bleu ciel), puis une série de cinq publicités intitulées Nandarô (Qu'est-ce que c'est ?), mettant en scène un petit cochon vert, très proche de celui de plan d’ouverture de Porco Rosso, qui deviendra la nouvelle mascotte de la chaîne.

Ce projet d'horloge karakuri (avec des automates) a débuté en décembre 2001, après la production et sur la fin de la promotion du Voyage de Chihiro. La construction de l’horloge a débuté en 2004 et le projet a été inauguré le 20 décembre 2006. Elle est ouverte au public le lendemain, le 21 décembre.

Au premier abord, cet immense édifice sur pâtes présente une parenté évidente avec le château ambulant du film du même nom. Cependant, le développement de l’horloge et celui du film se chevauchent. Dans les faits, il est difficile de savoir qui de l’horloge ou du château a inspiré le design de l’autre.

Plusieurs fois par jour, à heure fixe, l’horloge prend vie et s’anime. Une sonnerie retentit, indiquant le début du spectacle. Les automates des familles Cloche et Forgeron (voir encadré) débutent leur travail de mise à l’heure de l’horloge au rythme d’une valse. Tout d’abord, les aiguilles bougent en dissonance puis terminent leur chorégraphie en indiquant le début d’une heure nouvelle. La tourelle à canons tire une salve de vapeur d’eau puis un gong retentit qui signalent la fin de cette synchronisation. Pendant quelques instants, les globes enserrés dans les membres avant dévoilent une horloge coucou et un cycle solaire calendaire cachés. Puis les automates s’immobilisent et temps reprend son cours.

À la tombée de la nuit, les animation sont les mêmes, si ce n’est que l’horloge est éclairée et mise en valeur par un jeu de lumières chaudes.

Située à l'extérieur du premier étage du siège de NTV, l’horloge peut être visitée 24 h / 24 et 7 j / 7 librement. Pour une première approche lors d’une visite, sachez que la grande horloge NTV est visible des trains de la ligne de métro automatique Yurikamome lorsqu’ils arrivent à la station Shiodome.

Que met en scène la grande horloge NTV ?

Lorsque le visiteur fait face à l’horloge, la partie gauche est la partie « sonnerie » tenue par la famille Cloche. La partie droite est la partie « mouvement » tenue par la famille Forgeron.
Grâce au travail respectif de ces deux familles, l’horloge peut afficher l’heure exacte au tir de sa tourelle à canons et au bruit du gong.

  1. L’horloger, l’occupant de la grande horloge (mais est-il à l’intérieur ?)
  2. Petite et grande aiguille
  3. L’entrepôt des instruments de musique
  4. Globe de l’horloge coucou
  5. Globe du cycle solaire calendaire
  6. La grande tourelle à canons (à eau)

Crédits

Titre 日テレ大時計 (Nittere Ôdokei)
La grande horloge NTV
Années de création 2001-2006
Design et supervision Hayao Miyazaki
Conception et production Nippon Terebi Hôsômô Kabushiki-gaisha
Creation Kabushiki-gaisha Nomura Kôgêsha
Sculpteur Kunio Shachimaru
Musique Kabushiki-gaisha Doriimushiikâ (DREAMSEEKER)

Quelques chiffres

Hauteur 12 mètres
Largeur 18 mètres
Profondeur 2,5 mètres
Poids 28 tonnes
Construction Fabriquée à partir de 1 228 plaques de cuivre
Automates 32

Visite

Localisation Siège chaîne NTV, tour Nittere, station Shiodome
Horaires des animations Ntv.co.jp

Galerie photos


Photos : Buta Connection (mars 2019) - site Ghibli no Sekai


Fuchi no Mori" />

Hayao Miyazaki :
Fuchi no Mori

Fuchi no Mori est un espace forestier situé entre la ville de Tokorozawa (préfecture de Saitama) et à la ville de Higashimurayama (préfecture de Tôkyô).
Cette forêt d'environ 6 230 mètres carrés, traversée par la rivière Yanase, contient différentes variétés d’arbres, comme le Kunugi et le Konara, deux variétés de chêne, et de plantes rares. Des oiseaux sauvages tels que le martin-pêcheur habitent le long de la rivière.

Cet espace vert est l’un des endroits où Hayao Miyazaki a travaillé à la conception de Mon voisin Totoro. Il est considéré comme un lieu d’inspiration du film et surnommé affectueusement « la forêt Totoro ».

En 1997, les riverains ont monté une campagne de sensibilisation pour sauver cette forêt menacée par un projet immobilier. Le réalisateur avait alors fait don de 300 millions de yens pour cette cause.
Sur la base de cette aide, les villes de Tokorozawa et de Higashimurayama ont conjointement acheté le terrain afin de préserver cet espace vert.

« Cet endroit fait parti de ma vie. J’y viens tous les matins pour ramasser des détritus et m’y reposer. Je veux qu’il reste un lieu de détente pour moi et pour tous ceux venus s’y promener. » - Hayao Miyazaki (2017)

« Le matin, quand je me promène dans cette forêt, c'est un moment important de ma journée. Cela fait longtemps que j’ai une bonne relation avec elle et j'aimerais que cela continue. » - Hayao Miyazaki (2018)

En janvier de chaque année, l'association Fuchi no Mori no Kai, représentée par Miyazaki, organise des activités de désherbage des mauvaises herbes et de nettoyage de la rivière Yanase. Et tous les ans, plusieurs centaines de bénévoles, souvent des riverains mais aussi des fans du réalisateur ou de simples curieux, participent à cette action à ses côtés.

« Cette opération d’entretien à pour objectif que tous les êtres vivants y vivent convenablement et que les plantes y poussent correctement. » - Hayao Miyazaki (2017)


Photos : Buta Connection (avril 2019) - réseaux sociaux


Totoro no Furusato" />

Hayao Miyazaki :
La fondation Totoro no Furusato

La fondation Totoro no Furusato (la fondation du « lieu de naissance de Totoro ») est une organisation à but non lucratif créée en avril 1990. Cette fondation a été initiée, entre autres, par Hayao Miyazaki. Elle agit en faveur de la protection « du magnifique habitat naturel et du patrimoine culturel des collines de Sayama et de ses environs ».

Située dans la préfecture de Saitama à proximité de Tôkyô, ces collines sont notamment recouvertes par la forêt de Sayama, l’une des forêts en milieu urbain les plus remarquables qui soit au Japon. C’est cette vaste zone boisée, d’une superficie d’environ 3 500 ha, que Miyazaki a longuement arpenté à l’époque où il travaillait sur son film Mon voisin Totoro. Il souhaitait que d’autres personnes puissent, comme lui, continuer à s’imprégner de la magie de ces lieux. La fondation a été nommée en l’honneur du personnage.

Depuis août 1991 jusqu’en juillet 2020, c’est 54 parcelles de forêt qui ont ainsi été acquises et protégées grâce aux dons, soit autant de randonnées et balades possibles et d’espaces forestiers préservés de projets immobiliers. Chaque parcelle porte le nom de Totoro no Mori (forêt Totoro) et un numéro.

 « Merci à tout le monde. » - Hayao Miyazaki

La plus emblématique de ces parcelles est sans doute la n°1, la toute première à avoir été acquise par la fondation en 1991. Elle vous accueille avec son panneau Totoro et son escalier boisé et escarpé. Proche du parc de Sayama, les alentours sont magnifiques (lac, cerisiers, temple…).

Toutes ces parcelles sont petites et font partie d’une forêt plus vaste, il est donc aisé d’en traverser plusieurs dans une même journée.

Les forêts Totoro sont toutes recensées sur le site de la fondation. Il propose une carte et un guide avec la description de chaque parcelle en anglais.

Attention, ces forêts ne sont pas à confondre avec Fuchi no Mori, la forêt proche du lieu d’habitation de Miyazaki et où la légende veut qu’il y trouva l’inspiration pour le même long métrage.

La maison des noiraudes

Proche de la forêt n°1, se trouve Kurosuke no Ie (la maison des noiraudes), une maison traditionnelle japonaise à visiter avec un grand Totoro à l’intérieur, vaguement inspirée de celle du film. Là se trouve également un centre d’information et le siège de la fondation.

Attention aux jours et horaires d’ouverture de cet endroit : mardi, mercredi et samedi, de 10 h à 15 h. Mieux vaut le visiter avant de s’aventurer en forêt et même de s’assurer au préalable de son ouverture en contactant le secrétariat de la fondation avant votre venue.

Visite

Site de la fondation (anglais) Totoro.or.jp
Secrétariat de la fondation Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Photos : Buta Connection (avril 2019) - Internet